Le FC Grenoble Rugby, club emblématique de l'Isère, possède une histoire riche et passionnante, marquée par des figures marquantes qui ont contribué à son essor. Parmi celles-ci, les entraîneurs occupent une place de choix, façonnant l'identité et le succès du club au fil des décennies.
Les Pionniers et la "Méthode Lamouret"
L'acte de naissance du rugby grenoblois remonte à 1892 avec la création de l'Association Athlétique du Lycée par des élèves du lycée Champollion. Plusieurs clubs civils furent ensuite créés, dont le Club Sportif Grenoblois en 1896 et le Stade Grenoblois en 1897 sous l'impulsion de Louis DALBAN. En 1911, Jean COIN participa à la création du F.C. Grenoble, regroupant ainsi plusieurs clubs existants.
Au lendemain de la guerre, Paul LAMOURET, par l'intermédiaire de Géo MARTIN, arriva au FCG. Ce basque de Biarritz allait révolutionner l'approche du rugby dans le club grenoblois et même au-delà. En effet, il laissera comme héritage la fameuse 'méthode LAMOURET' dont les innovations étaient multiples (comme par exemple la passe plongée du demi de mêlée).
Pendant une décennie (1920-1929), le FCG va connaître une très belle période marquée notamment par des succès historiques contre les équipes parisiennes (l'Olympique et le Stade Français) avec déjà des affluences exceptionnelles à Lesdiguières (10 000 spectateurs !). Mais très souvent, le FCG croisera également sur son chemin sa bête noire de l'époque ... les catalans de Perpignan.
Aprés ces années fastes, d'autres grands noms du rugby grenoblois s'imposèrent en la personne des frères Paul & Marcel FINET mais également de Julien SABY. Ce dernier fut d'ailleurs en quelque sorte le légataire de la 'méthode LAMOURET' et son influence au sein du FCG demeura très importante.
Ainsi, les années précédant le seconde guerre mondiale furent assez inégales, le FCG connaissant plusieurs entraîneurs dont un certain Albert RAYNAUD qui avait déjà côtoyé le quinze alpin pendant l'ère LAMOURET.

Le Stade Lesdiguières, lieu emblématique du rugby à Grenoble.
L'Ère Lienard et le Titre de Champion de France
Au début de la saison 1949-1950, alors qu'un certain Jean LIENARD arrivait à Grenoble en provenance de Roanne XIII, l'équipe II se mettait en évidence en enregistrant son premier titre de Champion de France contre Castres pendant que l'équipe I descendait en Excellence (l'équivalent d'une seconde division).
Cependant, cette rétrogradation était de courte durée puisque l'année suivante l'équipe I retrouvait sa place au plus haut niveau en devenant Champion de France d'Excellence (victoire contre La Voulte, 9 à 0). Cela annonçait en quelque sorte le retour de l'équipe I sur le devant de la scène nationale ...
En effet, la saison 1953-1954 allait devenir la plus belle page du FCG avec le titre de Champion de France. Cette victoire en finale, au Stadium de Toulouse, fut obtenue en battant l'US Cognac sur le score de 5 à 3 (essai de LANFRANCHI, transformé par ECHEVET).
Malgré tout, lors de la saison 1962-1963, avec Jean LIENARD comme entraîneur, le stade des 1/2 finales est atteint mais le FCG s'inclinera contre Dax.
Les Années Micoud et le Retour dans l'Élite
Pendant trois saisons, le club grenoblois allait se reconstruire en douceur (grâce au binôme MICOUD-LIENARD) mais connaîtra quand même la notoriété grâce aux résultats retentissants de son école de rugby et de ses équipes de jeunes (cadets & juniors). L'équipe fanion reviendra dans l'élite nationale lors de la saison 1978-1979 sous la houlette de Jean LIENARD.
Ce retour au plus haut niveau sera d'abord marqué par un titre de Champion de France de l'équipe II en 1980 (victoire contre Biarritz, 6 à 3). Mais surtout par une formidable saison 1981-1982 puisque le FCG terminait premier de sa poule et ne s'inclinait qu'en 1/2 finale contre Bayonne (20 à 3).
L'Ère Ringeval et le Challenge Yves du Manoir
Mais sous la direction de Michel RINGEVAL, le quinze alpin allait tutoyer le sommet du championnat de France et cela se concrétisait par une première 1/2 finale perdue en 1992 contre Biarritz (à Bordeaux ...). Ce stade de la compétition fut également atteint en 1994, mais la sentence était la même, défaite contre Montferrand.
Entre ces deux années, le FCG s'ouvrait enfin le chemin du Parc des Princes mais se voyait spolier d'un titre de Champion de France en s'inclinant injustement contre Castres sur le score de 14 à 11.
