Le monde de la NBA est un univers où le sport rencontre la culture, la mode et l'expression personnelle. Au fil des décennies, des figures emblématiques ont marqué l'histoire de cette ligue, non seulement par leurs performances sur le terrain, mais aussi par leur style unique et leur capacité à influencer les tendances. Parmi ces éléments de style, le bandeau et les tatouages ont joué un rôle significatif, en particulier grâce à des joueurs comme Allen Iverson et LeBron James.

Allen Iverson : Un révolutionnaire du style NBA
Ses tresses collées, ses vêtements amples, ses bijoux clinquants, ses tatouages anthracite et sa façon de se déplacer ne trompent pas : Allen Iverson est un enfant du hip-hop. Son look a bouleversé à jamais les codes d’une NBA obsédée par son image. Iverson ne ressemble à personne d’autre et personne d’autre ne lui ressemble. Il a la silhouette frêle, le jeu explosif, culotté et instinctif, et un tableau de chasse presque comble.
- Rookie of the Year en 1997
- Meilleur marqueur en 1999, 2001, 2002 et 2005
- Meilleur intercepteur en 2001, 2002 et 2003
- Deux fois MVP en onze sélections au All-Star Game
- All-NBA first team en 1999, 2001 et 2005
- MVP de la saison régulière en 2001
Le 8 février 1997, à Cleveland, Ohio, lors du All-Star Game, Allen Iverson, portant un jersey trop grand et des cornrows barrées d’un bandeau éponge, a marqué les esprits. Après 19 points, 9 passes décisives et une victoire, il a été sacré MVP. « Je vais les garder jusqu’à ce que j’arrête de jouer au basket. Je ne couperai plus jamais mes cheveux », prévient-il avant de s’engouffrer dans les vestiaires.
Les cols blancs de la NBA font la grimace car la coupe a la cote chez les dealers et les taulards. Le garçon se moque des interdits, aime déjouer les injonctions. « Allen Iverson est peut-être l’homme le plus rapide de la NBA mais il n’est pas pressé de se conformer à l’image voulue par la ligue », écrira Rick Reilly en mars 1998 dans les colonnes de Sports Illustrated.
Iverson est devenu le précurseur et l’émissaire d’une culture que le professeur et écrivain Todd Boyd appelle « hip-hop ball », l’entrelacement du hip-hop et du basket. « Je pense que le hip-hop représentait tout pour lui, il lisait son histoire à travers chaque rime de Biggie ou de Big Daddy Kane. C’était la bande-son de sa vie », pose Larry Platt, le biographe derrière Only the Strong Survive: The Odyssey of Allen Iverson.
Comment Allen Iverson a révolutionné la NBA
Le bandeau : Un accessoire de mode et d'affirmation
Le bandeau a traversé les cultures et les modes, de Jackie Kennedy au musicien Keith Richards, jusqu'à s'inscrire au fil des décennies dans l'histoire du sport. Suzanne Lenglen innove en portant un bandeau réalisé par le créateur Jean Patou. Un large bandeau en tulle, que la « Divine » du tennis portait selon les codes de l'époque, enfoncé sur le front. Il avait d'ailleurs été réalisé en 1921 par le créateur Jean Patou à l'occasion de Wimbledon. Le designer voulait ainsi « libérer le corps des femmes » avec une longue jupe et ce bandeau dans les cheveux. Une petite révolution.
Le bandeau se fait ensuite une timide place dans le tennis jusqu'aux années 1960. Avant qu'un Suédois, cheveux blonds mi-longs, lui donne ses lettres de noblesse. Björn Borg avec son bandeau tricolore signé Fila gagne son deuxième Roland-Garros en 1975 face à Guillermo Vilas. Mais ce sera son duel face à un John McEnroe lui aussi adepte du bandeau - rouge pour l'Américain - lors de la finale de Wimbledon en 1980 qui sacralise l'élastique en éponge.
Dans la NBA, plusieurs joueurs ont porté le bandeau avec style, de Slick Watts à LeBron James. Slick Watts fut le premier à démocratiser ce fameux headband, bien avant Allen Iverson, bien avant le headband game de LeBron James en 2013. D'ailleurs, Isaiah Thomas : le headband fait partie intégrante de l’équipement du lutin depuis sa Draft et on le reconnait grâce à ça.

