La draft de la NBA, un événement annuel majeur dans la ligue de basket-ball nord-américaine, est comparable à une bourse de joueurs qui vont débuter dans la ligue. Lors d’une soirée où sont réunis le commissaire de la NBA et les dirigeants des 30 équipes, chaque club va sélectionner à tour de rôle un joueur issu de l’université, du lycée, ou de l’étranger.
La Draft NBA est un événement annuel organisé par la ligue pour permettre aux franchises de sélectionner de nouveaux joueurs issus des rangs universitaires (NCAA), de ligues internationales ou d’autres circuits de développement. Les équipes choisissent les joueurs dans un ordre déterminé à l’avance, et ces derniers signent ensuite leur premier contrat professionnel.
Elle est organisée à la fin du mois de juin, en général deux semaines après l'issue de la saison. Chaque club dispose initialement de deux choix, répartis sur deux tours, pour sélectionner les joueurs universitaires et mondiaux qui se sont inscrits.
Fonctionnement de la Draft NBA
Plusieurs éléments clés régissent le fonctionnement de la Draft NBA. Voici les principaux aspects à comprendre :
Éligibilité des joueurs
Les joueurs n’ayant pas achevé leur cursus universitaire (underclassmen) ainsi que les joueurs étrangers peuvent s’inscrire à la draft jusqu’à la mi-mai, à condition qu’ils aient plus de 19 ans le jour de la draft, et qu'ils aient quitté le lycée depuis plus d'un an. Une fois déclarés, ils ont jusqu'à une semaine avant l’événement pour se retirer ; toutefois, en 2018, la NCAA envisage de permettre le retour des joueurs non draftés.
La Loterie NBA
Avant la Draft, la loterie NBA est organisée pour déterminer l’ordre des sélections pour les 14 équipes qui ne se sont pas qualifiées pour les playoffs. La loterie fonctionne via un tirage aléatoire pondéré : plus une équipe a eu de défaites, plus elle a de chances de décrocher l’un des premiers choix. Les quatre premiers choix sont tirés au sort, puis le reste de l’ordre est fixé en fonction du classement inverse de la saison régulière.
Les 14 franchises n’ayant pas participé aux play-offs se voient attribuer les 14 premiers choix par une loterie. La plus mauvaise équipe de la saison passée dispose de 140 chances sur 1 000 d'obtenir le premier choix, quand la 14e n’en dispose que de 5. Si un choix de draft a été échangé, l’ordre est déterminé par l’équipe qui détenait initialement les droits (même si le choix de draft a été transféré à plusieurs reprises). C'est ainsi qu'en vertu d'un échange conclu en 1979, les Lakers ont bénéficié du premier choix hérité des Cavaliers, derniers de la saison, pour la draft 1982.
Durée des contrats et salaires
La durée du contrat avec le joueur sélectionné est fixée à l’avance : deux ans avec une option d’un an supplémentaire pour les joueurs du premier tour, un an pour les joueurs du second tour (mais ce contrat n'est pas garanti). Cette différence rend parfois un haut choix du second tour plus intéressant qu’un choix en fin de premier tour : la durée du contrat étant moindre, les risques pour les clubs de s’encombrer d’un mauvais joueur sont minimisés.
Les salaires sont également fixés en fonction de la position où le joueur a été choisi. Cette limitation a été instaurée après que Glenn Robinson, premier choix de la draft 1994 avait demandé un contrat de 100 millions de dollars aux Bucks de Milwaukee avant même d'avoir joué une seule minute en NBA. Kenny Anderson, deuxième choix de la draft 1991, a même manqué le début de la saison, n’arrivant pas à trouver un accord salarial avec les Nets du New Jersey.
Échanges de choix
Une franchise peut céder un de ses choix de draft à venir à une autre équipe. L'acquéreur effectuera son choix en fonction du classement de l'équipe d'origine.

Machine utilisée pour la loterie de la Draft NBA
Historique et Évolution de la Draft NBA
La draft de la NBA existe depuis les débuts de la ligue, en 1947. À l’époque, les équipes sélectionnent les joueurs issus de l’université jusqu'à épuisement.
Le Territorial Pick
Le Territorial Pick est un type de choix particulier en vigueur de 1950 à 1965. Cette procédure permettait avant le déroulement de la draft classique par ordre, à une équipe de choisir un joueur formé à proximité de l'implantation de l'équipe professionnelle. Elle avait été créée pour soutenir, à une époque où la NBA restait fragile, les équipes sélectionnant des vedettes formées dans les universités proches, dans un rayon de 50 miles.