Les Entraîneurs des Années 1990 et 2000
C'est ainsi que les entraîneurs se succédèrent pour retrouver lors de la saison 1995-1996 le tandem Nano CAPDOUZE-Eric FERRUIT, puisJean DELAVAISSIERE en 1996-1997 et enfin Gilbert DOUCET en 1997-1998. Et cet exercice était couronné par une participation aux 1/2 finales du championnat de France, avec une défaite d'extrême justesse contre Montferrand (27 à 16).
L'exercice suivant se présentait sous les meilleurs auspices avec notamment un recrutement aussi pléthorique que talentueux. Ce qui n'empêchait pas le quinze alpin de subir le camouflet de la relégation suite à un match de barrage perdu contre Pau.
Cette terrible sentence menaçait même l'existence du vieux club alpin, et après de douloureux épisodes, tant sportif qu'administratif, le FCG débutait en Pro-D2 sous la baguette de Jacques DELMAS.
L'Ère Moderne et les Défis Récent
Le club réintègre l'élite et constitue même l'une des surprises du Championnat de France de top 16 en 2003 en se qualifiant pour les phases de playoffs après une victoire 14-17 au Stade Marcel-Michelin face à Montferrand demi-finaliste du championnat de France la saison passée. L'année suivante le FC Grenoble se maintient difficilement parmi l'élite, puis c'est à nouveau une relégation à l'issue de la saison 2004-2005.
Le club grenoblois ne demeure qu'un an chez les amateurs, battant le RC Nîmes sur le score de 32-25 lors de la petite finale du Trophée Jean-Prat au Stade Georges-Pompidou de Valence, un match décisif octroyant la 3e et dernière place qualificative en Pro D2. Le club suit alors une progression logique au cours des deux années suivantes en terminant respectivement à la 14e et 8e place en fin d'exercice 2007 et 2008.
L'intersaison 2009 voit donc s'effectuer de nombreux changements au sein du club. En outre, le retour de Fabrice Landreau en provenance du Stade Français dans le staff à l'intersaison s'inscrit dans un cycle de trois ans à l'issue duquel le club doit réintégrer l'élite. En 2010-2011, Grenoble échoue à deux points du titre et s'incline à domicile en demi-finale des barrages d'accession en Top 14 face à l'Union Bordeaux Bègles sur le score de 12 à 1960.
Si Grenoble effectue du changement dans son effectif, c'est également le cas pour son staff et son entraîneur ! Fabien Gengenbacher et Arnaud Héguy, qui étaient en place depuis 2021, ne seront plus dans le staff de Grenoble la saison. Pour les remplacer, le club a fait appel à un entraîneur expérimenté, en la personne d'Aubin Hueber, qui arrive avec un CV conséquent en tant qu'entraîneur. Avec lui, Hueber ramène Patrick Perezi, qui est le directeur sportif de Hyères-Carqueiranne.
De ce fait, en juillet prochain, Grenoble aura un président au statut de salarié, avec la nomination de Fabien Gengenbacher qui était jusque-là le directeur sportif du club. Ce nouveau système permet à Grenoble de prévoir des renforts financiers, avec le retour d'un des anciens présidents, Patrick Goffi, pour essayer de redresser le portefeuille du FCG, en apportant de nouveaux fonds.
Avant une finale de Pro D2 contre Vannes au stade Ernest-Wallon de Toulouse samedi 8 juin (17h30), France Bleu Isère a recueilli les témoignages de deux anciens managers du club : Fabrice Landreau (2009-2014, puis 2014-2016 en tant que directeur sportif) et Fabien Gengenbacher (2021-2023).
Fabrice Landreau, champion de Pro D2 en 2012 avec les Rouge et Bleu, affirme que la saison est déjà belle : "Si on prend les 20 dernières années, je pense que c'est la saison qui symbolisera le plus la résilience et l'abnégation des Grenoblois. Et c'est probablement la plus belle saison du FCG de ces 20 dernières années. Dans cinq ans voire dix ans, on prendra conscience de ce que les joueurs ont réalisé".
Fabien Gengenbacher est du même avis, avec son regard de coach de la saison passée : "Moi ça me fait plaisir de les voir comme ça. La saison dernière, on a créé beaucoup de liens forts. Je sais l'énergie qu'ils y ont mis, et le club a tellement traversé de choses négatives. Donc se retrouver en finale, c'est une chose positive pour toutes les personnes résilientes".
Au moment de se projeter sur le match contre Vannes, celui qui a été coach de l'équipe battue par Oyonnax en finale la saison dernière donne ses conseils : "Je pense que la finale de l'année dernière, on l'avait préparée plus pour contrer Oyonnax que pour leur imposer qui nous étions", explique Gengenbacher. "Cette année, il ne faut pas faire la même erreur. Le FCG produit un rugby de qualité et a un numéro 10 aussi de qualité (Sam Davies, ndlr.). Oui, il faut s'adapter à Vannes qui proposera une vraie opposition de style, mais surtout il faut qu'ils restent qui ils sont".
