Dans l'univers du football, l'excitation palpable d'un stade vibrant au rythme des chants de ses supporters est inégalable. C'est une pratique si profondément ancrée qu'on n'oserait même plus imaginer un football sans. Au Parc des Princes, le chant emblématique du Paris Saint-Germain se lève en un cri de ralliement, enflammant l'atmosphère et unissant des milliers de voix en une harmonie explosive. Ce chant, véritable hymne à la passion et à la ferveur, fait trembler les tribunes et rappelle à tous la force indescriptible de l'émotion collective.
Cet article est une invitation à découvrir les spécificités de ce chant emblématique qui fait vibrer le cœur des fans et des joueurs. Chaque match, la tribune Auteuil devient un véritable théâtre d'émotions. Les supporters entonnent des chants qui invitent les joueurs à se dépasser. Les paroles de ces chants sont simples, mais chargées d'émotion. Exemple avec le célébrissime : « Allez Paris, Allez Paris ! », une phrase qui, à elle seule, est capable de faire vibrer les âmes et de galvaniser l'équipe.
La magie d'un match au Parc des Princes ne se limite pas aux chants ! Les supporters n'hésitent pas à danser, parfois inspirés par les rythmes de la danse grecque. Vous pourrez les apercevoir sur les images de célébration, le sol en tremblant sous leurs pas énergiques !

Le Parc des Princes, lieu de communion des supporters du PSG.
Au cœur de la mythique enceinte qu’est le Parc des Princes, les chants des supporters du Paris Saint-Germain résonnent comme une véritable symphonie d’émotions. Ce chant, à la fois entraînant et puissant, a le don de faire trembler les tribunes et d’enflammer les cœurs des fans.
L'Histoire et les Influences des Chants de Stade
Démocratisé en France fin des années 1970 et au début des années 1980, le chant de stade trouverait son origine là où est né le sport lui-même : en Angleterre, à l'origine plutôt sous la forme de cris, de slogans repris à l'unisson. L'Italie a, elle aussi, sa part de responsabilité dans la propagation de cette pratique, dans la forme que l'on connaît aujourd'hui, et notamment en France, où elle a irrigué de son influence les premiers ultras, à Marseille.
Un héritage culturel, dans les deux cas : « Dans les pays anglo-saxons, on a beaucoup de chorales, même à l'école, retrace Marina Chiche. Pour l'Italie, c'est plutôt la culture de l'opéra, le XIXe siècle. »
Au Parc des Princes, ces deux influences se sont longtemps fait face, littéralement : « Auteuil reprenait le modèle italien, Boulogne plutôt l'anglais, explique un membre de longue date du Collectif Ultras Paris (CUP). Depuis le retour du CUP (en 2016, après avoir été chassé du stade à la suite du plan Leproux lancé en 2010), on a plus insisté sur le côté festif, italien, les chants dansants avec des couplets. L'influence anglo-saxonne, ce sont des chants plus secs, plus espacés dans le temps dont certains sont restés, par exemple le : "Allez Paris, Allez Paris, S ! G !" »
Sans cesse en mouvement, la culture ultra fait émerger de nouveaux chants chaque année dans les tribunes pour venir enrichir le répertoire. « En général, ce sont plutôt des créations solitaires, détaille Paul Cometto, ancien président et capo des Indians, groupe ultra de Toulouse. Ce n'est pas évident de créer un chant à plusieurs. Mais tout le monde peut arriver avec de nouvelles idées. »

Les supporters du PSG créent une ambiance électrique.
À Paris, « une petite équipe spécialisée » s'occupe du répertoire du CUP, composée des capos, batteurs et tambours, garants de l'animation musicale. Tout en restant attentifs au courrier des lecteurs : « Un chant récent qui a bien marché, qui fait "À jamais tu resteras gravé dans ma tête..." C'est un suiveur du club qui nous l'a envoyé, explique notre membre du CUP. On l'a repris parce qu'on a adoré. »
La Création et l'Adoption des Chants
Selon les fulgurances de chacun, comme l'oeuf ou la poule, vient alors en premier soit la mélodie, soit les paroles. « Ce débat, c'est le coeur de la musicologie, s'amuse Marina Chiche. Dans la religion, on dit : "Au commencement était le verbe..." Et les musiciens sont en mode : pas du tout ! (Rires.) »
Les ultras, eux, sont généralement du côté des musicologues. « Souvent, la musicalité, la mélodie nous parle, et, une fois qu'on est convaincus, on essaie d'adapter des paroles dessus », explique-t-on du côté du CUP.
