Le Brassard de Capitaine en Ligue des Champions : Règlements et Controverses

La question du capitanat est un sujet récurrent dans le monde du football, notamment en Ligue des Champions. Le port du brassard de capitaine est un honneur et une responsabilité, mais les critères d'attribution et les règles qui l'entourent suscitent souvent des débats passionnés.

Mike Maignan portant le brassard de capitaine de l'AC Milan.

L'importance du Capitaine

Le capitaine a un rôle important avant les matchs et une ou deux fois par mi-temps sur le terrain pour rassembler les joueurs dans les moments difficiles et montrer le cap à prendre.

Pour être un bon capitaine, il ne s'agit pas de rassembler les troupes et de faire une séance plénière avec des diapos et tout et tout. On peut faire passer beaucoup de choses en quinze ou vingt secondes. Les performances donnent de la crédibilité. Ensuite, ce n'est pas qu'une question de technique.

Le cas de Mike Maignan à l'AC Milan

Si il n'a pas hérité du brassard de capitaine chez les Bleus, Aurélien Tchouaméni lui ayant été préféré, Mike Maignan a porté le brassard de capitaine pour l'AC Milan, samedi contre l'Udinese.

Mike Maignan n'a pas eu l'honneur de le porter chez les Bleus lors du dernier rassemblement car Didier Deschamps lui a préféré Aurélien Tchouaméni, mais le portier de l'équipe de France est un élément très important de l'AC Milan et, samedi, il est devenu le cinquième porteur du brassard du club italien cette saison.

En raison de l'absence de Davide Calabria, Théo Hernandez, Rafael Leao, Alvaro Morata et donc désormais Mike Maignan ont gagné le droit de porter le brassard.

Concernant Maignan, le choix de Paulo Fonseca n'a vraisemblablement rien à voir avec la récente actualité en sélection nationale et semble le fruit d'une décision mûrie selon les propos tenus par l'entraîneur à quelques heures de la réception du Club Bruges en Ligue des champions (ce mardi 18h45).

"Mon choix n'a aucun rapport avec ce qui s'est passé avec son équipe. J'ai fait ce choix il y a longtemps, j'en avais déjà parlé avec Mike parce qu'il est l'un des leaders du groupe. Lors du dernier match, il a eu la possibilité d'avoir le brassard. Il est l'un des joueurs capables de diriger cette équipe", a valorisé l'ancien entraîneur du LOSC, qui n'a pas encore décidé de l'identité du capitaine pour le match de ce mardi.

Il est possible que Maignan, considéré comme un leader, porte à nouveau le brassard autour du biceps gauche, même si Théo Hernandez - suspendu face à l'Udinese samedi - reviendra sur le terrain et postulera donc lui aussi pour ce rôle.

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Le débat autour de Thiago Silva au PSG

Meilleur défenseur du monde un jour, joueur fragile et dépassé par ses émotions le lendemain. Ainsi volent les étiquettes collées à Thiago Silva, le capitaine du PSG.

Le défenseur brésilien est le Parisien le plus critiqué depuis la déroute à Barcelone, il y a huit jours (6-1), même si le président Al-Khelaïfi l'a défendu ce week-end.

Des critiques émanent du vestiaire et sont relayées par les entourages de joueurs. Certains lui ont reproché de s'être mis à l'abri en renonçant au match aller (4-0), alors qu'il était amoindri par une blessure au mollet. Au Camp Nou, on l'accuse de ne pas avoir assumé son leadership et d'avoir trop reculé en défense, avant de sombrer.

A 32 ans, Thiago Silva n'a jamais atteint les demi-finales de la Ligue des champions. Il semble perdre ses moyens dans certains grands rendez-vous, alors même qu'il avait brillé contre Chelsea en 2015 et 2016.

Face à ces inquiétudes, Emery est décidé à ne rien changer. Le défenseur était capitaine dimanche à Lorient et la hiérarchie du début de saison reste la même, avec Thiago Motta et Matuidi comme «adjoints».

«Changer de capitaine créerait des tensions, estime Safet Susic, ancien titulaire du brassard parisien. Ce ne serait pas une bonne idée de tout bousculer, cela amènerait de l'instabilité.»

Le débat pourrait se rouvrir cet été avec deux pistes à suivre : celle de confier le leadership à Verratti ou celle, plus originale, de Cavani. Le buteur uruguayen est le meilleur joueur du PSG cette saison (38 buts en 38 matchs officiels). Il est un exemple de combativité et son comportement à Barcelone a marqué les esprits. De manière positive, en ce qui le concerne.

