C'est l'un des paradoxes du rugby, ce sport où l'on avance en se faisant des passes en arrière. La mêlée est incomprise du grand public, alors qu'elle est sa phase de jeu la plus emblématique. Pas de rugby sans mêlée.
Impossible, en effet, de comprendre les subtilités de cet art de la poussée si l'on ne s'est jamais encastré tête contre tête, dans des frottements d'oreilles, pour tenter de plier le cou de son adversaire.
« Aujourd'hui, c'est un métier de jouer au rugby, mais la mêlée, ça a toujours été un métier. Un monde à part. On est comme des ouvriers spécialisés. Tout le monde ne peut pas jouer première ligne.
L'ancien pilier droit du XV de France - de 1982 à 1990 - sait de quoi il parle. Mieux que quiconque, il symbolise à merveille ce mélange de force naturelle et d'intelligence que requiert le poste de pilier. « Il faut savoir bien diriger sa force. »
Dans les années 80, Jean-Pierre Garuet régnait en maître dans l'exercice de la mêlée. Il l'a érigée au rang de science, tout en continuant à martyriser ses adversaires. L'an passé, nous avions eu la chance de rencontrer ce pilier droit de légende pour qui nles première lignes forment une caste à part.
Garuche n'a-t-il pas été sacré meilleur pilier droit du monde à deux reprises ? Passionné de physique, il ne doit pas son rang à la seule force de taureau de son cou, mais aussi à sa science de l'exercice. Les axes de poussée, le placement, les leviers, les appuis n'avaient pas de secret pour lui.
« Pour améliorer la force de la poussée collective, il faut trouver la résultante.
Avant de devenir ce Professeur émérite et respecté, Garuche en a plié des piliers. Aux quatre coins du monde. Au point de devenir une terreur des mêlées. Un saigneur ! Mais cela ne se fait pas tout seul : « À force de travail, je pense avoir été un des meilleurs, mais c'est long. Il faut être patient.
Garuche a beau être « fils de la terre » et se fader des tonnes de sacs de pommes de terre tous les jours à Lourdes où il est négociant, il comprend rapidement qu'il « faut autre chose ». « Je me suis aussi installé une salle de muscu chez moi avec des bidons en ciment et les barres faites par le forgeron.
Il se fabrique aussi un joug personnel, « pour me renforcer le cou. En club, il alterne aussi les postes de pilier droit et pilier gauche. « Ce qui me mettait en difficulté quand j'étais à gauche, je l'appliquais quand j'étais à droite.
Il devient rapidement redoutable et met au supplice ses adversaires. « Lorsque vous rentrez l'épaule sous la nuque du pilier gauche, détaille-t-il, il peut faire 140 kg, quand vous avez le menton qui se plante dans la poitrine, aïe aïe aïe.
Et c'est long en apnée ! Alors il sort la tête et la mêlée est cuite. Le pilier gauche en face se relève, du coup vous passiez vite sous les côtes flottantes du talonneur. Et là, ouf!
Jean-Pierre Garuet dit « Garuche » ou « le Professeur » a été la terreur des mêlées du rugby international dans les années 80. Un saigneur ! Jean-Pierre Garuet dit « Garuche » ou « le Professeur » a été la terreur des mêlées du rugby international dans les années 80. Un saigneur ! Du grand art. Avec du vice aussi, bien sûr...
Sous la mêlée, terrain obscur des règlements de comptes les plus inavouables, Garuche en a aussi pris, au point de savoir se recoudre seul, à force de points de suture. « Jeune, j'en ai pris des coups de marteau. Après, on ne me touchait plus, on ne m'embêtait plus, c'est en face que ça dégustait. J'ai même vu des piliers adverses qui disaient à leur 2e ligne : « Ne le réveillez pas.
Car je peux vous dire que si vous avez bien ciblé derrière la nuque du gars, ça vaut un marron, pire qu'un marron. Pas de doute. Pourtant quelques inconscients se sont aventurés : « Ça m'est arrivé de rentrer en mêlée et prendre un coup de pied de volée. Bon, on se fait recoudre, mais quand on revient je dis « dégâts ». Généralement, ces types-là, ils n'ont pas fait carrière.
