Le Paris Saint-Germain a annoncé lundi 7 août la signature de Gonçalo Ramos, attaquant en provenance du Benfica, sous la forme d'un "prêt avec option d'achat". Un grand espoir du football européen pour remplacer son "Golden Boy", voilà le pari tenté par le Paris Saint-Germain. Le Portugais de 22 ans sera amené à renforcer un secteur offensif orphelin de Lionel Messi et qui s'attend à perdre Kylian Mbappé, dont le départ de la capitale semble être l'option la plus plausible.

Gonçalo Ramos, nouvelle recrue du Paris Saint-Germain, ici avec le Benfica Lisbonne contre Famalicao en championnat du Portugal, le 3 mars 2023.
Un Attaquant de Surface Tant Attendu
Paris a visiblement ciblé le type de joueur qui manquait à son effectif jusque-là, et qui lui fait défaut depuis plusieurs saisons déjà : un vrai attaquant de surface. Gonçalo Ramos est un finisseur, un danger permanent quand il se situe près des buts adverses. Auteur de 27 buts toutes compétitions confondues la saison passée (deuxième meilleur buteur du championnat portugais), Gonçalo Ramos est habile des deux pieds comme de la tête. Car la neuvième recrue de l'été parisien n'est pas qu'un buteur exclusif.
Le natif de l'Algarve, à l'extrême pointe sud du Portugal, ne sera pas sans rappeler un autre ancien attaquant adoré du Parc des Princes, Edinson Cavani. Capable d'évoluer en pointe comme en soutien d'un autre attaquant - ce fut le cas à Benfica en 2021-2022 aux côtés de Darwin Nuñez avant le départ de l'Uruguayen vers Liverpool -, Gonçalo Ramos ne rechigne pas à l'effort pour le collectif. Travailleur, notamment au pressing (il figure dans les 4 % des attaquants ayant effectué le plus de tacles la saison passée dans les cinq grands championnats), il est aussi tout sauf égoïste, avec 12 passes décisives en 2022-2023.
Un Pur Produit du Benfica
Gonçalo Ramos va vivre sa première expérience loin du Portugal et du Benfica. L'attaquant est un pur produit du club lisboète, référence en Europe notamment pour les joueurs offensifs, qu'il a rejoint dès ses 12 ans. Avec les Aigles, Gonçalo Ramos a vite gravi les échelons jusqu'à intégrer le groupe professionnel en 2020-2021 et devenir incontournable quelques mois plus tard. La suite logique d'un espoir identifié depuis longtemps, performant en Youth League, la Ligue des champions des centres de formation, ou avec les sélections de jeunes du Portugal.
Ses débuts chez les grands ont été tout aussi saisissants. Buteur et passeur décisif dès sa première sélection en novembre 2022 contre le Nigeria, il vit sa première titularisation en huitième de finale de la Coupe du monde contre la Suisse le 6 décembre dernier, reléguant la légende Cristiano Ronaldo sur le banc.
Gonçalo Ramos, meilleur supersub d’Europe ou énorme gâchis au PSG ? (After Paris)
Un Talent à Polir
Si le PSG n'a pas hésité à miser gros sur le joueur portugais, il n'était pas pour autant sa cible numéro un au poste d'attaquant. Le champion de France a fait face à des échecs sur d'autres pistes plus référencées, ou plus coûteuses. Gonçalo Ramos a beau avoir disputé 25 matchs de Ligue des champions, il n'en reste pas moins un talent qui reste à polir.
Hormis son triplé retentissant lors du Mondial, il n'a jusque-là disputé que peu de très grandes rencontres, de celles auquel le PSG prétend. Et il lui faudra en montrer plus dans les matchs à enjeu en championnat, lui qui n'a jamais marqué contre le FC Porto ou Braga, les deux principaux rivaux de Benfica en Liga Portugal.
Ramos après Kang-In Lee ou Manuel Ugarte, et un an après Vitinha, Nuno Mendes ou Hugo Ekitike... Paris s'assure la signature de joueurs au talent reconnu mais qui doivent encore confirmer au plus haut niveau.
Les Débuts Prometteurs de Gonçalo Ramos
- Le 21 juillet 2020, Gonçalo Ramos joue son premier match en professionnel, lors d'une rencontre de Liga NOS face au Desportivo Aves.
- Le 18 août 2020, il se fait remarquer avec les jeunes du SL Benfica en inscrivant un doublé face aux jeunes du Dinamo Zagreb, en quarts de finale de la Youth League.