Dans les stades, il n'est pas rare d'entendre émaner des tribunes des mélodies qui ont d'abord longuement squatté les rangs du Top 50. « Il n'y a quasiment pas de création mélodique ex nihilo dans les stades, explique Théophile Bonjour. C'est aussi un marqueur des cultures comme le mouvement ultra : le monde capitalistique nous envoie beaucoup d'objets, dont des objets musicaux.
À Toulouse, l'hymne occitan « Se Canto » est devenu celui du TFC. Repris à l'unisson lors de la finale de Coupe de France 2023, il est la fierté des Indians.
L'universitaire, qui travaille actuellement à la production d'une série de podcasts sur cette thématique intitulée Au choeur des stades, développe en prenant un exemple précis : la chanson Hissez haut les drapeaux, à Marseille. « Les ultras étaient dans un car, ils ont entendu Santiano d'Hugues Aufray et quelques matches avant la finale victorieuse de 1993 à Munich, ils ont lancé ça au départ comme une blague, explique-t-il. Mais ça a pris. Sur le but de Basile Boli, c'est ce chant que les supporters entonnent, ce qui explique son statut si particulier dans le coeur des Marseillais. »
Le dénominateur commun, bien souvent, c'est une mélodie à la fois entraînante et surtout abordable. « En France, il faut que ce soit simple d'exécution, avec ce qu'on appelle des notes conjointes, des rythmes simples », développe Théophile Bonjour.
Diversité Musicale dans les Tribunes
Musique classique, chants religieux et tubes Une fois la mélodie acquise, dans les virages, on entend de tout. Du classique, parfois, la Symphonie du Nouveau monde d'Antonin Dvorak a par exemple trouvé un point de chute chez les Bad Gones lyonnais.
Chez le rival stéphanois, on a même versé dans le religieux avec l'Ave Maria de Lourdes, où le « Ave, Ave, Ave Maria » a été transformé en « Allez, Allez, Allez Saint-Étienne ».
À Paris, l'hymne officieux de l'Écosse, le Flowers of Scotland, a donné naissance au Ô Ville Lumière. Et puis, il y a de la musique populaire, pas forcément française. L'Italie a aussi placé quelques tubes dans les tribunes françaises. L'estate sta finendo, chanson du duo Righeira sortie en 1985, a inspiré le chant Allez, allez, allez qu'on entend partout en Europe, de Rennes à Liverpool en passant par Naples.
Plus récent, la chanteuse Noemi, avec Vuoto a perdere, qui a inspiré le chant devenu mythique des ultras parisiens : Tous ensemble on chantera.
À Geoffroy-Guichard, on verse dans le religieux avec « l'Ave Maria » de Lourdes, où le « Ave, Ave, Ave Maria » a été transformé en « Allez, Allez, Allez Saint-Étienne ».
« En Argentine, c'est un peu le contraire, explique Théophile Bonjour. Les airs des hinchas ou des barras bravas sont très développés, assez compliqués à chanter, pour que la foule dont ils veulent se distinguer ne les rejoigne pas. »
En France ou aux alentours, cette exclusion se fait plutôt par le contenu des chants, ou par le simple fait de chanter : « On parle beaucoup d'inclusion, d'exclusion, et c'est très important quand les gens chantent avec le groupe », analyse Marie-Anne Berron, qui a cosigné avec Florian Koch deux études qui ont exploré en détail la sémantique des chants de supporters.
C'est notamment pourquoi, selon les deux chercheurs, les chants qui vont à l'encontre de l'adversaire peuvent être parfois si véhéments, si violents.
Ajoutez cela à l'effet de groupe, et vous obtenez des foules qui peuvent parfois insulter au-delà du raisonnable. En France, ces dernières années, le contenu de certains chants, insultants, discriminants, particulièrement homophobes, a été au coeur de nombreux débats publics.
