Depuis le début de la saison, l’équipe de France de rugby attire plus de téléspectateurs que celle de football. Faut-il y voir un changement dans la popularité des deux disciplines ? Si les audiences penchent en faveur du XV de France, le contexte et le calendrier expliquent en partie cette tendance. L’équipe de France de Fabien Galthié est-elle plus populaire que celle de Didier Deschamps ? En tout cas, les Bleus du rugby ont attiré plus de téléspectateurs que ceux du football depuis le début de la saison.
Les partenaires d'Antoine Dupont rassemblent plus de téléspectateurs que ceux de Kylian Mbappé. Depuis le début de la saison, l'équipe de France de foot souffre de la comparaison avec celle de rugby en termes d'audiences télévisées. Les matches des joueurs de Fabien Galthié sont bien plus suivis que ceux de la sélection de Didier Deschamps.
En conférence de presse avant France-Croatie en Ligue des nations, Didier Deschamps a été interrogé sur l'audience TV des Bleus en retrait par rapport à celle du XV de France. En conférence de presse à la veille de France-Croatie en Ligue des nations, Didier Deschamps a semblé en premier lieu ne pas vouloir répondre à une question portant sur l'audience TV des Bleus.
Interrogé en conférence de presse avant le match retour de la Ligue des Nations face à la Croatie (défaite 2-0 à l’aller), Didier Deschamps ne voit pas la balle ovale comme un possible concurrent, bien au contraire : "Je ne suis pas là pour expliquer, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Vous pouvez faire les débats que vous voulez. Je ne vais pas rentrer là-dedans. Je n’ai pas à comparer avec le rugby, même-moi j’ai regardé le XV de France.
Audiences, comparaison avec le rugby : l’image du foot a-t-elle déjà été aussi dégradée ?
Les Chiffres Clés de l'Audience
Pour Croatie-France du 20 mars, Médiamétrie a dénombré 5 millions de téléspectateurs devant TF1. Ce qui est beaucoup moins que les 9,5 millions de téléspectateurs rassemblés devant France 2 le 15 mars pour France-Écosse au Tournoi des Six Nations. Dans les faits, le dernier match de l’équipe de France de football a réuni 5 millions de téléspectateurs sur TF1, d’après les chiffres de Médiamétrie. Ils étaient plus de 9 millions quelques jours plus tôt sur France 2 pour le dernier match de la bande à Alldritt face à l’Écosse.
La victoire des hommes de Didier Deschamps en Italie pour le compte de la dernière journée de la phase de poules de la Ligue des nations a rassemblé 5,14 millions de téléspectateurs, soit plus de 2 millions de moins que le France-Nouvelle-Zélande en rugby la veille, déjà sur TF1. Alors que la courte victoire d'Antoine Dupont et ses coéquipiers face aux All Blacks (30-29), samedi soir au Stade de France dans le cadre de la tournée d'automne, a réuni une audience record pour un test-match, avec 7,27 millions de téléspectateurs sur TF1 (37,9% du public), et un pic d'audience à 8,3 millions de téléspectateurs, la belle victoire des hommes de Didier Deschamps en Italie (3-1), le lendemain à Milan en clôture de la phase de poules de la Ligue des nations, a fait beaucoup moins bien.
Ce succès des Bleus, qui en profitent pour s'emparer de la première place du groupe 2 au détriment de leurs hôtes, a rassemblé plus de deux millions de téléspectateurs en moins que le rugby, puisqu'ils étaient 5,14 millions à regarder la première chaîne, soit 24,8% du public selon Médiamétrie. Trois jours plus tôt, le triste match nul contre Israël au Stade de France (0-0), dans un contexte très particulier, avait fait encore moins bien, avec moins de 5 millions de téléspectateurs en moyenne (4,95 millions, soit 24,7% du public).
Diffusée sur TF1 jeudi soir, la large victoire de la France contre l'Ukraine (4-0), synonyme de qualification pour la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, Mexique et Canda, a attiré 5,12 millions de personnes. Une qualification pour la Coupe du monde 2026 (11 juin au 19 juillet, aux États-Unis, Mexique et Canada) et une bonne audience pour les Bleus. Diffusé sur TF1 jeudi soir, le match France-Ukraine (4-0) a rassemblé en moyenne 5 119 000 téléspectateurs, soit 27 % de part d'audience, selon Médiamétrie.
Lors de son déplacement en Islande (2-2) le 13 octobre, l'équipe de France avait réuni 4,67 millions de téléspectateurs, soit 23,8 % de parts de marché, sur TF1. Ce dimanche, la chaîne retransmettra Azerbaïdjan-France à 18 heures.
Plus de 4,7 millions de personnes ont regardé Azerbaïdjan-France (1-3) à la télévision, dimanche 16 novembre, en direct sur TF1. Le match entre la France et l'Azerbaïdjan, dimanche soir à Bakou, le dernier des Bleus dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 (phase finale du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique), a été suivi par 4,747 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience de 29 % selon Médiamétrie. La rencontre, remportée 3 à 1 par les joueurs de Didier Deschamps, était retransmise en direct sur TF1.
Les audiences de la saison:
- Ukraine-France (5 septembre 2025): 4,75 millions de téléspectateurs (28 % de part de marché)
- France-Islande (9 septembre 2025) : 5,45 millions de téléspectateurs (29,9 % de part de marché)
- France-Azerbaïdjan (10 octobre 2025) : 4,76 millions de téléspectateurs (25,4 % de part de marché)
- Islande-France (13 octobre 2025) : 4,67 millions de téléspectateurs (23,8 % de part de marché)
- France-Ukraine (13 novembre 2025) : 5,12 millions de téléspectateurs (27 % de part de marché)
- Azerbaïdjan-France (16 novembre 2025) : 4,74 millions de téléspectateurs (29 % de part de marché)
En octobre, le match aller contre Israël n'avait ainsi rassemblé que 3,98 millions de téléspectateurs, soit la plus faible audience de l'équipe de France depuis juin 2019. Cela reste toujours mieux que le mois dernier.

