Le derby corse, opposant l'AC Ajaccio (ACA) au Sporting Club de Bastia (SCB), est bien plus qu'un simple match de football. C'est un événement chargé d'histoire, de passion et de rivalité, qui divise l'île de Beauté depuis des générations.
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Si les cinq cartons rouges distribués en une seule rencontre de Ligue 1 entre l’AC Ajaccio et le SC Bastia en 2012-13 donnent un aperçu de leur histoire directe, les événements hors du terrain impliquant les deux clubs corses ont souvent fait la une des journaux.
Ajaccio reçoit Bastia pour le compte de le 28e journée de Ligue 2 BKT. Les problèmes de foule survenus lors de la saison 2012-2013 ont conduit les rencontres de la saison suivante à se jouer à huis clos. Un peu par hasard, aucun supporter extérieur n’était présent lorsque Bastia a condamné ses rivaux insulaires à la relégation par un but à la 88e minute en avril 2014. C’était la dernière rencontre entre les deux clubs jusqu’à ce que Bastia, rétrogradé en cinquième division en 2017 en raison d’irrégularités financières, obtienne une troisième promotion consécutive la saison dernière pour atteindre la Ligue 2. Huit ans après leur dernier duel en première division, Bastia s’est imposé 2-0 lors du retour tant attendu du derby en septembre dernier.
Samedi, les deux clubs se retrouvent pour la rencontre inverse à Ajaccio, dans un match qui pourrait avoir des implications importantes pour les deux équipes, qui se trouvent aux deux extrémités du tableau.
Une rivalité géographique et identitaire
“Le derby contre Bastia est très important pour les supporters car il s’agit de la suprématie régionale”, explique Anthony Tognetti, fan d’Ajaccio, à l’Équipe. “En dehors du football, Ajaccio et Bastia ont toujours été rivaux. Il y a un fort antagonisme entre les deux villes. L’ambiance entre les ultras des deux clubs peut être tendue, notamment lors des matchs. Ce jour-là, il est finalement entré en éruption. Cela s’est calmé depuis, mais le soutien est toujours aussi passionné. Le football est une passion en Corse. Même lorsque Bastia a été relégué en cinquième division, il y avait 7 000 supporters lors d’un match de Coupe de France” ajoute le journaliste corse.
Sur le terrain, c’est Bastia peut revendiquer le plus de succès. Vainqueurs de la Coupe de France 1981, ils ont également frôlé la gloire européenne en 1978, s’inclinant en finale aller-retour de la Coupe de l’Uefa face au PSV Eindhoven. Au total, ils ont passé 34 saisons dans l’élite française, contre 13 pour Ajaccio. “Bastia est le club historique“, déclare Didier Rey, professeur à l’Université de Corse, spécialiste du football corse.
“Il est considéré par beaucoup comme le club qui représente vraiment le peuple corse, l’équipe ‘nationale’ de la Corse en quelque sorte. Il a beaucoup plus de supporters qu’Ajaccio et on les rencontre partout en Corse, y compris à Ajaccio” ajoute le professeur.
Bastia a également connu des drames. En 1992, une tribune temporaire érigée au stade pour accueillir des supporters supplémentaires lors d’une demi-finale de Coupe de France contre Marseille s’est effondrée peu avant le coup d’envoi, faisant 18 morts et plus de 2 000 blessés. En signe de respect, les matchs n’ont plus lieu le 5 mai.
Du côté des Ajacciens, il y a un complexe d’infériorité vis-à-vis des Bastiais en raison de leur passé sportif et de ce qu’ils représentent en Corse”, a déclaré Rey. “Mais les supporters bastiais ont aujourd’hui peur de la suprématie sportive d’Ajaccio. Ils ont peur d’être les seconds d’Ajaccio.
