La fanfare est un ensemble de plusieurs musiciens, jouant principalement des cuivres et se donnant le temps avec un tambour (d’où l’appellation de brass band, qui prend justement origine des cuivres). Souvent, on se réfère à la fanfare comme à un grand ensemble de cuivres (trompette, soubassophone, tuba, saxhorn, hélicon, sousaphone etc.).
Si on y rajoute des bois, notamment le saxophone, la fanfare prend l’appellation de « orchestre d’harmonie », « harmonie-fanfare ». En Suisse, spécialement en milieu rural où il est plus difficile de rassembler de nombreux musiciens de fanfare capables de jouer tous du même instrument, l’harmonie-fanfare devient mixte: cuivres, clairons, cors de chasse, tambours, fifres etc.
Tantôt sur place, tantôt en marchant, cet ensemble de musiciens exécute des airs populaires, traditionnels ou adaptés à un défilé militaire. Pour des occasions plus traditionnelles et d’origine plus ancienne, comme la vénerie (chasse à courre, à cor et à cri), seules les trompes de chasse étaient et sont, encore à ce jour, employées.
Dans la plupart des cas, la coutume de faire jouer une fanfare se rattache au passé et à nos racines. En effet, la fanfare a une origine très ancienne et nait justement de l’évolution et du croisement des anciens cors ou cornes de guerre, appelant les guerriers au combat, avec les différents instruments que dans l’antiquité, les artistes jouaient pour le plaisir des seigneurs.
Habituellement utilisés seuls, en guise de signal, d’appel au rassemblement ou pour donner l’alerte, les cors de chasse et les cuivres de l’époque préromaine et romaine, modifiés, ont conflué dans des grands ou petits ensembles musicaux, probablement après la chute de l’Empire Romain d’Occident.
La fanfare la plus ancienne d’Italie s’exhibant encore de nos jours est la Società Filarmonica Guido Moretti 1518. Elle a siège sur la Riviera Italienne dans la petite ville de Pietra Ligure, provence de Savone. Un acte notarial rédigé par Gerolamo Basadonne de Pietra Ligure témoigne de la fondation de la chapelle musicale de la paroisse en date du 8 juillet 1518 par le feu curé, père Nicolò Nano.
Au Royaume Uni, en Hongrie et dans bien de pays on employait une fanfare lors des cérémonies officielles, parfois même pour le couronnement et l’intronisation du roi. Dans la tradition anglo-saxonne, les fanfares avaient par rôle la direction et la gestion des troupes sur le champ de bataille.
Bien évidemment, les origines de la fanfare n’expliquent pas à elles seul son succès au fil des siècles et auprès de peuples et nations très différents entre eux. Il est peut-être plus intelligent de chercher les raisons de son affirmation dans sa fonction sociale.
En effet, la fanfare a un rôle de célébration et de fête, d’accompagnement des manifestations publiques liées au folklore populaire ou bien aux célébrations officielles. La capacité de la fanfare de mettre l’ambiance, quand c’est l’heure de faire la fête et de souligner un moment solennel, quand il le faut, est un acquis sans l’ombre d’un doute auprès de bonne partie des populations de la planète. Tous les ensembles musicaux ne peuvent énumérer dans la liste de leurs atouts une telle qualité.
L’harmonie-fanfare et l’orchestre déambulatoire ont des racines populaires et donc des origines très humbles, ou bien elles ont des références militaires et autant sans prétentions. En ce qui concerne leurs éléments, parfois il s’agit de musiciens amateurs. Pourtant, le musicien fanfare est très souvent un grand professionnel de l’exécution musicale collective et il montre un esprit d’équipe à toute épreuve.
Une particularité du concept de fanfare est à remarquer en Italie: à différence d’autres nations, la définition de fanfara (en italien, fanfare) désigne un ensemble de cuivres, sans l’ajout d’aucun autre instrument. S’il y en a d’autres (saxophone, caisse claire, grosse caisse, cymbale, ainsi de suite), l’ensemble est alors appelé banda sinfonica, plus couramment dite banda da concerto ou banda musicale; on pourrait traduire cela par harmonie-fanfare.
Une des plus célèbres fanfares d’Italie est la Fanfara dei Bersaglieri. Elle est entièrement composée de cuivres, qui sont joués par les soldats Bersaglieri pendant une parade militaire très spécifique: dans le cas des Bersaglieri, les militaires ne marchent pas, mais ils courent. Courir et jouer au même temps constitue une prouesse physique, sportive et artistique de haut volet et sert aussi à remémorer aux spectateurs un des moments les plus héroïques de l’histoire du corps.