Fabrice Landreau veut aussi faire prendre conscience que les joueurs sont en train de marquer l'histoire... sous réserve de transformer l'essai samedi comme on dit. "Ils écrivent une des plus belles pages de l'histoire du FCG. S'ils remportent cette finale, ils vont graver dans le marbre une histoire très singulière donc qu'ils se fassent plaisir mais maintenant, faut aller au bout".
Pour sa dernière saison au club, Fabrice Landreau a pris du recul par rapport au groupe professionnel pour se consacrer à parfaire la formation des jeunes joueurs afin qu’ils soient prêts lors de leur intégration à l’effectif pro. Le patron du sportif se nomme désormais Bernard Jackman, prolongé jusqu’en 2019.
À la tête d’un staff technique qui a vu arriver le Néo-Zélandais Aaron Dundon - 34 ans, ancien talonneur du Leinster tout juste retiré des terrains - pour s’occuper de la conquête iséroise en souffrance la saison dernière, Bernard Jackman cherche à amener une rigueur et une exigence supplémentaires aux joueurs grenoblois afin qu’ils soient le plus compétitif possible. Durant la préparation d’avant-saison, l’accent a été particulièrement mis sur l’aspect physique.
À l’instar de Fabrice Landreau, cette nouvelle saison sera aussi la dernière de Marc Chérèque en tant que président du FCG, lui qui est arrivé à sa tête en 2005. Il en a fait l’annonce au mois de juin. Éric Pilaud, l’actuel président du Conseil de surveillance, est pressenti pour lui succéder l’année prochaine.
Présenté comme le deuxième ligne le plus complet d’Irlande et d’Angleterre par Bernard Jackman, Muldowney bénéficie d’une solide réputation en Grande-Bretagne et en Irlande. Bernard Jackman ne tarit pas d'éloges sur Aly Muldowney. Au pays du Trèfle, les observateurs s’attendaient à ce que le sélectionneur national Joe Schmidt le convoque pour la tournée cet été en Afrique du Sud, mais, en raison de son départ pour la France, le Néo-Zélandais a décidé de se passer de ses services.
Aly Muldowney a un profil très rare, selon Jackman, à la fois puissant, doté d’un gabarit solide (1,96 m ; 122 kg), et qui joue le rôle de capitaine de touche. Il devrait bien s’adapter au système de jeu de Grenoble, proche de celui qu’il a connu au Connacht. Avec l’absence prolongée d’Hendrik Roodt (cheville, trois à six mois d’arrêt), l’Anglo-irlandais devrait être la poutre du pack du FCG.
Lors d’une conférence de presse le 4 juin, les dirigeants du FCG ont rappelé leur objectif : Construire progressivement un club qui s’installe durablement dans l’élite du rugby français et européen, en se basant sur un modèle économique sain et pérenne. Pour 2016/2017, Grenoble a communiqué sur des objectifs "qualitatifs" à atteindre : améliorer les secteurs défaillants (conquête, défense, jeu au pied), continuer à mettre en place un projet de jeu ambitieux, réaliser une saison plus constante dans les performances et retrouver de la solidité au Stade des Alpes, où le FCG a été battu à sept reprises en 2015/2016, dont deux grosses claques à plus de 50 points face à Clermont et Toulouse.
Dans ce Top 14, il s’agira d’abord pour Grenoble d’assurer son maintien. En Challenge Cup, le FCG - qui aura dans sa poule le Lou, les Ospreys et Newcastle - cherchera une nouvelle fois à réaliser un beau parcours, après avoir vécu de grandes émotions dans cette compétition la saison dernière avec un quart de finale à domicile remporté face au Connacht avant de s’arrêter en demi-finales contre les Harlequins.
Le FC Grenoble Rugby a annoncé ce lundi 22 juillet le décès d’Alain Michel, figure bien connue du rugby en Isère. Ancien talonneur dans les années 60, Alain Michel a évolué dans plusieurs clubs de la région grenobloise avant de s’orienter vers des fonctions d’entraîneur puis de dirigeant. Il s’est notamment investi de manière durable au sein de l’AS Fontaine Rugby, où il a occupé différents rôles techniques et administratifs. Alain Michel s'était notamment investi au sein de l'association Les Rouge et Bleu, rassemblant les anciens joueurs qui ont fait les beaux jours du club grenoblois. Il avait eu la gentillesse de participer à notre émission Terre de Rugby en novembre 2017, une édition spéciale dédiée aux "Anciens" du FCG.
| Nom | Période | Réalisations |
|---|---|---|
| Paul Lamouret | 1920-1929 | Révolution de l'approche du rugby |
| Jean Lienard | 1949-1963 | Champion de France en 1954 |
| Michel Ringeval | Années 1980-1990 | Challenge Yves du Manoir en 1987 |
| Fabrice Landreau | 2009-2014 | Champion de Pro D2 en 2012 |
Crise explosive au FC Grenoble les joueurs en révolte
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