Au premier abord, on retrouve dans cette opposition les indices d’un derby. Le Sporting a acquis sa légitimité dans les années 70 et est devenu le club du peuple corse, alors que l’ACA disparaissait en 1975. Les fans du Sporting se trouvent dans toutes les régions de l’île, et sont issus de toutes les générations. Ceux de l’ACA sont en majorité jeunes, plutôt élevés à l’Internet et localisés à Ajaccio et sa périphérie immédiate. L’histoire d’un derby c’est aussi la fréquence des oppositions. Finalement il est plus ici question d’un antagonisme de principe lié aux performances actuelles des deux clubs.
Le match retour du derby corse entre Bastia et l'AC Ajaccio entre dans l'histoire de la Ligue 1 par la mauvaise porte. Après une expulsion de Chalmé pour un deuxième jaune, plusieurs gestes de mauvaises humeurs enveniment les dix dernières minutes, et Oliech est exclu à son tour pour une faute grossière sur Landreau. Le match dégénère et une bagarre éclate entre plusieurs joueurs. Thauvin, Rothen et André le rejoignent aux vestiaires. Cinq cartons rouges : record dans un match de Ligue 1 depuis le début du XXIe siècle. La tension sur le terrain se propage dans les gradins où des affrontements entre supporteurs des deux clubs font sept blessés légers.
Les présidents des deux clubs se renvoient la responsabilité du spectacle. Le président de l'ACA, Alain Orsoni, s'est dit « dégoûté par ce qui s'est passé. C'est un scandale. Nos supporteurs ont été arrosés de pierres alors que des femmes et des enfants se trouvaient dans la tribune. On ne peut pas tout permettre ! » Pierre-Marie Geromini, président bastiais, s'insurge : « Il faudra qu'on m'explique comment les 450 supporteurs ont pu débarquer dans notre stade avec autant de projectiles et d'engins pyrotechniques ! Leurs bus ont été fouillés et nous avons trouvé un vrai arsenal.
Souvenirs de derbies mémorables
D'anciens joueurs des deux camps partagent leurs souvenirs les plus marquants :
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Un premier derby inoubliable : "Celui qui m’a le plus marqué, c’est le tout premier que j’ai joué. C’était en 2007, à Furiani, et on avait gagné 4-1. À l’époque, nous étions en Ligue 2. J’étais jeune, j’avais 22 ans, et il y avait une ambiance de fou. Avant le match, j’avais beaucoup d’appréhension. Je m’étais préparé dans ma tête pour l'aborder le plus sereinement possible. Puis on avait gagné et ça s’était bien passé. Après ce derby-là, ceux joués à Ajaccio m'ont vraiment marqué. Il y avait tellement de Bastiais qui descendaient à Timizzolu… C’était impressionnant ! En 2012, en Ligue 1, quand nous sommes sortis du vestiaire pour rentrer sur le terrain, nos supporters étaient juste au-dessus du tunnel. On avait l’impression d’être à Furiani. En tant qu’Ajaccien et Corse, il y a toujours une saveur particulière dans ces matchs-là. En plus, on joue souvent contre des coéquipiers de la Squadra corsa. La plupart du temps, c’étaient des bons matchs à jouer. Sur tous les derbies que j'ai disputés, je n’en ai perdu qu’un.
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La passion avant tout : "Le derby qui me vient en tête, c’est celui de la saison 2004-2005. Nous étions alors entraînés par Rolland Courbis. On avait gagné 1-0 grâce à un but de Mamadou Seck. Ce match m’avait marqué pour plusieurs raisons. Déjà, dans la préparation. La Corse est une terre de passion et d'euphorie, et rien ne vaut la semaine avant le derby. Personnellement, j’évitais de sortir en ville les jours précédents car les gens ne parlaient que de ça. C'est vraiment un match à part. Ceux contre l'OM et le PSG étaient également particuliers, mais rien n'égale le derby. Je me rappelle d'une partie très engagée. Le match avait été un petit peu arrêté à cause de quelques débordements en tribune. J'avais même reçu un fumigène sur le pied. Sur le coup, je n’avais pas trop compris, mais ensuite, j’avais quand même eu un peu peur. C’est assez rare dans le football. C’est pour ça que ce sont toujours des matchs assez tendus. Il y a la suprématie régionale qui est également en jeu.