- Le 13 avril 2022, Gonçalo Ramos inscrit son premier but en Ligue des champions face au Liverpool FC lors du quart de finale retour de l'édition 2021-2022.
- Le départ du club lisboète de Darwin Núñez pour Liverpool permet à Gonçalo Ramos d'obtenir davantage de responsabilités en attaque en 2022-2023.
- Le 8 mars 2023, Gonçalo Ramos inscrit un doublé face à Bruges en Ligue des champions.
- Le 22 novembre 2023, le Paris Saint-Germain lève officiellement l’option d’achat du joueur, qui est désormais lié au club parisien jusqu'en juin 2028.
- Le 26 février 2025, il inscrit son premier triplé avec le Paris Saint-Germain contre le Stade Briochin.
Parcours International
- Avec les moins de 17 ans, il participe au championnat d'Europe des moins de 17 ans en 2018. Lors de cette compétition organisée en Angleterre, il joue deux matchs. Il se met en évidence en inscrivant un but contre la Slovénie.
- Avec les moins de 19 ans, il inscrit un but en mars 2019 contre la Turquie, lors des éliminatoires du championnat d'Europe. Il participe ensuite quelques mois plus tard à la phase finale du championnat d'Europe qui se déroule en Arménie. Lors de cette compétition, il joue trois matchs. Il se fait remarquer en marquant un but dès le premier match de poule contre l'Italie, puis en inscrivant un triplé lors de la demi-finale gagnée contre l'Irlande. Titulaire lors de la finale, Ramos s'avère défait par l'Espagne (0-2).
- Ramos joue son premier match avec l'équipe du Portugal espoirs le 12 novembre 2020, contre la Biélorussie.
- Réalisant une excellente première moitié de saison avec le SL Benfica, il est sélectionné par la sélection portugaise de Fernando Santos pour la Coupe du monde 2022.
- Le 6 décembre 2022, il est titularisé pour la première fois en sélection lors du huitième de finale face à la Suisse en remplacement de Cristiano Ronaldo.
- Le 11 septembre 2023, Ramos réalise un doublé face au Luxembourg.
Pauleta : Une Légende Portugaise au PSG
Passé par le PSG de 2003 à 2008, Pedro Miguel Pauleta s'est construit une légende qui traverse les temps. A l'occasion du déplacement à Lisbonne ce soir pour la 7e journée de Ligue des Champions, l'ancien avant-centre portugais a partagé un moment sympa avec les supporters parisiens. Dans une courte vidéo apparue sur les réseaux sociaux, on peut voir l'homme de 52 ans se filmer devant un groupe de supporters du Paris Saint-Germain qui chantent pour lui.
"Ils n'oublient pas les anciens, l'histoire du club", a apprécié Pauleta. "C'est pour ça que c'est des supporters uniques. Ils sont toujours là, dans les bons ou mauvais moments."

Pauleta saluant les supporters du PSG.
Pauleta, le buteur-né
Pedro Miguel Carreiro Resendes est aujourd’hui bien connu en France. Mais à l’époque, lorsque ce joueur arrive dans le championnat de Division 1, il ne l’est pratiquement pas du grand public. Mais alors, qui est donc ce garçon débarqué du R.C. Deportivo La Corogne, champion d’Espagne en titre et dont le patronyme est « Pauleta », en référence à sa grand-mère ? Un Portugais qui se pointe en Gironde lors du dernier jour du marché des transferts (31 août), et dont la signature est enregistrée dans les ultimes minutes de la période autorisée… Bref, c’est qui « Lui » ? Lui, c’est en réalité un phénomène que vont découvrir très rapidement les amoureux du club au scapulaire.
Une proposition dans l’urgence
Mais Pauleta, natif des Açores et âgé de 27 ans, est un redoutable avant-centre, chasseur de but, ou « renard » des surfaces, comme l’on dit. Ça, lui le sait ; nous, dans l’Hexagone, un peu moins, donc. Passé par des clubs amateurs, puis par d’autres dits de « seconde zone », en professionnels (au Portugal et en Espagne), il est mécontent du faible temps de jeu que lui offre son coach, Javier Irureta (Iruretagoyena Amiano), élu « meilleur entraîneur de l’année » en 1999-2000, de l’autre côté des Pyrénées. Trop difficile à supporter, la concurrence avec l’international Néerlandais Roy Makaay, ou l’Espagnol (et futur international) Diego Tristán - qui inscrivent but sur but - pousse l’intéressé à étudier dans l’urgence la proposition des Girondins de Bordeaux, et de Charles Camporro, directeur sportif, qui garde un œil sur le « vivier » potentiel que représente la péninsule ibérique.
