L'Audience de DAZN, le Piratage et les Chiffres Clés du Match Le Havre-PSG

La Ligue 1 a fait son retour avec une grande question pour les supporters : comment regarder les matchs sans se ruiner ?

Nouveau diffuseur de la Ligue 1, la plateforme DAZN est confrontée à l’explosion du piratage sur internet, ce qui n’est pas sans conséquence, à terme, pour l’économie du football français.

C’était soir de première au stade Océane du Havre. Première journée de Ligue 1, premier match officiel sans Kylian Mbappé pour le PSG, et première de DAZN en tant que diffuseur du championnat. Forcément, les débuts de celui qui est présenté comme le Netflix du sport allaient être scrutés à la loupe pour ceux qui ont bien voulu s’aligner sur les 29,99 euros mensuels (avec engagement d’un an ou 39,99 euros mensuels sans engagement).

Il n’y a pas eu de fausse note, malgré quelques frayeurs comme la suspension de son compte sur X quelques heures avant le coup d’envoi de Le Havre-PSG. L’épisode a finalement duré moins d’une heure.

Il était 20h05 quand l’écran de DAZN s’est allumé vendredi soir. Depuis le rond central du stade Océane, Smaïl Bouabdellah et Paul de Saint-Sernin souhaitent la bienvenue aux abonnés de la plate-forme, celle qui diffusera cette saison les neuf rencontres de chaque journée de Ligue 1 (huit en direct et une en différé).

Principal diffuseur de la Ligue 1 cette saison et engagé dans une opération séduction pour attirer des fidèles, DAZN a posé ses caméras au stade Océane, vendredi 16 août, pour la victoire du PSG en terre havraise (1-4), en ouverture de la saison. Il était 20 h 05, quarante minutes avant le début de la rencontre entre Havrais et Parisiens, quand DAZN a donné le coup d’envoi de sa saison.

Après une séquence mobilisant toutes les têtes d’affiche de la chaîne pour nous apprendre à prononcer « DAZN » (spoil : Da-Zone), il était temps que le terrain parle. Un but du PSG, la voix de Julien Brun : il fallait finalement jeter un œil en haut à droite de l’écran, sur le logo de DAZN, pour se souvenir d’un changement. Et c’est finalement sur les réseaux que la principale (r) évolution s’est fait sentir, à la faveur d’une publication rapide des buts, là où il fallait précédemment attendre le lundi pour qu’ils soient mis en avant sur les réseaux.

Fort de ses huit matches sur neuf par journée, la plateforme britannique pourra s’appuyer sur la diffusion régulière et réactive des buts sur ses réseaux pour s’offrir une vitrine de choix. Il en faudra sans doute plus pour atteindre le million et demi d’abonnés, mais si DAZN souhaite avancer vent dans le dos, la plateforme devra se concentrer sur le football, et moins sur les facéties de ses intervenants.

En proposant des tarifs allant de 14,99 euros par mois pour une rencontre par journée (pas au choix) à 39,99 euros mensuels sans engagement pour les huit matchs de chaque journée de Ligue 1, la plate-forme anglaise s’est attiré les foudres des supporters français, furieux de devoir dépenser autant pour suivre leur équipe favorite.

Pour contrer cela, le #BoycottDAZN a vu le jour sur X, plusieurs comptes spécialisés invitant les internautes à se réfugier sur leur chaîne Telegram pour suivre la saison. Ces derniers jours, les personnes derrière ces comptes faisaient état de milliers d’abonnés supplémentaires, envieux de pouvoir regarder les rencontres sur la messagerie cryptée. Et si certains se refusaient depuis toujours de tomber dans l’illégalité, beaucoup ont franchi le pas pour la saison 2024-2025.

Ainsi, des milliers d’internautes se sont retrouvés sur Telegram vendredi soir.