Dans le rugby actuel, la chance qu'ils ont c'est qu'on ne voit plus ces gestes.
La Mêlée Défigurée
Dans l'esprit de Garuche, la mêlée ne se résume pas à ces coups tordus. Elle est un duel de force à huit contre huit. Elle est surtout une phase clé du jeu de rugby, « elle est déterminante. À partir du moment où il y a un ascendant sur la mêlée, ça encourage les trois-quarts. Je l'ai toujours ressenti, surtout avec des Ferrari comme Blanco ou Sella. Quand ils voyaient qu'on triturait l'adversaire, ils étaient heureux.
Aujourd'hui, dans le rugby moderne, la mêlée a perdu un peu de son sel. Elle s'est policée à cause des caméras au bord du terrain. Malgré tout, Garuche la juge toujours prédominante. « Il faut se la coltiner. » L'adage No scrum, no win (pas de victoire sans mêlée), garde tout son sens et peut rapporter des points.
« Alors vite, vite, formons de jeunes piliers », s'enflamme Jean-Pierre Garuet, qui ne se lassera jamais d'être auprès des jeunes chez lui à Pontacq, au pied des Pyrénées. C'est d'autant plus important, car « un pilier dans une mêlée, c'est comme un pilier de cathédrale.
La mêlée est le domaine qui demande le plus de technique en rugby. Et c'est certainement là où il y a eu le plus de changements. Le rugby, c'était mieux avant ? Pas si sûr. S'il est une phase de jeu qu'il est bien plus agréable de regarder de nos jours que dans les années 50, c'est bien la mêlée.
Désormais, l'affrontement entre les huit de devant fait en effet appel à la technique autant qu'à la puissance. Comme le dit une célèbre publicité pour une marque de pneumatique, "sans maîtrise, la puissance n'est rien". Et il en faut pour prendre le dessus sur un adversaire tout aussi prêt que soit. Les Argentins sont d'ailleurs réputés dans cet exercice.
Si le temps de préparation peut déplaire à certains, personne ne fait la fine bouche devant une mêlée où le moindre centimètre gagné demande d'énormes efforts. Il arrive d'ailleurs qu'aucun pack ne parvienne à prendre le dessus sur l'autre.

Le talonneur n'ayant pas la possibilité de lever le pied sous peine de voir l'adversaire lui passer dessus.
2ème partie : Les bases techniques de la mêlée
Comprendre la mêlée moderne
Rendre le rugby d'aujourd'hui compréhensible et même captivant à regarder. C'est le pari de Comment décrypter un match de rugby ? des deux journalistes de l'Équipe Renaud Bourel et Alex Bardot, associé à l'ancien international Jean-Baptiste Élissalde, aujourd'hui responsable des arrières du quinze de France.
« C'est l'un des sports les plus complexes, analyse Alex Bardot. Être devant un match de rugby et comprendre ce qui s'y passe, en direct, ce n'est pas évident. Sur la première perception, en tribunes, on ne saisit que 50 à 60 % de ce qui se déroule sur le terrain. »
Un an de travail, des longues séances vidéo avec Élissalde à Toulouse, l'apport d'experts sur des secteurs particuliers (le jeu au pied avec Julien Dupuy, les plaquages avec Thierry Dusautoir), des palettes... Le livre est pédago comme il faut. Parfait pour tout savoir sur l'art du ruck ou sur les secrets d'une mêlée qui pousse de travers (il faut surveiller les fesses du pilier gauche).
Le livre s'achève sur le décryptage du jeu des grandes nations engagées au Japon. « Comme les équipes sont en perpétuelle recherche, il y aura peut-être des petites choses qui vont évoluer sur la Coupe du monde, prévient Alex Bardot. On a bouclé le livre en juin et sur le Four Nations, les Sud-Africains ont déjà changé un peu leur système de jeu. Pareil pour les Bleus. Avec l'arrivée de Fabien Galthié, l'équipe de France n'est pas forcément celle qu'on décrit dans le bouquin... »
À ne pas louper : le témoignage de l'arbitre Romain Poite.
