Grégoire Akcelrod: Du Rêve Falsifié de Joueur du PSG à Agent International Respecté

Footballeur, imposteur, supporter du PSG et maintenant agent de joueurs internationaux... Grégoire Akcelrod a eu 1 000 vies. Tout mordu de football qui se respecte a déjà entendu l'histoire de Grégoire Akcelrod, l'homme qui a "escroqué" le monde du football. Celui qui a fait des essais dans des clubs professionnels en se faisant passer pour un joueur du Paris Saint-Germain. Mais derrière la fable, peu de gens connaissent la genèse du parcours fou de ce passionné de foot.

L'histoire du dénommé Grégoire Akcelrod est digne d'un roman. Passionné de foot aux pieds carrés, le Français a fait preuve d'une résilience rare et d'une imagination débordante pour assouvir son rêve de devenir footballeur professionnel. Rencontre avec le plus grand escroc du football français.

"Pro à tout prix". Sorti aux éditions de l'Archipel, ce titre de l'autobiographie de Grégoire Akcelrod résume parfaitement le parcours de forceur du Français, aujourd'hui âgé de 38 ans. Un parcours unique à l'échelle du ballon rond, où un joueur sans aucun talent a usé de tous les stratagèmes possibles pour réaliser "son rêve de gosse", et arpenter les contrées les plus lointaines de la planète football : "Certains joueurs jouent pour gagner des millions. Moi c’était pour l’aventure, philosophe celui qui peut se targuer d'avoir un profil Transfermarkt. J’ai voyagé dans 19 pays sur 5 continents. Sydney FC, New York Red Bull, Norwich City, CSKA Sofia, la Chine… j’ai rencontré de super personnes et de nouvelles cultures… ça vaut tout l’or du monde."

C'est dans l'Yonne qu’il a commencé sa carrière de (vrai) footballeur, au FC Sens en catégorie de jeunes. Désormais loin des terres sénonaises, c’est depuis le métro barcelonais que Grégoire Akcelrod décroche son téléphone. À l’évocation du nom de sa ville d’origine, il semble esquisser un sourire. S’il est né à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), c’est bien dans l’Yonne que ce supporter du PSG a passé son enfance dans les années 90. "Sens, c’est ma vie", confie-t-il. "J’y ai passé quinze ans. C’est toute ma jeunesse, avec ma famille on est arrivé quand j’avais cinq ans."

"J’ai beaucoup aimé Sens, c’est une ville qui a énormément d’histoire. La cathédrale, Clovis... J’y suis retourné jusqu’à mes 22 ans, puis mes parents sont partis. J’ai toujours une bonne image de Sens, mais je n’y suis plus retourné.

Déjà fan de football, le jeune Grégoire fait ses premiers pas en chaussures à crampons sur les pelouses municipales. Notamment sur un terrain de Saint-Clément (Yonne) où il retrouve tous ses amis les dimanches matin. "Je jouais à l’école avec les copains et ils faisaient tous partie du FC Sens, qui était le club phare du coin. J’ai commencé le foot avec eux, mais moi j’étais dans l'une des pires équipes. J’ai joué jusqu’à mes dix ans, toujours dans l’équipe D."

Après avoir crié de joie pour les premiers buts, fêté et pleuré les premières victoires et défaites, et laissé sécher les croûtes sur les genoux après les premiers tacles... Le football était sur le point de changer radicalement pour Grégoire. Et de bouleverser sa vie par la même occasion.

Pour la première fois, son père est venu le voir jouer à un tournoi. L'équipe D de Sens vient de perdre 4-0. "J’avais été pire que nul", se souvient Grégoire Akcelrod. "Il est venu et il m’a dit "tu me fais honte, tu es trop nul, je ne veux plus jamais que tu rejoues au foot". C’est de là que tout est parti, quand j’ai entendu cela."

Moi au départ le foot c’était magnifique, c’était un plaisir de jouer avec mes copains. Je le voyais comme cela. Je ne voulais pas aller plus haut, être en équipe D ce n’était pas un problème pour moi.

En entendant les mots de son père, le jeune garçon est loin de vouloir abandonner son sport fétiche. Pire, il s'est fait une raison : il sera footballeur professionnel. "Malheureusement, tu ne peux pas m’empêcher de jouer au foot, de voir mes potes et de m’amuser", raconte Grégoire Akcelrod, toujours contrarié. "Même si j’avais fait du ping-pong et que mon père m’avait dit que j’étais trop nul, peut-être que j’aurais voulu être professionnel au ping-pong."

