Belgique Champion du Monde de Football : Un Palmarès à Revisiter

La Belgique, nation respectée dans le monde du football, n'a jamais soulevé la Coupe du Monde. Pourtant, l'histoire lui confère un titre officieux de champions du monde, glané lors des Jeux Olympiques d'Anvers en 1920. Cet événement suscite encore aujourd'hui un débat passionné : la Belgique mérite-t-elle une étoile honorifique sur son écusson ?

Les Jeux Olympiques d'Anvers 1920 : Un Tournoi Précurseur

C'était aux Jeux olympiques d’Anvers, en 1920, à une époque où la Coupe du monde de la FIFA n’existait pas encore, et où les Jeux olympiques (JO) faisaient office de principale compétition internationale. Le tournoi de football association est, il est vrai, unique, au point de vue compétition. Il [a] réuni les engagements des quinze meilleures équipes du monde, représentant tous les pays qui pratiquent ce sport. Jamais un tel lot de soccers ne s’était réuni dans un même tournoi.

Pour la première fois, une formation africaine - l’Egypte - vient se greffer aux sélections du Vieux Continent. De quoi faire de cette joute olympique le premier tournoi à la dimension internationale, et non plus seulement européenne. Et la Belgique, directement qualifiée pour les quarts de finale en tant que pays hôte, va y briller.

Un Parcours Semé d'Embûches

Entrés en lice en quarts de finale face à une Espagne qui dispute seulement la deuxième rencontre officielle de son histoire (3-1), les Belges commencent par essuyer les sifflets de leur propre public, déçu qu'un seul Anversois soit titulaire. Pour la demi-finale face au voisin néerlandais (3-0), avec qui les relations se sont tendues à cause de sa neutralité pendant la guerre, deux locaux supplémentaires sont alignés et l'ambiance se réchauffe considérablement. Annonciateur de la fièvre finale qui voit des trains spéciaux rallier Anvers depuis Bruxelles, des administrations et entreprises donner congé à leurs employés pour soutenir leurs favoris contre la Tchécoslovaquie.

« Il n'y avait plus un billet à acheter. Et les candidats spectateurs qui arrivaient encore de tous les coins du pays se trouvaient bloqués, pressés et comprimés », témoignera l'arbitre international belge John Langenus en se remémorant « la tranchée olympique », un tunnel creusé par des gamins sous les clôtures du stade pour permettre à de nombreuses personnes de rentrer sans payer. Au point que la troupe est mobilisée pour sécuriser le terrain face à une affluence estimée à plus de 40 000 spectateurs.

Équipe de football belge aux Jeux Olympiques de 1920

Une Finale Chaotique

Le 2 septembre 1920, plus de 40 000 spectateurs étaient venus encourager, dans les tribunes du stade Olympique d'Anvers, la sélection belge en finale des Jeux Olympiques, face à la Tchécoslovaquie. La jeune Tchécoslovaquie indépendante fait plutôt figure de favorite, elle qui a remporté facilement l'année précédente les Jeux Interalliés à Paris. Mais elle concède un penalty dès les premières minutes puis un deuxième but à la demi-heure de jeu.

Quand, peu après, l'un de leurs défenseurs est expulsé pour une agression, les Tchécoslovaques, qui avaient déploré la nomination au sifflet du grisonnant Britannique John Lewis, 65 ans, quittent la pelouse, protestant d'une ambiance hostile. Le terrain est alors envahi, la foule conspue les vaincus terrés dans leur vestiaire. Après concertation, les Tchécoslovaques, qui déplorent l'arbitrage du très expérimenté Britannique John Lewis, 65 ans, décident de quitter la pelouse.

Leur réclamation restera vaine : la Belgique est championne olympique en trois matches, et à l'issue d'une finale de moins de quarante minutes. « Nous, Français, nous nous réjouissons de cette victoire et nous l'avons fêtée ce soir à Anvers un peu comme si c'était notre victoire », se félicite le quotidien L'Auto, ancêtre de L'Équipe. Dans Le Miroir des sports, le futur président de la FIFA Jules Rimet résume : « [La Belgique] a enlevé le Championnat du monde », dix ans avant l'invention de la Coupe du monde.

La Question de l'Étoile : Un Débat Toujours Actuel

Un Championnat qui, argumentent aujourd'hui certains, vaudrait bien une étoile dorée au coeur, comme se l'est autorisé l'Uruguay en combinant ses deux titres olympiques (1924, 1928) et ses deux Coupes du monde (1930, 1950) pour arborer quatre étoiles. Une idée à creuser, assurément. » Et creusée depuis par De Witte Duivel, un think tank footballistique belge.

« En 1920, les médias français et néerlandais étaient assez chauvins lors des affrontements avec la Belgique mais le magazine néerlandais Sport-Revue a écrit "Belges, n'oubliez jamais le nom de vos premiers champions du monde de football" et Le Miroir des sports titra "Les Belges champions du monde de football" », insiste Raf Willems, l'un des responsables du think tank, auteur d'un livre intitulé La Belgique, première équipe championne du monde de football.

