Arnaud Mignardi, figure emblématique du rugby français, a marqué les esprits par son parcours riche et diversifié. Cet article retrace les moments clés de sa carrière, de ses débuts prometteurs à ses expériences marquantes dans différents clubs, en passant par ses sélections en équipe de France.

Arnaud Mignardi sous les couleurs de Brive, dont il a été capitaine. (L'Équipe)
Débuts et Ascension
Arnaud Mignardi est un enfant de la balle ovale. Né à Auch dans une famille passionnée par le rugby, c'est tout naturellement qu'il commence ce sport dès l'âge de 5 ans. Au FC Auch, il va connaitre toutes les catégories au sein du club gersois jusqu'à débuter en équipe première.
Interrogé via France Bleu, Arnaud Mignardi a expliqué sa décision de rejouer au rugby. « Je me suis toujours dit que j’aurais aimé boucler la boucle en terminant, dans le club à laquelle j’ai commencé à Auch. Je n’aurais pas repris dans n’importe quel club. C’est vraiment parce que c’est mon club formateur. C’est là que j’ai joué en 2004 mon premier match en Top 16. Je suis toujours parti du principe qu’il faut rendre ce qu’on nous a donné. Je me voyais mal rentrer et ne pas donner un petit coup de main.
Après une première expérience en Top 16 et une autre en Pro D2, il décide de partir à Agen qui le surveiller de près depuis quelques temps. Dans le Lot-et-Garonne, le centre gersois va tout connaitre : Top 14, H-Cup et Pro D2 ! Du paradis à l'enfer en 2 saisons.
Passage dans Différents Clubs
Le joueur, passé par Agen, Clermont, Biarritz avant de poser ses valises à Brive, dont il fut capitaine, puis de finir à Mont-de-Marsan, a également connu la reconnaissance internationale avec deux sélections en équipe de France lors de la tournée de juin 2007 en Nouvelle-Zélande.
A la suite de sa saison en 2e division avec Agen, il décide de partir à Clermont pour faire fructifier son expérience avec les bleus et surtout y revenir. Sur la côte basque, il va vivre deux très belles saisons de son propre avis conclue par une finale européenne perdue contre Toulouse de deux petits points. Mais surtout il y a cette blessure au genou qui l'empêche de continuer l'aventure avec le BO. Il trouve alors refuge du côté de Brive à l'été 2011.
Rapidement, il s'installe comme un titulaire au centre de l'attaque mais ne pourra éviter la relégation en Pro D2. Mais comme beaucoup, il décide de rester à bord du navire pour le renflouer et le remettre en Top 14. De retour en Top 14, Arnaud Mignardi s'éclate au sein de cette bande de copains mais le 1er novembre 2014, son genou lâche et cela sent la fin de saison. C'est mal connaitre le gersois qui travaille dur pour revenir aider son club à se maintenir. Double pari réussi pour Mignardi.
Expérience Internationale
Arnaud Mignardi a également connu la reconnaissance internationale avec deux sélections en équipe de France lors de la tournée de juin 2007 en Nouvelle-Zélande.
Même une tournée estivale avec un XV de France un peu expérimental ne l’avait pas particulièrement impressionné, quand il avait été choisi pour aller défier les All Blacks chez eux à deux reprises en 2007.
« Je faisais la tournée à 20 ans, j’étais content moi ! Je sortais de la filière moins de 17, moins de 18, moins de 19, moins de 21. Tu me donnes les sélections, je les prends ! J’étais content, insouciant », se rappelle le Gersois.
Ce qui ne l’empêche pas d’être lucide sur les difficultés de la mission à l’époque : « Je comprends qu’on ait dit que c’était une tournée suicide parce qu’on finissait le Top 14 le samedi soir, on embarquait le lundi pour partir en Nouvelle-Zélande et on jouait le samedi. C’est-à-dire que tu avais 24 heures de vol, tu jouais face aux All Blacks quelques jours plus tard avec une équipe novice. C’était les Barbarians ! Contre les All Blacks, ça ne suffit pas. »
Avec deux cinglantes défaites 42-11 et 61-10, autant dire que les meilleurs moments de cette tournée au pays du long nuage blanc ne sont pas à chercher du côté du terrain, même si Arnaud Mignardi souligne « l’honneur d’avoir joué avec Christian Califano, Thomas Castaignède et Olivier Magne ».
C’est d’ailleurs l’ancien pilier toulousain qui revient sur le tapis au moment d’évoquer une ultime anecdote : « Il m’avait demandé de lui raser la tête, il le faisait avant chaque match. J’avais une tondeuse et j’ai commencé à le tondre. Et là, plus de batterie, pas de chargeur parce que je l’avais oublié. Il lui restait une sorte de tâche, il était fou ! Il m’a dit « tu te démerdes, tu trouves un truc, je ne peux pas jouer comme ça demain ce n’est pas possible ».