Un rêve passager d'enfant, nourri par le plus pur esprit de contradiction : voilà ce qu'aurait été cette idée folle dans l'esprit de la plupart des garçons de cet âge. D'ailleurs, quel jeune footballeur n'a jamais rêvé de faire carrière au Real Madrid après un triplé inscrit dans le derby départemental ? Mais dans la tête de Grégoire Akcelrod, la machine infernale est déjà lancée. Et elle va faire des dégâts.

"Mon père a fait Harvard, il voulait que je fasse comme lui avec des grandes études aux États-Unis", raconte-t-il. "Pour moi non, c’était fini. Dans ma tête c’était "je serai footballeur et je te montrerai que tu t’es trompé sur moi"." À ses 16 ans, Grégoire part en pensionnat à Bécon-les-Granits, à côté d’Angers. C'est au club du coin qu'il s'entraîne. S'il est encore bien loin du Stade de France, il n’a pas oublié son plan fou, aussi irréalisable soit-il.

"Je n’avais pas d’aptitude, je ne connaissais personne dans le milieu", se rappelle-t-il. "C’était l’impossible. Mais tout cela, c’était pour prouver à mon père qu’il s’était trompé sur moi. Aujourd’hui, avec le recul c’était n’importe quoi. Mais comment expliquer... Mais si à Sens les équipes s'arrêtaient à D, au PSG, on compte jusqu'à l'équipe 5. "Je jouais au PSG, mais en amateurs", sourit-il. "Mais j’avais une copine qui bossait à la boutique du PSG. Je vais là-bas et elle voit que j’ai le moral au plus bas.

Cette photo a déjà fait le tour du Monde. C'est avec elle que Grégoire Akcelrod s'est fait passer pour un joueur professionnel du PSG. À cette époque, ce sont les années 2000. Pas de visite guidée du Parc des Princes pour les touristes étrangers. Pas de visite du tout en fait, cela n'existait pas pour le grand public. "J’ai tout de suite tiqué", ricane Grégoire Akcelrod. Ensuite il fallait juste prendre une photo pour montrer que j’étais avec les pros. J’avais fait un faux site internet un week-end quand je n’avais rien à faire. En mettant des photos et des infos, le tour était joué. Cela m’a vachement aidé pour avoir des essais."

Grégoire Akcelrod avec le maillot du PSG.

Grâce à ce CV quelque peu enjolivé, le Sénonais d’origine va d’abord écumer l’Europe, puis le monde. Il envoie des candidatures pour faire des essais à tous les clubs. Les essais dans le foot, c'est un peu l'entretien d'embauche du sport. Les joueurs candidats doivent tenter de tirer leur épingle du jeu devant le staff et les recruteurs.

En tout, le Français réalisera des tests auprès de 23 clubs différents et dans plus de 19 pays. L'Angleterre, les États-Unis, l'Australie, l'Argentine, la Grèce, le Koweit, l'Indonésie, le Canada ou même la Chine par exemple.

Carte des clubs où Grégoire Akcelrod a effectué des essais ou a été licencié.

"Même moi c’était dur de me rappeler au bout d’un moment", avoue Grégoire Akcelrod en rigolant. Il m'est arrivé de tomber sur des faux agents qui te promettent un essai et te laissent sur le carreau. Aussi, quand je faisais un essai, je n’étais vraiment pas bien. J’étais très stressé, je n’arrivais pas à jouer. J’avais peur d’être découvert à tout moment. Mais finalement c'était souvent positif. Ils voulaient me faire une offre au CSKA Sofia par exemple."

Plus le temps passait, plus je m’améliorais parce que je m’entraînais plus. Dire que j’avais les capacités d’être professionnel, franchement non. Mais à la fin oui. Au Canada en pro, cela allait, j’étais au niveau. Dans ma vie j’étais vraiment focus, même les femmes cela ne comptait pas.

Grégoire Akcelrod était sur le point d'accomplir son rêve et de signer dans l'un des clubs les plus populaires de Bulgarie. Mais un supporter bulgare avait contacté des supporters du PSG afin de se renseigner sur ce nouveau joueur. Voyant la supercherie, le transfert avait capoté.

Loin d'être rancunier, le Français est presque reconnaissant de ce passage de sa vie : "Avec le recul, je dirais que c'est tant mieux pour moi. J’ai pu écrire un livre, j’ai fait beaucoup de médias et comme agent je suis au plus haut niveau."

Après des passages intéressants au Mississauga FC (Canada) et au Cf Amèrica (Andorre), Grégoire Akcelrod finit par tirer sa révérence de joueur en 2022. S'il s'est tenu éloigné du monde du football pendant un temps, c'est en tant qu'agent de joueur qu'il est maintenant épanoui.