La demande s'est depuis attiré quelques soutiens médiatiques comme celui du chanteur Francis Lalanne, connu pour sa passion des Bleus mais également pour son amour de la sélection belge : « Je crois qu'elle serait fière et cela pourrait la motiver encore plus pour aller chercher des trophées. C'est une injustice qu'elle ne puisse pas arborer cette étoile à laquelle l'histoire lui donne droit », expliquait-il l'an dernier à la chaîne RTC Télé Liège.

Les défenseurs d'une Belgique étoilée arguent que le tournoi de 1920 (qui rassemblait 14 équipes) accueillait pour la première fois une sélection non européenne, l'Égypte, et s'avérait plus relevé que ceux d'avant-guerre, qui opposaient parfois des équipes de club grimées en sélections nationales. En finale, les Belges ouvrent rapidement le score (6e minute), sur penalty, par l'intermédiaire de leur attaquant Robert Coppée.

Pourtant, reste que l'événement n'est pas organisé par la FIFA, contrairement aux tournois de 1924 et 1928, et n'a rien de véritablement universel : les perdants de la Première Guerre mondiale en sont exclus tandis que les États-Unis et le Canada, présents aux Jeux interalliés, n'ont pas fait le long déplacement (ni aucune équipe sud-américaine).

« L'attente mondiale que paraît éprouver l'opinion ne se retrouve pas sur le terrain, analyse l'historien du football Pierre Arrighi. C'est un championnat d'expectative : on se dit qu'un Championnat du monde doit exister. Mais si on analyse les choses de manière objective, les Belges sont plutôt champions du monde d'un tournoi de transition. »

Du côté du musée de la FIFA à Zurich, l'historien Guy Oliver souligne que si les premiers tournois olympiques ont fait office pour l'institution de Championnat du monde amateurs, « ce n'est pas la même chose que remporter la Coupe du monde ». La FIFA a inclus dans son règlement un article disposant que seuls les vainqueurs de la Coupe du monde y ont droit. Une règle qui ne vaut que pour les phases finales qu'elle organise, certaines confédérations, mais pas l'UEFA, autorisant leurs membres à arborer une étoile par titre continental.

L'Uruguay, lui, a contourné la difficulté en intégrant ses quatre étoiles au logo de la sélection, laissé à la discrétion de chaque pays par le règlement. Une astuce dont De Witte Duivel aimerait s'inspirer, sans s'attirer l'adhésion générale pour l'instant. Le think tank considère avant tout cette étoile comme « symbolique » d'une histoire trop méconnue.

Car la victoire de la Belgique en 1920 est aussi celle d'un pays meurtri, longtemps occupé, et d'une sélection qui a connu l'épreuve du feu. Sélection dont l'un des entraîneurs (qui ramène également d'Anvers une médaille de bronze en... hockey sur gazon), le baron Raoul Daufresne de La Chevalerie, a dirigé des troupes d'infanterie et deviendra, en 1941, commandant en chef de l'armée de terre belge en exil en Grande-Bretagne.

Et dont plusieurs joueurs ont participé, le capitaine moustachu Armand Swartenbroeks en tête, à l'aventure des « Front Wanderers », une sélection belge qui disputait des matches pour assister les réfugiés de guerre et offrir des ballons et chaussures aux soldats des tranchées. « Deux ans après la guerre, le noyau dur des "Front Wanderers" est devenu champion olympique dans son propre pays, après la finale la plus folle que l'on puisse imaginer, résume Raf Willems. Ne dirait-on pas un scénario de film ? » Digne des étoiles d'Hollywood.

Jeux olympiques d'été de 1920

Les Diables Rouges : Une Équipe de Légende

Au cours de leur histoire, les Diables Rouges ont connu plusieurs générations dorées, la dernière en date ayant marqué les esprits durant les années 2010. Voici une composition possible d'une équipe de légende belge :

Gardien: Thibaut Courtois

Défenseurs: Eric Gerets, Daniel Van Buyten, Vincent Kompany, Jan Vertonghen

Milieux: Axel Witsel, Kevin De Bruyne, Enzo Scifo

Attaquants: Jan Ceulemans, Eden Hazard, Romelu Lukaku

Remplaçants: Pfaff, Grün, Alderweireld, T. Simons, Frk.

Onze de légende de la Belgique

Palmarès des Vainqueurs de la Coupe du Monde

Depuis la création du Mondial en 1930, seuls huit pays ont remporté le titre de champion du monde :

Pays Nombre de titres Années de victoire
Brésil 5 1958, 1962, 1970, 1994, 2002
Allemagne 4 1954, 1974, 1990, 2014
Italie 4 1934, 1938, 1982, 2006
Argentine 3 1978, 1986, 2022
Uruguay 2 1930, 1950
France 2 1998, 2018
Angleterre 1 1966
Espagne 1 2010

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