Oyonnax, une ville de 22 600 habitants nichée entre Lyon et la Suisse, est connue pour son club de rugby, l'Oyonnax Rugby. Fondé en 1942, ce club, souvent surnommé les Oyomen ou les Noir et Rouge, évolue au stade Charles-Mathon. Ce stade est nommé en hommage à un ancien joueur du club des années 1920-1930.

Stade Charles-Mathon
Les Débuts et l'Ascension
Pour raconter l’historique du club cher aux Oyonnaxiens, il faut remonter en l’an 1909 où l’un des leurs effectuait son service militaire en compagnie d’Anglais qui lui offrirent un ballon ovale avec lequel ils jouaient. De retour à Oyonnax, ce ballon et ce nouveau sport intéressèrent les jeunes et on se retrouva avec trois clubs sportifs différents qui créèrent une équipe de rugby. Ce furent « L’avenir », les « Sports ouvriers », et le « Club sportif oyonnaxien ».
Et puis, en 1942, le secrétaire d’état chargé des sports décida que dans une même ville, un sport ne devait être pratiqué que dans un seul club. Ainsi naît le Club sportif d’Oyonnax (CSO), « une émanation de ce que nous sommes, une ville ouvrière » rappelle l’actuel président d’Oyonnax Rugby, Thierry Emin. En 1942, place à l’Union sportive oyonnaxienne (USO).
Après un long passage en Fédérale 1 puis en Pro D2, Oyo accède au Top 14 en 2013, marquant un tournant historique pour le club.
Les Moments Clés de l'Histoire du Club
La saison 1966-1967 a fait découvrir l’USO sur le plan national. Le 21 mai 1967, elle jouait la finale du championnat de France de deuxième division. C’était à Clermont-Ferrand contre Castelsarrasin. L’identité rugbystique de la cité se forge à mesure que son palmarès régional grandit. Ce sigle, la France ne le connaît pas encore. L’épopée de 1967 y remédie, avec une montée inédite en Première division et de très belles années.
Vingt ans plus tard, la fierté et l’ambition renaissent. Ça, c’est le parfum de la D1, réintégrée dans le Groupe B. « Oyonnax avait toujours sa place dans le rugby français », se souvient...
L’USO est centenaire et elle se porte bien merci. Avoir 100 ans et les dents longues, ça étonne. Pour preuve, le meilleur classement de toute sa longue histoire en cette année 2009.
Période Récente et Montées en Top 14
Barragiste en 2015, les Oyomen oscillent ensuite entre l’élite et la deuxième division, mais font preuve d’une constance remarquable en décrochant à trois reprises le titre de champion de Pro D2 (2013, 2017 et 2023).
Promu dans l'élite après avoir outrageusement dominé la Pro D2, l'équipe de Joe El Abd s'avançait avec l'ambition d'un maintien en Top 14. Les premiers matchs donnaient raison aux gars de l'Ain. Pleins d'envie, ils enchaînaient les résultats encourageants, surtout à domicile. Une première victoire face à Clermont, une autre étriquée face à La Rochelle puis une démonstration de force face à Lyon... Tout semblait aller bien dans l'antre de Charles-Mathon, malgré une défaite logique face au futur champion toulousain.
C'est au début de l'hiver que tout s'est compliqué. Balayés à plusieurs reprises, ils perdaient de la confiance et misaient tout sur leur force à la maison. Le seul bon résultat loin des bases fut effacé par un revers cruel face à l'UBB. La victoire face à Pau (29 décembre) fut la dernière avant une série noire. Les Oyomen traversaient une période de dix matchs sans succès pour entamer la deuxième partie du championnat (neuf défaites, un match nul). Une série qui prenait fin face à un Castres olympique réduit à 13 (deux cartons rouges) en avril. Trop tard, Oyonnax était largué. L'honneur était sauf avec un succès lors de l'ultime match à domicile face à Bayonne (27-20).
Oyonnax a donc finalement fait l'ascenseur et retrouve la Pro D2 la saison prochaine. Un coup de bâton pour un club qui avait l'ambition de se stabiliser dans l'élite. En plus, Oyonnax perd certains de ses joueurs importants comme Miotti, Crédoz, Cassang, Millet ou encore Raynaud. Même si des renforts de poids arrivent (Miquel, Holmes, Rabut, Ramototabua, Qadiri, Bogado ou Sawailau), il ne sera pas facile de se retrouver tout en haut de l'affiche dans l'antichambre de l'élite.
