L'équipe de France a fait l’objet d’une thèse de doctorat, présentée par François da Rocha Carneiro à l’université d’Artois. Des livres sur les Bleus, il y en a eu des centaines.
Mais côté études universitaires, c’était beaucoup plus clairsemé. C’est alors qu’arrive François da Rocha Carneiro.
« Il y a eu assez peu de travaux académiques sur l’équipe de France », précise François da Rocha Carneiro en introduction. « En revanche, les journalistes se sont intéressés à cet objet depuis 1925 et un article du Miroir des sports intitulé « ce que sont devenus nos champions » jusqu’à la deuxième édition toute récente du Dico des Bleus ».
« C’est un terrain vierge de recherche qu’il nous appartenait de défricher, et nous avons choisi pour cela de l’étudier à ras du sol. » Ce qu’on appelle une méthode prosopographique.
La prosopographie, c’est l’étude d’un milieu social par le classement des personnes qui le composent. « Il ne suffit pas de savoir quel joueur a disputé un match de l’équipe de France, mais de découvrir qui se cache derrière ce joueur. Et pour cela, les sources d’état-civil ont été un précieux secours pour tracer l’homme derrière le joueur ».
« Nous avons traité trois temporalités : le siècle, la génération, le match. Le passage en équipe de France est replacé au sein d’une carrière sportive et d’une vie plus large ».
Au delà des individus, il y a bien sûr les générations : « Elles constituent un moyen de saisir sur le temps long la construction de l’élite sportive. On suppose qu’un groupe de joueurs appartenant plus ou moins à une même classe d’âge et sélectionnés dans une même période appartiennent de fait à une même génération.
Mais bien sûr, l’histoire de l’équipe de France ne saurait se résumer à une cinquantaine de grands noms que les magazines s’acharnent régulièrement à classer selon des critères plus ou moins obscurs.
« Derrière les joueurs les plus en vue se cache une véritable armée des ombres. Plus de la moitié des internationaux ont disputé qu’au maximum cinq matchs en sélection. L’équipe de France apparaît comme une dévoreuse d’hommes.
Le troisième temporalité, c’est le match, avec son dispositif théâtral et son unité de lieu, de temps et d’espace. « Ce temps caractérise le jeu, c’est le temps de l’histoire au ras du sol. C’est un exercice difficile, car le piège serait de faire une histoire par l’événement. Le match est un document qui livre sa part d’information.
Si le jury a souligné la très grande qualité du travail de François da Rocha Carneiro, et notamment « son écriture exigeante, accessible, faite d’émotion » selon Olivier Chovaux, directeur de thèse (Université d’Artois), il a aussi insisté sur le fait que ce travail ouvre quantité de pistes.
Pour elle, « l’historien répare le sentiment d’oubli par la collecte des témoignages » au sein « d’une élite à la fois visible et opaque. » Elle a souligné le fait que dès le début, les médias sont acteurs du spectacle sportif, et que la télévision marque une rupture.
En tout cas, il n’a pas fallu plus d’un quart d’heure de délibération au jury pour décerner à François da Rocha Carneiro le titre de docteur en histoire contemporaine, à l’unanimité.
Trois médailles sont venues enrichir le palmarès de l’équipe de France universitaire gérée par la Fédération Française du Sport Universitaire (FFSU) qui participe aux Universiades, à Kazan, en Russie.
L’or d’abord pour les footballeurs. Composée de footballeurs étudiants, issus du monde amateur, l’équipe de France a écrit une belle page puisqu'elle décroche le premier titre en sport collectif de l'histoire pour la France aux Universiades.
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Un titre obtenu à l'issue d'un superbe parcours d'abord en poule face au Canada (2-2), au Brésil (0-0) et au Pérou (3-0) puis en phase finale avec les victoires aux tirs au but en quart face à l'Irlande et demie face au Japon.
Pour la plupart joueurs dans des clubs de CFA, les Français ont battu l’Angleterre en finale, à l’issue de la prolongation (3-2 a.p.).
Sur la première occasion, Florian Sotoca, futur joueur de Martigues, reprenait de la tête un corner pour ouvrir le score (18e). A la 34e minute, Hugo Baqué, gardien à Agde et excellent tout au long de la rencontre, stoppait un penalty de l’Anglais Malin.
A la reprise, les Britanniques concédaient un but contre leur camp qui offrait à la France un avantage plus conséquent (50e). Mais à la 68e Rae remettait les siens dans le coup puis égalisait à l’ultime seconde du temps additionnel (92e) pour arracher la prolongation.
A la 113e minute, Fanch Weyders (La Grande Motte), entré en cours de jeu, libérait les Tricolores en reprenant du genou un centre venu de la droite. Un troisième but synonyme de Marseillaise et de médaille d’or pour les étudiants français.
En natation, la Niçoise Anna Santamans, 10e des Jeux olympiques à Londres, ramène l’argent (24’’81) et offre aux étudiants français leur première médaille dans le bassin de Kazan. En sambo, l’argent également pour Laure Fournier, battue dans les dernières secondes de sa finale.
En demi-finale, les Bleus ont fait exploser les Britanniques (33-12) avec cinq essais (Nicolas Pouplot (2), Charles Brousse (2), Rémy Bouet). Mercredi, lors de la dernière journée de ces Universiades, les Français seront opposés à la Russie, tombeuse en demie de l’Afrique du Sud (17-14).
Composition de l'équipe championne : Hugo Baqué, Kevin Bacle, Maverick Barsotti, Theo Gazagnes, Morgan Jean-Pierre, Maxime Mantel, Valentin Sanson, Florian Sotoca, Olivier Vasseur, Anthony Villa, Mohand Merhouni, François Basset, Maxime Brandy, Damien Forestier, Nicolas Dreyer, Vincent Bezecourt, Hugues Matumona, Pierre Mazure, Luca Passoni, Fanch Weyders. Entraîneurs : Bruno Naidon et Gilles Signoret, manager Alain Flavigny.
| Événement | Médaille | Année | Ville |
|---|---|---|---|
| Football Masculin | Or | [Année] | Kazan |
| Natation | Argent | [Année] | Kazan |
| Sambo | Argent | [Année] | Kazan |
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