L'Évolution des Entraîneurs de l'Équipe Américaine de Football Féminin: Une Histoire de Succès et d'Influence

Avec le statut de "meilleure équipe du monde" et tous leurs titres internationaux, les Américaines ont prouvé que leur pays est le plus avancé en matière de football féminin. Depuis quelques années maintenant, les grands clubs de football européen misent sur les équipes féminines. Aux US, la professionnalisation du soccer est vite arrivée.

L'Ère Professionnelle et le Développement du Championnat

Deux ans après le sacre à domicile de "Team USA" en 1999 à la Coupe du Monde, le "soccer" féminin est entré dans l'ère professionnelle avec un premier championnat (WUSA) opposant huit équipes. Cette première tentative n'aura duré que trois saisons, mais elle a donné naissance ensuite à la WPS en 2008, puis à la NWSL en 2013. "Plus de 50 joueuses ayant participé à la Coupe du monde 2015 évoluaient dans notre championnat. On table sur le même chiffre cette année en France, cela montre le niveau de notre championnat. Ça profite à tout le monde, à notre équipe nationale aussi", estime la présidente Duffy.

La Domination Féminine et les Spécificités Américaines

Quand les Américaines font la loi sur le football mondial, leurs collègues masculins affichent pour meilleur résultat un quart de finale de Coupe du monde (2002), si on excepte la demi-finale de 1930, lors d'une première édition expérimentale, sur invitations. Pire, ils ont échoué à se qualifier pour la dernière Coupe du monde, l'été dernier, en Russie.

Cette disparité de bilans s'explique par les spécificités du paysage sportif américain, selon l'ex-internationale Brandi Chastain.

Emma Hayes: Une Nomination Historique

La Fédération américaine de football a annoncé ce mardi 14 novembre qu’Emma Hayes allait prendre les rênes de la sélection américaine en vue des Jeux olympiques de Paris 2024. Elle est la seule au monde. Emma Hayes, qui a été nommée ce mardi à la tête de la sélection féminine des États-Unis, est devenue l’unique sélectionneuse féminine à toucher un salaire égal à son homologue masculin. Cette égalité salariale est une grande première dans le monde du football international.

Si en France, la différence salariale entre Didier Descamps et Hervé Renard est réduite par rapport à l’Angleterre ou en Allemagne, elle est là encore choquante. Ces dernières années, la différence salariale entre les hommes et les femmes est devenue un sujet sociétal central, qui pointe aussi le bout de son nez dans la sphère du football. Ce constat s’applique toutefois uniquement ou en tout cas majoritairement au football masculin. Dans ce domaine, Emma Hayes fait donc figure de précurseure. De là à prévoir une hausse généralisée des salaires ? La nouvelle sélectionneuse de la Team USA remplit en effet des critères bien précis, autrement dit, elle n’est pas comme toutes les autres.

Et cette femme, nommée membre de l’Ordre de l’Empire britannique en 2016, s’apprête à prendre les rênes de la sélection féminine la plus titrée de l’histoire.

La Fédération américaine a annoncé, ce mardi, la nomination d'Emma Hayes au poste de sélectionneuse de l'équipe féminine des États-Unis. Elle prendra ses fonctions à la fin de la saison avec Chelsea.

Emma Hayes a été nommée ce mardi sélectionneuse de l'équipe féminine des États-Unis. La technicienne anglaise de 47 ans terminera d'abord la saison 2023-2024 avec les joueuses de Chelsea, puis elle rejoindra officiellement l'équipe américaine deux mois avant le début des Jeux Olympiques de 2024.

Elle aura alors quatre matches à diriger avant le début des JO de Paris, deux en juin et deux en juillet. En attendant, Twila Kilgore, l'entraîneuse principale par intérim, continuera d'assumer ses fonctions et deviendra ensuite l'adjointe de l'actuelle coach de Chelsea depuis onze saisons.

« C'est un immense honneur d'avoir l'opportunité d'entraîner l'équipe la plus incroyable de l'histoire du football mondial, a déclaré Emma Hayes. Les sentiments et les liens qui m'unissent à cette équipe et à ce pays sont profonds. Cela fait longtemps que je rêve d'entraîner les États-Unis, alors cette opportunité est un rêve devenu réalité. »

Hayes a été nommée manager des Blues en août 2012 et a remporté six titres de Super League féminine, un titre de WSL Spring Series, cinq FA Cups féminines et deux FA Women's League Cups. Chelsea a, également, atteint la finale de la Ligue des champions féminine en 2021. Elle a été nommée au The Best FIFA Women's Coach of the Year en 2021 et est finaliste pour le même prix cette année.

