La Draft NBA est souvent perçue comme la voie royale pour intégrer la ligue de basket la plus prestigieuse au monde. Chaque année, cet événement annuel permet à 60 prospects d’intégrer la National Basketball Association en passant par la grande porte. Cependant, il existe d'autres chemins, parfois moins directs, mais tout aussi valables pour réaliser son rêve NBA.

Qu'est-ce que la Draft NBA ?
La Draft NBA est une sélection où, chacun à leur tour, les franchises NBA choisissent un jeune joueur, qu’il soit issu des universités américaines ou des championnats européens. Au début du mois de mai 2024, ils étaient 195 joueurs, officiellement déclarés éligibles à la Draft par la NBA, dont dix-sept Français. Malheureusement, de nombreux basketteurs ont déjà retiré leur nom de cette liste.
Les conditions d'éligibilité à la Draft
Tous les joueurs ne sont pas éligibles à la Draft. Aux États-Unis, les joueurs américains ayant terminé leur cursus universitaire de quatre années, sont automatiquement inscrits à la Draft. Les autres prétendants à la Draft, ceux n’ayant pas terminé leur cursus universitaire, âgés de moins de 22 ans, ou ne possédant aucun contrat professionnel avec une équipe de basket-ball, peuvent s’inscrire à la Draft, mais ne sont pas automatiquement admissibles. Pour espérer y participer, ils doivent déposer une candidature au plus tard 60 jours avant la date de la Draft. Étant donné qu’on ne peut participer à la Draft qu’une seule fois dans sa carrière, ces joueurs ont jusqu’à dix jours avant la Draft pour retirer leur candidature, s’ils estiment qu’ils n’ont aucune chance d’être sélectionné par une franchise. Ainsi, des 195 noms inscrits à la Draft de 2024, ils seront finalement 77 à espérer un avenir en NBA.
Le processus de la Draft
Tout au long de l’année, les trente franchises de NBA suivent avec attention les potentiels candidats à la Draft. Les joueurs, eux, peuvent maximiser leur chance de taper dans l’œil d’une franchise en participant au NBA Draft Combine. Un grand rassemblement réunissant les candidats à la Draft au plus fort potentiel, organisé par la Ligue une quarantaine de jours avant la Draft. Durant quatre jours, les jeunes joueurs passent des tests physiques et médicaux, puis sont observés sur le terrain en participant à de nombreux matchs. En dehors de ce grand rassemblement, chaque franchise est libre d’organiser de son côté des workouts. Des journées de test réalisées au centre d’entraînement, plus individualisées, durant lesquelles les recruteurs et le staff évaluent en profondeur le potentiel, les capacités physiques et le niveau de jeu des profils qu’ils lorgnent.
La Draft est divisée en deux tours. À chaque tour, les franchises sélectionnent les unes après les autres un joueur, selon un ordre de passage défini quelques semaines en amont. Lorsque vient le tour d’une franchise, cette dernière dispose de cinq minutes pour annoncer au commissaire le nom du joueur qu’elle compte drafter. Le temps de donner un dernier coup de fil à l’agent du joueur visé pour confirmer ce choix.
Un basketteur sélectionné au premier tour de la Draft assure sa place en NBA en signant un contrat de quatre années, plus une en option, avec la franchise en question. Son salaire est fixé à l’avance et dépend de sa position dans cette draft. Concernant les joueurs draftés au second tour, leur avenir est beaucoup plus incertain. Leur contrat n’est pas garanti et leur place parmi l’effectif est incertaine.
Les alternatives à la Draft
Si la Draft représente la grande porte menant à la NBA, elle n’est pas l’unique voie d’accès. D’ailleurs, il n’est pas rare que des joueurs non-draftés soient approchés par des franchises dès la fin de la Draft.
Contrats alternatifs
On leur propose des contrats alternatifs beaucoup plus précaires et sans la moindre garantie, certes, mais ces joueurs ont l’opportunité de montrer leur plein potentiel sur le terrain et prouver qu’ils méritent bien leur place dans la plus prestigieuse ligue de basketball. Entrer en NBA par la voie d’un contrat alternatif, c’est adopter une mentalité différente de celle des gars déjà en place. On porte les uniformes NBA, la franchise nous donne accès aux installations, mais le sol menace de se dérober à chaque instant. Il suffit d’un mauvais entraînement couplé à un deal en interne, pour que les dirigeants vous pointent du doigt comme un gros morceau de barbaque : « Sinon lui, on peut le dégager non ? ». Oui, lui, ils peuvent le dégager.
Il est donc primordial d’arriver couteau entre les dents pour afficher ses qualités avec régularité et ainsi aller chercher une place dans l’effectif qui, dans le meilleur des cas, se traduit par un contrat garanti.
Summer Leagues et G League
Les joueurs peuvent également compter sur les "Summer Leagues", des ligues d'entraînement de pré-saison, où les recalés de la draft peuvent se montrer. "C'est l'occasion de se faire bien voir, de mettre un premier pas dans la NBA", se remémore Diawara. Mais les places sont peu nombreuses.