Les tatouages : Une expression personnelle controversée
Les tatouages sont une autre forme d'expression personnelle qui a suscité des débats en NBA. En 1997, seuls 35% des basketteurs NBA avaient la peau tatouée. « C’est vraiment Allen Iverson qui a popularisé le tatouage en NBA. Dennis Rodman avait été fer de lance mais c’était un rockeur, il n’appartenait pas du tout à la même culture », note David Sudre, docteur en sociologie de l’Université Paris Descartes.
Le 10 mai 2000, à Philadelphie, on distribue des tattoos éphémères, un clin d’œil à la star de l’équipe locale et un doigt d’honneur à la ligue. Quelques mois plus tôt, une version aseptisée d’Allen Iverson paraît en couverture de Hoop, le quinzomadaire de la NBA. Les tatouages de son cou ont été gommés, ceux de ses bras camouflés. Les voix indignées grossissent jusqu’à faire plier l’institution. « Ça n’aurait pas dû arriver. Ça ne se reproduira plus », bredouillera Brian McIntyre, directeur de la communication de la NBA.
Lebron James porte une partie de cette histoire, de cette “mentalité de tueur à sang froid” à même la peau. Le serpent venimeux et menaçant symbolise cet état d’esprit à perpétuer “pour la vie”. Les mentalités ont changé dans la grande ligue. On peut afficher fièrement une peau recouverte de tattoos sur le terrain et prétendre à être un role model pour les ménages américains. Durant les trois prochaines semaines, votre média Clutch Time vous propose une incursion dans l’Univers Fashion de la NBA. Pour ce premier volet de la série, une étude haute en encre et en couleur sur la pratique du tatouage auprès de vos athlètes préférés.
En 2018, JR Smith, alors arrière des Cavaliers se fait réprimander par la ligue pour son tatouage sur le mollet, reprenant le logo de la marque “Supreme”. « Lors d’un match NBA, à l’exception de l’uniforme ou de l’inscription du manufacturier visible sur les baskets, un joueur n’est pas autorisé à faire de la publicité, de la promotion pour une marque ou un logo, notamment représenté sur son corps ou ses cheveux. »

Tableau : Évolution des tendances en NBA
| Période | Influence majeure | Éléments de style | Controverses |
|---|---|---|---|
| Années 1970 | Slick Watts | Bandeau porté de travers | Aucune |
| Années 1990 | Allen Iverson | Cornrows, tatouages, vêtements amples | Dress code de la NBA |
| Années 2000 | LeBron James | Bandeau, tatouages | Interdiction de certains accessoires |
La NBA : Entre tradition et modernité
La NBA a toujours été un reflet de la société américaine. Lorsque Stern prend les rênes de la première ligue américaine en 1984, son objectif à peine voilé est « d’attirer la communauté noire dans les stades, afin que ces derniers y achètent des popcorns et des hot-dogs, mais aussi de vendre aux spectateurs blancs « une image de l’altérité noire à la fois « exotique » et « domestiquée ». » », d’après David Sudre dans son article Le basket NBA : l’incarnation d’une Amérique « post-raciale » ?.
Mais après 1998 et le départ à la retraite de Michael Jordan, modèle d’excellence tiré à quatre épingles, la stratégie s’émousse. La génération d’Allen Iverson, biberonnée au hip-hop, impose un nouveau style, moins lisse et plus urbain. La NBA cherche à étouffer une culture qui la dépasse et assainir son image. Cela passera par le port du costume obligatoire.