Comment décrypter un match de rugby ?, de Renaud Bourel, Alex Bardot et Jean-Baptiste Élissalde, Marabout, 224 pages, 22,90 €.
Portraits éclairés
L'Anglais Owen Farrell, le All Black Beauden Barrett mais aussi le Japonais Fumiaki Tanaka ou le Tonguien Sitiveni Mafi : les meilleurs joueurs du monde sont décortiqués par Richard Escot, spécialiste rugby à l'Équipe depuis plus de trente ans.
À ne pas louper : l'avant-propos de l'auteur sur « les vertus » du rugby.
50 Stars du rugby mondial, de Richard Escot, Solar éditions, 124 pages, 19,90 €.
Le bal des débutants
De Lucien Mias à Teddy Thomas, en passant par Jean-Pierre Rives ou Jo Maso, ils sont quinze à raconter leur première sélection en équipe de France.
Difficile de rassembler plus belle équipe.
À ne pas louper : le témoignage de Franck Mesnel sur Jacques Fouroux.
Première cape, de Bruno Kauffmann et Julien Schramm, Glénat, 312 pages, 19,95 €.
L'équarrissage pour tous
Le fondateur de la Boucherie ovalie découpe à tout va et ose poser les vraies questions comme : « Capitaine du XV de France, est-ce vraiment le pire job du monde ? »
À ne pas louper : la préface de Christian Jeanpierre.
La Découpe du monde de rugby, d'Ovale masqué, Marabout, 144 pages, 14,90 €.
Dico rigolo
En anglais, comment dit-on « la cabane est tombée sur le chien » ou « les mouches ont changé d'âne » ? Ces questions forment le fil rouge de ce très ludique dictionnaire bilingue.
À ne pas louper : les portraits de joueurs de CJP.
Sorry, Good Game !, de Bertrand Hourcade et Christian Jeanpierre, éd. La maison du dictionnaire, 166 pages, 12,99 €.
Amour d'enfance
Journaliste, romancier et ancien flanker du Rugby club Paris 15, Ludovic Ninet livre un éloge paradoxal du rugby, entre dénonciation de ses dérives et amour intact pour le jeu.
À ne pas louper : les interrogations de l'auteur sur l'évolution du rugby.
Petit éloge du rugby, de Ludovic Ninet, chez François Bourin, 232 pages, 14 €.
Beautés des 80's
Sous-titré « l'âge d'or du rugby français », le magnifique ouvrage de l'Anglais David Beresford est un hommage à nos icônes hexagonales, de Jean-Pierre Rives à Serge Blanco.
À ne pas louper : les très beaux portraits pleine page du photographe Pierre Carton.
Frères d'armes, de David Beresford, Hugo Sport, 256 pages, 29,95 €.
Souvenirs d'automne
Un recueil d'articles des huit Coupes du monde précédentes, mais aussi des entretiens exclusifs (Jean-Pierre Garuet, Abdelatif Benazzi, etc.), le hors-série de l'Équipe est le complément idéal aux ouvrages précités.
À ne pas louper : la préface de Pierre Michel Bonnot, « Que le meilleur gagne... mais pas trop souvent ».
Les Bleus racontent, hors-série de L'Équipe, 3 €.
Humour ovale
Journaliste à TF1, Fabrice David publie ce qui tient à la fois du recueil de blagues pour les amateurs et du lexique pour les néophytes. Car, « si le rugby était facile, ça s'appellerait le football ».
À ne pas louper : la préface de Sylvain Marconnet.
Prends ça entre les poteaux, de Fabrice David, éditions de l'Opportun, 130 pages, 9,90 €.
Flexion, liez, jeu
'Flexion, liez, jeu', sont les commandements qui résonnent dans chaque mêlée sur un terrain de rugby. Remontons en 1973, lors d'un test-match opposant l'Irlande à la Nouvelle-Zélande. Une mêlée aux allures de pugilat était alors "habituelle" pour les spectateurs de l'époque. Et la santé du joueur dans tout ça ?
