L'arbitrage est un élément essentiel du football, garantissant le respect des règles et l'équité sur le terrain. La Suisse, avec sa longue tradition de neutralité et d'excellence, a fourni de nombreux arbitres de talent qui ont officié dans les compétitions les plus prestigieuses à travers le monde. Cet article explore l'histoire de l'arbitrage suisse, met en lumière des figures marquantes et examine les actualités récentes concernant les arbitres suisses dans le football international.
Déjà tendu au match aller (2-2), le quart de finale retour de Ligue Europa entre Manchester United et l’Olympique Lyonnais s’annonce électrique, jeudi 17 avril. C’est l’atmosphère qui entoure, déjà, le quart de finale retour de Ligue Europa entre Manchester United et l’Olympique Lyonnais, ce jeudi 17 avril. Il faut dire que les attaques par médias interposés, en marge de la rencontre, entre André Onana et Nemanja Matic n’avaient pas franchement aidé à calmer les esprits.
C’est donc dans un souci de prudence que l’UEFA a nommé un arbitre expérimenté au sifflet du quart de finale retour entre les deux équipes, ce jeudi. Au coup de sifflet final, Rayan Cherki avait d’ailleurs réaffirmé les ambitions lyonnaises : « Maintenant au match retour, on va aller là-bas pour gagner. »
Figures Historiques de l'Arbitrage Suisse
Plusieurs arbitres suisses ont marqué l'histoire du football par leur compétence et leur intégrité. Parmi eux, on peut citer des pionniers comme:
- Marcel Slawik: Né le 13 février 1877, il fait partie des premiers arbitres de la FFF nouvellement créée, en 1919. Ce membre de la Ligue de Paris garde cette position d’arbitre Fédéral jusqu’en 1928, en parallèle de sa profession de représentant de commerce. Il est le premier arbitre français à diriger un match international, entre l’Italie et la Suisse en 1922. Il est l’arbitre de la finale de la Coupe de France en 1921 et 1925. En 1924, il est l’un des arbitres français sélectionnés pour le tournoi de football des Jeux Olympiques organisés à Paris. Il dirige même la finale de cet évènement. Marcel Slawik est aussi membre de la CCA de 1919 jusqu’en 1927, puis de 1929 jusqu’à 1950. Il assume la présidence de cette commission de 1922 à 1927.
- Georges Balway: Né le 2 février 1888, il est l’un des premiers arbitres de la FFF. Membre de la Ligue de Paris, il occupe le statut d’arbitre Fédéral de 1919 à 1934. Durant sa carrière, il est le directeur de jeu des finales de la Coupe de France en 1926 et 1928. En 1928, il est appelé à représenter l’arbitrage français lors du tournoi de football des Jeux Olympiques d’Amsterdam. En 1930, il est le premier arbitre français à officier lors d’une Coupe du Monde, organisée en Uruguay. Il se rend lors de cette dernière par bateau, avec l’Équipe de France et le Président de la FFF, Jules Rimet. Son épouse décède par ailleurs tragiquement durant cette traversée. Durant sa carrière, il est aussi membre de la CCA de 1919 jusqu’en 1927, puis de 1934 à 1949. Il assure la présidence de cette commission de 1945 à 1948.
- Georges Capdeville: Né le 30 octobre 1899 à Bordeaux. Il joue tout d’abord au football durant sa jeunesse, notamment dans le club du Sport Bordelais. Originaire de la Ligue du Sud-Ouest, il devient arbitre Fédéral en 1932, puis arbitre International de 1935 à 1945, en parallèle de son métier de directeur de coopérative d’alimentation. Georges Capdeville est le directeur de jeu de la finale de la Coupe de France en 1936, en 1942 et 1945. Il est aussi sélectionné lors de la Coupe du Monde 1938 organisée en France et dirige la finale de cette compétition. C’est le premier arbitre français à diriger la rencontre la plus prestigieuse de cette compétition majeure. Après sa carrière, il devient membre de la CCA de 1950 à 1975. Il succède à Roger Conrié à la présidence de la Ligue d’Aquitaine de football de 1966 à 1975.
Ces arbitres ont non seulement officié lors de matchs importants, mais ont également contribué à l'évolution des règles et des pratiques de l'arbitrage.
Sandro Schärer: Un Arbitre Suisse au Centre de l'Attention
Parmi les arbitres suisses contemporains, Sandro Schärer se distingue par son expérience et sa présence dans les compétitions européennes majeures. Sandro Schärer (36 ans) a officié à cinq reprises en Ligue des champions cette saison, dont mardi dernier lors du quart de finale aller entre le Bayern Munich et l’Inter Milan (1-2).