Fin de Carrière et Reconversion
À 33 ans, Arnaud Mignardi a finalement décidé de raccrocher définitivement les crampons. Le bison, son surnom, a posté un message sur les réseaux sociaux pour expliquer son choix : « Le rugby c'est l'école de la vie » quelle belle phrase.... elle est tellement vraie ! Le rugby m'a tout appris, le rugby m'a vu grandir, le rugby m'a rendu heureux, le rugby m'a fait vivre, le rugby m'a construit petit à petit ! Le rugby permet de croire en soi grâce aux autres, avec le rugby on n'est jamais seul et on a des amis pour la vie ! Voilà, il est temps pour moi de raccrocher les crampons, l'envie est toujours là mais le corps ne suit plus comme en témoigne ma dernière saison.... J'ai donc décidé avec ma famille de tourner cette belle page de mon histoire en tant que joueur et me tourner vers un tout autre avenir ! Merci à tous mes coéquipiers, entraîneurs, dirigeants, bénévoles, supporters et j'en passe d'avoir rendu mon rêve de rugbyman professionnel une réalité. Tant de choses, tant d'odeurs, tant de gens, vont me manquer mais tant de choses sont à jamais gravées dans ma mémoire ! C'est avec émotion que je me retire.... encore merci merci merci pour tout !!!! À bientôt et surtout vive le rugby et maintenant place aux jeunes !!! »
Le trois-quart centre (33 ans, 2 sélections) pourrait devenir entraîneur.
Benoît August, le président de l’US Dax, m’a donné cette opportunité d’entraîner avec Dax et d’ailleurs, je l’en remercie. J’ai aussi compris pourquoi j’étais chiant comme joueur.
Questionné sur sa forme physique, le joueur de 36 ans explique avoir gardé la forme nécessaire pour rejouer. « J’ai fait les entraînements avec les Dacquois. J’ai repris un peu la muscu là depuis deux mois. Après, je ne suis pas quelqu’un qui a une morphologie à grossir rapidement. J’y vais vraiment en toute humilité. J’y vais vraiment pour essayer de filer un coup de main aux joueurs. Après, est ce que je vais jouer régulièrement ? Est-ce que je vais être un second couteau ou est ce que je serai là juste pour dépanner ? Ca va dépendre de mon niveau. Si je suis nul, si je suis ridicule, je vais vite le voir et c’est moi qui vais tourner la page très rapidement.
Hommage et Héritage
Devant la grogne des supporters coujous déçus par le départ soudain de ce joueur emblématique, le CAB a décidé de rendre un dernier hommage à celui qui est surnommé «Bison», à l’occasion du match de samedi (20h30), au Stadium, contre Agen. «Avec les joueurs et le public, nous avons créé au fil du temps quelque chose de spécial au Stadium. Une atmosphère unique. Jouer ici nous a toujours donné beaucoup de force. Nous exprimions la peur chez nos adversaires, nous le ressentions clairement. Ici, j’ai passé mes meilleures années rugbystiques, j’ai partagé des moments très forts avec mes coéquipiers et les supporters», a déclaré Arnaud Mignardi sur le site du club corrézien.
En près de 20 ans sur les terrains, de la Nationale 2 au Top 16 devenu Top14, Arnaud Mignardi a eu le temps d’amasser quelques souvenirs, des bons comme des moins bons. Changerait-il quelque chose à son parcours ?« Non, absolument rien. J’ai eu des hauts, des bas, j’ai vécu des choses que… non, je ne changerais rien. Même les conneries que j’ai pu faire, même les défaites, je ne changerais rien parce que c’est moi », souffle-t-il.
Des aventures humaines marquantes qui n’ont malheureusement jamais été récompensées par un bouclier ou une quelconque breloque : « Des souvenirs que je garderai à jamais gravés, j’en ai plein, mais je n’ai pas connu de titre, j’ai toujours perdu en finale.
Anecdotes et Personnalité
Un joueur que l’on aime pas affronter mais que l’on aime avoir à ses côtés, un caractère bien trempé, un type qui n’a peur de rien. Réactif voire soupe au lait plus jeune, mais qui s’est assagi en gardant ce lead que regrettent en masse les supporters corréziens.
Mignardi, est peut-être ce leader qui nous manque autant. Je le pense capable d’emmener notre belle jeunesse sur cette fin de saison et de la rassurer pour les prochaines joutes. C’est peut-être le joueur qui peut par son aura transformer les « c’est dommage » en victoires.
Ce qui fait la différence à haut niveau, c’est la capacité à se surpasser, la capacité à surmonter les épreuves et à ne pas baisser le regard. On nous a appris à Auch que quand on a mal, on continue. Ici, plus qu’ailleurs, on est une terre de travailleurs, une terre de besogneux, où pour exister on a besoin de se surpasser, parce qu’on ne nous fera pas de cadeau, on ne nous a jamais fait de cadeau », estime celui qui était surnommé le Bison.
Une force de caractère qu’il a employée sans plier notamment lors de saisons délicates en Corrèze : « J’ai vécu des moments inoubliables avec Brive en jouant le maintien, où vraiment j’ai vu la valeur des hommes, j’ai vu le besoin d’être solidaires, le besoin de cohésion. On avait besoin les uns des autres pour exister, pour survivre parce que c’était vraiment une survie. C’était la fin, ça se jouait à un point, ça se jouait à la minute, il fallait qu’on se maintienne absolument, sinon c’était toute la ville, c’était tout un écosystème, un système budgétaire qui se cassaient la gueule.
| Club | Période |
|---|---|
| FC Auch | Débuts |
| Agen | 2 saisons |
| Clermont | ? |
| Biarritz | 2 saisons |
| Brive | 2011-2020 |
| Mont-de-Marsan | Fin de carrière |

Carte des clubs d'Arnaud Mignardi