Tableau des Titres et Distinctions
| Compétition | Année |
|---|---|
| Champion de Pro D2 | 2013 |
| Champion de Pro D2 | 2017 |
| Champion de Pro D2 | 2023 |
Joueurs Marquants
L'ouvreur argentin fut l'une des rares satisfactions de l'effectif cette saison. Arrivé en début de saison des Glasgow Warriors, il a pris la place de titulaire après quatre journées de Top 14. Il ne l'a plus quitté. Doté un jeu au pied extrêmement puissant, Miotti a souvent sorti Oyonnax du pétrin. Souvenez-vous de son match face à La Rochelle où il a su dompter le vent pour faire courir l'arrière-garde adverse. Avec la relégation, Miotti a forcément reçu des appels de la part d'autres clubs de Top 14. Et alors que Clermont le courtisait, c'est finalement Montpellier qui a raflé la mise, en l'enrôlant.
Défis et Avenir
Preuve qu'Oyonnax n'a jamais su dominer en Top 14. Jamais les Oyonnaxiens n'ont glané de bonus offensif cette saison. C'est la seule équipe qui est dans ce cas. Ne ratez pas notre dossier spécial ! L’ascension de l'US Oyonnax rugby en Top 14 provoque une fierté au niveau local et quelques questions au niveau national.
« Improbo Fabrum Labore Ascendit ». La devise de la ville d’Oyonnax signifie « elle s’est élevée grâce au travail opiniâtre de ses habitants ». Ces dernières années, le club de rugby de la cité, l’US Oyonnax a fait sienne cette devise. Et le travail de ses dirigeants, entraîneurs et joueurs va lui permettre de s’élever au plus haut niveau du rugby français, le Top 14. A partir du mois d’août prochain, Oyonnax fera partie de l’élite du rugby français, au milieu des RC Toulon, Stade Toulousain ou AS Clermont.
Avec 10 millions d’Euros de budget (contre 5,5 millions cette année), l’US Oyonnax sera sans doute le petit poucet du Top 14. Mais ce club veut croire en sa chance d’exister au plus haut niveau. Et se structure. En réaménageant son stade à près de 12 000 places pour que les supporters de toute la région viennent pousser derrière eux par exemple.
Rugby - Jules Soulan savoure la montée d'Oyonnax en Top 14
Comment l’ascension de ce club est-elle perçue au niveau local jusqu’au plan national ? Oyonnax, deuxième ville de l’Ain, prend place au coeur du Haut-Bugey.
Géographiquement située au cœur de l’Union Européenne, Oyonnax compte plus de 23 000 habitants. La deuxième ville de l’Ain en termes de population prend place au nord du département, dans le Pays du Haut-Bugey. Au carrefour des régions Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté, elle est encadrée par les agglomérations de Lyon et de Genève, chacune à moins d’une heure d’autoroute. La gare TGV de Nurieux permet de rejoindre Paris en 2h20. À la frontière du Jura, Oyonnax est entourée de plusieurs communes qui constituent la Communauté d’Agglomération du Haut-Bugey. Le massif montagneux influence la morphologie de la commune, avec un territoire étendu.

Carte de l'Ain
Au-delà du rugby, Oyonnax est une ville où de nombreux sports peuvent être pratiqués.
Oyonnax compte de nombreux équipements (centre nautique avec bassin olympique à toit rétractable, hall des sports, centre omnisports Léon Emin, boulodrome, stades) et une soixantaine de clubs.
Parmi les sportifs connus natifs de la ville, Florian Schäfer, champion du monde aquathlon amateur 2018 au Danemark, Sacha Zegueur, champion du Monde de rugby (moins de 20 ans), Vainqueur du tournoi des VI nations (moins de 20 ans), Jean Pascal Besson, 1er en coupe d’Europe des Rallyes FIA 2018 zone alpin, Eric Barone, vététiste, recordman du monde de vitesse à VTT sur neige et sur terre, Davy Egraz, champion du monde master kayak (catégorie Vétéran)…
Stade « chaudron » à l’anglaise avec un vrai public enthousiaste, bénéficiant du Label Stade Rugby Pro, le stade Charles Mathon est le terrain de jeu d’Oyonnax Rugby, le club de l’Ain et des montagnes du Jura, actuellement en Pro D2 ! Le XV rouge et noir contribue à faire rayonner notre ville partout en France et même en Europe.
L’ère industrielle et la loi de 1901 voient l’explosion de la pratique du sport en France. Ici aussi. Ainsi naît le Club sportif d’Oyonnax (CSO), « une émanation de ce que nous sommes, une ville ouvrière » rappelle l’actuel président d’ Oyonnax Rugby , Thierry Emin. L’identité rugbystique de la cité se forge à mesure que son palmarès régional grandit. En 1942, place à l’Union sportive oyonnaxienne (USO). Ce sigle, la France ne le connaît pas encore. L’épopée de 1967 y remédie, avec une montée inédite en Première division et de très belles années.
Vingt ans plus tard, la fierté et l’ambition renaissent. Ça, c’est le parfum de la D1, réintégrée dans le Groupe B. « Oyonnax avait toujours sa place dans le rugby français », se souvient...