À Marcoussis, des machines de haute technologie sont à disposition des joueurs et joueuses du XV de France pour peaufiner la poussée collective et les postures. Aujourd'hui, cette phase de jeu est totalement sécurisée pour nos piliers, et considérée comme pas assez agressive par les plus anciens.
La mêlée moderne en chiffres
Poids moyen : 850 kg. Huit gaillards soudés de chaque côté, puissants et souples, déterminés et vifs. Leurs armes : haute technicité, respect des règles et coups tordus.
Pour les rugbymen, c'est un moment spécial. "La mêlée, c'est l'affrontement suprême dans le combat que se livrent deux équipes", explique Fabien Pelous.
Le capitaine de l'équipe de France et du Stade toulousain, comme ses coéquipiers, voit dans la mêlée fermée le moment où les deux paquets d'avants, huit costauds de chaque côté, forment un bélier qui va, tête la première, s'encastrer dans l'ensemble formé par les huit avants adverses, pour lutter pour la possession du ballon.
Une lutte d'une vingtaine de secondes, où l'enjeu n'est pas que tactique, où chacun cherche à prendre l'ascendant psychologique, avec sa force, son coeur... et toutes les ficelles du métier. Un affrontement aux règles établies, dont les joueurs sortent avec les épaules et le cou douloureux et les cuisses qui brûlent d'effort.
Les bases de la mêlée
A l'origine d'une mêlée, il y a une faute sifflée par l'arbitre ; lorsque, par exemple, le joueur d'une équipe fait une passe en avant, ce que les règles interdisent, ou qu'un regroupement ne débouche sur aucune action.
L'objectif de la mêlée est de relancer le jeu de manière équitable et relativement sûre, après ce type de faute mineure ou après un arrêt de jeu.
L'arbitre convoque la mêlée d'un coup de sifflet accompagné d'un bras tendu à l'horizontale en direction de l'équipe à laquelle l'introduction du ballon va bénéficier. De chaque côté, les avants, du numéro 1 au numéro 8, se rassemblent en se liant à leurs équipiers par les bras pour former un bloc.
"C'est l'esprit du rugby, un effort commun", explique Pelous. Alors, le demi de mêlée jette la balle dans le tunnel formé sous la mêlée et, si tout va bien, va la récupérer derrière son côté pour relancer le jeu par une passe ou une course.
"La poussée en mêlée est alors la fusion du paquet d'avants, prêts à tout donner pour défendre sa ligne", raconte Jean-Pierre Garuet, ancien pilier du XV de France.
Les rôles dans la mêlée
Chacun des huit équipiers a un rôle bien différent. Sur le front des hostilités : la première ligne, constituée de deux piliers (numéros 1 et 3) et d'un talonneur (numéro 2). "Hommes forts physiquement et moralement, les piliers fonctionnent et réfléchissent par paires, comme les boeufs sous le joug", estime Garuet. "Les meilleurs techniciens du monde ne seront pas efficaces s'ils ne sont pas complices."
Le pilier droit a un rôle prépondérant. La construction de la mêlée fait qu'il supporte une grande partie de la pression adverse. Lors de l'assemblage des premières lignes, le pilier gauche a la tête libre, ne subissant la poussée que sur son épaule droite, alors que le pilier droit a la tête prise entre celles du talonneur et du pilier gauche adverse.
La mécanique fait donc que, naturellement, la mêlée tourne dans le sens des aiguilles d'une montre. De son côté, le talonneur donne l'impulsion, après l'introduction du ballon. Il entraîne avec lui les piliers et les deuxièmes lignes. "L'orientation de la poussée, les options tactiques sont décidées avant l'engagement, par un simple échange de code avec le demi de mêlée, sur des bases techniques répétées à l'entraînement", explique Benoît August, le talonneur de Biarritz.
Les piliers et le talonneur, eux, ne poussent pas seuls. Accroupis, le dos bien à plat, ils sont calés sur les épaules des deux deuxièmes lignes (nos 4 et 5) et des troisièmes lignes-aile (le 6 et le 7). Le troisième ligne centre (n o 8) rassemble, de ses deux bras, les deuxièmes lignes, afin de donner à l'ensemble un liant, une compacité qui soude les forces.
