Histoire et Évolution de la Section Paloise : Un Club de Rugby Emblématique du Béarn

La Section Paloise Béarn Pyrénées est un club centenaire qui rassemble une vingtaine d’activités sportives différentes. Place forte du rugby français et club phare du Béarn, la Section paloise a été marquée par des figures comme Robert Paparemborde, François Moncla, Nano Capdouze et Albert Cazenave. Aux pieds des Pyrénées, le vert et le blanc de la Section Paloise sont devenus incontournables.

Le rugby fait son apparition à Pau en 1888, après s'être développé à Paris, au Havre et à Bordeaux. Au début du XXᵉ siècle, Pau demeure une destination prisée par la noblesse européenne pour la saison hivernale. Dans ce contexte, la barette, variante locale et simplifiée du « rugby football » , se développe rapidement, promue par Tissié et la Ligue Girondine. De plus, la présence de la communauté britannique, déjà familière avec le rugby football, contribue à sa diffusion. Adaptée aux terrains et aux établissements scolaires, la barette est intégrée dans les programmes d’éducation physique et devient populaire.

Dès 1889, les Coquelicots de Pau, association sportive du Lycée de Pau (futur lycée Louis-Barthou), disputent des matchs au Champ Bourda face aux équipes des lycées voisins, tels que les « Montagnards de Bayonne » et la « Pyrénéenne de Tarbes ». Le premier club de rugby de la ville, le « Stade palois », est fondé le 13 juillet 1899 par Louis d'Iriart d'Etchepare et d’anciens élèves du lycée de la ville. La « Section paloise de ligue girondine », fondée le 3 avril 1902, constitue désormais un club omnisports intégré à la Ligue girondine, sous l'autorité directe du Docteur Tissié.

La Section paloise se singularise dès son origine par la pratique de la barrette, discipline proche du « football rugby » et en vogue dans le Sud-Ouest au début du XXe siècle. À partir de 1905, la Section paloise abandonna la pratique de la barrette pour s'engager dans les championnats régionaux de rugby à XV et devint simplement la « Section paloise ». L’intégration officielle du Stade palois au sein de la Section paloise permet de constituer un grand club représentatif de la ville de Pau.

Jusqu'en 1907, la Section paloise fonctionnait en autogestion, bénéficiant d'un recrutement aisé grâce à l'engagement d'anciens joueurs des Coquelicots de Pau. Cette année-là, le club remporte le championnat de troisième série de Guyenne et Gascogne, et accède à la deuxième série, sous la férule du gallois James Crockwell. Heureusement, l'introduction de nouveaux statuts en 1910 et la création de deux catégories de membres, actifs et honoraires, permettent au club de s'adapter. Les membres honoraires, issus de la bourgeoisie paloise, doivent désormais payer une cotisation annuelle de 12 francs et deviennent les dirigeants de l'association.

Les dirigeants du club louent le terrain de la Croix du Prince à partir de 1910, où ils installent un vestiaire et des tribunes couvertes pouvant accueillir 600 personnes. Le 16 octobre 1910, la Section paloise célèbre l'inauguration du stade de la Croix du Prince lors d'un match contre Bergerac, qui rassemble une foule de plus de 3 000 spectateurs. La Section remporte brillamment la partie avec un score de 13 à 0. L'architecte Jules-Antoine Noutary conçoit ce nouveau stade, où des tribunes sont progressivement installées. Une fois les travaux complétés, le stade de la Croix du Prince acquiert rapidement la réputation d'être le plus confortable du Béarn.

Victor Bernicha cède le capitanat au Gallois Tom Potter, qui assume également le rôle d'entraîneur-joueur et supervise l'éclosion d'une génération prometteuse de joueurs. Quelques années après avoir abandonné la barrette, la Section paloise devient dans les années 1910 un club de rugby à XV capable de rivaliser avec les puissances régionales que sont l'Aviron bayonnais et le Stadoceste tarbais, tout en mobilisant des supporters nombreux et fidèles. Cette génération de joueurs de la Section paloise connaît des progrès spectaculaires, et en 1913, l'équipe est désormais considérée comme l'une des plus importantes du rugby français. Dans cette génération dorée, Gilbert Pierrot devient le premier joueur international du club lors du Tournoi des Cinq Nations de 1914.

La Première Guerre mondiale met un frein au développement du rugby à la Section. La Section paloise, tous sports confondus, paie un lourd tribut lors de la Première Guerre mondiale, avec une quarantaine de morts sur les champs de bataille. Sous la houlette de Gilbert Pierrot, la Section entre à partir de 1919 dans une phase de reconstruction. La Section se qualifie pour la première fois pour les phases finales du championnat de France en 1922, le club atteignant les poules de trois (soit les trente meilleurs clubs français).

