Axel Kahn, scientifique, médecin généticien et essayiste français, est né le 5 septembre 1944 au Petit-Pressigny (Indre-et-Loire). Il est le fils du philosophe Jean Kahn-Dessertenne et le frère du journaliste Jean-François Kahn et du chimiste Olivier Kahn.
Il s'est éteint le 6 juillet 2021, après avoir affronté un cancer avec lucidité. La Ligue contre le cancer a annoncé son décès ce mardi 5 juillet 2021.
Le 6 juillet 2021 est inscrit à jamais dans la mémoire de Jean-François Kahn. Son frère, Axel Kahn est mort ce jour-là des suites d'un cancer à l'âge de 76 ans.
Axel Kahn, un scientifique humaniste
Axel Kahn était originaire de Mussy-sur-Seine, dans l’Aube, où vivaient ses grands-parents. Le brillant généticien aimait venir s’y ressourcer dans la maison familiale.
Formation et Début de Carrière
Après des études secondaires au lycée Buffon (Paris), il s’oriente vers des études de médecine, devient interne des Hôpitaux de Paris et se spécialise en hématologie. Docteur en médecine en 1974 et Docteur ès sciences en 1976, il fut directeur de recherche à l’INSERM et a dirigé l’Institut de 2002 à 2008.
Craignant de se fourvoyer vers les grandes écoles et voulant se différencier de ses frères, il était venu à la médecine par élimination.
Il s’engage à cette époque auprès du Parti communiste et devient en 1961 secrétaire des jeunesses communistes du lycée.
Après le bac, il entame ses études de médecine durant lesquelles il est notamment interne des Hôpitaux de Paris à l’hôpital Lariboisière.
En parallèle de ses activités de recherche, il exerce la médecine jusqu’en 1992, notamment à l’hôpital Beaujon.
Il exerça à l’hôpital Beaujon jusqu’en 1992.
Arrivé très jeune dans la capitale, le scientifique et médecin y a mené toute sa carrière professionnelle et ses engagements.
Né le 5 septembre 1944 au Petit-Pressigny en Indre-et-Loire, Axel Kahn y reste chez une nourrice avant de rejoindre sa famille dans la capitale où son père enseigne la philosophie en 1949.
Il quitte Paris un temps pour Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) et Blois (Loir-et-Cher) avant d’entrer en classe de première au lycée Buffon (15ème arrondissement).
Interne des Hôpitaux de Paris, Axel Kahn devient chercheur à l'INSERM avec une spécialisation en biochimie.
En 1974, Axel Kahn est recruté à l’Inserm, d’abord en tant que chargé de recherche, puis en tant que directeur de recherche en 1978. Il se fit connaître pour ses travaux de recherche réalisés au sein de l’institut de pathologie moléculaire à l’hôpital Cochin.
En 1976, il intègre en tant que chargé de recherches, le groupe de Jean-Claude Dreyfus au sein de l’Institut de pathologie moléculaire de l’hôpital Cochin qui formera le cœur du futur Institut Cochin.
Il y déclarait : « Après la mort, il n’y a rien, mais il y a peut-être le souvenir que vous pourrez garder de moi, et ça c’est une forme d’immortalité ».
Le 17 avril 1970, alors qu’il a 26 ans, son père Jean Kahn-Dessertenne, âgé de 58 ans, se suicide en se jetant d’un train à Bonnières-sur-Seine dans les Yvelines. Il avait laissé une missive à son fils cadet : « Tu es sans doute, de mes fils, le plus capable de faire durement les choses nécessaires ». Il lui conseillait notamment d’être » raisonnable et humain ».
Contributions Scientifiques et Éthiques
Ses nombreux articles, plus de 450 parus dans des revues scientifiques de premier plan, ont porté sur des thèmes très divers allant de la génétique à la biologie moléculaire et la biochimie.
Ses travaux portent sur les maladies génétiques, la thérapie génique, les cancers, la régulation de l'expression des gènes par les sucres, et plus récemment le foie et le métabolisme du fer.
Il est l’auteur de plus de 450 articles originaux publiés dans des revues internationales à comité de lecture de premier plan.
Il a rédigé aussi des ouvrages de culture scientifique.
Ses travaux scientifiques publiés dans des revues internationales, portent notamment sur le contrôle des gènes, les maladies génétiques, le cancer et la nutrition.
De 1992 à 2004, il fut membre du comité consultatif national d’éthique où il se déclara notamment hostile au clonage thérapeutique, à la brevetabilité des gènes à la théorie du réductionnisme génétique.
Il a été membre du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) de 1992 à 2004. Il s'est notamment déclaré hostile au clonage thérapeutique, au motif qu'il « attenterait à la dignité humaine ».
Toujours dans le cadre de son combat contre le réductionnisme génétique, il répond en 2007 à Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République.
Ce dernier dans un entretien avec Michel Onfray avait fait part de sa conviction d'une origine génétique de la pédophilie et des tendances suicidaires chez les jeunes.