Habitué aux bons coups en matière de recrutement (notamment en Amérique du Sud, avec les venues de Márcio Santos, Celso Valdeir, Paulo Gralak, Ricardinho, etc.), ce dernier marque de son empreinte un « deal » qui va s’avérer être l’une des plus belles réussites du club. Car Pauleta a faim. Faim de ballon, de jeu, de but, de revanche. Voire de reconnaissance.
Marine et Blanc, magazine officiel du club (numéro 25), insère dans ses pages un encart informatif de dernière minute, titré « D’extrême justesse » ! Dans son contenu, on lit : « Jeudi 31 août à 23h59, les transferts étaient clos aux yeux de l’UEFA et de la LNF. Les Girondins ont dû attendre la toute dernière minute pour enrôler la recrue attendue (…). Pauleta, de nationalité portugaise (…), mesure 1m80 pour 76 kg. Vif, adroit des deux pieds et très mobile (en caractères gras dans le texte, NDLR), il nous vient du Deportivo La Corogne où il a évolué lors des deux précédentes saisons. L’international portugais a fréquenté les clubs d’Estoril et de Salamanque. Il a disputé 92 matches de Liga et marqué 33 buts en 4 ans. Pauleta est un élément-clé de la sélection portugaise avec laquelle il compte 20 sélections (7 buts) depuis 1997. Présent à l’Euro 2000, il était titulaire lors de la victoire du Portugal face à l’Allemagne (3-0/Dernier match du Groupe A). Pauleta est un joueur qui va faire parler de lui ! » (En gras, de nouveau, NDLR).
La bonne pioche !
Bonne pioche, donc ! Bordeaux a tenté le pari et, dès les premiers entraînements, la donne semble être gagnante. L’Insulaire fait trembler les filets d’Ulrich Ramé, l’un des gardiens de but de l’Équipe de France, et non réputé pour en encaisser beaucoup… Première perf’ pour Pauleta, qui subjugue déjà ses partenaires ! David Jemmali, toujours stupéfait plus de quinze ans après, se souvient avec émotion de la prime prestation. « Pauleta est un buteur-né, qui a le sens du but, dans n’importe quelle position. Un peu à la (David) Trezeguet, explique son ancien coéquipier défenseur. Il va participer un peu moins dans le jeu collectif, mais c’étaient 3 occasions, 2 buts ! Voilà à peu près son ratio : très impressionnant ! »
Sous le choc, ou plutôt sous le charme, ses coéquipiers et entraîneurs le sont encore plus lorsque le Lusitanien fait ses grands débuts en championnat, le mercredi 6 septembre. C’est à La Beaujoire, à Nantes, à l’occasion de la 6e journée de D1. Dans un derby de l’Atlantique, qui l’est presque aussi pour cet enfant de la balle, qui a appris à jouer au milieu du même océan. Élie Baup, son coach ici, avait annoncé la couleur lors de la présentation-presse de la recrue. Sous forme de boutade chantée - que ne renierait peut-être pas Manu Chao -, le technicien à la casquette avait lancé un « À la bim, à la bamba, à la bim, bam, boum ! » très explicite (lyrics), et qui était censé caractériser la fulgurance de frappe et l’efficacité de son futur goleador. Le gusta Pauleta !
Dans un collectif* qui a vu le départ de Sylvain Wiltord et les arrivées d’Alain Roche (deuxième passage après avoir été formé au club) et Marc Wilmots, notamment, l’homme va s’exprimer pleinement chez le voisin honni. Six jours plus tard, donc, face à un collectif qui sera sacré champion de France au terme de l’exercice, Bordeaux inflige aux Canaris une sévère pénitence : 0-5 ! Et Pauleta, en grande forme, claque… trois fois : bim, bam, boum ! Wilmots et Laslandes aussi. Mickaël Landreau (futur portier international tricolore) n’en revient pas : le F.C.