Après quatre saisons difficiles, le club se qualifie pour les demi-finales en 1927. Durant la saison 1927-1928, l'équipe remporte le titre de champion de Côte basque face au Stade hendayais. En 1928, sous la direction de Gilbert Pierrot, la Section paloise remporte son premier titre national lors du championnat de France de 1928. La finale se déroule à Toulouse en mai 1928, opposant la Section à l'US Quillan devant une foule de 30 000 spectateurs. La finale est âprement disputée, mais la Section s'impose finalement sur le score de 6 à 4, remportant ainsi le premier Bouclier de Brennus de l'histoire du club.

Le succès de la Section suscite un fort engouement parmi les supporters, avec 25 000 supporters palois et béarnais présents à Toulouse pour encourager leur équipe, vêtue de blanc pour l'occasion. La Section paloise dispute sa troisième demi-finale de Championnat en 1930 après avoir remporté sa poule de trois aux dépens de Lézignan, vice-champion de France et des Arlequins de Perpignan, puis disposé du Stade français en quart de finale. L’aventure s’arrête contre le SU Agen. Ce match est marqué par le décès de Michel Pradié des suites du placage de Fernand Taillantou.

En 1931, la Section paloise s'inscrit parmi les douze, puis ultérieurement quatorze clubs dissidents qui se retirent de la Fédération française de rugby (FFR) afin d'établir leur propre entité, l’Union française de rugby amateur (UFRA). En 1932, la Section réintègre le cadre fédéral en même temps que les autres clubs dissidents. Après des victoires contre Grenoble, premier de la saison régulière en championnat par 11 à 9 en quart de finale, et contre l'USA Perpignan sur la marque de 6 à 0 en demi-finale, Pau est éliminé par Agen en finale.

En 1946, au sortir de la guerre, le club est à nouveau sacré champion de France. Malgré des résultats en dents de scie lors de la première phase du championnat, la Section bat alors successivement le Stade toulousain, entrainé par l'ancien sectionniste Roger Piteu, en quart de finale. La presse note alors que la Section est dotée d'une équipe très homogène sans « étoiles » mais avec une condition physique et morale parfaite.

En 1947, le club atteint les demi-finales de la Coupe de France mais échoue à se qualifier en Championnat. Puis la Section atteint les huitièmes de finale du Championnat et les quarts de finale de la Coupe de France en 1948. Après une demi-finale de coupe de France en 1951, l'équipe remporte le Challenge Yves du Manoir 1951-1952. En 1953, le gantois Jean-Roger Bourdeu revient en Béarn. Vainqueur de sa poule de cinq, la Section accède à la finale du challenge Yves du Manoir qu’il perd (8-0) contre Lourdes, le vainqueur de l’autre poule.

En 1955, Pau termine en tête de sa poule en Championnat après une victoire à Grenoble, champion de France en titre. Il atteint ensuite les quarts de finale où il est éliminé par le Paris UC de l'ouvreur international André Haget. L'année suivante 1957, Pau est éliminé (3-0) dès les seizièmes de finale du Championnat par le Stade toulousain. En revanche, la Section manque la qualification en Challenge pour la quatrième année consécutive. Il termine en effet deuxième de sa poule mais seul le premier est qualifié pour les demi-finales.

L'année suivante, François Moncla alors international et tenant du titre avec le Racing Club de France devient capitaine et une nouvelle équipe plus jeune est constituée. La Section, après avoir éliminé les Tarnais de Graulhet en quart de finale est éliminé en demi-finale par l'AS Béziers après un score nul (3-3) mais la pénalité des Biterrois l'emporte sur le drop des Béarnais. Tout avait pourtant bien mal commencé durant cette saison, la presse titrant même en octobre « La Section en perdition ». L'équipe vient de perdre 31 à 3 à Agen et s'incline sur la pelouse de la Croix du Prince par 24 à 3 face au rival Lourdais. Les joueurs rentrent aux vestiaires sous les sifflets et certains supporters déchirent même leur carte d'abonnement. Finalement, l'équipe se qualifie in extremis pour les phases finales grâce à une victoire 3 à 0 à Saint-Girons.

Piqué dispute la finale du championnat de France de rugby à XV 1963-1964 avec la photo de sa femme sur lui pendant le match. Piqué, père d’une fille de deux ans, voit s’éteindre sa première épouse d’une leucémie foudroyante pendant les phases finales. Il dispute la finale avec une photo d'elle sur lui. En 1964, la Section paloise remporte son troisième titre de Champion de France.