En fait, le 20 septembre 1870 les Bersaglieri ont ouvert une brèche dans les murs de Rome à Porta Pia et ont pénétrés à pas de course dans l’enceinte de la Ville Pontife. En outre, encore de nos jours, les bande sinfoniche italiennes se produisent en jouant souvent des airs créés par les plus grands compositeurs du répertoire classique.
Les fanfares représentent dans la façon la plus pure et honnête l’attachement des Français à leur terroir et à l’histoire de leurs villages. Un renvoi aux aïeuls, un rappel des racines populaires en musique tout simple et direct, qui n’a point besoin de leçons universitaires, de conférences ténues par de grands savants ou de tomes épais et barbants en explication.
Certaines grandes écoles ou écoles d’ingénieurs ont leur propre fanfare ou harmonie-fanfare, qui est censée jouer pendant les tournois sportifs, les soirées et tous événements se rattachant à la vie de l’établissement représenté. De nombreuses fanfares et harmonie-fanfares amateurs existent à ce jour dans l’Hexagone. Malheureusement, l’initiative de les recenser et les répertorier toutes, ou bien encore mieux de les rassembler toutes dans une fédération nationale, n’a pas encore été lancée.
Le phénomène de la fanfare, du marching band, de l’orchestre déambulatoire et autres ensembles de musiciens a engendré tellement d’engouement populaire qu’une grande quantité de concours a fleuri un peu de partout en France et en Europe. Célèbre est le Festival International des Fanfares des Beaux-Arts qui se tient à Paris et rassemble beaucoup de jeunes. Il faut rappeler aussi le Concours Européen Pour Harmonies-Fanfares-Brass Bands qui se tient au Luxembourg.
Les Pays-Bas sont également très engagés dans la promotion de la fanfare, du marching band, brass band et de l’orchestre déambulatoire, surtout à cause de leur tradition de pays parrainant de nombreux compositeurs de musique pour bande, à travers notamment l’édition des partitions.
Quand l’ensemble de musiciens reste sur place pendant l’exécution musicale, il prend le nom de fanfare proprement dite; quand il est censé se déplacer en jouant et surtout quand il parade, il est défini marching band ou orchestre déambulatoire.
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La marching band a pour caractéristique principale de se produire à l’extérieur, dans le cadre de manifestations sportives et a pour but d’offrir des bons moments au public lors de rassemblements et ou d’une fête de la ville. La marching band est composée, dans la plupart des cas, de cuivres, bois et caisse. Le musicien fanfare (en fait, tout l’ensemble de musiciens fanfare) parade en uniforme.
Parfois, il y a des éléments qui ne jouent pas d’un instrument, mais qui encadrent ou précèdent la marching band arborant des bâtons de cérémonie, des képis, des plumes au chapeau ou des symboles. Ils sont appelés color guard. Très souvent, la présence de la dance line est aussi prévue. Celle-ci se compose de personnages en uniforme se produisant en danses et prouesses avec le bâton (le lancent, le font tourner, le passent d’une main à l’autre): les très populaires majorettes.
C’est de tradition aux Etats-Unis que pratiquement chaque college et high school ait sa propre marching band. Nombreuses Universités Américaines avaient leur marching band déjà au XIXème siècle. Au XXème siècle s’est affirmée la coutume de les faire jouer avant les matchs de football américain et entre les temps du match.
N’oublions pas que le musicien fanfare est l’élément de base de la marching band, tout comme pour la fanfare, harmonie-fanfare et brass band. Cela signifie que les musiciens fanfare sont confrontés à une difficulté ultérieure au devoir de jouer en tenant le temps ensemble, difficulté qui se rajoute au fait qu’ils doivent jouer en plein-air, dans des conditions météorologiques et d’acoustique pas idéales.
Cette difficulté est, comme on peut aisément comprendre, l’exécution d’airs et de musique pendant la marche. Le problème a été résolu en choisissant un style de marche très fluide dénommé roll step, préféré au plus traditionnel high step militaire parce qu’il permet au musicien fanfare de marcher tout en gardant le torse stable, presque immobile. L’artiste pourra ainsi dédier la partie supérieure de son corps uniquement à l’exécution musicale.
Concernant les marching bands de l’armée et de la police, il est important de remarquer qu’elles marchent en formation et resserrent leurs rangs ou changent de direction en obéissant aux ordres d’un chef de file.