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L'ambiance électrique de Furiani : "J'ai deux souvenirs bien précis liés au derby. Le premier concerne le match de mars 2013, à Furiani. On avait gagné 1-0 sur un but de Toifilou Maoulida. C'est la plus belle ambiance que j'ai connue. C'était incroyable. Il y avait eu un tifo magnifique. C'était électrique. Il y avait de l'enjeu car les deux équipes jouaient le maintien. Notre bus n'avait pas pu arriver jusqu'au stade. On avait traversé la ligne de chemin de fer à pied avec nos sacs. Nous étions passés derrière la tribune des supporters de l'ACA pour aller jusqu'au vestiaire. Ceux du Sporting nous avaient fait une haie d'honneur. Ce sont des grands souvenirs. Quelques mois plus tard (en décembre 2013, ndlr), on avait joué un derby à huis-clos, à Fos-sur-Mer. On avait fait match nul (1-1) et l'ambiance était très différente... "
J'ai joué dans les deux clubs et ces matchs-là m'ont toujours fait penser au rugby : sur le terrain, on s'arrachait les cheveux. Puis, au coup de sifflet final, on se serrait la main. Il y avait parfois des échauffourées, comme celle entre Cavalli et Angoula (en 2012, ndlr). Je jouais alors à l'ACA ; nous étions tous arrivés au milieu et ça avait failli partir. À Furiani, c'était aussi parti un peu dans tous les sens après un duel entre Oliech et Landreau. C'était le jour où les supporters bastiais avait brandi le cercueil de l'ACA. En tant que joueurs, ça nous avait touché dans notre amour propre. Ce sont des choses qui illustrent souvent les derbies... Sur le terrain, on veut absolument gagner et on a souvent la hargne. Celui qui se cachait dans ce match-là, il était catalogué pour le reste de la saison. Il fallait tout donner. Avec "Cahu", quand j'étais à l'ACA, on s'est vraiment livré des combats au milieu du terrain. Sur le moment, c'était très, très chaud. Après, j'ai joué avec lui à Bastia et nous étions comme des frères. Il ne faut pas oublier que ça reste du foot. Une fois que la partie était finie, on rigolait tous ensemble.
Un derby entre l’AC Ajaccio et Bastia, même lorsqu’il se joue à Martigues, ça reste un match à ne pas manquer pour le peuple corse. Frédéric Antonetti, l’emblématique entraîneur corse, passé par Bastia, explique les différences entre les deux clubs.
Quelle est la différence fondamentale entre les deux clubs ? Bastia est le club historique de la Corse depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui même s’il a connu dernièrement une période plus difficile. Il a toujours été près du plus haut niveau national. L’ACA, même s’il est paradoxalement le premier club corse à avoir évolué en première division, a longtemps été absent des débats. Même si l’AC Ajaccio a réussi l’exploit de remonter de la PH à la Ligue 1, le club historique, c’est Bastia.
En termes de supporters, qu’est ce qui caractérise ceux de Bastia et ceux d’Ajaccio ? Bastia est le club qui a le plus de supporteurs dans toute la Corse. Quand le Tour de France est passé l’été dernier, il y avait beaucoup de drapeaux du Sporting et très peu d’Ajaccio. Bastia est le club populaire. On le voit à travers son stade qui est toujours plein. L’ambiance est chaude, l’histoire est très présente. A Ajaccio, c’est plus calme, le stade a du mal à se remplir.
Aujourd’hui, peut-on dire que Bastia est au dessus d’Ajaccio au regard des classements et du recrutement ? Bastia est dans la continuité du travail effectué depuis trois saisons avec la remontée de National en Ligue 1. Quatre joueurs qui étaient en National évoluent en Ligue 1 aujourd’hui. Il y a eu un recrutement intelligent, avec de l’expérience et de la cohérence. Pour l’AC Ajaccio, c’est plus difficile. Mais comme ce sont deux clubs avec les mêmes moyens, il n’y en a pas un au dessus de l’autre. Ca peut vite changer.