LES MEILLEURS CHANTS DU PARIS SG (Avec Paroles) - Part 1
L'Adoption et l'Évolution des Chants
Une fois la mélodie et les paroles réglées, reste à faire adopter le chant par toute une tribune, soit des milliers de personnes qui vont devoir l'intégrer dans leur routine, dans leur catalogue. Un laboratoire fréquent pour les groupes ultras est le déplacement. Le car ou la tribune réduite favorisent les tests.
Au CUP, on utilise également les matches de la section handball, au stade Pierre-de-Coubertin.
« Le chant qui fait : "Qu'importe le discours, qu'on me traite de fou...", ça fait très peu de temps qu'on l'a lancé au Parc, nous explique notre membre du CUP. Il avait été lancé au hand il y a cinq ou six ans, mais on ne l'avait pas validé. »
Parfois, des chants tombent dans les limbes de l'oubli. Pour d'autres, les groupes ultras font le forcing.
« Le Se Canto, l'hymne occitan devenu aujourd'hui celui du TFC, c'est nous qui l'avons lancé il y a plus de vingt ans, raconte Paul Cometto, membre historique des Indians. Au début, on a un peu ramé. La première fois qu'on le sort, même en distribuant les paroles dans le virage, très peu de personnes le chantent. Il a fallu de longues années pour que ça se propage. Aujourd'hui, c'est tout le stade qui le chante, c'est donc une grosse victoire.
Comme le Se Canto, il arrive que certains chants passent les frontières des tribunes. Et, parfois, les clubs eux-mêmes se les réapproprient.
C'est comme cela que les Corons, la déclaration d'amour de Pierre Bachelet à son Nord, a d'abord été claironné pendant des années par les ultras Sang & Or avant de devenir l'hymne officieux du RC Lens.
C'est également ce qu'il s'est produit plus récemment à Paris quand, en fin de saison dernière, le PSG a décidé de faire jouer par un orchestre une version symphonique du Tous ensemble on chantera, chant lancé en 2016 lors de la renaissance du CUP, et qui raconte la traversée du désert des ultras parisiens interdits de stade : « Après tant d'années / de galères et de combats / Ô pour toi Paris-SG / On va se casser la voix... »
« Il y avait une volonté du club d'avoir un hymne que tout le monde pouvait reprendre, raconte notre membre du CUP. Quand on écoute les paroles, ça retrace tout notre cheminement, de notre interdiction au Parc jusqu'à maintenant, mais on a vu petit à petit qu'il plaisait à l'ensemble du stade et que tout le monde arrivait à se l'approprier. On en a discuté plusieurs fois, longuement, avec le club. Vu la proportion qu'il a pris, vu comment tout le monde l'apprécie... On a d'abord hésité, mais on a accepté de le céder au club. »
"Tous Ensemble On Chantera" : Un Hymne Né de la Contestation
De Munich au Parc des Princes, où DJ Snake et Marquinhos ont fait un tabac, en passant par les Champs-Élysées, le chant a accompagné le triomphe du PSG en Ligue des champions et marqué ensuite les esprits lors des célébrations.
Pourtant, « Tous ensemble on chantera » ne figure pas dans le répertoire historique des supporters parisiens. La première fois qu'il est entonné, le 1er octobre 2016 lors d'une victoire contre Bordeaux (2-0), le PSG sort à peine d'une période sombre.
La mort de Yann Lorence, un ancien membre de la tribune Boulogne, survenue le 28 février 2010 en marge d'un match contre l'OM, convainc la direction du club de frapper fort. Les associations de supporters sont dissoutes et un placement aléatoire est instauré pour tenter d'éradiquer les graves violences touchant la mouvance ultra dans la capitale.
Ces décisions sont appliquées pendant six ans. Jusqu'à la création du Collectif Ultras Paris (CUP), regroupant plusieurs groupes encore actifs issus du virage Auteuil, le 23 février 2016.
« Le chant est né de leur contestation, se souvient un proche du CUP, préférant garder l'anonymat. Il a pris avec le retour progressif des ultras au Parc, après la bascule populaire, médiatique et juridique qui a mis fin au plan Leproux », du nom du président de l'époque.
Au moment de l'arrivée de Qatar Sports Investments (QSI) à la tête du PSG, en juin 2011, les tribunes se pacifient au détriment de l'ambiance. Pour éviter que le stade devienne « un cinéma à ciel ouvert », le CUP lance ce nouveau refrain, qui viendra progressivement remplacer un autre, moins présent désormais.