Sandro Schärer lors d'un match de Ligue des Champions. Source: Le Monde.
L’arbitre Sandro Schärer officiera lors du premier match de Ligue des champions du Paris-Saint-Germain, qui reçoit l’Atalanta Bergame, ce mercredi 17 septembre 2025. Sandro Schärer était déjà synonyme de mauvais souvenir pour les Lyonnais. L'arbitre suisse-allemand a déjà croisé la route du Paris Saint-Germain, à Bruges. Malgré un trio d'attaque redoutable (Mbappé, Neymar et Messi), les Parisiens avaient dû se contenter d'un match nul en septembre 2021.
Controverses et Moments Marquants
La carrière de Sandro Schärer n'a pas été sans controverses. Plusieurs clubs français ont eu des expériences difficiles avec cet arbitre :
"Il a perdu les pédales", selon Dugarry, X. Alonso a sa part de responsabilité dans la crise du Real
- Olympique Lyonnais: Sandro Schärer, lors du match de l’OL à Manchester United, le 17 avril 2025. L’arbitre suisse avait exclu Corentin Tolisso en quart de finale retour de la Ligue Europa. En 2022, toujours en quart de finale de Ligue Europa, l’arbitre suisse s’était retrouvé sur la pelouse du Groupama Stadium pour le match retour contre West Ham. Après le nul (1-1) décroché en Angleterre sept jours auparavant, l’OL nourrissait de beaux espoirs.
- Stade Brestois: Autre « victime » française de l’arbitre suisse en coupe d’Europe : le Stade Brestois ! Le 22 janvier 2025, les Bretons avaient l’occasion de se rapprocher d’une qualification historique pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions en cas de victoire face aux Ukrainiens du Shakhtar Donetsk.
- Lille OSC: Dans cette même édition de Ligue des champions, Lille, contrairement aux Brestois, s’était hissé en huitième. Opposé au Borussia Dortmund, le Losc avait décroché un match nul en Allemagne (1-1) avant le match retour à domicile, le 12 mars 2025. Les Dogues avaient ouvert le score par Jonathan David avant de reculer et de céder sur un penalty que certains pourraient qualifier de généreux. Après l’élimination du LOSC, ce mercredi, en huitième de finale retour de Ligue des champions face au Borussia Dortmund (1-2, 2-3 au total des deux rencontres), Olivier Létang n’avait «pas envie de polémiquer»... mais l’a fait quand même. «Pour moi il n’y a pas faute, a d’abord lancé le dirigeant à propos du penalty accordé à Dortmund sur une (légère) faute de Thomas Meunier devant l’attaquant du BVB Serhou Guirassy. Ça change la physionomie du match. Avant d’ajouter, plus circonspect : «Quand il y a eu la désignation de l’arbitre, j’ai vu qu’il était Suisse-Allemand, j’ai trouvé ça assez particulier. À la mi-temps, il parlait exclusivement en allemand avec les joueurs de Dortmund. »
Ces incidents ont suscité des débats sur l'impartialité et la compétence des arbitres suisses, bien que beaucoup soutiennent que ces décisions font partie intégrante du jeu.
Réactions et Défenses
Après les propos d'Oliver Létang au sujet de la désignation d'un arbitre de Suisse alémanique pour le huitième de finale retour en Ligue des champions contre le Borussia Dortmund (défaite 1-2), l'ancien chef des arbitres suisses a répondu au président de Lille. « C'est une mauvaise polémique inutile. Je peux certes comprendre la frustration des Lillois. Ceux-ci n'auraient rien dit si l'arbitre avait été Lionel Tschudi, s'adressant en français aux joueurs de Lille. Sans parler que Sandro s'exprime aussi très bien en français, ce qu'il fait quand il siffle Sion, Lausanne ou un autre club romand », a-t-il estimé avant de rappeler : « L'anglais est bien sûr souvent parlé à l'UEFA mais il n'est en rien imposé ». Pour Christophe Girard, les déclarations d'Olivier Létang sont déplacées et discriminantes : « Insinuer que Schärer serait allemand au seul prétexte qu'il est suisse allemand, c'est méconnaître notre culture. (...) Nos voisins français ne connaissent souvent que le français. Pour eux, c'est lunaire qu'en Suisse, on puisse parler plusieurs langues ! » Interrogé sur la décision de M. Schärer de siffler penalty sur une faute de Thomas Meunier, Girard a assuré : « Il a été très bon. Le penalty qu'il a accordé est juste.
