Basket-ball en Algérie: Histoire et Actualité

Le basket-ball en Algérie représente bien plus qu’un simple sport, car il peine à gagner en visibilité et à étendre sa portée. Le jeu évolue entre les terrains de sport ruraux surchauffés et les gymnases vides aux murs de ciment. Cette persistance distingue le basket-ball, car il revient sans cesse, malgré les difficultés. L’histoire du basket-ball algérien s’articule autour de trois éléments fondamentaux : la persévérance, la détermination et des attentes optimistes.

Début du basket-ball en Algérie

Les tournois de basket-ball ont officiellement débuté en Algérie sous le gouvernement colonial français dans les années 1940. À cette époque, une grande partie de la population ne pouvait pas jouer au basket-ball. Seuls les établissements universitaires d’élite et les organisations militaires servaient de lieux de pratique principaux. À Alger, le basket fut joué principalement par des hommes européens originaires des quartiers centraux de la ville. Le comité d’Alger Basket a laissé des traces de son activité pendant les deux guerres qu’il a traversées et qui marquèrent son expansion puis sa disparition.

Si la Seconde Guerre mondiale lui a été bénéfique (le basket franchit alors les murs de la ville et de sa communauté originelle et profite de l’attention et du soutien prodigués au sport par les hommes du régime de Vichy), la guerre d’Algérie, au contraire, lui porte un coup fatal. Durant les hostilités, tous les efforts portèrent sur la continuation d’une pratique que l’on assimila rapidement à la manifestation de la permanence de la présence française.

Le basket-ball est rapidement devenu populaire après l’indépendance de l’Algérie en 1962. Grâce au soutien du gouvernement, de jeunes athlètes ont été placés dans des centres d’entraînement et les tournois locaux se sont multipliés. Les villes d’Alger et d’Oran ont formé des équipes compétitives et stables, qui ont attiré une forte participation de la population. Les stades étaient absents, mais les joueurs ont fait preuve d’une détermination ardente, maintenant l’intensité tout au long des saisons.

Influence de l’instabilité politique et économique

Le manque d’infrastructures adéquates empêche les équipes talentueuses d’atteindre leur plein potentiel, l’Algérie étant confrontée à des troubles politiques et économiques continus depuis de nombreuses années.

Principaux obstacles causés par l’instabilité:

  • La réduction des financements publics a conduit de nombreux clubs de basket à cesser leurs activités, faute de fonds pour acheter des uniformes, organiser des voyages et acquérir du matériel.
  • Des athlètes prometteurs ont quitté le pays pour jouer professionnellement à l’étranger, ce qui a entraîné une diminution du bassin de joueurs nationaux.
  • La réaffectation des fonds publics a entraîné la détérioration des installations de basket-ball, les rendant totalement inutilisables, soit par abandon, soit par conversion en parkings, soit par désintégration.

Malgré les difficultés financières, le sport a survécu grâce à des projets pour les jeunes et à l’énergie locale, qui ont redonné vie à son amour.

Engagement des jeunes et programmes locaux

Le basket-ball algérien se développe grâce à des initiatives communautaires dans les quartiers. Les jeunes joueurs s’entraînent au dribble et à la passe dans des établissements scolaires et sur des terrains de basket extérieurs délabrés. Chaque athlète prometteur est soutenu par un réseau discret de bénévoles, d’entraîneurs et de supporters enthousiastes qui œuvrent activement à la préservation et au développement du basket-ball en tant que sport.

Rôle des compétitions scolaires

Dans les villes algériennes, les enfants n’ont l’occasion de jouer au basket que lors des compétitions sportives scolaires traditionnelles. Ces compétitions forgent des leaders communautaires et donnent lieu à des compétitions divisionnaires dans les quartiers. Elles rassemblent des élèves qui soutiennent leurs coéquipiers avec passion, car ils aiment regarder le basket sans couverture médiatique ni soutien commercial.

Bien que le ministère de la Jeunesse et des Sports collabore avec les écoles, il fonctionne avec des ressources limitées. La plupart des entraîneurs sont bénévoles, répartissant un ballon de basket entre toutes les équipes participantes. Malgré leurs ressources limitées, les entraîneurs participent chaque semaine à leurs séances.

Soutien des clubs municipaux

Les clubs municipaux sont un élément essentiel du basket en Algérie. La plupart de ces clubs, généralement situés en zones rurales, sont gérés par des passionnés locaux et des athlètes retraités. Bien que dépourvus de logos et de financements coûteux, ces équipes font preuve d’un dévouement sans faille. Ces clubs soutiennent les stagiaires qui travaillent dur. Le manque d’électricité permet aux joueuses de poursuivre leur entraînement grâce à un programme d’éclairage public. Les membres de ces clubs bénéficient de précieuses bases : encadrement, mentorat et attitude positive, qui surpassent les victoires en championnat.

Développement du basketball féminin

Les Algériennes sont confrontées à un double obstacle pour s’assurer une place sur les terrains de basketball. Les équipes féminines du pays ont souffert d’années d’anonymat en raison de normes culturelles restrictives et de budgets limités. Depuis les années 1990, Constantine et Alger ont créé des équipes sportives féminines pour opérer dans la région. Les personnes formées pour entraîner ne recevaient ni rémunération ni espaces d’entraînement aménagés ; elles exerçaient donc leurs activités depuis les cours de récréation et les gymnases polyvalents. Leurs objectifs étaient la visibilité, la dignité et la progression plutôt que la conquête de médailles.

