L'histoire du rugby fauteuil en France : des origines à la reconnaissance internationale

Le rugby fauteuil, sport d’équipe mixte, a une histoire riche et une évolution constante, tant au niveau international qu'en France. Cet article retrace le parcours de l'équipe de France de rugby fauteuil, de ses débuts modestes à ses récentes performances remarquables.

Les origines du rugby fauteuil

Il tire ses origines dans les années 1970, à l’initiative de sportifs quadriplégiques canadiens qui n’arrivaient pas à s’imposer au basket fauteuil. Ils ont inventé un nouveau jeu collectif en fauteuil pour retrouver un sport physique et plus adapté à un handicap plus limitant. Par la suite, le sport fut codifié plus précisément et appelé rugby fauteuil.

Le rugby fauteuil est un sport d’équipe mixte où 2 équipes de 4 joueurs s’affrontent pendant 4 périodes de 8 minutes. L’équipe ayant marqué le plus de buts remporte le match. Les dimensions du terrain sont de 28m x 15m (cf basket-ball) et l’épreuve se joue avec un ballon de volley-ball. Les équipes ont 12 secondes pour franchir la moitié du terrain. Ils ont ensuite seulement 40 secondes pour marquer. Toutes les 10 secondes, le joueur doit dribbler avec le ballon ou le passer.

Les spécificités du matériel

Les fauteuils de défenseurs sont plus longs et sont dotés d’un pare-choc avant en forme de grille qui facilite l’action défensive en tenant compte du décalage souvent important de capacité physique entre le défenseur et l’attaquant. Lorsque l’athlète se glisse dans son fauteuil, il ne fait qu’un avec sa machine. Dans tous les cas, on cherchera à user l’adversaire en multipliant les chocs, en le forçant à se sortir des grilles des défenseurs, en l’obligeant à beaucoup rouler.

Pour gagner, il faut avoir “un banc”. Les équipes sont nécessairement composées de joueurs de niveaux de handicaps différents. Chaque athlète est côté entre 0.5-3.5 points en fonction de ses capacités fonctionnelles. La Fédération Française Handisport propose le rugby fauteuil et est susceptible de vous accueillir au sein de ses clubs.

Le développement du rugby fauteuil en France

Créé à la fin des années 1970 par des basketteurs canadiens, le rugby fauteuil s'est développé en France sous l'impulsion de la Coupe du monde de rugby 2007 en France. À ses débuts, composée uniquement des joueurs de l'équipe de Toulouse, elle n'existe réellement qu'à partir de 2009 avec l'arrivée de licenciés d'autres clubs.

L'ascension de l'équipe de France

Classée 23ème nation mondiale avant le Championnat d'Europe 2011, l'Equipe de France a effectué la meilleure progression jamais réalisée dans l'histoire de ce sport : + 15 places ! Sa 4ème place à ce Championnat d'Europe lui a permis d'obtenir un billet pour les Jeux Paralympiques 2012.

L'équipe de France se qualifie pour la première fois de son histoire aux Jeux paralympiques d'été de 2012 où elle termine dernière du tournoi. Le 21 avril 2016, l’équipe de France décroche son ticket pour les Jeux paralympiques de Rio 2016, en remportant sa demi-finale 51-48 face à la Nouvelle-Zélande dans le cadre du tournoi qualificatif paralympique 20163.

De la FORCE et de la VITESSE. Bienvenue au RUGBY FAUTEUIL !

Participations et performances internationales

L'équipe de France participe aux Jeux paralympiques d'été de 2012 à Londres aux côtés de sept autres équipes et termine à la 8e place. Elle participe également aux Jeux paralympiques d'été de 2016 à Rio de Janeiro et termine à la 7e place.

Elle participe au Championnat d'Europe IWRF en 2013 à Anvers en Belgique où elle termine à la 5e place, au Championnat d'Europe IWRF en 2015 à Nastola en Finlande où elle termine également à la 5e place, au Championnat d'Europe IWRF en 2017 à Coblence en Allemagne où elle termine à la 3e place et remporte ainsi la médaille de bronze et au Championnat d'Europe IWRF en 2019 à Vejle au Danemark, où elle termine à nouveau à la 3e place et remporte une deuxième fois la médaille de bronze. En 2022, l'équipe de France remporte le Championnat d'Europe IWRF se déroulant en France, en s'imposant 44-43 contre l'Angleterre à Paris.