En fin de mois, lors du premier tour-retour de la Coupe de l’UEFA, les Aquitains reçoivent le Lierse S.K. (K.L.S.), après avoir fait match nul en Belgique (0-0). Pauleta, encore une fois, inscrit trois buts, quand Pascal Feindouno en met deux ! Résultat, 5-1 et qualification assurée. La France du football a désormais bien compris à qui elle avait affaire et « l’Aigle des Açores » - surnom donné en référence à la célébration de chacun de ses buts en déployant ses bras comme des ailes, à l’image du vautour ou de l’épervier figurant sur le drapeau de l’archipel -, ne cesse de s’acharner sur ses proies favorites : les gardiens de but ! Au terme de la saison, il met 20 buts en 28 matches et termine deuxième buteur de D1, juste derrière le Lyonnais (O.L.) Sonny Anderson (22). Toutes compétitions confondues (T.C.C.), cela donne 26 réalisations pour 37 matches ! Lors de la suivante, ce sont 22 unités en 33 matches de D1, et une place de meilleur buteur du championnat, partagée avec Djibril Cissé (A.J. Auxerre), pour 35 en 45, T.C.C. ; Bordeaux se classe 6e et est encore européen. En 2002-2003, ce sont 23 buts en 37 matches de D1, et un rang de deuxième meilleur buteur, derrière le monégasque Shabani Nonda (26).
Des qualités hors-normes
En réalité, en plus d’une précision chirurgicale devant la cage adverse, le Portugais a un (autre) énorme avantage - qui en est un, également pour son club - : il n’est quasiment jamais blessé ! Une donnée importante qui va lui permettre, en trois saisons ici, de faire grimper les statistiques avec, de fait, 130 matches et 91 buts T.C.C. ! Ce qui lui octroie le très honorable rang de cinquième buteur de l’histoire du club, derrière Alain Giresse (179), Bernard Lacombe (136), Laurent Robuschi (117) et Édouard Kargulewicz (98)…
Au départ, l’association avec le duo Laslandes-Dugarry, lors de sa première saison, fonctionnera bien mieux que celle avec le brésilien Christian et Christophe Sanchez, au cours de la deuxième. « Je me suis très facilement adapté au championnat de France, à Bordeaux, et j’ai cumulé beaucoup de confiance dès le début. Christophe et Lilian m’ont beaucoup aidé. Nous étions complémentaires. Ils étaient techniques, jouaient bien avec leur tête et je profitais des espaces qu’ils libéraient. » Au cours de sa troisième et ultime année, il se sentira très à l’aise aux côtés de Jean-Claude Darcheville et Pascal Feindouno (et le jeune Marouane Chamakh), bien alimentés en ballons par Camel Meriem et Sávio (Bortoloni Pimentel).
Parfaitement épaulé dans sa tâche, il possède des qualités de buteur hors-normes, on l’a dit. Mais aussi de placement et de flair. « Chaque fois que j’avais une opportunité pour frapper au but, je frappais, et j’essayais de cadrer tout le temps. Et c’était rare quand un ballon partait dehors, explique-t-il. Mais j’étais aussi toujours à la limite du hors-jeu... Je sentais le but… Après, j’ai eu la chance d’avoir de bons joueurs à côté, qui m’ont fait beaucoup de bonnes passes pour marquer. » Quant certains faisaient appel à la superstition ou à certains rites supposés efficaces, lui prenait directement ses repères sur la pelouse… ou juste à côté ! « À Chaban-Delmas, quand j’entrais sur le terrain, c’était le côté droit (côté virage sud, NDLR)… Je crois que c’est là que j’ai marqué le plus de buts ! Il y a des signes qui vous indiquent où est le but. Et il faut toujours rechercher ce genre de signes… »
Habile, malin, roublard, fin et adroit, celui qui deviendra le meilleur buteur de la sélection portugaise (avec 47 buts en 88 matches) - devant Eusébio, donc, et avant d’être détrôné par Cristiano Ronaldo - ne va, paradoxalement pas, enrichir son palmarès sur les bords de Garonne. Il le fera plus tard sur ceux de la Seine…
Ceci étant, il inscrira sur sa carte de visite le Trophée UNFP du meilleur joueur de D1/Ligue 1 en 2002 et 2003 (élu par ses pairs), ainsi que le titre de « Joueur étranger de l’année du championnat de France » en 2002 et 2003. Mais surtout, celui de vainqueur de la Coupe de la Ligue, en 2002. Son meilleur souvenir en Aquitaine. « Quand on la gagne, et les deux buts que je marque en finale (en 2002, face à Lorient, 3-0, au Stade de France, NDLR), c’était très beau. Je repense beaucoup à ça… Et avec tous ceux que j’ai marqués ensuite, j’avoue éprouver un sentiment spécial pour ce club.