Comme agent je suis très fort parce que j'ai rencontré de tout, y compris des gros agents. J'ai compris qu'il y a beaucoup de types véreux. C'est un vrai problème pour le foot car rien n'a changé.

Et son passé de filou du football lui a beaucoup servi, comme il l'admet lui-même : "Le fait d'avoir été médiatisé m'a ouvert beaucoup de portes. Il y a même des joueurs de Première Ligue anglaise qui m'envoient : "c'est extraordinaire ce que tu as fait, je veux que tu sois mon agent parce que tu es malin". Grégoire Akcelrod est aujourd'hui un agent international reconnu par la FIFA. En plus d'en avoir saisi les rouages, Grégoire Akcelrod a développé un flair pour le jeu.

"Au départ il n'y avait pas grand monde qui était intéressé par son profil", se rappelle-t-il. "Donc mon rôle d'agent, c'est d'essayer d'améliorer sa visibilité, son image et de l'aider à aller le plus haut possible. En tant qu'agent, Grégoire Akcelrod a réalisé le transfert de l'internationale française Kelly Gago à Everton en décembre. Aujourd'hui, Grégoire Akcelrod n'a plus de contact avec son père. Mais l'enfant de Sens n'oublie pas d'où il vient et souhaite à présent utiliser sa renommée et son parcours pour faire avancer le football.

Une première fin de "carrière" à... 11 ans"

"J’ai toujours adoré jouer au foot, nous confie Akcelrod, tranquillement installé sur sa terrasse. J’ai commencé à 5 ans. J’ai eu la chance de grandir dans un milieu aisé car ma grand-mère a partagé sa vie avec l’acteur Maurice Chevalier (star d'Hollywood oscarisée du début du XXème siècle, NDLR). Tout le monde parlait business, fortune… c’était chiant. Moi ce qui m’animait c’est aller dehors avec mon ballon et jouer dans mon jardin."

Rien ne prédestinait donc le natif de Saint-Germain-en-Laye a une carrière de footballeur, encore moins son talent balle au pied. Contre vents et marées, il rejoint pourtant un club dès son plus jeune âge : "J’ai commencé dans le club de Sens quand j’avais 5 ans. À 10 ans, ma mère a obligé mon père à venir me voir jouer un week-end. À l’époque je jouais avec l’équipe B des benjamins, se souvient-il, sourire en coin. J’étais trop content de jouer devant mon père, c’était comme une finale de coupe du monde."

"On perd 4-0 j’étais devant, j’ai pas existé. Et derrière mon père m’incendie : ‘T’es trop nul, t’es un gros fainéant, tu ne cours pas, je n’ai jamais vu ça. Je ne veux plus te voir sur un terrain de foot', se remémore-t-il en rigolant. Quand t’es jeune c’est un peu traumatisant car t’as pas du tout cet esprit de compétition."

"De base j’ai un pied carré et en plus on m’interdit de jouer au foot. Là, le rêve de devenir footballeur professionnel devient vraiment compliqué. "Grégoire Akcelrod

Un site inspiré de Ronaldo

À 11 ans, son rêve semble donc s'envoler prématurément. C'était sans compter sur l'ingéniosité du jeune Akcelrod. "Pendant cette période, je jouais en me cachant dans mon jardin puis je me suis amusé à créer un faux site internet en m’inspirant de celui de Ronaldo (le Brésilien, NDLR). Ça faisait vraiment pro, assure-t-il. Je ne jouais même pas en club c’était juste pour rigoler. Et deux ans après je me suis amusé à envoyer des CV à des clubs anglais. Pour montrer ma folie j’envoyais même des candidatures à Chelsea, Arsenal…"

La définition même de l'audace : "Ma chance à l’époque c’est que c’était le tout début d’internet et je me démarquais avec mon site de star mondiale. J'avais changé une Une de l'Équipe qui titrait 'Anelka à Arsenal' par 'Akcelrod à Arsenal'". Et le pire dans tout ça ? C'est que ça marche. "Finalement, j’ai eu un essai avec Swindon Town (Angleterre, NDLR) pendant deux jours, alors que je n’avais jamais joué sur grand terrain. Bon ça s’est mal passé parce que j’étais nul."

"Premier match je joue 15 minutes, je prends un ballon du gardien dans l’oreille tout le monde rigole dans le stade…" Grégoire Akcelrod

Peu importe, c'est une première victoire et la preuve qu'en faisant n'importe quoi, on peut devenir n'importe qui, comme le dit si bien Rémi Gaillard.

