L'Évolution du Bandeau dans la NBA: Histoire, Style et Controverses

En NBA, la compétition ne se limite pas aux performances sur le terrain. Le style vestimentaire des joueurs est devenu un spectacle à part entière, transformant les arrivées aux matchs et les conférences de presse en véritables défilés de mode. Cependant, cette culture de la mode a connu des hauts et des bas, marquée par des controverses et des réglementations strictes.

Le style des joueurs NBA est devenu un élément essentiel de la culture du basket-ball.

Des Débuts Difficiles à l'Émergence du Style

« Après la période dorée avec Michael Jordan dans les années 80-90, l'image de la ligue se durcit quelques années plus tard, souligne Maximilien N'Tary-Calaffard, consultant en marketing et fondateur du magazine LeCloset. C'est l'arrivée du style bad boy avec, notamment, Allen Iverson ».

Le meneur drafté en première position par les Sixers en 1996 impose le style « ghettos » avec baggys XXL, tatouages, bijoux bling-bling et des tresses plaquées, qui étaient « un code des prisonniers à l'époque » ajoute Maximilien N'Tary-Calaffard. L'Américain connecte pour la première fois les codes du hip hop et le basket et lance même ses premiers morceaux de rap sous le pseudo Jewelz.

Le style Allen Iverson bouscule la NBA, quelques années après l'extravagant joueur des Detroit Pistons et des Chicago Bulls Dennis Rodman. « Allen Iverson est peut-être l'homme le plus rapide de la NBA mais il n'est pas pressé de se conformer à l'image voulue par la ligue », écrit le chroniqueur Rick Reilly en mars 1998 dans les colonnes du magazine Sports Illustrated.

Car la haute sphère de la NBA, dont le patron David Stern (de 1984 à 2014), commence à voir rouge, d'autant que d'autres joueurs adoptent le look Iverson. S'ajoutent à cela des affaires de bagarres, paris ou de viol (dont Kobe Bryant en 2003), qui ternissent l'image de la Ligue.

Allen Iverson, une icône de style controversée.

Le "Dress Code" de David Stern: Une Tentative de Normalisation

Le 17 octobre 2005, David Stern impose un « dress code » aux joueurs, une première dans l'histoire des ligues américaines. Histoire de se défaire de cette image de gangster qui commence à lui coller à la peau. Se voient donc interdits les shorts, tee-shirts sans manches, casquettes, lunettes de soleil à l'intérieur, bijoux, vêtements de sport et autres bandanas, lorsque les joueurs sont en représentations pour leur club. Au risque de se voir infliger des amendes.

Un code vestimentaire jugé raciste par certains joueurs parce qu'il cible, selon eux, le style ghetto des joueurs afro-américains. L'arrière des Pacers Stephen Jackson a ainsi expliqué dans l'Indianapolis Star : « Pour ce qui est des chaînes, c'est une décision raciale ! Pratiquement 100 % des joueurs noirs de la ligue en portent ».

Mais ce « dress code » rentre rapidement dans les moeurs. « Des joueurs comme LeBron James et Carmelo Anthony respectaient le dress code, mais ils portaient des costumes hyper larges, ça ressemblait à rien (rires), se souvient Maximilien N'Tary-Callafard. À partir de 2010, ils ont commencé à s'intéresser à la mode européenne et aux marques de luxe. »

Quelques stars font alors appel à des stylistes, comme Calyann Barnett qui habille Dwyane Wade ou Rachel Johnson qui a pris en main les looks de LeBron James et d'Amar'e Stoudemire. « C'est le marketing à l'Américaine, rien n'est pris à la légère comme le style vestimentaire qui est rapidement géré de manière professionnelle », précise Pascal Monfort, historien de la mode et directeur du bureau de tendances REC.

La Mode comme Outil de Marketing et d'Affirmation

En 2014, Dwyane Wade avait déclaré à l'Associated Press : « Au début je me suis dit ''OK, maintenant (avec ce dress code) nous devons nous habiller et nous ne pouvons pas simplement enfiler un survêtement''. Il y a ensuite eu une vraie compétition entre nous. Plus le temps passait, plus on s'intéressait à ce qu'on portait. On est devenu fan de l'élégance ».