Actuellement, l’équipe nationale féminine d’Algérie participe à des tournois internationaux de qualification. Les principales luttes pour la victoire se déroulent au-delà des limites du terrain, où les joueuses s’approvisionnent en uniformes et organisent les transports pour les matchs. Les joueuses s’investissent de tout leur cœur, car le basket-ball représente une lutte acharnée pour démontrer leur droit à l’appartenance à ce sport, et elles refusent d’abandonner.

L’Algérie remporte le Championnat arabe des nations

L’Algérie est un pays qui parvient à sortir quelques talents individuels, mais a toujours du mal à récolter des titres collectifs. Le pays n’a par exemple jamais gagné l’AfroBasket, et n’avait remporté qu’une seule fois le Championnat arabe des nations… jusqu’à ce week-end.

Au Bahreïn, pour la 26e édition de cette compétition régionale dominée par l’Égypte depuis toujours (13 titres), ce sont bel et bien les Verts qui l’ont emporté après une semaine de matchs de poules, sans playoffs. C’est leur premier titre dans la compétition depuis 2005, et le deuxième de leur histoire. Lors de cette édition, les Algériens ont terminé invaincus. Ils ont remporté leurs six matchs pour terminer en première position, devant la Tunisie, deuxième.

Avec deux dernières victoires sur le parquet du pays organisateur, le Bahreïn (70-69), et contre l’Égypte (78-70). Sur l’ensemble de la compétition, l’équipe a été menée par le jeune Chakib Sedoud (20 ans), joueur du NB Staouéli en Algérie, qui a marqué 16 points de moyenne, et par son maître à jouer, le futur caennais Sofiane Briki (1,93 m, 26 ans), auteur de 11,3 points et 5,7 passes décisives de moyenne.

Le coach Ali Bouziane, qui a fait sa carrière de joueur en France avec le Paris Racing, Gravelines ou encore Dijon, a réussi à bâtir en cinq semaines une jeune équipe (moyenne d’âge de 23 ans) compétitive. Sa nomination en mars a déjà porté ses fruits et lance le renouveau de la sélection algérienne. En quête de renouveau, la Fédération algérienne a fait le choix de notre coach pour diriger son équipe nationale : « La FABB a le plaisir d’annoncer qu’Ali Bouziane est le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale seniors messieurs de basket-ball.

L’Algérie n’a plus participé à un championnat d’Afrique depuis 2015, et leur dernière participation à une Coupe du Monde remonte à 2002, la seule de leur histoire.

Ancien étendard de la génération 1999, sélectionné à trois reprises avec les équipes de France juniors (en U16, U18 et U20), Sofiane Briki (1,93 m, 26 ans) rêvait, comme tout jeune basketteur, de défendre un jour les couleurs des Bleus au plus haut niveau international. « Sans langue de bois, je me voyais en équipe de France quand j’étais plus jeune et je travaillais pour y jouer », admet-il.

La réalité d’une carrière professionnelle qui a mis du temps à décoller, notamment à cause de graves pépins physiques liés aux… équipes de France juniors. De fait, Sofiane Briki ne jouera jamais pour l’équipe de France. Mais le Havrais épousera tout de même un destin international avec l’Algérie, le pays de ses deux parents, qui ont vécu à Annaba jusqu’au milieu de leur vingtaine.

« Depuis que je suis passé pro, j’ai toujours eu l’idée de représenter mon pays d’origine, en regardant certains joueurs de ma génération, ou d’autres comme Maxence Dadiet. Les choses ont changé avec la nomination d’Ali Bouziane à la tête des Verts au printemps dernier. Vice-champion d’Afrique en 2001, membre de l’équipe qui a qualifié l’Algérie pour le seul Mondial de son histoire (en 2002), l’actuel entraîneur de Denain s’est lancé dans une grande prospection, rappelant Tommy Ghezala ou Nadyr Labouize, tout en faisant venir des nouvelles têtes comme le Roannais Marvin Sarkis et Sofiane Briki donc.

Pour l’instant, tout se passe bien avec un exploit en ouverture contre la Tunisie (86-81), double championne d’Afrique en titre, puis une démonstration contre les Émirats Arabes Unis (99-61). Alors que la formule d’un championnat, sans playoffs, autorise l’Algérie à rêver d’un deuxième sacre avec un bilan immaculé pour l’instant, pas question de s’enflammer pour les coéquipiers du futur joueur de Caen.

« L’objectif est avant tout de construire une nouvelle ADN et une culture du basket algérien, de construire une base et des habitudes de travail solide », explique-t-il. « À travers ce tournoi, nous voulons essayer d’instaurer une culture de la gagne. Notre équipe est très jeune : il n’y a que quatre joueurs au-dessus de 25 ans, tout le reste oscille entre 19 et 23 ans maximum. Sincèrement, ils possèdent tous des potentiels de haut niveau et sont super talentueux. Ce tournoi leur permet de s’exprimer au niveau international. C’est peut-être encore plus une fierté pour eux. En tant que joueur, on est quand même assez focalisé sur la performance mais représenter une sélection nationale à laquelle on est vraiment rattaché, et pas juste naturalisé pour le business, c’est très spécial… Il faut savoir que le peuple algérien est très fier et passionné pour son pays. On sent un gros engouement autour de ce projet.

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Palmarès de l'Algérie dans les compétitions de basket-ball
Compétition Meilleur Résultat Années
AfroBasket Jamais gagné -
Championnat arabe des nations Vainqueur 2005, 2025
Coupe du Monde Participation 2002

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