Axel Toupane, un autre joueur français qui s'est lui aussi présenté à la draft sans être appelé, en 2014, a préféré jouer en D-League, une ligue de développement affiliée à la NBA, pour "taper dans l'oeil des recruteurs".
L'Europe comme tremplin
Les performances de Yakhouba Diawara en Europe ont finalement convaincu le staff de Denver de l'intégrer dans leur équipe: "J'avais fait une belle saison à Bologne, on avait disputé les playoffs en Euroleague". "Il y a plusieurs solutions au basket si on n'est pas drafté. On peut jouer ailleurs puis par la suite aller en NBA. Ce n'est pas comme le football américain, où il n'y a que la NFL [le championnat américain, NDLR]", résume-t-il.
En sortie de NCAA, beaucoup de joueurs - une grande majorité - ne jurent que par le basket cainri. Ils n’ont rien connu d’autre. Pour beaucoup, traverser l’Atlantique n’est même pas une option, alors qu’en réalité, c’est la seule dont ils disposent.
QUI SONT LES MEILLEURS JOUEURS NON DRAFTÉS DE L'HISTOIRE ?
Exemples de joueurs non draftés ayant réussi en NBA
Parmi les joueurs non-draftés ayant réussi à s’imposer en NBA, cinq d’entre eux ont été sélectionnés pour le NBA All-Star Game : Connie Hawkins, Brad Miller, John Starks, Ben Wallace et Fred VanVleet. D’autres ont remporté de nombreux titres de champion NBA, à l’image de Bruce Bowen, triple champion avec les Spurs, aux côtés de Tony Parker et Tim Duncan.
Quelques exemples notables :
- Connie Hawkins
- Brad Miller
- John Starks
- Ben Wallace
- Fred VanVleet
- Bruce Bowen
- Udonis Haslem
Ces joueurs prouvent qu'il est possible de se faire un nom en NBA sans être drafté, grâce à la persévérance, au travail acharné et à la capacité de saisir les opportunités.

Parmi les plus remarquables exemples de « step by step », le fraîchement titré Gary Payton II, débarqué en NBA par un trou de souris. En 2016, il n’est pas drafté et Daryl Morey lui propose un contrat de trois ans partiellement garanti à Houston. Mais le mois d’octobre qui suit - et après seulement six matchs de présaison - The Glove Jr. est déjà remercié par la franchise texane. Le 2 avril 2017, il signe un contrat de plusieurs années - là encore partiellement garanti - à Milwaukee. Mais les Bucks le coupent sept mois plus tard, avant de le resigner sous two-way contract, puis de le recouper dans la foulée. Lueur d’espoir, il signe un two-way contract avec les Lakers, n’est pas conservé, signe un nouveau deal à Portland, est coupé, puis tire enfin la bonne ficelle à Washington.
Les conditions pour être éligible en NBA
Le championnat de basket-ball nord-américain est médiatisé dans le Monde entier. Les athlètes y évoluant sont de véritables superstars. Ils font rêver des dizaines de millions de jeunes qui espèrent un jour être à leur place. Néanmoins, cette ligue sportive est réservée à une élite. Seuls 450 joueurs au global sur la planète ont l’opportunité d’en faire partie chaque année. Voici les six conditions indispensables pour être éligible au statut de basketteur NBA :
- Mesurer plus de 1m82 pour devenir un joueur NBA
- Peser au moins 80 kg
- Être âgé entre 19 et 40 ans
- Être doté d’un fort mental : une condition indispensable pour devenir un joueur NBA
- Pratiquer le basket-ball depuis au moins 8 ans
- Ne pas avoir la phobie de l’avion
La Draft : Un rêve pour beaucoup
Pour tout jeune basketteur qui se respecte, s’inscrire à la Draft est un objectif de carrière majeur et le moyen le plus sûr d’accéder à la sacro-sainte NBA. Chaque année, ils sont nombreux à tenter leur chance (ils étaient 80 en 2021) pour des places limitées (60 réparties sur deux tours). Parmi les candidats, on retrouve de plus en plus de Français. Matthieu Gauzin est l’un d’eux. Pour le meneur de jeu de 21 ans qui évoluait cette saison au Mans Sarthe Basket, intégrer la plus grande ligue du monde est un « objectif clair » depuis qu’il a 18 ans.
« Au début de la saison, je savais que si je jouais bien, je serais drafté. Je rentrais dans les matches en me disant ‘il faut que je joue bien, il faut que je joue bien’. Je n’avais pas la bonne mentalité, juge-t-il avec le recul. Parce que je retenais tout le négatif et ça se voyait sur le terrain. Dès que je réalisais une mauvaise action, je pensais que je n’allais pas jouer la fin du match. Je me suis mis la pression pour rien, alors que j’avais juste à jouer mon basket et kiffer avec mes gars sur le terrain. »