Opinions tranchées sur le capitanat

OUI, pour Jean-Michel Larqué:

Ancien capitaine de Saint-Etienne et ex-coach du PSG. Il faut savoir si ce qu'on attend d'un capitaine, c'est qu'il ait de bons rapports avec le président, qu'il signe la feuille de match et soit gentil avec tout le monde... ou qu'on puisse compter sur lui au moment où il faut rassembler les troupes. A moins qu'il ne soit extrêmement discret, je n'ai pas vu Thiago Silva faire ça. Il y a longtemps que je suis persuadé que le PSG n'a pas choisi le capitaine qu'il fallait.

Je n'ai pas l'impression que Thiago Silva ait fait ce genre de mise au point...

Peut-être qu'Edinson Cavani n'est pas le plus grand bavard et qu'il manque parfois des occasions. Mais ce qu'on ne peut pas lui reprocher, c'est de défendre quand il faut défendre, d'attaquer quand il faut attaquer et de marquer des buts quand il faut marquer des buts. Au moins, sans parler, il montre ce qu'il faut faire. C'est déjà beaucoup.

Si c'est Cavani qui vous dit : Messieurs, là, on est en train de déjouer, on ne presse plus, on y va, on s'y remet !, il n'y a pas besoin d'un tableau noir pour comprendre.

Didier Deschamps n'était certainement pas le meilleur footballeur de l'équipe de France en 1998, mais quand il parlait, personne ne mouftait.

NON, pour Jean-Pierre Papin:

Ancien capitaine de l'OM et des bleus, consultant sur BeIn Sports«Changer de capitaine aujourd'hui, ce serait montrer à Thiago Silva qu'on ne lui fait plus confiance. Je ne suis pas sûr que ce serait bon pour le groupe. C'est quelqu'un qui a joué dans des grands clubs, qui est international. Il mérite le respect. Je pense que c'est un bon capitaine. Ce qui s'est passé contre Barcelone n'est pas la faute de Thiago Silva. Ça se joue à un face-à-face avec le gardien, à des détails, ce n'est pas une question de brassard. Tu peux mettre qui tu veux, c'est une journée sans...

Après, si Paris devait changer de capitaine, par exemple en cas de départ de Thiago Silva cet été, pour moi, celui qui ressort, c'est Marco Verratti. C'est mieux que ce soit un défenseur ou un milieu de terrain. Ils voient les choses différemment. Je le reconnais alors que j'étais capitaine et attaquant. A notre poste, on voit le jeu d'une autre manière.

Vous savez, un brassard, qu'est-ce que c'est ? Tu représentes tes partenaires, le coach, tu vois la presse un peu plus souvent. C'est tout. Parce qu'à ce niveau, sur le terrain, tous les joueurs sont des capitaines en puissance.

Il y a plus d'aboyeurs au milieu. Ils se font entendre de devant et de derrière.

Ça ne pouvait arriver que contre Barcelone et ça s'est passé un jour, sur un match. Seuls ceux qui ont joué au foot peuvent comprendre.

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Brassard de capitaine de Liverpool signé par Steven Gerrard.

Le Règlement et l'IFAB

L'IFAB (International Football Association Board) et la FIFA ont décidé d'introduire plusieurs nouvelles règles, dès juillet 2025. Lors de la 139e assemblée générale annuelle, l'institution chargée de définir les règles du jeu a convenu, en plus de généraliser la règle du capitaine (qui n'autorise que le porteur du brassard à venir discuter avec l'arbitre) déjà présente dans plusieurs compétitions, de sanctionner les gardiens coupables de gain de temps.

La règle actuellement en vigueur prévoyait un coup-franc indirect dans la surface lorsque les portiers gardaient le ballon plus de 8 secondes. Mais cette sanction n'était que rarement appliquée. Pour y remédier, l'IFAB a choisi de sanctionner le gardien fautif, d'un corner pour l'équipe adverse.

Controverses et Interprétations

L'article 12 de l'International Board laisse une grande marge de manoeuvre aux arbitres.

Dans un souci de cohérence et de clarté, l'International Board, qui est en charge des règles du jeu dans le foot, avait modifié son règlement en mars 2021 avec une mise en application à partir de la saison actuelle. Son article 12 relatif aux fautes et aux inconduites pose désormais plusieurs conditions pour qu'une main soit sanctionnée par l'arbitre.

Premièrement il faut que le ballon touche une partie du bras inférieure à l'aisselle du défenseur.