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À partir de 1968 a lieu une nouvelle évolution, les postes de responsabilité de Président général et de Président de rugby ne pouvant plus être cumulés. En 1970, elle termine en tête de sa poule en Championnat avant de s'incliner en quart de finale (14-11) face à Montferrand à Agen. En 1971, la section atteint les huitièmes de finale du Championnat, éliminé par Bagnères, renforcé pour sa part par l'ancien ouvreur international Jean Gachassin. Ils réussissent même à se qualifier pour les huitièmes de finale en Challenge où ils sont éliminés (22-6) par le Biarritz olympique.

En 1981, Pau termine à nouveau à la deuxième place de sa poule en Championnat puis atteint les huitièmes de finale, battu par le FC Lourdes. La Section ne suit pas la règle des 18 ans, puisqu'après 1928, 1946 et 1964, elle ne remporte pas de nouveau titre en 1982, battu de peu par le SU Agen en huitièmes de finale aller-retour. En Challenge, la Section atteint les quarts de finale, battu par le FC Lourdes. En 1987, affaiblie notamment par le départ de Laurent Cabannes, la section ne termine que huitième de sa poule en Championnat et se maintient de justesse dans le premier groupe avant que la fédération ne décide finalement d'une nouvelle formule à 80 clubs.

La fin des années 1980 est plus difficile. Il passe ensuite deux saisons en groupe B malgré l’arrivée de l’ouvreur de France B Richard Mapuhi qui remplace Bernard Bassi parti au Paris UC. En octobre 1990, le club quitte son stade de la Croix du Prince pour le stade du Hameau plus moderne lors d'un match gagné contre Toulon en poule de brassage qui permet à la Section de rejoindre le groupe A. Cela résout également une partie des difficultés financières du club, puisque la Croix du Prince est vendue à la Mairie de Pau.

En 1994, la Section, battu lors de l'avant dernière journée à Bourgoin échoue à se qualifier pour le Top 16. En 1995, la Section paloise n'accède pas non plus au Top 16 mais atteint la finale de la Coupe André Moga contre l’Aviron bayonnais. Le club palois remonte dans la hiérarchie et obtient à nouveau de bons résultats. Aussi dès 1996, la Section dispute la finale du Challenge mais est éliminée en demi-finale du Championnat, à chaque fois face à Brive. Ces résultats permettent au club de se qualifier pour la seconde édition de la Coupe d'Europe.

La Section dispute ses rencontres à domicile au stade du Hameau depuis 1991, après avoir foulé pendant 80 ans la pelouse du stade de la Croix du Prince (1910-1990) et évolue actuellement en Top 14. Les sectionnistes ont remporté à trois reprises le championnat de France en 1928, 1946 et 1964. La Section a remporté le challenge Yves du Manoir à trois reprises également, en 1939, 1952 et 1997. Au niveau continental, la Section compte une victoire en Challenge européen en 2000, et une demi finale de Coupe d'Europe en 1998.

Évolution du Blason de la Section Paloise

L’ancrage territorial a toujours été au sein de la Section Paloise Béarn Pyrénées. De sa création en 1902 à aujourd’hui, les Pyrénées et notamment le Pic d’Ossau ont été au cœur du blason. Il est parfaitement représenté dans le tout premier blason de la Section Paloise, avec les couleurs traditionnelles que la Section arbore depuis 1912 : le vert pour l’espoir, le blanc pour la neige des Pyrénées.

En 1998, le club acquiert le statut professionnel et réalise une modification de son logo. Le design du Pic Midi d’Ossau est retravaillé, et il est entouré d’un ballon ovale. La teinte de vert est également modifiée, passant d’un vert traditionnel à un vert plus foncé, vert bouteille. Le nom de la Section Paloise trouve une autre place dans l’emblème, passant en dessous du Pic d’Ossau.

Lors de la saison 2012-2013, le club développe sa structure et décide de mettre en place une nouvelle appellation : la Section Paloise Béarn Pyrénées. Si le ballon et le Pic d’Ossau ne bougent pas, le club repasse au vert qu'il a connu dans un premier et la forme de l’emblème devient différente. Le Béarn et les Pyrénées prennent eux aussi place dans ce blason, dans une police différente de l’ancien logo.

Le tableau ci-dessous récapitule les principaux titres et distinctions de la Section Paloise :

Compétition Nombre de Titres Années
Championnat de France 3 1928, 1946, 1964
Challenge Yves du Manoir 3 1939, 1952, 1997
Challenge européen 1 2000

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