L'évolution de la mêlée au fil des ans
Ces vingt dernières années, la place de la mêlée dans le jeu a changé. D'abord, le nombre moyen de mêlées dans un match a diminué, d'une quarantaine à l'époque des célèbres piliers Paparemborde et Imbernon, à une vingtaine aujourd'hui. Par ailleurs, "il y a vingt ou trente ans, elle était souvent moins structurée et devenait le lieu d'affrontements individuels ; aujourd'hui, l'exercice est plus collectif", observe Jacques Brunel, entraîneur adjoint de l'équipe de France, responsable des avants.
Mais, même en moindre nombre, les mêlées restent un moment-clé du jeu, qui exige autant de technique et d'expérience que de muscles. La première ligne, notamment, détient plusieurs cartes pour déstabiliser l'adversaire.
Comme l'explique Garuet, le pilier peut chercher à appuyer sa tête sur le torse de son vis-à-vis, "pour qu'il finisse avec les côtelettes en accordéon". Soudé à son talonneur, il cherchera aussi à prendre le talonneur adverse en étau, et à le soulever. "Tous les muscles jouent dans cette bagarre où il s'agit de tordre l'adversaire", raconte l'ancien pilier de l'équipe de France, qui évoque "la partition des premières lignes", qui va du jeu des épaules à l'orientation de la tête, en passant par la pression exercée sur le sternum de l'adversaire pour lui couper la respiration...
La "feuille de chou"
Un ballet dont les spectateurs, et parfois l'arbitre, n'aperçoivent pas toutes les subtilités. Ces zones grises, où se règlent entre avants des différends plus ou moins anciens, font partie de la légende de la mêlée. De l'avis des joueurs, cette mauvaise réputation est aujourd'hui moins vraie. D'abord, parce que les caméras de télévision sont partout sur le terrain, redoutables auxiliaires des arbitres. Ensuite, parce que les sanctions sont plus lourdes et plus difficiles à supporter par les joueurs, devenus des professionnels rétribués par des clubs qui n'acceptent pas les écarts d'attitude. Enfin, parce qu'en dehors des mêlées les nombreux regroupements entre joueurs adverses offrent des occasions de "régler les problèmes dans les règles".
Même assagie, la mêlée laisse des marques, comme autant de signes de reconnaissance. Il y a les cicatrices, souvenirs de batailles laissés sur le visage. Mais la plus évidente est la "feuille de chou". Au contact de l'adversaire ou coincé entre les bassins de ses équipiers que l'on pousse, les joueurs des deux premières lignes usent les cartilages de leurs oreilles au point qu'ils finissent par "bourgeonner". Les oreilles sont aux piliers et aux deuxièmes lignes du rugby ce que son nez est au boxeur, à cette nuance qu'aucun d'eux, à l'inverse des artistes du ring, ne les conservera jamais intactes...
La mêlée, une épreuve de force stratégique
Pour autant, la mêlée n'est pas qu'une épreuve de force déconnectée du reste du match. Suivant le même rituel, chacune est différente. D'abord parce que, lorsque le ballon y est introduit, le talonneur ne peut plus vraiment pousser. Il doit se concentrer sur la balle qu'il doit ramener vers le numéro 8. Alors que l'équipe adverse, elle, compte sur ses huit gaillards. Ensuite, chaque mêlée "permet le lancement du jeu, et revêt pour cela une importance stratégique", rappelle Jacques Brunel.
Pour l'équipe qui introduit le ballon, faire par exemple tourner la mêlée adverse vers la gauche alors que l'on va attaquer à droite permet d'orienter la sortie du ballon vers ses propres lignes arrière et ainsi de gagner un peu de temps, tout en tenant éloignées les troisièmes lignes adverses.
La culture de la mêlée
Dans la famille du rugby, la France est considérée comme un pays empreint d'une "culture de la mêlée". Mais les Anglais ou les All Blacks sont aussi de "sérieux candidats". "L'équipe qui gagnera la coupe du monde 2007 sera super forte en mêlée", prédit Jean-Pierre Garuet. Parole de pilier !