Aux bals des frustrés, Oyonnax se pose là. « La fin de saison dernière a été une vraie frustration, confirme le président Thierry Emin. J’espère simplement que cette année, il n’y aura pas de retard à l’allumage mais je ne suis pas inquiet. Sans faire offense aux joueurs qui nous ont quittés, l’effectif me semble plus fort que l’an dernier tout simplement parce qu’il s’est stabilisé, et que nos jeunes ont acquis un an d’expérience à ce niveau. C’est une vraie force. On a envie de jouer le haut du tableau, envie de retourner en Top 14. Le groupe est façonné pour ça… »
« Avec le départ de Jean-Marc, c’est une grande page de l’histoire du club qui s’est tournée, souffle Emin. C’est quelqu’un qui a marqué tout le monde de par sa manière d’être, sa volonté de transmettre. On est bien conscient que nous sommes tous éphémères, que nous ne sommes que de passage dans un club. Il nous a laissé un héritage et il faut le rendre dans un état au moins aussi bon que celui dans lequel nous l’avons trouvé, et c’est ce à quoi nous allons nous atteler. Le plus important, désormais, est de redémarrer et de retourner sur la même ligne de départ que les autres.
Comme à son habitude, le club d’Oyonnax n’aura pas à chercher loin son inspiration, mais bien dans son rapport à sa ville et à son territoire qu’il souhaite chérir plus que jamais, comme un retour (inconscient ou pas) aux valeurs prônées durant les huit ans de l’ère Urios.
« Oyonnax est une ville d’entrepreneurs, qui s’est toujours battue pour surmonter toutes les crises en se renouvelant sans cesse, pose Thierry Emin. Ce qui se traduit sportivement parlant, depuis le retour aux affaires de l’ancien capitaine Joe El Abd, par une politique moins axée sur le spectacle, et davantage sur l’efficacité. À l’image de la ville, quoi… « Il y a, à Oyonnax, une certaine culture du jeu, prône Emin. Christophe Urios nous a fait franchir un cap pendant huit ans en construisant son projet sur certaines valeurs, sur un attachement au territoire que nous avions peut-être un peu perdu. Joe El Abd est en train de retravailler sur ces aspects. Cela se ressent dans la politique du club mais aussi dans son jeu. Je ne vais pas dire qu’il est moins flamboyant que ces dernières années, mais il est davantage tourné vers l’efficacité et cela correspond mieux à notre identité. C’est aussi lié à l’évolution du rugby : on voit bien que depuis 2015, les défenses ont repris le dessus et qu’il faut s’y adapter avec du jeu au pied, de la pression. Ce n’est pas seulement propre à Oyonnax. »
Certes. Reste que l’USO a, sur le papier, tout pour s’épanouir dans ce contexte, porté par une formation enfin à la hauteur de ses ambitions. « Nous avons fait le choix, dicté par le contexte, de réduire notre nombre de contrats professionnels, pointe le président. Pour compléter l’effectif, nous allons miser sur nos jeunes, si bien que l’USO comptera dans son équipe fanion 40 % de joueurs issus de sa formation, pour la première fois de son histoire au niveau professionnel. Depuis le début des années 2010, Oyonnax s’est imposé comme l’un des bastions du rugby français ainsi qu’un club ayant une forte identité autour duquel passion et fierté sont vives.
L’Ain n’est pas qu’une terre d’industrie, c’est également, et depuis longtemps, une terre de rugby. Preuve en est l’effervescence qui règne autour du ballon ovale au début du siècle dernier. En 1909, quand Jules Verchère décide de créer un club, il y a également deux autres équipes en ville. Ainsi, aux premiers temps le CSO (Club Sportif Oyonnaxien) affronte ses voisins et rivaux de l’Avenir Oyonnax et du Club des sports ouvriers. En 1942, conscient du potentiel de chacune des structures, une fusion est opérée donnant naissance à l’USO (Union Sportive Oyonnax Rugby). 25 ans plus tard les « unionistes » de l’Ain accèdent à l’élite avec un blason aussi simple qu’efficace : Du rouge et du noir qui sont les couleurs historiques du club, présentes également sur le blason de la ville, et les initiales d’une formation porte-drapeau de toute une région. Le 27 avril 2013 il neigeait à Charles-Mathon pour le sacre “d'Oyo” en PRO D2 !
Oyonnax a toujours été innovant. Premier club professionnel à se doter d’un terrain synthétique, inventeur du fameux chant « ici, ici … ! » et d’un surnom original pour désigner ses joueurs : les Oyomen. C’est cette ambition et ce talent pour la création qui a permis à l’USO de revenir en PRO D2, à partir de 2002, de s’y installer durablement puis de gagner trois titres 2013, 2017 et 2023.