Autres Arbitres Suisses Notables
Outre Sandro Schärer, d'autres arbitres suisses se sont illustrés sur la scène internationale. Bien que moins médiatisés, ils contribuent à maintenir la réputation de l'arbitrage suisse. Par exemple :
- Fernando Andrés Rapallini: Seul non-Européen à arbitrer pendant l'Euro, Fernando Andrés Rapallini a été nommé pour diriger le huitième de finale de la France, lundi 28 juin. Une première, pour lui, à un si haut niveau.Il est le seul non-Européen à officier pendant l'Euro. L'arbitre argentin Fernando Andrés Rapallini a été désigné par l'UEFA pour diriger le huitième de finale France-Suisse, lundi 28 juin (à 21h, en direct sur TF1 et en live commenté sur LCI.fr) à Bucarest. De prime abord, la présence du Sud-Américain peut surprendre. Que vient-il faire là ? L'explication est on ne peut plus simple : l'Argentin, âgé de 43 ans, participe à un échange entre l'UEFA et la Confédération sud-américaine (COMNEBOL). Son homologue espagnol Jesus Gil Manzano a lui été envoyé au Brésil, où il officie durant la Copa America. Premier arbitre non européen dans l'histoire à participer au championnat d'Europe des nations, Rapallini a déjà dirigé deux rencontres depuis le début du tournoi. Il a arbitré Ukraine-Macédoine du Nord (2-1), le 17 juin, et Croatie-Écosse (3-1), le 22 juin. L'homme, connu pour être strict et sévère dans ses décisions, a été fidèle à sa réputation : il a sorti cinq cartons jaunes et sifflé deux penalties. Constructeur de piscines, lorsqu'il n'arbitre pas, Fernando Andrés Rapallini exerce en Argentine depuis 2011 et au niveau international depuis 2014. Il compte plus de 260 matchs à son actif. Il n'a toutefois que très peu traîné son sifflet au-delà de l'Amérique latine. Ses principaux faits d'armes restent un Brésil-Pérou (5-0) en phase de poules de la Copa America 2019 et une vingtaine de rencontres (quarts de finale maximum) de Copa Libertadores, l'équivalent sud-américain de la Ligue des champions. Pour l'assister sur ce huitième de finale entre la France et la Suisse, il sera accompagné de ses compatriotes argentins Juan Pablo Belatti et Diego Yamil Bonfa, du Polonais Bartosz Frankowski en quatrième arbitre et de l'Espagnol Juan Martinez Munuera à la VAR.
Corruption dans le Football et l'Implication Suisse
La corruption est un problème récurrent dans le monde du football, et la Suisse, bien qu'étant le siège de l'UEFA, n'est pas à l'abri de ces scandales. Après VA-OM, la corruption dans le football est allée frapper directement en Suisse, siège de l'Union européenne de football association (UEFA). Cette fois, ce n'est ni un joueur ni un dirigeant qui se retrouve au centre de cette tentative de corruption, mais un ancien arbitre, suisse également, dénoncé illico presto «et de manière exemplaire» par le manager du club des Grasshopper Zurich, Erich Vogel, et son président, Romano Spadaro.
Le 18 octobre 1996, Kurt Röthlisberger, 46 ans, ancien arbitre international ayant arbitré son dernier match durant l'Euro 96, se rend dans les locaux du club suisse et propose un marché en vue du match retour de Ligue des champions que doit disputer Grasshopper face à Auxerre douze jours plus tard. Il connaît bien l'arbitre de la rencontre, le Biélorusse Vadim Zhuk, et Auxerre l'avait emporté 1-0 au stade Abbé-Deschamps à l'aller. Selon l'enquête de l'UEFA, Röthlisberger a demandé aux dirigeants du club de Zurich s'ils seraient intéressés à ce que l'arbitre du match ne prenne pas de décisions défavorables à Grasshopper. En contrepartie d'une compensation financière «naturellement due» d'un montant de 100 000 francs suisses (environ 400 000 francs). Röthlisberger a reconnu les faits.

La corruption dans le football a souvent impliqué des figures basées en Suisse. Source: L'Express.
Sur le terrain, si corruption il y a eu, personne n'a rien vu, car le match en question a vite tourné à l'avantage des Suisses, vainqueurs 3-1. Selon les déclarations des joueurs auxerrois, rien ne laisse penser que la corruption ait réellement eu lieu.