Les Celtics de Boston utilisent ainsi ce choix pour sélectionner Tom Heinsohn en 1956, qui participa à la conquête de huit titres en neuf saisons avec Bill Russell, sélectionné la même année. Pour le très convoité Wilt Chamberlain, le propriétaire des Warriors Edward Gottlieb fit valoir qu’il avait grandi et était devenu un joueur de high school populaire à Philadelphie et l'absence de franchise NBA au Kansas bien qu'il ait rejoint ensuite l'université du Kansas... très éloignée de Philadelphie.
Introduction du hasard et de la loterie
En 1966, la ligue décide d'introduire une part de hasard dans l’obtention du premier choix : la plus mauvaise équipe de chaque conférence jouera à pile ou face ce choix. Le système perdure jusqu’en 1985, car lors de la draft précédente, des soupçons pèsent sur Houston, qui aurait volontairement perdu des matches afin d'avoir une chance sur deux d'obtenir le premier choix et, grâce à leur réussite au tirage au sort, de sélectionner Hakeem Olajuwon.
La ligue instaure alors une loterie : les sept équipes qui n’ont pas participé aux play-offs jouent à chances égales le premier choix. L’année suivante, la loterie évolue pour garantir au minimum le quatrième choix à la plus mauvaise équipe. Ce système dure jusqu'en 1989, pour être remplacé par une loterie pondérée l'année suivante : parmi les 11 équipes non qualifiées (la ligue s'agrandit entre-temps), la plus mauvaise reçoit 11 chances sur 66 d'obtenir le premier choix, quand la 11e n'obtient qu’une chance sur 66.
Ce coup du hasard pousse la NBA à modifier les règles : en 1994, les chances de remporter le premier choix passent de 16,7 à 25 % pour la plus mauvaise équipe, et régressent de 1,6 à 0,5 % pour la « moins mauvaise ».
Réduction du nombre de tours
Autrefois illimité, le nombre de tours de draft est réduit à 10 en 1974. Mais au-delà du deuxième tour, seule une poignée des joueurs sélectionnés avaient une carrière en NBA. C’est la principale raison pour laquelle la draft a été amenée progressivement à deux tours.
L'affaire Ted Stepien
Le propriétaire des Cavaliers entre 1981 et 1983 Ted Stepien ayant échangé ses premiers tours de draft 1981, 1982, 1983, 1984, 1985 et 1986 contre des joueurs de second rang, met en péril la revente de la franchise par des repreneurs qui voient leur avenir si obscurci que la NBA doit créer des choix supplémentaires pour Cleveland. Le premier tour de la Draft 1984 de la NBA compte ainsi 24 choix alors que la NBA n'a alors que 23 franchises.
Ouverture aux joueurs non universitaires
Seuls les joueurs ayant accompli leur cursus universitaire peuvent être draftés jusqu'en 1970 inclus, mais le règlement est amendé à la suite de la procédure judiciaire engagée contre la NBA par Spencer Haywood qui doit jouer en American Basketball Association faute de pouvoir être admis en NBA.
Draft NBA 2025 : Les Prospects et les Tendances
La cérémonie 2025 de la draft NBA va débuter dans la nuit de mercredi à jeudi (à partir de 2h du matin) au Barclays Center de New York. Une cérémonie très attendue, lors de laquelle cinq jeunes Français pourraient être sélectionnés par les plus grandes franchises américaines.
L’édition 2025 de la draft va se tenir au Barclays Center de New York, avec un premier tour dans la nuit de mercredi à jeudi (à partir de 2h) et un second tour dans la nuit de jeudi à vendredi. La cérémonie organisée dans l’antre des Brooklyn Nets va permettre aux trente franchises NBA de sélectionner les meilleurs jeunes basketteurs issus du circuit universitaire américain (NCAA), de la G-League (une ligue de développement) ou d’autres championnats étrangers. Des prospects qui doivent obligatoirement être dans leur 19e année.
Lors de chacun des deux tours, trente choix seront disponibles, soit un total de soixante jeunes à sélectionner. Les trente premiers joueurs appelés disposeront d’un contrat garanti avec une franchise. Ceux choisis entre la 31e et la dernière place devront faire leurs preuves durant l’été (notamment lors de la Summer League, des matchs amicaux organisés en juillet) pour intégrer l’effectif d’une équipe NBA au début de la saison régulière.
Afin de déterminer l’ordre des choix, une loterie a été organisée le 12 mai dernier entre les quatorze plus mauvaises équipes de la saison écoulée. Et ce sont les Dallas Mavericks qui ont tiré le gros lot en héritant du premier choix, le fameux "frist pick".
Lors de la cérémonie, chaque franchise choisira son futur joueur en suivant l’ordre établi. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Adam Silver, le patron de la NBA, débarquera sur l’estrade du Barclays Center pour annoncer en premier le choix des Mavs, qui devait être l’ailier américain Cooper Flagg (Duker), avec une phrase devenue mythique: "With the first pick in the 2025 NBA draft, the Dallas Mavericks select…" Derrière, les San Antonio Spurs, qui ont hérité du deuxième choix, auront cinq minutes pour se décider, et ainsi de suite avec les Philadelphie Sixers (troisième choix), les Charlotte Hornets (quatrième choix), etc… Jusqu’à la fin du deuxième tour.