Au cours des compétitions, les marching bands sont jugées sur la base de la qualité de la performance musicale de tous les instruments séparément (cuivres, trompette, soubassophone, tuba, saxophone, caisse claire, grosse caisse, cymbale) et sur l’exécution d’ensemble, comme toutes les autres fanfares et harmonie-fanfares. Par contre, elles sont aussi évaluées pour l’aspect visuel, le coup d’œil offert à l’observateur et la capacité d’impressionner les spectateurs avec les effets de chorégraphie des musiciens fanfare et des auxiliaires (color guard et dance line).
En France, l’orchestre déambulatoire est spécialement appréciée pour égailler une parade de rue. Dans le sud, notamment à Nice lors du Carnaval, le Corso fleuri se métamorphose en lieu de liesse et fête de la ville. Le Corso fleuri, ses chars et sa Reine du Carnaval sont un véritable bonheur pour les yeux, mais grâce aux brass bands et aux musiciens-fanfare du Carnaval, ils sont aussi devenus un plaisir de l’ouïe.
Dans le monde, il est également très courant de voir une brass band, une harmonie-fanfare ou un orchestre déambulatoire jouer pour accompagner la parade de rue du carnaval. Pour le défilé de la Saint Nicolas, il y a une série de personnages qui accompagnent le traineau de Saint Nicolas (ancêtre de l’actuel Père Noël). Au même temps, un orchestre déambulatoire joue des airs traditionnels rappelant Noël.
Mijas dans le sud de l’Andalousie, dans la province de Malaga en Espagne: glorification et célébrations religieuses pour la vierge de la Péna, patronne de la ville (acclamations, fanfare communale, défilé de jeunes gens et jeunes filles en costumes traditionnels).
La fanfare dans le football américain universitaire
Le football américain universitaire aux États-Unis ne se résume pas simplement à un sport. Il s’agit d’un phénomène culturel, d’un véritable rituel social qui fédère des millions de supporters à travers le pays. Chaque saison, des stades immenses se remplissent d’étudiants, d’anciens diplômés, de familles et de passionnés venus assister à ces confrontations qui dépassent le cadre purement sportif. En effet, les matchs de football universitaire incarnent l’identité des campus, la fierté régionale et une atmosphère festive sans équivalent.
Né à la fin du XIXe siècle, le football américain sur les campus universitaires fait désormais partie de l’ADN culturel des États-Unis. Chaque université de renom possède son équipe, souvent appelée par un surnom emblématique (les “Crimson Tide » de l’Université d’Alabama, les “Fighting Irish” de Notre Dame, ou encore les “Wolverines” du Michigan).
Les matchs se déroulent généralement le samedi, moment devenu sacré pour les étudiants et supporters. Les familles organisent des « tailgates » avant les rencontres : véritables rassemblements festifs sur les parkings des stades, où l’on grille des viandes et échange entre camarades de promotion. La couverture médiatique est massive. Les grandes chaînes de télévision américaines diffusent chaque semaine plusieurs matchs universitaires.
Au-delà de la passion sportive, le football universitaire est aussi un levier économique colossal. Les sponsors, les droits télévisés et les ventes de produits dérivés génèrent des revenus considérables pour les universités et les États.
Quelques stades emblématiques du football américain universitaire
Michigan Stadium (Université du Michigan): Surnommé « The Big House », ce stade est tout simplement le plus grand des États-Unis, avec une capacité dépassant les 107 000 spectateurs. L’ambiance y est électrique, notamment lors des rivalités historiques contre Ohio State. Le public entonne des chants de soutien reprenant le nom des Wolverines et accompagne chaque action d’ovations impressionnantes.
Bryant-Denny Stadium (Université d’Alabama): Fief de l’Université d’Alabama, ce stade de 100 000 places est le théâtre des exploits du Crimson Tide. La ferveur de la fan base y est particulièrement marquée, avec des chants rythmés et des danses dans les tribunes qui ponctuent chaque touchdown.
Ohio Stadium (Université d’État de l’Ohio): Également surnommé « The Horseshoe » en raison de sa forme caractéristique, le stade de l’Université d’État de l’Ohio accueille plus de 102 000 spectateurs. Ce lieu culte est réputé pour son ambiance légendaire, notamment lors de l’entrée en scène de la fanfare universitaire, où le public acclame en rythme une chorégraphie musicale impressionnante.