Il a dénoncé le discours des médecins et des scientifiques la présentant comme porteuse d'exceptionnelles promesses médicales. Pour lui, il s'agissait là plus d'un lobbying que d'une réelle information du public.
Il aimait à vulgariser ses connaissances scientifiques. Il le faisait toujours au service du savoir, qu’il soit scientifique, médical ou éthique.
Outre ces activités scientifiques, Axel Kahn intervient fréquemment sur des sujets touchant aux aspects moraux et sociaux de la médecine, de la génétique et des biotechnologies.
Sa connaissance de la génétique - son travail porte sur la régulation des gènes par le sucre dans le foie - l’amène en outre régulièrement à participer aux débats publics sur le clonage et le dopage.
En 1991, il lance avec d'autres une pétition contre l'utilisation des tests génétiques pour détecter des fraudes chez les athlètes féminines.
En 2000, Axel Kahn s'est opposé non seulement au clonage reproductif, mais aussi au principe du clonage thérapeutique, dénonçant la réification de l'embryon humain. Mettant en question les possibilités thérapeutiques de cette méthode, il la contestait pour des raisons morales.
En 2005 et 2006, il a insisté pour que, même si le Parlement finissait par autoriser cette recherche, ce soit pour des raisons scientifiques explicites, et non en arguant des perspectives thérapeutiques alors difficilement réalisables au moins à court et moyen terme.
Chargé par le Comité consultatif national d'éthique d'instruire la saisine ministérielle sur le sujet, Axel Kahn s'opposera vivement à la jurisprudence de la Cour de cassation sur l'affaire Perruche.
Longtemps séparé de son père, d’abord parce qu’il fut élevé en Touraine par une nourrice jusqu’à l’âge de 5 ans, puis parce qu’il resta près de sa mère et de son frère Olivier, après la séparation de ses parents (il avait alors 10 ans), Axel Kahn a écrit la biographie de cet homme qui, le jour de son suicide, laissa une lettre sur le siège qu’il occupait dans le train. Une lettre destinée à Axel. Son livre, intitulé « Jean, un homme hors du temps » (Stock, 2017), raconte cet épisode traumatique.
Présidence de l'Université Paris Descartes
En 2007 alors qu’il était directeur de l’Institut Cochin, Axel Kahn brigua la présidence de l’Université Paris Descartes en se déclarant en faveur de la réforme sur l’autonomie des universités.
De 2007 à 2011, Axel Kahn a par été ailleurs président de l’Université Paris-Descartes. Atteint par la limite d’âge, il ne se présente alors pas à sa propre succession.
Au cours de son mandat de président de l’université, Axel Kahn s’est employé à conserver des structures de recherche fortes et à « réconcilier les Français avec l’université car l’idéal d’un homme qui apprend continuellement est enthousiasmant ».
Il avait su voir les complémentarités des universités Descartes et Diderot et milité en vue de leur rapprochement et leur fusion.
Axel Kahn s'est porté candidat à la présidence de l'Université Paris Descartes avec un programme en trois propositions. Il a été élu le 20 décembre 2007 par le Conseil d'administration.
Il a précisé ses objectifs et sa vision de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités dans un entretien au journal Le Point.
Il a néanmoins apporté son soutien à l'Academic Pride.
Axel Kahn a été président de l’université Paris 5 René Descartes de décembre 2007 à décembre 2011. Il a été président de la Commission de la recherche à la CPU (Conférence des présidents d'université) entre décembre 2008 et décembre 2011.
Engagement Politique et Associatif
Axel Kahn se décrit comme humaniste. Membre du Parti communiste français jusqu'en 1977, Axel Kahn adhère au Parti socialiste après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981. Depuis 2003, il est vice-président de l'association des amis de l'Humanité.
En 2011, à 67 ans, Axel Kahn se lance dans la politique en se présentant aux législatives sous la bannière PS contre François Fillon. Malgré son enracinement dans la deuxième circonscription parisienne, son nom recueille seulement 43,54% des voix contre 56,46 en faveur de son adversaire.
En 2004, il soutient activement le mouvement des chercheurs « Sauvons la recherche ».
Président du groupe de réflexion sur l'éthique de la La Ligue nationale contre le cancer depuis 2004, il a pris la présidence de la Fondation internationale du handicap en 2007.
Parmi ses nombreux engagements, il y avait évidemment le tout dernier pour lequel il s’est fortement investi. Elu président de la Ligue nationale contre le cancer en juin 2019, il avait été contraint d’abandonner ses fonctions en mai 2021 du fait de la maladie.
Membre du Parti communiste français jusqu'en 1977, Axel Kahn adhère au Parti socialiste après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981.
Depuis 2003, il est vice-président de l'association des amis de l'Humanité.
En 2013, loin des villes irrespirables, le généticien a entrepris une longue pérégrination au cœur de la France, exactement des Ardennes au Pays basque, soit près de 1600 kms de chemins où chaque matin il éprouve « une impression renouvelée d’allégresse et de liberté » (Le Journal du dimanche, 06/2013 ) qu’il essaie de retransmettre fidèlement sur son blog.
