La finale de la Ligue des champions, qui s'est déroulée le mercredi 17 mai au Stade de France, a opposé le FC Barcelone, reconnu pour son jeu attrayant, à Arsenal, l'équipe londonienne transformée en forteresse en Ligue des champions.
Cette finale a tenu toutes ses promesses, offrant un spectacle mémorable aux spectateurs et aux fans de football à travers le monde. La victoire finale du Barça (2-1), douze années après le seul titre remporté par le club catalan dans la plus prestigieuse compétition européenne, est logique.

Un début de match intense
Dès la 2e minute, Thierry Henry, le capitaine d'Arsenal, s'est retrouvé face à Valdès, le portier barcelonais, qui a réussi à repousser en corner. Côté londonien, si la défense paraissait parfois maladroite, l'équipe jouait à plein son rôle d'outsider, et l'échappée de Thierry Henry, servi par Silva au quart d'heure de jeu, aurait pu faire mouche si le Français avait mieux ajusté sa passe en direction de son compatriote Pires.
Quelques instants plus tard, le match bascula quand Ronaldinho trouva l'intervalle pour glisser une passe en profondeur à Eto'o. Déséquilibré par le gardien Jens Lehmann devant la surface, le Camerounais s'effondra. L'arbitre préféra revenir à la faute et exclure le portier d'Arsenal - gardien titulaire de la sélection allemande. Décision arbitrale lourde de conséquences, qui privait Barcelone de son avantage au score - Ronaldinho ne parvenant pas à transformer le coup franc consécutif à la faute -, et qui contraignait Arsernal à faire entrer Almunia aux dépens d'un joueur de champ (Robert Pires), et à adopter un jeu résolument défensif dans un match où l'on rêvait de voir briller les attaques.
Arsenal prend l'avantage contre le cours du jeu
Malgré le déséquilibre numérique, Eboué, sur une nouvelle percée dans le couloir droit, venait provoquer les défenseurs adverses, parvenant à obtenir avec malice un coup franc bien placé sur la droite de la surface. Tiré par Henry, celui-ci trouva la tête de Sol Campbell, tout juste revenu de blessure. A contre-courant du jeu et de la logique, les Gunners rentraient au vestiaire en menant à la marque.

La domination barcelonaise en seconde période
Au retour sur le terrain, les Barcelonais réintégraient Iniesta, absent surprise du onze de départ, puis Larsson. Le déséquilibre numérique se faisait dès lors progressivement sentir, les Barcelonais monopolisant de plus en plus la balle, et s'installant devant les buts adverses.
C'est toute l'équipe d'Arsenal qui devait dès lors défendre, face aux passes inspirées de Ronaldinho et aux frappes à répétition d'Eto'o, habilement positionné côté gauche, et de Giuly, bien déterminé à faire regretter à Raymond Domenech sa non-sélection en équipe de France.
A un quart d'heure de la fin, Wenger faisait entrer Flamini à la place de Fabregas, décision qui semblait traduire une volonté du coach alsacien de miser sur plus de sécurité. Juste après, Henry (69e) voyait sa frappe puissante captée par le gardien de Barcelone. Des occasions manquées que les Londoniens ne tarderont pas à regretter.
Le Barça renverse la situation
Barcelona 2 x 1 Arsenal Ronaldinho x Henry ● UCL Final 2006 Extended Goals & Highlights HD
C'est pourtant à ce moment précis que Barcelone parvenait à revenir au score par Eto'o qui, servi par Larsson, trompait Almunia dans un trou de souris. D'un coup, Barcelone semblait retrouver, en même temps que sa confiance, son jeu, et, à peine revenue au score, l'équipe trouvait une nouvelle fois la faille dans la défense adverse, par Belletti (tout juste entré en jeu) sur un centre côté droit de Larsson.
Les Espagnols, menés au score juste avant la mi-temps alors qu'ils étaient en supériorité numérique après l'expulsion du gardien adverse, se sont finalement imposés grâce à des buts d'Eto'o et de Belletti. A bout de force et à court de temps, les Anglais ne parvenaient pas à relever la tête face à des Espagnols qui, dès lors, ne cédèrent plus rien de la maîtrise du jeu.
Grâce au "coaching" parfait de Frank Rijkaard, le Barça l'a donc finalement emporté. Entré à l'heure de jeu, le vétéran suédois Henrik Larsson a effectué deux passes décisives pour Samuel Eto'o (76e) puis Juliano Belletti (81e), ce dernier entré en jeu dix minutes auparavant.
Réactions d'après-match
"Je suis très frustré. Mon équipe n'a perdu qu'un match européen sur douze et a fait preuve de qualités morales et techniques extraordinaires. Je pense que le but d'Eto'o est entaché d'un hors-jeu et cela me met en colère...", a déclaré, après cette cruelle finale, Arsène Wenger.
Ludovic Giuly, lui, a retrouvé le sourire. Quelques heures après l'annonce de sa non-sélection au Mondial 2006, l'attaquant de poche français du Barça est sacré champion d'Europe. "Il y a deux ans, j'ai perdu une finale européenne avec Monaco et cela fait très mal. Ce soir, je suis un homme heureux", a-t-il lancé, son fils sur les épaules.
Quelques minutes plus tard, son coéquipier Samuel Eto'o, drapé dans un drapeau camerounais et tenant son enfant sur les genoux, résumait en une phrase les raisons d'un succès arraché avec panache : "Ce soir, nous avons joué avec le même état d'esprit que celui des joueurs de Liverpool en 2005 face à Milan. Nous y avons cru jusqu'au bout !"
Tableau récapitulatif des moments clés
| Minute | Événement |
|---|---|
| 2e | Thierry Henry face à Valdès, corner pour Arsenal |
| 18e | Expulsion de Jens Lehmann |
| 37e | But de Sol Campbell (Arsenal) |
| 76e | But de Samuel Eto'o (Barcelone), passe décisive de Larsson |
| 81e | But de Juliano Belletti (Barcelone), passe décisive de Larsson |