Carte de la Corse
Dérives et incidents : Une ombre sur la passion
Malheureusement, l'histoire du derby corse est aussi marquée par des incidents et des débordements. Des affrontements entre supporters, des jets de projectiles et des actes de vandalisme ont émaillé certaines rencontres, ternissant l'image de ce match passionné.
Le week-end dernier a été marqué par plusieurs incidents lors du match de barrage d'accession à la Ligue 1 opposant l'AC Ajaccio et Le Havre AC. Des actes inadmissibles qui ne sont pas sans rappeler certains précédents qui ont terni le football corse ces dernières années.
Même si le foot insulaire n'est pas le seul en France touché par ces phénomènes - les incidents à la fin de OM-Lyon ou la bagarre récente entre joueurs auxerrois l'ont prouvé - retour sur ces épisodes où le ballon rond a laissé place à la violence sur l'Île-de-Beauté.
Alors que le Gazélec Ajaccio encaisse un pénalty contre le RC Lens, le club corse s'estime floué par les décisions du corps arbitral. La tension monte, Olivier Miniconi, le président délégué du Gazélec, débarque sur le terrain, furieux, alors qu'une échauffourée éclate entre lensois et ajacciens. Le milieu offensif nordiste Ange-Freddy Plumain reçoit un coup de pied dans le dos. Le geste, filmé par les caméras de BeIN Sports, vaudra à Miniconi dix-huit mois de suspension.
En marge du match de Ligue 1 Reims-Bastia, des heurts, opposent supporteurs corses et forces de l'ordre avant, pendant et après la rencontre. Des affrontements qui ont occasionné la perte de l'usage d'un œil d'un supporteur corse, Maxime Beux. Ce dernier affirme avoir été blessé par un tir de Flash-Ball. La police assure de son côté que le jeune homme s'est blessé en tombant. Les circonstances floues liées à l'incident entraînent une vague de protestation en Corse les jours suivants.
La 1re journée de Ligue 1 version 2016/2017 comporte déjà son lot d'incidents. Au stade Armand-Cesari, alors qu'il s'apprêtait à tirer un corner, Lucas se tient la tête, allongé sur la pelouse. L'attaquant brésilien du PSG vient de recevoir un coup via une hampe de drapeau de la part d'un supporteur bastiais perché sur un grillage qui borde l'aire de jeu. Plus que le fait en lui-même, c'est la réaction du club corse qui avait envenimé la situation. Bastia accuse Lucas de simulation et porte plainte contre le PSG pour dénonciation calomnieuse dans une lettre envoyée à la LFP. Dans les travées de Furiani, Lucas ne décolère pas : « A chaque fois que l'on vient ici, il arrive des choses comme ça et ce n'est jamais puni. On est venu pour jouer un match de foot et eux pour foutre le bordel. »
Lors d'une rencontre face au Gazélec, des supporteurs de l'AC Ajaccio craquent des fumigènes et les envoient sur le terrain, accompagnés d'un siège. Un stadier qui tente de s'interposer est blessé ainsi qu'une supportrice. Tout rendre dans l'ordre. Le match touche à sa fin quand un groupe d'individus de l'ACA, encagoulés, quittent la tribune visiteurs et tentent de s'introduire dans plusieurs tribunes de supporteurs du GFCA. La situation se dégrade jusque devant le stade. Les forces de l'ordre sont prises à partie par une quarantaine de supporteurs. « De nombreux blocs de béton et des objets métalliques ont notamment été projetés, de manière tendue, contre les policiers et les gendarmes », précise le préfet. Quatre policiers et gendarmes sont légèrement blessés.
« J'ai une question pour le public français : est-ce normal que les supporteurs de Bastia fassent des bruits de singes et des ''uh uh'' pendant tout le match, et que personne des commissions de discipline ne dise rien? Est-ce que le racisme est légal en France? Ou seulement à Bastia? UNE VRAIE HONTE. » La question est posée par Mario Balotelli, l'attaquant star de l'OGC Nice, sur son compte Instagram, à l'issue du déplacement du Gym à Furiani. L'international italien a vécu une partie houleuse du début à la fin. D'abord, des cris de singes entendus à l'échauffement, puis une altercation avec l'entraîneur corse Ciccolini qui l'invective dans les couloirs du stade : « Tu crois que j'ai peur de toi? Casse-toi! Va te faire enculer! » Ambiance.