Emma Hayes devient donc la deuxième sélectionneuse née en Angleterre à diriger l'équipe féminine des États-Unis, après Jill Ellis.

Jill Ellis: Bilan et Controverses

À la tête de l’équipe des Etats-Unis, l’Anglo-Américaine est en lice pour remporter son deuxième Mondial d’affilée, dimanche face aux Pays-Bas. Elle ne fait pourtant pas l’unanimité au pays. Une équipe peut-elle gagner malgré son sélectionneur ? Autrement dit, les footballeuses américaines sont-elles si fortes qu’elles gagneraient avec n’importe quel entraîneur ? Cette interrogation, qui agite les observateurs américains, vise directement Jill Ellis, et son influence sur les performances de cette machine à gagner impitoyable que forment Megan Rapinoe, Alex Morgan et leur bande.

Pourtant, dimanche 7 juillet, Ellis prendra place sur le banc du Parc OL pour sa deuxième finale de Coupe du monde consécutive. Et, face aux Pays-Bas, elle a de grandes chances de devenir la première sélectionneuse à gagner deux titres mondiaux d’affilée. Le décalage entre la réalité des résultats et la perception de la coach est grand.

Durant cette Coupe du monde, un match a cristallisé les critiques contre les choix d’Ellis. En huitième de finale le 24 juin, contre toute attente, les Espagnoles mettent en danger les favorites Américaines. Le score reste longtemps bloqué à 1-1 et devant, les titulaires habituelles ont toutes les peines du monde à se montrer dangereuses. Mais le premier changement n’intervient qu’à la 85e minute de jeu lorsque Morgan cède sa place à Carli Lloyd. Lindsey Horan entre également en fin de rencontre alors que la décision a été faite grâce au deuxième penalty de Rapinoe et qu’elle est sous la menace d’une suspension en cas de nouveau carton jaune. Un coaching critiqué notamment face à l’Espagne

La presse américaine n’a pas manqué de confronter Ellis à ses décisions tardives. Dans un article de SBNation, un média américain spécialisé sur le sport, Kim McCauley se montre caustique vis-à-vis de la coach en endossant son costume : « Si je passe l’entraînement assis sur une chaise à siroter du thé glacé et en criant de temps en temps’C’est bien les filles, on continue’, je serai quand même capable de mener l’équipe en 8es. Et on pourrait même gagner. C’est la qualité de cette équipe. Elle est bien plus talentueuse que les autres. »

En tout début de compétition, l’ancienne gardienne charismatique, Hope Solo, championne en 2015 sous les ordres d’Ellis, a elle aussi critiqué son ex-sélectionneuse. Selon Solo, Jill Ellis ne fait pas progresser Team USA car elle ne parlerait par exemple jamais des erreurs de l’équipe lors des séances vidéos d’après-match pour « ne pas contrarier les ego des joueuses. » « Ce n’est pas le leader que je souhaiterais qu’elle soit. Elle s’appuie beaucoup sur ses entraîneurs adjoints. Elle craque beaucoup sous la pression, a-t-elle déclaré à la BBC. Mais souvent, cela n’a aucune importance, car la qualité de l’équipe américaine est superbe. Nous avons une tradition gagnante, et peu importe qui nous entraîne, nous trouverons un moyen de gagner. »

Jill Ellis avait répondu à sa manière, sans vouloir polémiquer. « Les commentaires sont des commentaires. Personnellement, j’ai le sentiment au cours des cinq dernières années que j’ai pris beaucoup de décisions importantes et que j’ai les capacités de les prendre », a-t-elle répliqué.