Certains deviennent alors égéries de marques de mode, d'autres squattent les premiers rangs des fashion shows. La Fashion Week parisienne voit ainsi défiler, ces dernières années, Russell Westbrook, Jimmy Butler, Serge Ibaka, James Harden, Carmelo Anthony...

Une passion pour la mode qui amène certains joueurs à lancer leur propre marque. Russell Westbrook a créé sa griffe « Honor The Gift » en 2017, Tony Parker s'était lancé dans l'aventure Wap Two en 2013 tandis que Dwyane Wade a investi dans la marque de chaussettes Stance. La NBA a même lancé une catégorie « meilleur style », lors des NBA Awards en 2017, décernée à Russell Westbrook.

« Ce goût pour la mode a généré un buzz positif pour la NBA, avance Pascal Monfort. On ne se moque jamais d'un style de basketteur ! Ils sont devenus inspirants pour les autres sportifs. Il suffit de regarder l'arrivée des Bleus à Clairefontaine ces dernières années.

L'Interdiction des Bandeaux "Ninja": Sécurité et Professionnalisme

La NBA interdira aux joueurs de porter des bandeaux de style "ninja" la saison prochaine en raison de problèmes de sécurité. En accord avec l'équipementier Nike, la NBA n'autorisera plus les joueurs à porter des bandeaux de style "ninja" cette saison 2019/2020. Plusieurs joueurs comme Jimmy Butler, Jrue Holiday, Mike Scott ou encore De'Aaron Fox en avaient fait un véritable accessoire de mode sur le terrain, mais qui est caractérisé de "non-professionnel".

Toutefois, cette tendance du bandeau sur le terrain n'a jamais été officiellement approuvée par la NBA. "Quand certains joueurs ont commencé à les porter la saison dernière, nous ne voulions pas causer de perturbation en intervenant en mi-saison, a continué Mike Bass. Mais nous avons avisé nos équipes en mai qu'elles ne feraient pas partie des uniformes de cette saison".

Des stars de la NBA ont réagi à l’annonce, certains ont l'air ravis. D'autres un peu moins! Mike Scott, joueur des Philadelphia 76ers, a même suggéré de lancer une une pétition.

Dans le monde exigeant de la NBA, où chaque geste est scruté à la loupe, la réglementation vestimentaire ne fait pas exception. Récemment, Jalen Suggs, jeune meneur talentueux du Magic d’Orlando, s’est vu contraint de renoncer à une habitude singulière : porter son bandeau autour du cou avant de l’ajuster sur sa tête.

La NBA, dans sa quête incessante de sécurité et de professionnalisme, a récemment demandé à Jalen Suggs d’abandonner une habitude remarquée : porter son bandeau autour du cou au début des matchs.

L’information a été révélée vendredi soir lors du match entre Orlando Magic et Chicago Bulls. Cette décision s’inscrit dans la continuité de la politique stricte de la NBA concernant les accessoires. En 2002, Tim Thomas avait tenté de porter deux bandeaux simultanément sans succès.

Pour Suggs, ce rituel avait une signification particulière. « En réalité, cela vient du football américain, c’est là que ça trouve son origine », expliquait récemment le joueur, qui était un quarterback de talent au lycée. Nommé Mr. Football et Mr. « Il n’y a pas grand-chose d’autre à dire. Je le porte autour du cou, et une fois que je suis dans le match, dans le rythme, je le mets sur ma tête, et ça nous lance », précisait l’intéressé.

Les dirigeants craignent qu’un bandeau mal positionné puisse s’accrocher et provoquer un incident grave s’il ne se détache pas facilement. Les sportifs sont souvent de grands superstitieux, et certains rituels sont directement liés à leur tenue vestimentaire.

Les bandeaux "ninja" ont été interdits par la NBA pour des raisons de sécurité.

Le Bandeau: Plus qu'un Simple Accessoire

Parmi ces accessoires, le bandeau a une histoire particulière dans le monde du basket-ball, notamment en NBA. Le bandeau, plus qu'un simple accessoire, est devenu un symbole de style et de performance pour de nombreux athlètes. Cet article examine l'histoire des joueurs NBA qui ont adopté cet accessoire, explorant les raisons derrière son utilisation et son impact sur la culture du basket-ball.