A Furiani, la rencontre entre le SC Bastia et l'OL pour le compte de la 33e journée de Ligue 1 donne lieu à des scènes de chaos. Au cours de l'échauffement, une cinquantaine de pseudo-supporteurs, dont des membres du groupe ultra Bastiais 1905, sont descendus des tribunes pour en découdre avec les joueurs de l'OL. Le match démarre finalement avec 50 minutes de retard. Mais à la mi-temps, les esprits s'échauffent de nouveau. Le gardien lyonnais Anthony Lopes puis l'ensemble de l'effectif sont pris à partie par d'autres individus. La rencontre est finalement arrêtée pour des raisons de sécurité. Au match aller, des débordements avaient déjà eu lieu dans le centre-ville de Lyon après la défaite bastiaise. Furieux du scénario du match, François Ciccolini, l'entraîneur de l'époque, avait promis de « régler ça comme d'habitude, comme des hommes, comme des Corses.

Incidents lors d'un derby corse
Un derby en constante évolution
Le derby corse a connu de nombreuses évolutions au fil du temps. Les mutations sportives des clubs, les changements sociétaux et l'évolution du supportérisme ont tous contribué à façonner ce match unique. Si la passion et la rivalité restent intactes, l'hostilité a parfois pris le pas sur l'esprit sportif.
"Le derby corse, aujourd'hui, on en parle quelques jours avant et pratiquement plus dès le lendemain. Autrefois, il faisait l'actualité pendant plusieurs semaines." L'homme qui porte ce regard distancié sait de quoi il parle. Albert Vannucci reste, à 74 ans, une figure emblématique de l'ACA. Celui qui connut, à la fin des années soixante, les premiers derbies de l'ère professionnelle face au Sporting. Dans la mémoire de l'ancien défenseur, le souvenir de l'inauguration du Stade François-Coty surgit. Un 1er décembre 1968 pour un derby face au Sporting comme aucun supporter n'en verra plus. Ce jour-là, dans une enceinte bien plus petite que celle d'aujourd'hui, l'affluence fut bien supérieure à la capacité, dans une ambiance de feu. Si les pages d'histoire parlent de 14 000 spectateurs, Albert Vannucci va au-delà. "18 000 personnes, pour un beau derby.
Une autre évolution dénature un derby, une disposition devenue un réflexe de l'autorité préfectorale dès que l'événement footballistique promet l'effervescence : l'entrée du stade interdite aux supporters visiteurs. "Dommage, si on nous laissait descendre à Ajaccio, c'est nous qui aurions rempli le stade", confie Jean-Marie Maroselli, supporter du Sporting, invoquant une ferveur populaire bien supérieure côté bastiais. Mais voilà, l'autorité préfectorale opte désormais pour une solution qui n'est pas toujours comprise. "Une mesure de facilité de la part de ceux qui ne sont pas capables d'assurer l'ordre public, estime Didier Rey, professeur à l'Université de Corse et historien du sport. C'est une faiblesse française. En Allemagne et en Angleterre, ils ont su régler le problème pour éviter de prendre une telle décision." Cet après-midi, malgré l'estampille "guichet fermé" affiché par le club acéiste, l'absence de match en tribunes va sûrement ôter sa saveur au derby.
Commentateur emblématique des rencontres du Sporting sur l'antenne de RCFM, Jean Pruneta avoue que l'approche d'un derby lui procure un curieux sentiment, malgré la promptitude de notre confrère à s'enflammer au micro. "Je vis plutôt mal le fait de voir des Corses s'insulter dans un stade. On peut admettre la rivalité, la macagna, la passion, mais il y a des limites qu'il ne faut pas dépasser.