Au Monde, la double championne du monde 1991 et 1999, la pionnière Brandi Chastain, tient le même discours quant à Jill Ellis. « D’abord et avant tout, elle se lève rarement pour donner des instructions ou pour montrer des émotions au bord du terrain. C’est plutôt un de ses adjoints masculins qui le fait, reproche la Californienne. Elle devrait être celle qui donne des informations si c’est son équipe qui joue. »

Dès sa nomination en 2014, le choix de Jill Ellis, née à Portsmouth en Angleterre il y a 52 ans, n’avait pas fait l’unanimité. Débarquée avec sa famille aux Etats-Unis à l’âge de 15 ans, pour suivre son père qui venait d’y trouver un nouveau travail, l’adolescente découvre le soccer et joue modestement pendant quelques années. La jeune femme se tourne rapidement vers la carrière d’entraîneur et va rester vingt-deux ans au sein du football universitaire, dont onze ans à la tête de l’équipe de UCLA, la prestigieuse université californienne (1999-2010). Dans le même temps, dès l’année 2000, elle entre dans le giron fédéral et occupe différents postes auprès des sélections de jeunes et en tant qu’adjointe des A.

« Ce n’est pas Phil Neville (le sélectionneur des Anglaises, ex-joueur de Manchester United), ce n’est pas quelqu’un qui se met en avant. Elle n’a pas fait une grande carrière de joueuse, elle a grandi en Angleterre où les filles ne jouaient pas au foot, elle est devenue américaine et est restée longtemps imprégnée du jeu universitaire. Ensuite, elle est devenue un peu apparatchik de la fédération, analyse le journaliste du Wall Street Journal, Joshua Robinson. Quand tu as fait tout ça, tu comprends que tu fais partie d’un système et que ce n’est pas toi qui as construit cette équipe : elle avait du succès avant toi, elle en aura après toi. »

Titrée en 2015, un an après sa nomination, éliminée en quarts de finale des JO de Rio l’année d’après, une première dans une grande compétition pour les Américaines, Jill Ellis a remodelé sa sélection en vue de cette Coupe du monde. De nombreuses joueuses ont été testées et onze nouvelles ont été appelées pour le voyage en France. La coach a également tenté de faire évoluer le jeu parfois stéréotypé de son équipe, en difficulté aux JO contre la Suède, qui avait choisi de défendre et de subir.

« Je pense qu’il y a toujours des leçons précieuses. En 2015, pour moi en termes de tournoi majeur et de niveau senior, c’était la première fois », a-t-elle déclaré, consciente des progrès à réaliser.

Malgré ces évolutions, la sélectionneuse ne fait toujours pas l’unanimité. Même un possible deuxième titre mondial ne semble pas convaincre les sceptiques. « Je ne pense pas qu’elle était qualifiée quand elle a été nommée. Avoir remporté la Coupe du monde lui a donné de la crédibilité, mais je ne suis pas convaincue qu’elle soit la personne qui a la vision nécessaire pour guider l’avenir footballistique de notre pays », juge Brandi Chastain.

Joshua Robinson reconnaît une qualité principale à l’entraîneuse, sa capacité à gérer un groupe des fortes personnalités. « Je ne suis pas un énorme fan d’Ellis mais je crois qu’elle a compris la chose la plus ardue quand tu diriges cette équipe : la gestion des tensions et des personnalités, analyse-t-il. Quand tu as un personnage tel que Rapinoe, ça peut mal se passer si tu essaies de la contraindre. Après la demie, elle a dit ´Je ne suis pas la policière de l’équipe’. Ça a du sens. »

Contre vents et marées, la sélectionneuse poursuit sa route. « Sur un match on peut critiquer des choix tactiques, malgré tout, elle est bien partie pour être double championne du monde. Pas grand-chose à redire quand tu gagnes. Finalement, elle doit bien faire les choses de manière juste. Surtout que ce Mondial était la Coupe du monde la plus difficile de l’histoire », lance Joshua Robinson.

Imperturbable, Jill Ellis n’est plus qu’à une étape de toucher à son but. Et d’entrer malgré ses contempteurs dans l’histoire du football mondial.

Jill Ellis devient une des dirigeantes de la FIFA.

Championne du monde sur le banc des États-Unis en 2015 et 2019, Jill Ellis a été nommée directrice du football à la FIFA.

Jill Ellis (58 ans) a été nommée directrice du football de la FIFA avec comme mission de développer la stratégie générale. L'ancienne coach, championne du monde 2015 et 2019 sur le banc des États-Unis, dirigeait le groupe d'étude technique de l'institution au Mondial féminin 2023. Désormais ancienne présidente du San Diego Wave, elle collaborera avec Arsène Wenger, directeur global du développement.