Avant même le coup d’envoi, certaines chaînes regroupaient déjà plus de 45 000 viewers (téléspectateurs) en direct. Autant de personnes qui ont pu profiter de la rencontre gratuitement et illégalement, avec une qualité d’image correcte, mais un son légèrement décalé toutefois. En deuxième période, alors que le score était d’un partout entre Havrais et Parisiens, le nombre de téléspectateurs a même atteint les 90 000 sur certaines chaînes.

Additionnés à d’autres boucles Telegram, ils étaient entre 150 et 200 000 à regarder, en toute illégalité, la première rencontre de la saison de Ligue 1, sans compter les utilisateurs d’IPTV.

Et si certaines diffusions en direct sur Telegram ont pu être signalées, elles n’ont pas été coupées.

En effet, les dirigeants de Telegram « refusent de jouer le jeu de la modération rapide », comme nous le confiait dans nos colonnes Hervé Lemaire, patron de LeakID (groupe Forward), une PME spécialisée dans la protection des ayants droit comme la Premier League.

Une information que nous avait confirmée la Ligue professionnelle de football (LFP) : « Sur Telegram, toutes les diffusions illicites sont notifiées par notre prestataire antipiratage Athletia. Le problème à cet égard est que les délais de réponse de Telegram sont fluctuants (jusqu’à 24 heures) et sont incompatibles avec un retrait en temps utile de contenus diffusés en direct. »

Si cette chaîne Telegram a reçu plusieurs signalements, son canal n'a pas cessé d'émettre pour autant.

Ce dernier revendique d’ailleurs un pic à 80 000 viewers sur son canal. « Pour un simple match entre Le Havre et le PSG, c’est assez dingue. Je ne m’y attendais pas. Je n’ai jamais vu autant de gens se diriger vers le streaming. vendredi. amateurs de foot qui jugent le prix d'abonnement prohibitif.

Ce qui fait dire à Vincent Chaudel, le fondateur de l'Observatoire du sport business, qu'il va falloir trouver de nouveaux moyens de lutter contre le streaming illégal : "On peut dire que 'je veux empêcher le streaming illégal' et je vais menacer. Ce n'est pas parce qu'on le dit que l'on y arrive. Le meilleur préventif, c'est de faire en sorte que l'offre soit attractive. Je reviens sur l'exemple de la musique. Tant qu'il y avait des offres qui étaient onéreuses de façon trop importante, il y a eu du streaming illégal de la musique".

Et effectivement, depuis l'apparition des plateformes de streaming musical à bas prix, le piratage a beaucoup baissé dans la musique.

5 % des Français suivraient leurs équipes préférées de manière illégale, ce qui représente 2,5 millions de personnes, selon un sondage publié samedi par Odoxa. Cette pratique est encore plus répandue chez les moins de 35 ans (11 %). Si on rapporte ce chiffre à l'ensemble des téléspectateurs de football « payant », la part des téléspectateurs illégaux représente plus d'un téléspectateur sur cinq.

Ces tendances, déjà établies lors des saisons dernières, ont été accentuées par l'arrivée de DAZN en France. La diffusion de la Ligue 1 sur ce nouveau diffuseur ainsi que le prix des abonnements incitent 65 % des amateurs de football à suivre le Championnat de France depuis des plateformes de streaming ou d'IPTV, selon le sondeur.

Parmi les Français qui regardent du football à la télévision (48 %), seuls 15 % affirment qu'ils pourraient souscrire à l'une des offres DAZN. Cela représente un peu plus de 3,5 millions de personnes. Il faudrait donc que la moitié d'entre eux s'abonnent au diffuseur pour que le pari de la chaîne soit atteint avec 1,5 million d'abonnés...

Les Français prêts à payer 23 euros maximum par mois pour du foot.

54 % des sondés déclarent aussi que la diffusion du Championnat de France sur DAZN diminue leur intérêt pour la Ligue 1 et que la LFP a mal géré l'appel d'offres des droits télé pour 69 % d'entre eux. Ils sont aussi 74 % des amateurs de foot à comprendre le boycott de DAZN. Par conséquent, plus d'un tiers se met donc à suivre d'autres Championnats ou d'autres sports.