« Avant QSI, le chant des supporters avant était ''Ô Ville Lumière'', rappelle Bastien (son nom a été modifié), un suiveur historique du PSG. En 2012, le club a essayé de le mettre en avant mais ça n'a pas pris avec le nouveau public. »
Celui du CUP prend en revanche de l'ampleur « jusqu'à ce que le PSG mette la main dessus », ajoute le familier du Parc, en référence au nouveau tube joué par un orchestre philharmonique pour fêter le titre 2024, et matraqué depuis sur les canaux du club.
Si les 48 000 spectateurs présents samedi et dimanche dans l'antre parisien l'ont chanté à pleins poumons pendant de longues minutes, montrant des images de communion totale pas loin d'être inédites dans ce lieu si chargé d'histoire, la ballade continue de diviser.
« Aujourd'hui, tout le monde le connaît et le fredonne mais seuls les plus anciens et les plus investis savent de quoi il parle », juge Bastien. Les plus jeunes auraient tendance à assimiler les années de « galère et de combat » aux nombreuses désillusions sportives du PSG par exemple.
« On s'en moque que tout le monde sache à quoi les mots font référence, insiste celui qui a accompagné la création du chant au sein du CUP, sans se souvenir des noms de son auteur et de son compositeur. Il s'est installé de manière naturelle. C'est bien qu'il vive et prenne autant de place. Jamais un autre n'en a eu autant sur la durée. C'est tellement beau. »
Certains, à l'oreille musicale, y distinguent une ressemblance avec le « Boléro » de Maurice Ravel, dans les percussions. D'autres préfèrent y déceler un rythme guerrier ou de carnaval. Après la finale grandiose contre l'Inter Milan (5-0), à l'unanimité, le nouvel hymne du PSG sonnait cette fois comme un air de victoire.
Origines Italiennes ?
La chanson originale qui aurait inspiré le chant repris par les supporters parisiens serait « Vuoto a perdere » de la chanseuse italienne Noemi. Sa sortie remonte à 2011. Sur le même air, les tifosi de Napoli (club jumelé avec le PSG) entonnent aussi un autre chant très reconnaissable, mais aux paroles différentes : « Je serai avec vous, et vous ne devez pas abandonner, nous avons un rêve dans nos coeurs, Naples redevient champion. »
Controverses et Engagement du Club
Récemment, le club a dû faire face à des controverses, notamment suite à des chants insidieux qui ont perturbé quelques rencontres. Lors d’un match contre l’OL, le ton est monté et le match a même été suspendu temporairement à cause de chants insultants issus du Virage Auteuil. Le Paris Saint-Germain reste engagé dans une lutte contre toute forme de discrimation, un message pacifiste au cœur des chants qui font l’âme du club.
L'Importance des Chants Secrets
Une autre facette fascinante du PSG concerne les chants secrets, souvent partagés entre les fidèles du club, que seuls les plus assidus connaissent. Ces moments inoubliables sont également criés à l’unisson, créant une véritable communion entre tous les fans. Les chants ne sont pas que des éléments de soutien ; ils génèrent également une dynamique qui impose le respect et la ferveur.
La LFP a dû intervenir, sanctionnant la tribune Auteuil pour des comportements inappropriés. Depuis ces événements, le PSG a redoublé d’efforts pour promouvoir un climat positif lors de ses rencontres.
Le Chant : Un Symbole de Ferveur
Le chant du PSG est bien plus qu’une simple mélodie ; il est le battement de cœur d’une communauté fervente. Être supporter ne se limite pas à encourager une équipe, c’est vivre des expériences, partager des émotions et se rassembler autour d’une passion commune.
En somme, le chant du PSG qui fait trembler le Parc des Princes est l’incarnation de la ferveur et de la passion, un symbole qui perdure malgré les hauts et les bas du football.
| Chant | Origine | Signification |
|---|---|---|
| Allez Paris, Allez Paris | Classique | Soutien inconditionnel à l'équipe |
| Tous ensemble on chantera | Collectif Ultras Paris (CUP) | Traversée du désert des ultras et renaissance |
| Ô Ville Lumière | Hymne officieux de l'Écosse | Fierté de la ville de Paris |
| Vuoto a perdere | Noemi (chanson italienne) | Inspiration pour "Tous ensemble on chantera" |