Chaque joueur appelé rejoindra Adam Silver sur la scène et enfilera la casquette de sa nouvelle franchise. Le top départ d’une nouvelle vie. Précision importante: au cours de la soirée, les choix de draft peuvent être échangés. C’est notamment ce qui est arrivé à Rudy Gobert, drafté par les Denver Nuggets en 27e position en 2013 mais directement envoyé au Utah Jazz contre le meneur Erick Green et une somme d’argent.
Les prospects français en 2025
Lottery Draft NBA 2025 : Comment ca fonctionne ? Je t'explique TOUT !
Pour cette cuvée 2025, plusieurs Français sont inscrits et peuvent prétendre obtenir une place en NBA. Trois d’entre eux, Noa Essengue (Ratiopharm Ulm), Joan Beringer (Cedevita Olimpija Ljubljana) et Nolan Traoré (Saint-Quentin) figurent d’ailleurs dans la green-room, cet espace VIP devant l’estrade où les vingt-cinq jeunes les plus cotés attendent avec leurs proches que leur nom soit appelé par Adam Silver.
Si le prodige américain Cooper Flagg (18 ans) va probablement mettre fin à l’hégémonie tricolore sur le spot numéro 1 (Wembanyama en 2023, Risacher en 2024), cinq Français sont attendus au premier tour. Certains très haut.
Noa Essengue, Nolan Traoré, Joan Beringer, Maxime Raynaud et Noah Penda sont tous attendus au premier tour. Deux autres joueurs français sont inscrits à cette draft 2025: Mohamed Diawara, l’ailier de Cholet et Zaion Nebot, arrière de Havre.
- Noa Essengue : Né à Orléans, il y a 18 ans, Noa Essengue a fait ses armes dans le Loiret avant de rejoindre l’INSEP. Ailier fort très longiligne (2 mètres 05 pour 88 kg), Essengue a brillé cette saison en Eurocup (12,4 points, 5,3 points).
- Nolan Traoré : Titulaire à Saint-Quentin à 17 ans, recordman de points pour un mineur dans un match du championnat de France (25), le meneur était le successeur désigné de Victor Wembanyama et Zaccharie Risacher.
- Joan Beringer : Footballeur au physique démesuré (2 mètres 11), Beringer est contraint d’arrêter car il ne trouve plus de crampons à sa taille. L’Alsacien se tourne donc vers la balle orange et rejoint le centre de formation de Strasbourg. Pivot très athlétique mais loin d’être maladroit, Beringer profite d’une exposition grandissante tout au long de la saison jouant près de 20 minutes par match en Ligue Adriatique et en Eurocoupe.
- Noah Penda : Un peu plus âgé que ses collègues de promotion - 20 ans - Noah Penda a pris le temps de faire ses preuves en Pro A. Excellent défenseur, Penda est le genre de joueur que la NBA adore.
- Maxime Raynaud : Grand pote de Victor Wembanyama avec qui il a fait ses gammes au centre de formation de Nanterre, Raynaud est une tête. En 2021, il obtient son baccalauréat mention très bien au prestigieux Lycée Henri IV. Dans la foulée, il s’envole aux États-Unis et rejoint la non moins prestigieuse université de Stanford pour un double projet complètement dingue : jouer en NBA et travailler pour la NASA !
- Mohamed Diawara : À 20 ans, Diawara sort d’une belle saison à Cholet (5,8 points, 3,1 rebonds en 20 minutes de moyenne).
La Draft NBA 2025 se déroulera sur deux jours, les 25 et 26 juin, au Barclays Center de Brooklyn. Le premier tour aura lieu le mercredi 25 juin, à partir de 20h (heure de New York, soit 2h en France), et sera diffusé sur ABC, ESPN et l’application ESPN. En France, la Draft NBA 2025 sera diffusée en direct sur beIN Sports.
Les Drafts les Plus Marquantes de l'Histoire
Parmi les millésimes les plus réputés, la draft 1984 est une des plus marquantes : Hakeem Olajuwon, Michael Jordan (3e choix), Charles Barkley, John Stockton - tous quatre entrés au Hall of Fame - et plusieurs autres joueurs de talent. Les drafts 1996 et 2003 sont également très riches.
Celle de 1996 compte cinq joueurs qui seront élus au Hall of Fame : Allen Iverson, Kobe Bryant, Ray Allen, Steve Nash et Ben Wallace et d'autres joueurs de valeur (Jermaine O'Neal, Antoine Walker, …).