Moments Clés de l'Histoire de l'Équipe Américaine

1991, Akers superstar

Si Carin Jennings a été élue meilleure joueuse de la Coupe du monde 1991, c'est parce que Michelle Akers ne pouvait pas se permettre de rafler tous les trophées individuels. Avec 10 buts, l'attaquante de 25 ans avait pourtant ébloui de son talent ce qui s'appelait encore le Championnat du monde de football féminin de la FIFA pour la Coupe M&M'S.

Parmi les premières stars de la discipline, Akers avait marqué de son empreinte la première finale, un match compliqué pour le team USA.

Impressionnantes tout au long de la compétition, les Américaines manquent de solution face à la Norvège, dans un match disputé l'après-midi devant 65 000 personnes au stade Tianhe de Guangzhou (Chine). Akers, avant-centre, ouvre le score de la tête (20e) mais Linda Medalen lui répond rapidement de la même manière (29e). La seconde période est très ouverte, et la prolongation approche, alors que les matches durent 80 minutes.

A deux minutes de la fin du temps réglementaire, Michelle Akers intercepte une passe en retrait trop faible de Tina Svensson pour éliminer Reidun Seth d'un crochet et ouvrir le palmarès mondial en gravant le nom des Etats-Unis.

1999, Chastain une célébration pour l'histoire

Battus par la Norvège en demies en 1995, les Etats-Unis sont de retour en finale en 1999. Devant plus de 90 000 spectateurs au Rose Bowl Stadium de Pasadena, près de Los Angeles, sous une chaleur étouffante, les Américaines retrouvent la Chine, après leur victoire en finale des JO d'Atlanta 1996. Michelle Akers est encore sur le terrain, en meneuse de jeu cette fois, mais laisse la vedette à une autre joueuse : Brandi Chastain.

La finale s'étire jusqu'aux tirs au but, et les deux équipes sont à égalité jusqu'à un échec de Liu Ying devant Scurry. Le dernier tir américain peut être décisif, et le staff hésite entre Akers et Chastain pour le frapper. Cette dernière, âgée de 31 ans, prend ses responsabilités, malgré son échec quelques mois plus tôt lors d'un tournoi amical contre cette même gardienne. Pour surprendre, l'arrière gauche décide de tirer du gauche, et transformer sa tentative.

La photo fera le tour du monde, et reste encore aujourd'hui comme l'une des images les plus fortes de l'histoire du sport féminin.

2011, écoeurées par le Japon

Le Japon reste la seule équipe à avoir fait tomber les Etats-Unis en finale de Coupe du monde. En 2011, les Japonaises de Saki Kumagai, leur jeu construit et leur état d'esprit irréprochable avaient écoeuré les Américaines en revenant deux fois au score avant de s'imposer aux tirs au but à Francfort (2-2, 3-1 t.a.b.). Entrée après la mi-temps, la jeune Alex Morgan, alors âgée de 22 ans avait pourtant dynamité la rencontre, touchant le poteau après une barre d'Abby Wambach en première période. Mais Miyama (80e) et Sawa d'une aile de pigeon salvatrice (117e) avaient répondu à son but (69e) et à sa passe décisive pour Wambach (104e).

Les USA, poussés dans leurs retranchements, s'étaient écroulés durant la séance de tirs au but avec trois échecs de Boxx, Lloyd et Heath. Les Japonaises avaient su faire preuve de patience sans jamais se renier, pliant notamment sans rompre durant le premier quart d'heure, malgré la multitude d'occasions US. Aucune équipe n'a réussi à tenir ce cap du premier quart d'heure jusqu'ici dans le Mondial.

2015, la cinglante revanche menée par Lloyd

Vexée au plus haut point après ce titre envolé de 2011, les Américaines prennent une revanche cinglante et éclatante en finale 2015, contre ces mêmes Japonaises (5-2), dans la brume de Vancouver provoquée par des feux de forêt. Le team USA éclaircit vite la situation avec un début de rencontre stratosphérique, et mène 4-0 au bout de... 16 minutes.

Le temps pour Carli Lloyd d'inscrire le premier triplé de l'histoire dans le temps réglementaire d'une finale mondiale. De quoi évacuer toute la frustration née de son tir au but manqué quatre ans plus tôt, avec notamment un lob du milieu de terrain. Autre malheureuse de 2011, Tobin Heath lave également son esprit en marquant le cinquième but.

Jill Ellis is sure the 2019 Women's World Cup left a big legacy for the future!

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