Le béret, plus qu'un simple accessoire de mode, s'est ancré dans l'histoire du rugby, notamment grâce à des initiatives originales et à la tradition des compétitions internationales. Cet article explore le lien entre ce couvre-chef emblématique et l'univers du rugby, en mettant en lumière des moments marquants et des acteurs clés.

Les Années Folles du Racing Club de France et le Béret Basque
Les années 1980 ont été marquées par l'audace et l'irrévérence du Racing Club de France. Les quatre joueurs décalés du Racing Club de France, leur audace et leur irrévérence, tranchent nettement dans le microcosme de l’ovalie. Ils proposent une nouvelle manière de jouer au rugby, plus spectaculaire, sans pour autant perdre en efficacité. Auparavant, ils avaient notamment affronté l’Aviron bayonnais coiffés d’un béret basque, ou encore le CA Brive vêtus d’un blazer noir.
L’esprit « Showbiz » dans toute sa splendeur... En 1990, les quatre compères s’adjugent finalement le titre de champions de France, le premier du Racing Club de France depuis 1959, en battant le SU Agen au Parc des Princes. Entre-temps, chaperonnés par Eddie Barclay, ils auront eu le temps de pousser la chansonnette en prime time à la télévision (Quand tu marques un essai), mais surtout de fonder la marque de prêt-à-porter Eden Park. « L’idée d’Eden Park a émergé au lendemain de cette finale où nous avons porté un nœud papillon rose. Tout le monde s’en était emparé, notamment la presse. Tous parlaient du nœud papillon, ce qui nous a amenés à nous interroger sur le potentiel de ce logo. Il aurait pu être apposé sur une bouteille de champagne ou sur un flacon de parfum. Cela s’est fait comme des chevaux de course au galop. Je me suis laissé porter.
Pour saluer le public basque venu nombreux à San Mamès pour la finale de Coupe d'Europe contre le Leinster, les joueurs du Racing 92 sont entrés sur le terrain avec des bérets basques. Histoire de se mettre le public basque dans la poche à San Mamès, la «cathédrale» du football, les joueurs du Racing 92 sont entrés sur la pelouse à Bilbao en portant chacun un béret basque. Un clin d'oeil qui n'est pas sans rappeler celui du Showbiz (Mesnel, Lafond, Rousset, Guillard, Blanc) à la fin des années 1980 qui disputa une rencontre à Jean-Dauger contre l'Aviron bayonnais en portant ce même couvre-chef.
Coupe du Monde de rugby : des bérets bleu blanc rouge made in Béarn
La Première Coupe du Monde et l'Éclosion d'une Tradition
Dans la foulée de cette finale, certains, comme Franck Mesnel, s’envolent pour la Nouvelle-Zélande, où ils disputent la première Coupe du Monde de rugby à XV. « Toutes les années qui ont suivi 1987 m’ont servi à prendre conscience de tout ce qui s’était passé durant ces quelques mois de folie, entre novembre 1986 et juin 1987. J’ai aujourd’hui encore du mal à prendre conscience d’avoir réalisé un Grand Chelem juste après avoir joué les All Blacks, puis d’être devenu vice-champion de France avec le Racing, avant de partir en Nouvelle-Zélande jouer une finale de Coupe du Monde dans la foulée. C’était prodigieux à l’époque !

Le Béret Français : Du Pays Basque aux Jeux Olympiques
L’aventure sportive du Béret Français, une entreprise familiale créée dans le Béarn en 2012 et basée désormais à Bayonne, au Pays basque, a débuté avec la Coupe du monde de rugby, qui bat actuellement son plein en France. La société Le Beret Français est né en 2012 de la rencontre d’un entrepreneur passionné de « Made in France », avec des artisans aux savoir-faire exceptionnels. Convaincu du potentiel de développement du béret en France et à l’International, notre entrepreneur Rodolphe, pourtant novice dans ce domaine, décide de créer une fabrique de bérets.
Il choisit pour installer la toute nouvelle fabrique le petit village de Laas, et particulièrement une ancienne maison de repos des sœurs. En Novembre 2012, quand la première machine arrive à la fabrique, il n’y a pas encore d’électricité. Vite, on s’organise pendant les premiers mois, les essais sont nombreux pour arriver à la taille, l’élasticité, la qualité et le toucher parfaits. Pascal qui connaît par cœur le métier met au point le Béret Standard, puis sa version Premium, le Béret Mode, qui se distingue par son cabillou rouge. En Juillet 2013, la première commande est expédiée. Depuis, nos petits bérets partent jusqu'au bout du monde.
Nos bérets sont 100% fait en France, avec un excellent rapport qualité/prix. Ils sont le fruit d’une expertise transmise de génération en génération. Nous avons su allier savoir-faire artisanal, mode et innovation. C’est ainsi que la société Le Béret Français est reconnu Entreprise du Patrimoine Vivant avec le label EPV. En Septembre 2018, nouvelle étape ! Tout comme le béret, crée historiquement dans le Béarn, puis développé au Pays Basque, notre fabrique quitte le Béarn pour s’installer à Bayonne.