Ensuite, l'IFAB explique qu'une main défensive est sanctionnable dans deux cas de figure. Le premier porte sur les « mains délibérées » et ne concerne pas le geste de Dembélé. En effet, le Français n'a pas réalisé de « mouvement du bras ou de la main vers le ballon ».

Le règlement stipule qu'une faute est commise « si un joueur a augmenté artificiellement la surface couverte par son corps. » C'est-à-dire s'il a rendu « son corps anormalement plus grand lorsque la position de sa main, ou de son bras, n'est pas justifiée par le mouvement du corps du joueur pour cette situation spécifique ».

L'article 12 accorde une grande marge de manoeuvre aux arbitres, les incitant à ne pas siffler systématiquement mais plutôt à « user de leur jugement ».

Cette part d'interprétation laissée aux arbitres avec la notion de « situation spécifique » va sans doute provoquer d'autres débats sans fin dans les semaines à venir. Une action similaire à celle de dimanche peut tout aussi bien être sanctionnée à la lecture du règlement.

Le Cas de Moussa Dembélé

Moussa Dembélé a marqué dimanche soir lors de la victoire de l'OL à Marseille. Avant de marquer le but du break dimanche soir au Vélodrome et d'assurer la victoire de l'OL à Marseille (3-0), Moussa Dembélé s'est retrouvé au coeur d'une action litigieuse dans sa propre surface.

Les Olympiens ont obtenu un coup franc à la 25e minute que Payet a joué rapidement vers Gerson. Le Brésilien a centré en retrait et le ballon a heurté le bras de Dembélé qui était venu tacler. L'arbitre de la rencontre Antony Gautier a décidé de ne pas siffler penalty et le VAR ne l'a pas contredit, ce qui a provoqué l'incompréhension des joueurs et des dirigeants marseillais.

Sans le vouloir, l'attaquant lyonnais a relancé l'éternel débat sur un point du règlement qui n'est toujours pas clair dans l'esprit des acteurs du jeu, des commentateurs et des supporters. Mais que dit la règle sur les mains dans la surface ?

Le ballon est arrivé au niveau de son brassard de capitaine, voire légèrement plus bas. Mais il se pourrait que les arbitres aient considéré qu'il n'y avait pas main du tout de la part de l'attaquant de l'OL.

En effet, le Français n'a pas réalisé de « mouvement du bras ou de la main vers le ballon ».

Si Moussa Dembélé a bien agrandi la surface de son corps en se jetant au sol les bras écartés, les arbitres ont sûrement considéré que cet élargissement n'était pas « artificiel » et que la position de son bras avait été provoquée par un mouvement naturel : le tacle glissé.

La main de Moussa Dembélé dans la surface aura été l'une des actions chaudes de l'Olympico remporté par l'OL au Vélodrome. Si l'attaquant est convaincu d'avoir respecté le règlement, les Marseillais disent le contraire. Mais que dit l'IFAB dans cette situation ?

Alors qu'on joue la 25e minute entre Marseille et Lyon, Gerson centre dans la surface de l'OL, mais voit son ballon détourné en corner par le bras de Moussa Dembélé. L'arbitre de la rencontre, Anthony Gautier, a décidé de ne pas siffler pénalty. Une décision non contredite par la VAR, ce qui n'a pas du tout plu aux Marseillais.

Après modification de la règle en mars 2021, l'article 12 explique que "la limite supérieure du bras coïncide avec le bas de l’aisselle." Cela correspond bien au cas de l'attaquant lyonnais, puisque le ballon touche son brassard de capitaine.

Le Brassard LGBT et les Règlements

Le capitaine de l'équipe suédoise, Tobias Karlsson, a arboré ce brassard aux couleurs de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) lors des cinq matches d'entraînement à l'Euro-2016 ainsi qu'en Ligue des champions. Il espérait pouvoir le porter dès l'entrée en compétition des "bleu et jaune" samedi contre la Slovénie à Wroclaw (groupe C), mais la Fédération européenne de handball (EHF) a annoncé jeudi qu'il serait proscrit.

"Le brassard de capitaine est considéré comme faisant partie de la tenue de l'équipe et par conséquent doit y être conforme."

"Je trouve dommage que l'EHF nous interdise de montrer que nous défendons la tolérance, l'humanité et l'égalité entre tous", a réagi Tobias Karlsson sur le site de la fédération suédoise jeudi soir.

Karlsson a souligné qu'il ne s'agissait en aucun cas pour lui de protester contre l'interdiction de l'union civile entre personnes du même sexe en Pologne. "Cela n'a rien à voir avec la Pologne ni avec ses dirigeants, c'est une manifestation silencieuse en faveur de l'égalité entre tous.

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