Le PSG comme rampe de lancement

Après des interludes en Belgique à l'US Givry et en première division galloise, Akcelrod a une illumination en allumant son téléviseur : "De retour du pays de Galles, je regarde France 3 région avec ma grand-mère et là je tombe sur un reportage qui informe que le PSG cherche des joueurs en amateur."

La licence FFF de Grégoire Akcelrod avec la section amateur du PSG.

Une aubaine pour le plus impertinent des joueurs français : "Lors du premier essai avec l’équipe 3 je me blesse à la cheville. Je reviens fin août mais on me recale direct. On dit le football pro, mais le football amateur est dur aussi. Au final l’entraîneur de l’équipe 3 demande à celui de l’équipe 5 s’il a besoin d’un joueur. Et finalement il me signe."

"Bon, l’équipe 5 du PSG, c’était le pire niveau en France, tout le monde s’en fout mais ça m’a permis d’alimenter mon site avec des photos et en parallèle j’enchaînais quand même les essais, nous précise-t-il avant d'évoquer son idée de génie : J’avais une copine qui bossait à la boutique du club et qui avait un pass pour faire une visite du Parc. Je l’ai floqué à mon nom et j’ai pris une photo."

La fameuse photo qui a lancé la carrière d'Akcelrod.

"Après je l’ai envoyé à mon frère et j’en ai profité pour l’envoyer à tous les agents et à tous les clubs". L'histoire est en marche.

L'apogée au CSKA Sofia

Grégoire Akcelrod n'est désormais plus un inconnu, et enchaîne les essais à travers le monde. "Après cet épisode PSG, je fais une escale en Argentine à Tigre où on ne me signe pas. Mais à la fin de l’essai un agent vient nous voir avec trois autres joueurs argentins et nous propose de jouer en Europe. Au début je ne suis pas chaud. Il nous dit la Bulgarie. Là je dis trop la galère. Et là il insiste en parlant de Ligue des Champions. Bingo je pars !"

Direction l'Autriche, pour rejoindre les joueurs du CSKA Sofia en pleine prépa physique : "Je rejoins les joueurs en pré-saison à Vienne, je vois des supporters déjà prêts à m’accueillir. Je me dis c’est quoi ce délire moi qui voulais quelque chose de confidentiel pour pas me faire griller, raconte-t-il. Je fais 3-4 jours d’essai, ça se passe bien, on me propose même un contrat de 3 ans à environ 15.000€/mois".

Malheureusement, la fraude fait rapidement surface :"Ils annoncent ma signature officielle sur le site du CSKA et le lendemain je devais signer mon contrat. Donc c’était fait ! Problème, un supporter s’est renseigné sur moi en allant sur les forums du PSG et m’a grillé.

"Un chien a brisé ma carrière en Chine"

Ce court chapitre bulgare n'est pourtant pas l'expérience la plus rocambolesque vécue par Grégoire Akcelrod : "Mon plus grand regret c’était en Chine. J’allais signer pour un club en D2 et là mon agent me propose une opportunité avec un club de D1, au Henan Songshan Longmen, et donc l’occasion d’affronter les Drogba, Anelka...", retrace le globe-trotter. "Donc je prends l’avion, je rencontre l’entraîneur, ça se passe bien. Là je mange à la cantine du club. Je commence à manger la viande et je la trouve très moelleuse. Je demande c’est quoi comme viande. On me répond waf waf en rigolant… J’ai mangé du chien et ça m’a ruiné l’estomac pendant une semaine. C’est un chien qui a brisé ma carrière chinoise."

Mais comment un joueur qui a basé sa carrière sur du fake, peut avoir de telles opportunités ? "Au départ j’étais vraiment nul, mais après je me suis amélioré, je me suis entraîné à fond, au moins deux fois par jours. Je devenais un bon joueur. Faut savoir dans le foot qu'il y a 80% de joueurs moyens. Moi je voulais juste ne pas être un footballeur moyen comme les autres, se justifie-t-il. "Oui j’ai menti sur mon CV à la base, mais je n’ai jamais fait ça pour l’argent. Je voulais juste qu’on me laisse ma chance de prouver mes qualités dans un cercle aussi fermé.

"Pour le CSKA j’étais un joueur de complément. J’ai eu de supers entraîneurs, à Swindon Town je me rappelle j’avais marqué un super but en lob. Fallait le mettre."

D'où l'intérêt de rédiger cette autobiographie "Pro à tout prix" : "Certains médias m’ont présenté comme un imposteur et ont sali mon nom. J’ai quand même signé pro et joué au niveau professionnel au Canada. Ce livre est là pour rétablir la vérité et démontrer que ce n’est pas le CV le plus important, mais les qualités intrinsèques du joueur. C’est également ma philosophie en tant qu’agent."