La panoplie du buteur-modèle
Toute la panoplie du buteur-modèle, ce fan de Paulo Futre et de Diego Armando Maradona la possède. Jusqu’à devenir durant sa période bordelaise l’un des meilleurs, et des plus efficaces en Europe. Jusqu’à marquer des doublés, des triplés et même un quadruplé, en Coupe de France (32e de finale face à l’E.S. Fréjus, à Cannes, le 15 décembre 2001/0-6), aussi ! Et ce, même s’il n’a disputé avec la tunique marine sur la scène continentale, que des matches de Coupe de l’UEFA.
Souvent porté par le public de Lescure, dont il était l’un des chouchous, Pauleta s’est montré très fort dans l’exercice final, jusqu’à - presque - avoir la sensation de se sentir pousser des ailes… « Avoir marqué ce public girondin, c’est une grosse fierté ! Quand vous arrivez dans un stade, que vous entrez sur un terrain, et que tout le public chante votre nom… vous avez une obligation de faire quelque chose pour lui. Et je l’ai senti à chaque fois, pendant huit ans, car à Paris, c’était la même chose. Il chantait votre nom avant et pendant le match… Et là, vous gagniez une confiance énorme. Et bon nombre de buts que j’ai marqués, c’est en majeure partie grâce à lui. Quand j’entendais les gens après avoir marqué, ça me fait des frissons ! C’est vrai que c’est spécial… Je sens qu’il y avait un lien très fort entre moi et le public, ici. »
Gaby, l’emblématique speaker de Lescure, s’amusait avec l’assistance, au micro et lors de chaque composition d’équipe, et instaurait cette communion en lançant un systématique et devenu mythique : « Pedro Miguel Carreiro Resendes, dit… Pauletaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! », que reprenait et complétait en chœur la foule ! Lequel résonne encore dans l’oreille des nostalgiques, et reste à jamais gravé dans la mémoire collective.
Ovation, « trahison », respect
Mais le 24 avril 2003 retentit pour la dernière fois ce clin d’œil sonore, au stade Chaban-Delmas, puisque Pauleta dispute-là son dernier match sous les couleurs bordelaise. C’est face au LOSC, et à l’occasion de l’ultime journée de championnat. Les Marine et Blanc lui octroie une sortie digne, en tribune et sur le terrain. Devant près de 30 000 spectateurs, le Portugais, ému, fait le job et inscrit un doublé (dont un but sur penalty) qui scelle la victoire des siens, sur le score de… 2-0 !
À la 89e minute de jeu, il est remplacé par un jeune joueur, Olivier Auriac, et foule la pelouse vers la sortie en pleurs. À cet instant précis, même s’il était, depuis quelques temps, dans les tuyaux qu’il quitte le club pour le Paris Saint-Germain, les supporters, en dépit d’une ovation colossale, ont compris qu’il délaissait définitivement la Gironde pour la capitale… Ce fut donc-là un mélange d’émotions, de joie et de tristesse, puisque l’idole allait s’envoler vers d’autres horizons.
Reconversion
Depuis une décennie, la Fédération de son pays lui fait confiance dans un rôle sans équivalent dans le football français, celui de directeur de la formation. « Je m’occupe des sélections de jeunes internationaux portugais, des U15 aux Espoirs, explique-t-il dans un français maîtrisé. Chacune d’entre elles possède son directeur technique, son sélectionneur, son staff. Ce costume fédéral occupe la majeure partie de son quotidien « bien rempli ». Mais l’ancien buteur revêt deux autres casquettes, liées : celles d’ambassadeur des académies du PSG et de fondateur d’une école de football aux Açores, qui accueille aujourd’hui 350 enfants, en provenance des neuf îles de son archipel natal.
Du haut de ses 329 buts marqués en 655 matches de carrière professionnelle, Pedro Miguel Pauleta veille bien sûr aujourd’hui à transmettre aux jeunes sa « science du placement » que vantait l’entraîneur iconique du FC Nantes Raynald Denoueix, « son instinct de buteur » auquel était familier son ex-coéquipier et gardien à Bordeaux Ulrich Ramé, « son sens du professionnalisme » qu’a admiré son ancien partenaire au PSG Jérémy Clément ; bref, l’ensemble des qualités qui ont fait de lui un « attaquant de classe mondiale » et « un joueur rare dans le football moderne », selon ses anciens entraîneurs Élie Baup et Vahid Halilhodzic*.
Statistiques Clés de Pauleta
| Saison | Club | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|
| 2000-2003 | Girondins de Bordeaux | 130 | 91 |
| 2003-2008 | Paris Saint-Germain | N/A | 109 |
| Total en carrière | 655 | 329 |