AnnéeCompétitionRésultat
2012Jeux Paralympiques de Londres8ème place
2016Jeux Paralympiques de Rio de Janeiro7ème place
2013Championnat d'Europe IWRF (Anvers)5ème place
2015Championnat d'Europe IWRF (Nastola)5ème place
2017Championnat d'Europe IWRF (Coblence)3ème place (Médaille de bronze)
2019Championnat d'Europe IWRF (Vejle)3ème place (Médaille de bronze)
2022Championnat d'Europe IWRF (Paris)1ère place (Médaille d'or)

Coupe internationale de rugby fauteuil

Avec trois défaites en cinq rencontres, le bilan peut paraître maigre si l'on s'en tient aux résultats secs, mais les Français ont atteint pour la première fois de leur histoire le top 4 d'une compétition internationale. « Il y a bien sûr de la déception mais le bilan est positif, poursuit Bob Vanacker. On a appris, on perd d'un point contre les États-Unis, on bat le Japon, on perd d'un point contre le Canada en demi-finales. Eux ont l'habitude, nous, on a une équipe jeune qui n'a pas l'habitude de jouer à ce niveau, on voulait savoir où on en était et on a montré qu'on était vraiment capables de jouer pour une médaille et on va la chercher l'année prochaine. »

Un public qui a répondu présent. Les partenaires de Jonathan Hivernat ont bien sûr salué les milliers de spectateurs présents à Bercy, profité des dernières ovations, mais se sont privés d'une dernière communion avec un public qui aura su se mobiliser tout au long de la compétition : les écoles d'abord, invités en début de semaine, puis la famille des joueurs et bon nombre d'invités pour la phase finale, mais aussi des supporters qui sont venus de la France entière.

Comme Frédéric Beuf, président du club de supporters des "Chtis diables "dans le Nord, qui a assisté aux cinq rencontres de la Coupe du monde de rugby à Villeneuve d'Ascq, avant de faire le déplacement le week-end dernier à Paris pour la phase finale de la Coupe internationale de rugby fauteuil avec d'autres membres de la Fédération française des supporters de rugby fauteuil : « On avait découvert le rugby fauteuil lors des Championnats d'Europe à Paris, on a trouvé ça génial et on a décidé de revenir pour mettre l'ambiance », explique Frédéric accompagné de son ami Christian, venu lui d'Alsace. Lunettes, drapeau tricolore, couvre-chef bleu blanc rouge, les supporters n'ont pas failli à leur mission, lors de cette répétition à moins d'un an des Jeux. Marseillaise a capella, Pena Baiona et autres "Allez les Bleus" ont nourri cette semaine riche en émotion. Près de 4 000 personnes étaient là lors de la petite finale entre la France et le Japon, dimanche, un peu plus lors de la finale remportée par l'Australie devant le Canada, et plusieurs milliers toute la semaine à la Halle Carpentier avec un taux de remplissage entre 60 et 80 % de la jauge chaque jour selon l'organisation.

Les défis et l'avenir du rugby fauteuil français

Que manque-t-il alors à ces Bleus pour franchir ce dernier petit palier ? Pour que les rencontres basculent du bon côté et terminer dans le Top 3 ? « On rivalise, mais il faut juste qu'on fasse attention à plein de petits détails », promet Verdin. « Quand on regarde, il y a six ou sept ans, on était au minimum à six ou sept points derrière ces équipes , maintenant ça se joue à rien, on est dans le bon timing » appuie Terrefond.

Mais ont-ils les moyens de faire mieux ? Mais cette équipe de France qui s'appuie essentiellement sur les mêmes joueurs dont Jonathan Hivernat et Sébastien Verdin offensivement lors des matches décisifs, a-t-elle les moyens de faire beaucoup plus ? Alors que la détection et la formation de nouveaux joueurs sont délicates, la France devra en tout cas encore travailler ces différents line-ups d'ici les Jeux pour être encore plus fluide et permettre à ses cadres de souffler. Éviter aussi les transmissions ratées ou les petites erreurs qui coûtent très cher à ce niveau. Et pour cela, elle devra continuer à s'organiser malgré ses moyens limités.

« C'est vrai qu'il faut remettre les choses dans leur contexte, reconnaît le capitaine Jonathan Hivernat. Actuellement on ne pouvait pas espérer mieux que d'être dans les quatre meilleures nations mondiales. »

Avec un budget d'à peine 250 000 euros, la France ne rivalise pas avec les nations majeures en termes de budget. « Aujourd'hui, des équipes comme le Canada ou l'Australie ont 1,5 million euros, on ne joue pas dans le même pré, concède Terrefond. Mais la France a le moyen d'y arriver, c'est juste qu'on va moins vite. »

Avant les Jeux Paralympiques dans dix mois, les Bleus disputeront le quad Nations en avril en Angleterre, puis la Canada Cup, en juin face au top 8 mondiales, pour s'étalonner une dernière fois avant des Jeux Paralympiques qui sont déjà dans toutes les têtes. « Il n'y a pas un matin où je n'y pense pas » abonde Hivernat, qui avoue consentir à de nombreux sacrifices personnels pour être le meilleur possible lors de cette échéance.

« J'ai envie d'y être, reconnaît aussi le défenseur clermontois Adrien Chalmin. Toute cette expérience, cette ambiance, ça nous servira pour dans dix mois, on va analyser tout ça et ça nous servira pour Paris 2024.

Jordan Ducret, Président des Mambas joue actuellement en Équipe de France de Rugby Fauteuil. Il a commencé le Rugby Fauteuil en 2012, puis 5 ans plus tard, en juin 2017, il est appelé pour sa toute premiére sélection.

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