Si la part des pirates reste importante, les téléspectateurs abonnés à des chaînes payantes représentent la majorité du public. Au total, près d'un Français sur cinq est abonné à une chaîne payante (Canal+ ; DAZN, beIN, RMC Sport...). Ils sont même 6 % à détenir un abonnement à plusieurs diffuseurs différents.

Toutefois, les Français ne sont pas prêts à payer plus de 23 euros par mois pour regarder du football à la télévision. C'est moins que la plupart des offres disponibles en France.

Le deuxième week-end de Ligue 1 a permis de constater que le piratage massif de DAZN continuait. La chaîne ayant diffusé un match de l'OM, le phénomène s'est encore amplifié.

Le match Le Havre-PSG avait été suivi par plus d'un million de téléspectateurs illégaux, au moment où DAZN lançait son offre en Ligue 1. En réaction, la Ligue de Football Professionnel a demandé et obtenu de la chaine brésilienne qui avait acheté les droits de la L1 et donnait en plus les matchs en direct sur Youtube de cesser immédiatement en attendant qu'une solution technique soit trouvée pour empêcher cela.

Mais pour la deuxième journée de Championnat, outre le PSG-Montpellier de vendredi soir, pour la première fois DAZN avait un match de l'OM, à savoir le Marseille-Reims de dimanche au Vélodrome. Car d'autres comptes populaires, des chaînes Telegram et bien bien sûr des services d'IPTV diffusaient la rencontre vedette de dimanche soir, preuve que malgré les décisions de justice rien ne semble arrêter le rouleau compresseur du piratage.

Pour l'instant, DAZN reste totalement silencieux sur ce sujet, et ne communique aucune audience afin de ne pas envoyer des signaux possiblement négatifs, ce qui n'est pas nouveau puisque Prime Vidéo en faisait de même les saisons précédentes.

A noter que cette semaine, les clubs italiens de Serie A ont lancé une grande campagne sur les réseaux sociaux pour dénoncer le piratage avec comme thème : « Le piratage tue le football ».

En Italie, DAZN diffuse également le championnat, un championnat que l'on ne peut toujours pas suivre en France, même si des négociations sont en cours. Pour les fans français de Serie A, il n'y a qu'une solution...le piratage.

2,5 millions de Français regardent du football en streaming.

Les tarifs des abonnements du principal diffuseur, DAZN, sont exorbitants, minimum 29,99 euros par mois.

Ce vendredi, il est 20h05 quand DAZN commence à émettre. Les animateurs souhaitent la bienvenue aux abonnés. "Le meilleur préventif, c'est de faire en sorte que l'offre soit attractive".

On estime qu'ils étaient à peu près 150 à 200.000 sur la messagerie Telegram ou sur des boucles cryptées qui diffusent le match de manière pirate. Une multitude de canaux donc pour contourner le diffuseur légal.

Quand Telegram « refuse de jouer le jeu ».

Derrière un style résolument décontracté, la tension d’une première à forts enjeux. Le Havre, port d’attache.

Tableau récapitulatif des chiffres clés :

Chiffre Description
2.5 millions Nombre de Français regardant du football en streaming illégalement.
65% Pourcentage d'amateurs de football qui suivent le Championnat de France depuis des plateformes de streaming ou d'IPTV en raison de la diffusion de la Ligue 1 sur DAZN et du prix des abonnements.
15% Pourcentage des Français regardant le football à la télévision qui pourraient souscrire à DAZN.
23 euros Montant maximum que les Français sont prêts à payer par mois pour regarder du football à la télévision.
1 million Nombre de téléspectateurs illégaux devant Le Havre-PSG lors du lancement de DAZN en Ligue 1.
200,000 Nombre de personnes regardant illégalement le match Le Havre - PSG via Telegram.
39.99 euros Prix mensuel sans engagement pour regarder les huit matchs de chaque journée de Ligue 1 sur DAZN.

DAZN vs. IPTV : La Nouvelle Bataille pour Sauver la Ligue 1

tags: #audience #dazn #le #havre #psg