On verra comment des figures emblématiques ont popularisé le bandeau, le transformant en un élément distinctif de leur identité sur le terrain.

Plus fort que la casquette ou le bandana, le bandeau a traversé les cultures et les modes, de Jackie Kennedy au musicien Keith Richards, jusqu'à s'inscrire au fil des décennies dans l'histoire du sport.

Suzanne Lenglen : Une Pionnière

C'est la tenniswoman Suzanne Lenglen qui fut la première figure de ce lien avec le bandeau. Chez elle, c'était un tissu d'émancipation des femmes et de distinction sociale. Elle renvoyait à une certaine idée de la bourgeoisie. Suzanne Lenglen innove en portant un bandeau réalisé par le créateur Jean Patou. Un large bandeau en tulle, que la « Divine » du tennis portait selon les codes de l'époque, enfoncé sur le front. Il avait d'ailleurs été réalisé en 1921 par le créateur Jean Patou à l'occasion de Wimbledon. Le designer voulait ainsi « libérer le corps des femmes » avec une longue jupe et ce bandeau dans les cheveux. Une petite révolution.

Björn Borg et John McEnroe : L'Ère du Bandeau en Éponge

Le bandeau se fait ensuite une timide place dans le tennis jusqu'aux années 1960. Avant qu'un Suédois, cheveux blonds mi-longs, lui donne ses lettres de noblesse. Björn Borg avec son bandeau tricolore signé Fila gagne son deuxième Roland-Garros en 1975 face à Guillermo Vilas. Mais ce sera son duel face à un John McEnroe lui aussi adepte du bandeau - rouge pour l'Américain - lors de la finale de Wimbledon en 1980 qui sacralise l'élastique en éponge. « Le bandeau de Borg a tellement fait le buzz que quand l'organisation du tournoi parisien demande à l'artiste Eduardo Arroyo d'imaginer l'affiche du tournoi de 1981, l'Espagnol dessine une silhouette blonde avec le bandeau bleu-blanc-rouge », souligne Claude Boli, frère des anciens footballeurs Basile et Roger.

Le Bandeau en NBA : Entre Style et Utilité

Dans le monde du basket-ball, le bandeau a été adopté par de nombreux joueurs pour des raisons variées. Certains l'utilisent pour des raisons pratiques, comme maintenir leurs cheveux en place et absorber la transpiration, tandis que d'autres y voient un accessoire de mode qui leur permet d'exprimer leur individualité.

Allen Iverson : Une Icône Culturelle

Icône culturelle, anomalie athlétique, controverse ambulante, Allen Iverson est devenu le basketteur le plus influent de sa génération en restant fidèle à lui-même. Noir. Tatoué des pieds à la tête. Tressé. Bardé de bijoux, de bandeaux et autres accessoires qui paraissent inutiles. Dans l'imaginaire collectif de l'Amérique blanche du milieu des années 90, Allen Iverson ne peut que croupir derrière des barreaux.

Si le Hip Hop et le basket sont des facettes aussi incontournables et inséparables de la culture urbaine actuelle, c'est en grande partie parce qu'il en a représenté la parfaite fusion.

En ne se conformant pas aux codes tacitement imposés aux athlètes noirs médiatisés, AI a popularisé toute une culture, lui a donné crédibilité et légitimité, et a suffisamment fait flipper David Stern pour que la ligue finisse par accoucher d'un « Dress Code » clairement mis en place pour éviter que le phénomène ne prenne une ampleur trop visible.

Tableau Récapitulatif des Réglementations Vestimentaires de la NBA

Année Réglementation Motifs Impact
2005 "Dress Code" imposé par David Stern Améliorer l'image de la NBA Restriction des vêtements de sport, bijoux, etc.
2019 Interdiction des bandeaux "ninja" Sécurité des joueurs et professionnalisme Suppression d'un accessoire de mode populaire
2024 Demande à Jalen Suggs de ne plus porter son bandeau autour du cou Sécurité des joueurs Adaptation des rituels vestimentaires des joueurs

STEPHEN CURRY LE JOUEUR QUI A CHANGÉ LA NBA

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