Facteurs Influant sur l'Audience
Si les audiences penchent en faveur du XV de France, le contexte et le calendrier expliquent en partie cette tendance. Manque de spectacle, calendrier surchargé, stars moins populaires que par le passé : les audiences moins bonnes de l’équipe de France de football peuvent s’expliquer par tout un tas de raisons. Il faut aussi noter que le rugby est en pleine expansion avec un XV de France qui gagne, une génération attachante et une Coupe du monde en France en 2023 qui fut un succès populaire.
Didier Deschamps a tenu à souligner que ses Bleus faisaient le plein en présentiel. "Demain, il y a 80.000 personnes. Dites-moi quelle équipe nationale joue devant 80.000 personnes? Voilà. Mais chacun est libre de regarder ou pas. Des matchs peuvent intéresser moins que d'autres. On sort de Ligue des champions, etc. Si vous voulez parler de désamour, libre à vous. La réponse est là avec le stade, complet depuis un moment. Ceux qui seront là vont pousser à fond derrière", a-t-il affirmé.
Le sélectionneur, Didier Deschamps, à qui la qualité du jeu de son équipe a été reproché, n’a, de son côté, rien fait pour inciter le public à suivre les Bleus. Il n’a d’ailleurs pas hésité à suggérer aux supporters français à changer de chaîne s’ils n’aimaient pas ce qu’ils voient.
Comparaison avec le Rugby
Depuis le début de la saison, le XV de France fait en moyenne 6,9 millions de téléspectateurs. Pour l'équipe de France de football, c'est 4,8 millions. Depuis le début de la saison, la moyenne globale des matches de l'équipe de France de rugby atteint exactement 6,9 millions de téléspectateurs.
Certes, le quinze de France jouait ce soir-là sa victoire finale dans le Tournoi, mais l'audience moyenne de ses cinq sorties dans la compétition se situe à 7,3 millions de téléspectateurs sur France 2. Et en se focalisant sur les rencontres programmées en fin d'après-midi et en prime time, elle atteint même 8,1 millions. Il faut aussi prendre en compte l'audience de sa tournée d'automne, avec une moyenne de 6,2 millions de téléspectateurs sur TF1, dont 7,3 millions pour le choc des Bleus face à la Nouvelle-Zélande (30-29) le 16 novembre.

Les Enjeux pour les Chaînes de Télévision
L’Observatoire des médias de la Fondation lance une nouvelle série, « Le chiffre de la semaine » : de manière hebdomadaire, Fabrice Février analyse une audience, un volume d’abonnements, un montant d’investissement, un taux de confiance, un temps d’écran, etc. Le score de 25% de part d’audience - la meilleure de l’année pour France 2 -, enregistrée le dimanche 22 février 2026, doit beaucoup au sport. Selon Médiamétrie, 4,7 millions de téléspectateurs (26,4% de part d’audience) ont regardé la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver ; 7,5 millions (53,1%) le match de rugby du Tournoi des six nations France-Italie, diffusé le même jour. Durant les Jeux de Milano-Cortina, France 2 a même enchaîné trois semaines en tête des audiences, devant TF1. Une performance symbolique (4 à 5 points de parts de marché en plus que sa moyenne habituelle), même si l’écart est resté ténu. En effet, dans le même temps, TF1 profitait de la cession de certains matchs du Tournoi des six nations par France Télévisions, contrainte à des arbitrages budgétaires. Le sport est un moteur d’audience, mais aussi un centre de coûts.
La tendance de fond est désormais bien installée : les grands événements sportifs constituent l’un des derniers espaces de rassemblement de masse pour la télévision linéaire. Le constat est sans appel : dans un univers dominé par la consommation à la demande, les séries en streaming et les réseaux sociaux, le direct sportif demeure un événement incroyablement rassembleur. Il échappe largement à la logique de fragmentation. On ne « binge-watche » pas une finale de Grand Chelem. Pour les chaînes historiques, le sport est devenu un actif vital. La durée d’écoute de la télévision linéaire s’érode année après année, en particulier chez les jeunes publics. Le direct sportif, lui, résiste. Mieux : il attire un public plus jeune que la moyenne des programmes traditionnels. Il crée de la conversation sociale, alimente les réseaux, génère des extraits viraux. Dans cette bataille de l’attention, le sport est l’un des derniers contenus à ne pas subir pleinement la concurrence des plateformes. Les séries, les divertissements, le cinéma ont migré vers Netflix, Prime Video ou Disney+.
Reste un paradoxe. Plus le sport apparaît indispensable à la télévision linéaire, plus son coût pèse lourd dans des budgets contraints. Plus il est stratégique, plus il est convoité par des acteurs disposant de moyens financiers supérieurs. Le chiffre de 25% enregistré par France 2 ce 22 février 2026 n’est pas donc qu’une performance isolée. Il raconte la place singulière du sport dans l’écosystème médiatique contemporain. Il souligne que la télévision généraliste, souvent dite déclinante, peut encore rassembler massivement. Le sport apparaît comme le dernier bastion de la télévision de masse. Un bastion coûteux, disputé, incertain. Mais un bastion décisif.