Reconverti en agent

Fort de son incroyable expérience, Grégoire Akcelord s'est naturellement reconverti agent de footballeur :"Je suis actuellement l’agent de Bakary Koné qui a joué à l'OL et Malaga, d’Éric Bauthéac, j’ai été quatre ans l’agent d’Aurélien Tchouaméni… J’ai la chance d’avoir un réseau de gens compétents et je connais le marché du football", informe-t-il.

Eric Bauthéac et Grégoire Akcelrod lors de la signature de l'ancien Niçois à l'Omonia Nicosie (Chypre).

Son parcours singulier est devenu une force, qu'il transmet parfaitement à des joueurs issus du football amateur : "J’ai réussi à amener des mecs de cité, pour certains des dealers, à faire des essais dans les plus grands clubs du monde. J’ai notamment envoyé un jeune de Compiègne qui jouait en DSR à Liverpool.

"Le problème c’est que dans ce système, on privilégiera toujours le mec qui sort d’un centre de formation même s'il sort en boîte tous les soirs, plutôt qu’un jeune sérieux et talentueux du football amateur", regrette-t-il. Une réflexion pragmatique, démontrant à quel point Grégoire Akcelrod est un OVNI et sûrement la dernière anomalie de ce système incroyablement élitiste.

Enfant, Grégoire se réfugiait dans sa passion pour le football, un refuge face au manque d'attention de ses parents. Grégoire Akcelrod rêvait de devenir footballeur professionnel et il a tout fait pour y arriver, au point de trafiquer un peu CV. Au culot et en enjolivant la réalité, Grégoire a décroché un véritable tour du monde des clubs professionnels de football, pour y faire des essais. En 2009, il a même failli signer un véritable contrat chez les professionnels.

L'histoire de Grégoire n'est-elle que supercherie ? Il en a fait un livre où il raconte son rêve d'enfant et la recherche de la lumière des projecteurs à tout prix. Tout débute avec la phrase terrible de son père, lorsqu'il avait une dizaine d'années : "Plus jamais tu ne joueras au foot, tu n’es pas fait pour ça."

Donner tort à son père

Grégoire n'a pas rejoué au football jusqu'à sa majorité. C'est là qu'il a vécu l'impensable : se mettre à enchaîner les essais dans des clubs à travers le monde, dans pas moins de 19 pays. Ce qui l'a mené à être à deux doigts de signer un contrat dans un club plutôt prestigieux, en Bulgarie.

Pour donner tort à son père, Grégoire est allé très loin. Avec une photo prise au Parc des Princes, il a monté un stratagème pour se faire passer pour un joueur du PSG. Grégoire Akcelrod nous raconte comment il a essayé de gagner l'intérêt des clubs de football du monde entier, à défaut d'avoir gagné l'amour de son père, avant de se faire démasquer.

Il est l'auteur du livre Pro à tout prix publié aux Éditions l'Archipel.

Un joueur amateur est parvenu à convaincre un grand club européen de le recruter. C'est l'histoire folle de Grégoire Akcelrod qui, à partir d'une photo prise au Parc des Princes, s'est rendu au CSKA Sofia. La supercherie a finalement été repérée, ce qui ne l'a pas empêché de réussir sa reconversion. A partir d’une photo, Grégoire Akcelrod a bien failli signer dans un grand club européen en faisant croire qu’il avait joué au PSG. En 2009, ce modeste joueur avait passé un test au CSKA Sofia et éveillé l’intérêt des médias étrangers avant de se faire démasquer.

Lors d’un entretien accordé à Aliotalk, Akcelrod a raconté son histoire. « Je revenais d’un essai à Bruneï catastrophique. J’étais dégoûté. Je vais à la boutique du PSG voir une copine, qui me propose de visiter le Parc. J’avais les étoiles qui brillaient. Je prends une photo sur la pelouse. Je m’étais amusé à copier un blog de Ronaldo, qui faisait ma promotion. Selon lui, l’envie de réussir après de multiples déceptions est passée au-dessus de tout. « Je n’avais que le foot dans ma vie, je ne pouvais pas échouer. L’agent me dit qu’ils vont me proposer 15M€ par an » a-t-il déclaré.

Club Pays Type
FC Sens France Jeunes
Swindon Town Angleterre Essai
CSKA Sofia Bulgarie Essai (presque signé)
Mississauga FC Canada Joueur
Cf Amèrica Andorre Joueur
Henan Songshan Longmen Chine Essai

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