En Mars 2020, Le Mask Bio est créé dans notre atelier textile à Bayonne. Au moment de la crise sanitaire liée au Covid-19, Le Béret Français a su réagir rapidement en réorganisant sa production pour fabriquer des masques en urgence. Cette capacité à s’adapter, à travailler vite et avec rigueur dans un contexte inédit nous a beaucoup appris. Elle a été précieuse pour la suite, notamment dans la gestion de projets d’envergure comme le développement de licences majeures telles que la Coupe du Monde de Rugby (RWC) et les Jeux Olympiques (JO).
En septembre 2024, du béret au bonnet, notre histoire se tricote. Tout a commencé par une envie simple : continuer à raconter des histoires de laine, même lorsque les températures chutent. C’est ainsi que notre chemin a croisé celui du Bonnet Français. Cette marque, comme nous, défend une fabrication locale et un amour du beau geste. En l’intégrant à notre maison, nous avons élargi notre univers : du béret au bonnet, toujours tricoté en France, toujours avec le même soin du détail.
Depuis 2023, nos créations tissent un lien unique avec le sport mondial. Nous avons été licenciés des Jeux Olympiques de Paris 2024, de la Coupe du Monde de Rugby 2023 et de la Fédération Française de Rugby. Ces reconnaissances officielles, réservées à un nombre très restreint de marques, symbolisent pour nous bien plus qu’un partenariat : elles incarnent la fierté de représenter l’excellence artisanale française sur la scène internationale. Être présents lors de ces grands rendez-vous sportifs, c’est aussi affirmer notre volonté de faire vivre le patrimoine textile français dans des contextes modernes, dynamiques et porteurs de valeurs fortes comme la transmission, l’engagement et la passion.
Le Béret Français, petite entreprise du Pays basque, va produire des couvre-chefs pour les Jeux olympiques de Paris 2024, après avoir fourni ceux du Mondial de rugby. L'entreprise avait été choisie pour produire des couvre-chefs brodés Rugby World Cup pour le Mondial en France. Après une croissance de 70% à 80% sur deux ans, grâce notamment aux partenariats avec la Coupe du monde de rugby et les Jeux olympiques de Paris 2024, LBF, qui emploie neuf personnes, voit son chiffre d'affaires dépasser le million d'euros. Ce succès n'a fait que nourrir l’ambition de Nathalie de Mauduit, la directrice, qui souhaite « allier patrimoine et modernité » en exploitant pleinement ce « trésor vintage ».
Renaissance de la Manufacture Bayonnaise de Bérets Basques (MBBB). Lors d’une rencontre fortuite avec un chapelier local, nous avons découvert un stock de plus de 40 000 écussons brodés de la défunte Manufacture Bayonnaise de Bérets Basques, fondée en 1910 et disparue dans les années 1950. Cette trouvaille a été le point de départ d’une aventure passionnante : la redécouverte et la relance de cette marque emblématique. En collaboration avec la Chambre de commerce, le Musée basque et les Archives départementales, nous avons reconstitué l’histoire de cette manufacture et redéposé la marque et le logo.
La Tradition des Casquettes en Coupe du Monde
C'est une casquette synonyme de Coupe du monde. À l'instar des Anglais au Touquet, des Fidjiens en Gironde ou des Néo-Zélandais à Lyon, les joueurs du XV de France ont, eux aussi, revêtu ce couvre-chef unique, samedi 2 septembre, dans le parc du Bois-Préau de Rueil-Malmaison, près de leur camp de base et devant plus de 10 000 personnes venues assister à ce moment. Une cérémonie symbolique, mais unique pour certains, comme le 3e ligne Paul Boudehent : « C'est un grand honneur, beaucoup de fierté. J'en parlais il n'y a pas longtemps avec mes parents, je n'en espérais pas tant il y a encore quelques semaines. Je ne sais pas si j'aurais la chance d'en vivre d'autres », s'est-il réjoui.
Pour trouver l'origine de cette tradition, il faut remonter au XIXe siècle et traverser la Manche. Cette casquette était alors considérée comme une récompense. Cette casquette a, peu à peu, disparu du sport professionnel, sauf au rugby, où la tradition a perduré. Elle est, aujourd'hui, réservée à la Coupe du monde. De 1987, année de la première édition du Mondial, jusqu'en 2011, la remise des couvre-chefs s'effectuait en petit comité, à l'abri des regards. Depuis trois éditions, elle s'organise devant du public.
Là encore, les Anglais y sont pour quelque chose, puisque c'est en 2015, année durant laquelle la Coupe du monde était organisée outre-Manche, que la cérémonie de remise des casquettes a été ouverte, pour la première fois, aux supporteurs. « Une cape ne se donne pas, elle vient se chercher. Après avoir récupéré leur casquette, les joueurs du XV de France ont désormais le regard tourné vers le terrain. « La force de ce groupe, c'est qu'après une journée protocolaire comme celle-ci, on va se remettre en mode compétition. C'est l'une de nos qualités, être capable de basculer et de se transformer en machine de guerre quand vient le match », a assuré au terme de la cérémonie Raphaël Ibanez, manageur général du XV de France.
La Coupe du monde des Bleus commence en grande pompe avec un duel au sommet face à la Nouvelle-Zélande, vendredi 8 septembre, au Stade de France.