Les "Busts" : Les Erreurs de Casting les Plus Notoires
Plusieurs joueurs, malgré leur statut de choix élevé, n'ont pas réussi à répondre aux attentes en NBA. Voici quelques exemples :
- Sam Bowie : 2e choix de la draft 1984 par les Trail Blazers de Portland. Le joueur suivant sélectionné était Michael Jordan.
- Darko Miličić : 2e choix de la draft 2003 derrière LeBron James, mais devant Carmelo Anthony, Chris Bosh et Dwyane Wade.
- Kwame Brown : Premier joueur sortant directement du lycée à être 1er choix de la draft, il est drafté en 2001 par les Wizards de Washington.
- Adam Morrison : 3e choix 2006 drafté par les Bobcats de Charlotte.
- Anthony Bennett : 1er choix de la draft 2013 par les Cavaliers de Cleveland.
- Pervis Ellison : 1er choix de la draft 1989 par les Kings de Sacramento.
- Greg Oden : 1er choix de la draft 2007 par les Trail Blazers de Portland devant Kevin Durant, Al Horford et Joakim Noah.
- Shawn Bradley : 2e choix de la draft 1993 par les Sixers de Philadelphie.
Les "Steals" : Les Joueurs Talentueux Draftés Tardivement
Certains joueurs, malgré un positionnement tardif dans la draft, ont connu des carrières exceptionnelles :
- John Stockton : 16e choix de la draft 1984 par le Jazz de l'Utah.
- Dennis Johnson : 29e choix de la draft 1976 par les Sonics de Seattle.
- Tony Parker : 28e choix de la draft 2001 par les Spurs de San Antonio.
- Karl Malone : 13e choix de la draft 1985 par le Jazz de l'Utah.
- Steve Nash : 15e choix de la draft 1996 par les Suns de Phoenix.
- Dennis Rodman : 27e choix de la draft 1986 par les Pistons de Détroit.
- Kobe Bryant : 13e choix de la draft 1996 par les Lakers de Los Angeles via les Hornets de Charlotte.
- Giannis Antetokounmpo : 15e choix de la draft 2013 par les Bucks de Milwaukee.
- Nikola Jokić : 41e choix de la draft 2014 par les Nuggets de Denver.

Logo des Dallas Mavericks, qui ont le premier choix de la Draft NBA 2025
Draft NBA 2026 : Les Premières Tendances
Darryn Peterson (1,96 m, arrière, 18 ans, Kansas) est aujourd’hui considéré comme le favori pour la première place de la draft 2026. Ce qui saute aux yeux, c’est sa maturité offensive. Peterson sait tout faire : attaquer le cercle avec contrôle, s’arrêter net pour un tir mi-distance, punir derrière l’arc en sortie de dribble. Son handle est avancé pour son âge et il lit bien les aides défensives. Il joue avec un tempo maîtrisé, sans précipitation, et montre déjà une vraie compréhension des espaces.
AJ Dybantsa (2,01 m, ailier, 18 ans, BYU) est souvent cité comme le talent le plus spectaculaire de cette classe. Son premier atout, c’est son profil physique élite pour le poste 3 : taille, envergure, coordination. Il peut finir au-dessus du cercle, shooter en sortie de dribble et défendre sur plusieurs positions. Dybantsa est un two-way player en devenir, capable d’impacter des deux côtés du terrain. Ses points faibles concernent surtout la prise de décision. Il peut forcer des tirs compliqués et manquer de régularité dans l’intensité.
Cam Boozer (2,08 m, ailier-fort, 18 ans, Duke) combine puissance, technique et sens du jeu. Fils de l’ancien All-Star Carlos Boozer, il possède déjà un bagage technique impressionnant. Boozer excelle dans le jeu face au cercle. Il peut attaquer en dribble, jouer au poste bas, ressortir proprement le ballon. Son toucher près du cercle est avancé et il montre une vraie vision pour un joueur de son gabarit.
Caleb Wilson (2,03 m, ailier, 18 ans, North Carolina) séduit par son profil moderne : long, mobile, capable de défendre large et d’attaquer les close-outs. Son principal point fort réside dans sa polyvalence. Wilson peut switcher défensivement, courir en transition, finir cercle et tirer en rythme.
Kingston Flemings (1,93 m, meneur, 18 ans, Houston) complète ce Top 5 avec un profil de combo guard moderne. Flemings se distingue par sa capacité à contrôler le tempo. Il change de vitesse, trouve ses shooteurs et attaque le cercle avec assurance.
Les Anecdotes et Faits Divers
Carl Lewis a été drafté la même année que Michael Jordan (en 1984) par les Bulls de Chicago.
Deux femmes ont été draftées. La sélection de Denise Long en 1969 par les Warriors de San Francisco est annulée. Lusia Harris, sélectionnée par le Jazz de la Nouvelle-Orléans en 1977 a renoncé à jouer avec les hommes en raison d'une grossesse.