Le monde du rugby, souvent perçu comme un sport de valeurs et de camaraderie, est parfois le théâtre d'événements violents qui ternissent son image. À Cavaillon, plusieurs incidents ont marqué les esprits, allant de bagarres générales sur le terrain à des faits divers tragiques impliquant des joueurs.

Le Derby Cavaillon - Avignon-Le Pontet : Un Match Sous Haute Tension
Le derby entre Cavaillon et Avignon-Le Pontet est un événement très attendu dans le monde du rugby vauclusien. Cependant, la rencontre est souvent marquée par une forte rivalité, qui dégénère parfois en incidents regrettables. Le match de la saison 2024-2025 avait donné un piètre spectacle avec une bagarre générale, des blessés et cinq cartons rouges. Des incidents qui étaient remontés très haut dans les instances de la FFR et qui font toujours parler d’eux aujourd’hui.
Ce face-à-face entre Cavaillon et Avignon-Le Pontet va certainement faire parler de lui pendant un certain temps. Entre des Cavares revigorés depuis la nouvelle année grâce à leurs deux victoires contre deux "gros" de la poule, Les Angles et Monaco, et un Avignon-Le Pontet déterminé à venir décrocher une dixième victoire de suite pour consolider sa place de leader de la poule 3, la notion de derby a pris tout son sens ce dimanche après-midi. Pour le bon mais aussi le mauvais.
Pour le bon, Cavaillon a déployé un jeu très léché en première période qui lui a permis d’asphyxier Avignon-Le Pontet très maladroit à la main et en difficulté en conquête, et de rentrer au vestiaire avec une avance confortable de douze points (19-7). "On peut dire que c’est la première mi-temps référence cette année.
À la suite d'un déblayage un peu trop musclé de Péré, les deux équipes en sont venues aux mains après même pas dix minutes de jeu en seconde période. Résultat : trois cartons rouges distribués par l'arbitre M. Marboh.
Jean-Paul Lemaire : "Il est hors de question de revivre le même scénario !""Il y a quelques jours, j’ai convoqué les deux présidents pour leur dire que j’attends d’eux et de leurs joueurs un comportement irréprochable. Ce qui s’est passé la saison dernière a été inacceptable ! Quelle image on renvoie aux enfants et aux parents ? Passer la section
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Le Meurtre de Nicolas à Saint-Péray : Un Drame Lié au Rugby
Un autre événement tragique a frappé la communauté du rugby : le meurtre de Nicolas, 22 ans, tué par balle à la sortie d’une discothèque à Saint-Péray. Nicolas était membre du même club de rugby que Thomas, tué lors d’une bagarre à Crépol en novembre 2023, le Rugby Club Romans-Péage (RCRP) à Romans-sur-Isère.
Quatre jours après la fusillade qui est survenue devant une discothèque de Saint-Peray, en Ardèche, l'enquête avance. Deux suspects ont été interpellés ce lundi 4 novembre, a appris RTL de sources policières. La fusillade a fait un mort, Nicolas Dumas, 22 ans, décédé samedi des suites de ses blessures à l'hôpital de Valence (Drôme).
Un premier homme, âgé de 20 ans, suspecté d’être l’auteur du tir mortel a été interpellé à 18 h 25 dans les Bouches-du-Rhône, confirme le procureur de la République de Privas. Il est originaire de Montecchio en Italie et se nomme Hassan Youssef D, indique une source policière à Valeurs actuelles. Il a été interpellé sur un point de deal qui appartiendrait au gang de la DZ Mafia, dans le quartier de la Bricarde à Marseille. Il n’est pas inscrit au Traitement des antécédents judiciaires (TAJ).
Un deuxième homme de 23 ans, connu de la justice, a été arrêté à 20 h 25 à Cavaillon, dans le Vaucluse, rapporte le procureur. L’individu est né à Tunis en Tunisie et de nationalité française.
La juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (JIRS) va se saisir du dossier, ajoute le procureur.
Le drame est survenu vers 2h30 du matin, vendredi 1er novembre. Une fusillade a éclaté dans la file d’attente de la discothèque Le Seven, à Saint-Péray, près de Valence. Parmi les personnes touchées, Nicolas a été grièvement blessé par balle à la tête. Il a été transporté à l’hôpital de Valence, avant d’être déclaré mort samedi en début d’après-midi. Deux autres personnes ont été légèrement blessées.
Le décès de Nicolas Dumas ravive les plaies au sein du club de Rugby de Romans-sur-Isère. Il y a un an, un autre rugbyman du club, Thomas Perroto était décédé à Crépol (Drôme). Tous les dirigeants rappellent que les deux drames n'ont pas de liens directs ou indirects.
La Violence dans le Rugby : Un Problème Persistant
La violence dans le rugby n'est pas un phénomène nouveau. Gilbert Chevrier est d'autant plus séduit qu'il sait précisément ce que cette belle image d'Epinal cache de moins reluisant : la violence, ou le « jeu dur », comme on dit prudemment dans la grande famille du rugby français. Gilbert Chevrier est également vice-président de la Fédération française (FFR), où il est chargé de l'organisation sportive, qui chapeaute la commission de discipline.
Il se souvient que, quelques années plus tôt, une autre finale de quatrième série du comité Provence avait fini dans la plus grande confusion, lorsque les joueurs de Bonnieux, mauvais perdants, avaient bondi sur les étudiants d'Aix-en-Provence. La bagarre générale avait entraîné une suspension du RC Bonnieux pour trois saisons. « Quand il faut agir, on le fait », souligne Gilbert Chevrier.
D'autres faits divers, depuis, ont mis en évidence une recrudescence alarmante de la violence chez les jeunes rugbymen français. En janvier 1999, des cadets de Fumel (Lot-et-Garonne) ont agressé un arbitre. En avril 1999, une demi-finale du challenge du Grand Sud opposant les juniors de Moissac (Tarn-et-Garonne) et de Millas (Pyrénées-Orientales) s'est arrêtée au bout de quarante secondes : le temps d'une mêlée et d'une bagarre générale.
DEPUIS QUELQUES ANNÉES, la Fédération française de rugby (FFR) constate une recrudescence de la violence, notamment dans les compétitions de jeunes. GILBERT CHEVRIER, vice-président de la FFR, explique ce phénomène par l'élargissement de la famille du rugby et par le mauvais travail de certains éducateurs.
INSTALLÉ EN FRANCE depuis neuf ans, le Néo-Zélandais Grant Ross, co-entraîneur du Stade français, se souvient qu'il avait eu le sentiment de « découvrir un autre sport » lorsqu'il a débuté dans le rugby français.
LES JOUEURS victimes de brutalités s'adressent de plus en plus souvent aux tribunaux pour obtenir réparation.