Il était Président de la Commission du génie biomoléculaire auprès du ministère de l’Agriculture et de la Pêche depuis 1987.
Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de non-violence et de paix et appartient au conseil scientifique de l'Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Technologiques depuis 1998.
Tandis que ses responsabilités au sein de l'INSERM s'accroissent (président d'une commission scientifique spécialisée en 1983, puis membre du collège de Direction), il est nommé membre du Comité consultatif national d'éthique en 1992.
Guidé par des valeurs teintées de christianisme et de communisme, l’homme de science est opposé au clonage, à l’euthanasie et à la légalisation des mères porteuses.
En 2004, il soutient activement le mouvement des chercheurs « Sauvons la recherche ».
Fin de Vie et Hommages
Au soir de sa vie, le médecin, chercheur, écrivain, marcheur, philosophe avait tenu à faire ses adieux lors d’un entretien émouvant sur France Inter, le 17 mai dernier.
Depuis l’officialisation de sa maladie incurable, le professeur avait médiatisé sa fin de vie en partageant ses doutes et ses émotions sur son blog, sur les réseaux sociaux mais aussi via la publication d’un livre testament, Et le bien dans tout ça.
Au micro de France Inter, Axel Kahn explique ce choix de rendre public son combat : « Je lutte contre le cancer et il se trouve que la patrouille m’a rattrapé : moi aussi, j’ai un cancer et puisqu’il me reste un peu de temps, je vais essayer d’optimiser ce temps qui me reste.
Il meurt le 6 juillet 2021 à Paris emporté par un cancer incurable qu'il avait lui-même annoncé. Le généticien avait quitté la présidence de la Ligue contre le cancer début juin, un poste qu'il occupait bénévolement depuis juin 2019.
Quelques jours après le décès de son frère, Axel Kahn, Jean-François Kahn a tenu à lui rendre hommage sur "LCI".
Décédé le 6 juillet dernier, Axel Kahn n’a jamais eu honte de parler publiquement de son cancer, au contraire.
Cette façon de dédramatiser la mort ne plaît pas à certains, qui ont dénoncé une "mise en scène".
Après s'être battu contre le cancer, Axel Kahn est mort ce mardi 6 juillet.
Ce mardi 6 juillet, Axel Kahn est mort à l'âge de 76 ans.
Le généticien a accumulé de nombreuses épreuves de la vie, avec la mort de son frère Olivier et le suicide de son père Jean.
Le généticien, Axel Kahn, est mort, ce mardi 6 juillet, à l'âge de 76 ans des suites d’un cancer.
Le généticien Axel Kahn est mort, comme l'a annoncé la Ligue du Cancer ce 6 juillet.
Au micro de France Inter, en mai dernier, il racontait, avec force et courage, sa lutte contre le cancer et les derniers instants de sa vie, dont il avait l'intention de profiter jusqu'au bout.
Après un long combat contre le cancer, le généticien Axel Kahn est mort.
Un portrait d’Axel Kahn qui se trouve dans un square à son nom, a été dégradé ce mardi 13 juillet.
Distinctions
- Commandeur de l’ordre national du Mérite
- Officier de la Légion d’honneur
- Officier du mérite agricole
- Chevalier des arts et des lettres
Comme preuve de la reconnaissance de son travail, Axel Kahn reçoit plusieurs distinctions et prix aussi bien en France qu'à l'international.
Bibliographie Sélective
Co-auteur d’une cinquantaine d’ouvrages collectifs, il a aussi écrit plusieurs ouvrages, en particulier :
- Pensées en chemin : ma France, des Ardennes au Pays basque (Stock, 2014)
- L'homme, le libéralisme et le bien commun (Stock, 2013)
- L’homme, le bien, le mal : une morale sans transcendance (Ed. Pluriel, 2013)
- Les âges de la vie : mythes, arts sciences (Ed. La Martinière, 2012)
- Un chercheur en campagne (Ed. Stock, 2012)
- Controverses : université, science et progrès (Ed. Nil, 2011)
- Un type bien ne fait pas ça : morale, éthique et itinéraire personnel (Ed ; Nil, 2010)
- L’homme, ce roseau pensant : essai sur les racines de la nature humaine (Ed. Nil, 2007)
- Comme deux frères : mémoire et visions croisées (Ed. Stock, 2006)
- Raisonnable et humain ? (Ed. Nil, 2004)
- Et l’homme dans tout ça ? (Ed. Nil, 2001)
- Copies conformes : le clonage en question (Ed.
L’Homme, le Bien, le Mal paru en 2008 est l'un de ses derniers ouvrages.
Parmi les nombreux ouvrages qu’il avait écrits, le livre « Comme deux frères », publié en 2006, avait réuni le scientifique avec son frère Jean-François.
Axel Kahn est également auteur de très nombreux livres de vulgarisation et de réflexion, notamment philosophique et éthique.
