Nancy et Paris se sont affrontés ce samedi sous l'œil de Ronan Le Crom. Le gardien a fréquenté la Lorraine la saison dernière et le PSG pour six mois cette année. Voici un aperçu de sa carrière et de son expérience unique.

Ronan Le Crom avec Mamadou Sakho et David Beckham.
Un parcours atypique
Avant de devenir le troisième gardien du PSG, autrement dit un partenaire d’entraînement, Ronan Le Crom a passé six mois à Nancy : « C’était aussi une belle surprise », dit-il. Paris et Nancy ont un point commun : Ronan Le Crom. Doublure à l’ASNL en 2011 et aujourd’hui troisième gardien du PSG pour six mois, ce garçon de 37 ans prolonge le plaisir à sa manière mais sans avoir disputé un seul match professionnel en deux ans. Il s’en explique.
L'arrivée au PSG
Comment s’est opérée cette arrivée au PSG, Ronan Le Crom ? « Tout a commencé l’été dernier. J‘ai servi de sparring-partner pendant cinq semaines sous l’ère Kombouaré tout en cherchant un club mais je n’ai rien trouvé. Je m’étais même engagé dans un club de volley ! Bref, je m’apprêtais à refermer tranquillement le chapitre de ma carrière professionnelle quand j’ai été approché par le staff cet hiver. Paris voulait trois spécialistes du poste. J’avais le profil pour devenir le troisième gardien. »
Avez-vous été surpris ? « je ne m’y attendais pas du tout. »
Peut-on vous considérer comme le transfert le moins médiatisé de l’année au PSG ? « Je ne suis pas un transfert. J’étais au Pôle Emploi depuis six mois… »
Le quotidien au PSG
Comment se déroule votre journée-type ? « C’est la journée d’un footballeur professionnel. Je partage les entraînements avec les joueurs. »
Jouez-vous avec la réserve ? « Non. Jamais. »
Comment vit-on une fin de carrière consacrée exclusivement à l’entraînement ? Avec philosophie ? « Vous savez, ma carrière a été faite de hauts et de moins hauts. J’étais philosophe bien avant la fin ! Je n’ai commencé à jouer en Ligue 1 qu’à 26 ans, j’ai réussi quelques performances notables et j’ai alterné entre des postes de titulaires et des périodes creuses. Entre le placard et la lumière, j’ai connu beaucoup de phases. Pour moi, Paris est une belle surprise que je vis comme un bonus. »
Voyez-vous, de l’intérieur, que Paris a changé de dimension avec l’arrivée de QSI ? « Oui. Il y a beaucoup de gens dans le staff et des moyens que je ne voyais pas ailleurs. Je trouve aussi que le rythme des séances est plus poussé et il y a ces GPS. C’est une avancée technologique pour que les joueurs soient encore meilleurs. »
Pensez-vous, au regard de sa médiatisation, que le PSG charrie beaucoup de fantasmes aujourd’hui ? « Sans aucun doute, oui. Tout est amplifié. Je peux pourtant vous dire qu’on a une vie de vestiaire tout à fait normale. »
carton rouge de Ronan Le Crom
On vous a tout de même vu pousser la chansonnette dans le clip de l’hymne officiel du PSG… « Il y a des animations à côté oui et l’on s’y plie. A Troyes, déjà, j’avais un président qui aimait ce genre d’activités mais ce n’était pas médiatisé de la même façon. »
Les clubs marquants
Paris est votre dixième club professionnel. Lequel, dans votre parcours, agite encore votre fibre sentimentale ? « Je dirais Auxerre. J’ai été formé là-bas. Guingamp aussi. Je suis Breton et j’ai fait mes débuts en Ligue 1 avec eux. »

Stade de l'Abbé Deschamps, Auxerre.
Le passage à Nancy
Que retenez-vous de vos six mois à Nancy en 2011 ? « J’ai bien vécu cette période. Même si c’était un peu tendu sportivement sur la fin, j’ai trouvé des joueurs concernés et j’ai pu maintenir une condition physique. C’était aussi une belle surprise pour moi. »
L'avenir
La suite, cet été ? Vous lancerez-vous enfin dans le volley ? « Je ne me pose pas la question encore. Il me reste deux mois dans la peau d’un pro et si je peux prolonger ça, je le ferai. Sinon, je m’essaierai peut-être au volley, au badminton. Le sport, c’est ce que je sais faire de mieux. »
Anecdotes et faits marquants
Né à Lorient, Ronan Le Crom (45 ans) a mis un terme à sa carrière professionnelle le 26 mai 2013, après un FCL - PSG. Le gardien parisien a vécu une soirée particulière, "un ascenseur émotionnel". Entré à l’heure de jeu, le portier a concédé un penalty et été expulsé vingt minutes plus tard.
Remplaçant lors de cette dernière rencontre de la saison, le natif de la ville aux cinq ports fait son apparition sur la pelouse pour la dernière demi-heure de jeu.
Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ? « Je dirais que c’est mon premier match en D1, le 4 mai 2000, avec l’AJ Auxerre (contre Rennes). Je suis rentré en cours de jeu après une blessure de Fabien Cool. J’avais presque 26 ans, j’avais beaucoup attendu… J’avais déjà joué en deuxième division (à Châteauroux et Valence) mais on est là pour jouer au plus haut niveau ! C’était un événement pour moi. Comme toutes les premières fois, c’est beaucoup d’émotions… Je n’ai pas pris de but (victoire 4-0) mais je n’ai pas pu enchaîner : Fabien Cool, qui faisait peu d’erreurs, est revenu. »
Avant d’être joueur du PSG, Le Crom est aussi connu pour avoir encaissé l’un des plus beaux buts de Ronaldinho avec le PSG. C’était un samedi en fin d’après-midi et en ce 22 février 2003, le PSG se déplaçait sur le terrain de l’En Avant Guingamp.
Puis, près de 10 ans plus tard, Le Crom qui est sans club, s’engage avec le PSG en janvier 2012. S’il vient, ce n’est pas pour être titulaire, mais pour être le quatrième gardien. Challenge accepté et le breton signe pour 6 mois, puis verra son bail prolongé d’une saison. Il ne jouera qu’un seul match avec le PSG.
Dans un match plutôt tranquille et bon enfant, le plan de faire rentrer Le Crom pour qu’il soit champion de France est mis en route. Il remplace Areola à l’heure de jeu et joue ses premières minutes en L1 depuis 3 ans. Une demi-heure de football en plus avant de raccrocher les gants, chez lui et devant sa famille.
Malheureusement, à 10 minutes du terme, et après deux parades, il provoque un penalty sur Quercia et est expulsé.
Le Crom est exclu pour son dernier match professionnel, chez lui, sur un rouge plus que sévère. Le gardien qui portait le numéro 40 ce soir-là, quittera le terrain en larme et sera réconforté par tout le banc parisien.