Rose Bowl (Californie): Plus qu’un simple stade, le Rose Bowl est un symbole, souvent hôte de la prestigieuse rencontre post-saison, le « Rose Bowl Game ». Avec près de 92 000 places, cette arène mythique associe tradition et modernité. Les supporters y vibrent au son de leurs chants distinctifs, accompagnés de chorégraphies orchestrées par les cheerleaders.
Notre Dame Stadium (Université de Notre Dame): Considéré comme l’un des temples du football universitaire, le stade de Notre Dame respire la tradition. Les « Fighting Irish » bénéficient d’un soutien sans limite de leurs fans, qui reprennent en choeur leurs chants historiques et participent à des danses qui célèbrent l’identité irlandaise du programme.
En effet, les performances sportives durant les matchs ne composent pas le seul spectacle. Les chants interprétés par les supporters, les chorégraphies des cheerleaders et les performances des fanfares rythment chaque rencontre. Chaque université possède un « fight song », une chanson officielle qui symbolise la combativité et l’esprit de l’équipe. Les danses quant à elles sont portées par les cheerleaders et les sections de danse universitaires. Elles combinent acrobaties, coordination et participation active du public. C’est la dimension festive qui fait du football universitaire bien plus qu’un sport : une véritable expérience communautaire et culturelle.
Chaque match universitaire dépasse le simple cadre du campus : il représente une région, un État, une histoire. Les alumni, anciens étudiants, reviennent régulièrement soutenir leur institution.
Contrairement à ce que certains pensent, la qualité du jeu est impressionnante. De nombreux joueurs universitaires deviendront des athlètes professionnels en NFL.
Pour les passionnés qui souhaitent prévoir leur voyage, il est essentiel de connaître le calendrier. La saison régulière de football universitaire se déroule généralement de la fin août à début décembre. Ensuite, vient la période des bowl games, entre mi-décembre et le jour de l’An, qui opposent les meilleures équipes dans des affiches de prestige. Le point culminant est le College Football Playoff National Championship, en janvier, qui détermine le champion national.
Pour peu qu'ils soient placés un peu en hauteur dans les tribunes, les spectateurs de l'équipe de football universitaire d'Ohio State sont souvent gâtés à la mi-temps des rencontres de leur équipe favorite. La fanfare locale est en effet connue pour faire des shows uniques sous la forme de chorégraphies originales dédiées à chaque fois à un thème différent.
Voici un tableau récapitulatif des stades mentionnés :| Stade | Université | Surnom | Capacité |
|---|---|---|---|
| Michigan Stadium | Université du Michigan | The Big House | + de 107 000 |
| Bryant-Denny Stadium | Université d’Alabama | 100 000 | |
| Ohio Stadium | Université d’État de l’Ohio | The Horseshoe | + de 102 000 |
| Rose Bowl | Californie | 92 000 | |
| Notre Dame Stadium | Université de Notre Dame |
L'incident de la fanfare lors du Big Game de 1982
Le 20 novembre 1982, lors du Big Game opposant Stanford à Cal, un incident impliquant la fanfare de Stanford est entré dans l'histoire du football américain universitaire. Alors que Stanford menait 20-19 avec seulement quatre secondes à jouer, les joueurs et la fanfare de Stanford ont prématurément célébré la victoire. Cal a réussi une série de passes latérales désespérées, et Kevin Moen de Cal a marqué un touchdown en traversant la fanfare de Stanford qui était entrée sur le terrain. Ce jeu, connu sous le nom de "The Play", est l'une des actions les plus controversées et mémorables de l'histoire du football universitaire.

Kevin Moen traversant la fanfare lors de "The Play"
Au micro, Joe Starkey est presque en transe. Le script de son commentaire, frénétique et habité, est devenu si marquant qu'il a été retranscrit en intégralité dans les journaux quelques jours plus tard et, depuis, dans bien des livres et sur le web. Une pure folie, en deux temps : l'action en elle-même, puis l'annonce des arbitres puisqu'il faudra un conciliabule de plusieurs secondes avant que le touchdown ne soit officiellement validé.
Le moment le plus fameux se produit quand Starkey, hurlant, réalise que les musiciens sont sur le terrain. Moen a alors le ballon en main et s'apprête à marquer : "Oh, la fanfare est sur le terrain ! Il va aller dans la endzone. Il est dans la endzone !" ("Oh the band is out on the field ! He's gonna go in the endzone ! He got into the endzone").
Plus tard, lorsque l'arbitre, Charles Moffett, lève les bras pour signifier le touchdown et la victoire de Cal, Joe Starkey perd complètement sa voix :