Le hockey sur glace est un sport intense et physique, où les contacts sont fréquents. Bien que les bagarres soient un aspect controversé du jeu, elles sont parfois perçues comme faisant partie intégrante de la culture du hockey, surtout en Amérique du Nord. Cet article explore les règles et les sanctions relatives aux bagarres au hockey sur glace, en particulier dans la LNH (Ligue nationale de hockey), les compétitions européennes et les Jeux olympiques.

Schéma d'une patinoire de hockey sur glace.
LE CODE - Les règles non écrites du combat et de la vengeance au hockey sur glace
La Tolérance des Combats en Amérique du Nord
La pratique de l’affrontement à mains nues est plutôt courante en Amérique du Nord. Ces combats sont tolérés (plus que réellement autorisés), à condition de respecter certaines règles bien strictes. Il est notamment interdit de frapper un joueur à terre, il faut obligatoirement jeter sa crosse et ses gants au sol avant de se battre, et surtout toujours écouter l’arbitre lorsqu’il demande de cesser.
Une bagarre générale a éclaté dans un match de NHL entre les Rangers de New York et les Devils du New Jersey, seulement deux secondes après la mise en jeu initiale. Le palet à peine mis en jeu, presque tous les joueurs des deux équipes ont jeté leur crosse et leurs gants pour régler leurs comptes.
Ce pugilat s'est effectué dans les règles, étant donné que les combats sont autorisés et encadrés par le règlement: les affrontements doivent être des duels; les crosses et les gants doivent être jetés; les coups doivent s'arrêter lorsqu'un des joueurs met le genou à terre. A la fin, sauf en cas de transgression des règles, de simples minutes de pénalité sont infligées par l'arbitre.

Matt Rempe et Kurtis Mc Dermid se battant sur la glace.
Les Règles Non Écrites et le "Code"
La bagarre au hockey est un art plus subtil qu'il n'y paraît, régi par un ensemble de règles informelles. Les deux combattants doivent avoir consenti au combat en jetant leur crosse et leurs gants pour ne pas s'en servir, ne pas frapper par derrière ou un homme à terre, ne pas s'en prendre à plus petit que soi et continuer d'écouter l'arbitre. Un code d'honneur, que les hockeyeurs se transmettent.
Si « The Code » est respecté, alors le combat peut commencer, et il sera arrêté dès lors qu’un des deux protagonistes ne tiendra plus debout sur ses patins.
En réalité, dans les règles officielles du sport, le combat est illégal et donc puni. Mais comme les punitions varient selon les ligues, certaines sont beaucoup plus sujettes aux affrontements, parce qu’elles sont volontairement trop laxistes. C’est le cas des ligues américaines (AHL - NHL) où les joueurs sont sanctionnés de seulement quelques minutes de pénalité. Les ligues américaines s’accordent à dire que ces affrontements permettraient de libérer les joueurs d’une frustration qui aurait pu les amener à asséner des coups bien plus dangereux pendant le match.
Les Sanctions et les Pénalités
Les infractions sont sanctionnées par des pénalités. Un joueur peut être exclu de la glace pendant plusieurs minutes, laissant son équipe en infériorité numérique le temps de son exclusion.
Voici les principaux types de pénalités:
- Les pénalités mineures: 2 minutes de prison. Le joueur n’est pas remplacé sur la glace. Son équipe joue donc à 4, voire à 3 (jamais moins de 3) en plus du gardien.
- Les pénalités majeures: 5 minutes de prison. Le joueur n’est pas remplacé sur la glace. Elles sanctionnent les fautes les plus violentes.
- Les pénalités de méconduite: 10 minutes de prison.
- Les pénalités de match: expulsion immédiate.
En NHL et dans certaines ligues mineures américaines, les joueurs qui participent à un combat reçoivent une pénalité de 5 minutes. Dans les ligues universitaires, aux Jeux olympiques ou dans les ligues européennes, le joueur est exclu et rate le prochain match.
| Type de Pénalité | Durée | Conséquences |
|---|---|---|
| Mineure | 2 minutes | Le joueur est exclu temporairement, l'équipe joue en infériorité numérique. |
| Majeure | 5 minutes | Le joueur est exclu temporairement, l'équipe joue en infériorité numérique. |
| Méconduite | 10 minutes | Le joueur est exclu temporairement, mais son équipe ne joue pas en infériorité numérique. |
| Match | Expulsion immédiate | Le joueur est expulsé du match. |
Le Rôle des "Enforcers"
Chaque équipe peut avoir dans son effectif un « policier ». C’est un joueur qui compense son manque de technique par un formidable sens du combat. Ce dernier peut entrer en jeu à tout moment pour essayer de provoquer un combat. Un combat bien mené peut retourner le court du match. En plus de créer un choc psychologique, si le meilleur joueur adverse est exclu, cela peut déstabiliser l’équipe et l’amener à encaisser des buts.
Toutefois, à l’heure actuelle, les policiers ont tendance à disparaître.
L'Évolution des Règles et la Santé des Joueurs
Les règles ont évolué pour protéger la santé des joueurs (les commotions cérébrales ont particulièrement touché les bagarreurs du passé). En l'espace de vingt ans, le nombre de combats a été divisé par deux en NHL selon le site spécialisé HockeyFights.com.
Jusqu’en 2013-2014 en NHL, les joueurs étaient autorisés à enlever leur casque pour se battre. À présent, c’est interdit. La violence des combats a mis en lumière de nombreux cas de commotions cérébrales, mais aussi de mort prématurée.
Olivier Labelle, ancien joueur professionnel, témoigne : « Avant ma deuxième année en juniors, mon coach m'a dit : "si tu veux être repêché pour la draft NHL, il va falloir que tu jettes les gants, tu n'as pas le choix" ». S'en sont suivis des dizaines de combats les années suivantes jusqu'à signer pro en ligue américaine (l'antichambre de la NHL). « Là-bas, au bout de trois matches, l'assistant coach est venu me voir pour me dire qu'il aimerait que je jette plus les gants. Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. J'ai fait ce que j'avais à faire pour garder ma place. » Reconverti comme agent de joueurs, Olivier Labelle s'estime heureux d'avoir toute sa tête aujourd'hui. Seule une douleur chronique dans le bas du dos lui rappelle la rudesse du hockey des années 2000.
« Les joueurs savent que s'il y a un "enforcer" sur le banc adverse, ils ne vont pas jouer salement. C'est une arme de dissuasion », ajoute Olivier Labelle.