La Coupe du Monde de Football 1999 reste gravée dans les mémoires, notamment grâce à la victoire historique de l'équipe de France. Au-delà de la performance sportive, la victoire contre la Nouvelle-Zélande en demi-finale est une somme de petits détails qui ont fait la différence.

Le Contexte Avant la Demi-Finale
En cette fin d'octobre 1999, les Français vont croiser la route des terrifiants All Blacks en demi-finale et on ne donne pas cher de la peau de ces coqs pas bien fringants jusqu’ici. En interne, des soubresauts agitent le groupe. Quelques hommes, dont l’ouvreur Titou Lamaison, décident de prendre le pouvoir : "On avait plus ou moins pris les rênes de l’équipe. Quand on vit pendant quatre ou cinq mois ensemble, il arrive un moment où l’on a envie se prouver des choses, de soulager les coaches, de se comporter en leaders.
Les Français, fidèles à leurs traditions, ont fait la fête après la victoire en quart de finale. Quelques verres plus tard, ils ont donc convenu d’empiéter sur les prérogatives du duo d’entraîneurs Skrela-Villepreux.
Les Moments Clés du Match
Sur la pelouse de Twickenham à Londres, juste après le haka, les Bleus forment un cercle et Ibanez lance une Marseillaise, reprise à pleins poumons par ses partenaires. L’arbitre les appelle à plusieurs reprises pour le coup d’envoi. Ils ne viennent qu’une fois le chant terminé. Le combat est rude, violent même. A la mi-temps, la France est logiquement menée 17/10. Lomu a marqué un essai tout en puissance.

Mais dans le vestiaire, un homme rassure ses partenaires. Un taiseux habituellement qui cette fois attire l’attention de tout le groupe. Marc Liévremont alors 3e ligne aile a remarqué quelque chose chez leurs adversaires : "J’avais vu ces mecs douter. J’avais vu dans leurs regards que, même s’ils avaient une grosse avance au score, ils étaient emmerdés. Je me souviens de l’avoir dit à mes partenaires. Je leur disais : "Observez leurs regards ! Ils sont en train de souffrir. On sent qu’on leur fait mal sur les impacts, on sent que le doute est en train de s’immiscer donc il ne faut absolument pas lâcher." J’ai rarement vécu de pareils moments, tout était plus intense qu’un match ordinaire.
Mais la 2e période commence très mal avec un nouvel essai du surpuissant Lomu. 24 à 10. Le match paraît plié, sauf pour les 15 Bleus sur le terrain.
Au fil des minutes, la tactique anti-Lomu fonctionne. Depuis le début, Lamaison tape de longs coups de pied systématiquement dans le dos du géant néo zélandais. Il l’oblige ainsi à de longues courses en arrière. Lomu est explosif mais peu endurant, ces allers-retours l’épuisent. Et les Bleus s’enhardissent.
Résumé france - nouvelle zelande 1999
Fabien Pelous se souvient comme si c’était hier : "Il y a eu ce moment magique où l’on sentait que ça basculait en notre faveur, qu’on prenait le dessus physiquement. Tout est parti d’un ballon porté sur nos 40 mètres. On les emporte sur une vingtaine de mètres et Titou Lamaison met un drop sur la sortie de balle. Là, on s’est dit que c’était possible, qu’on pouvait le faire. On s’est même payé le luxe de savourer les cinq dernières minutes en étant sur le terrain, on savait qu’on avait gagné le match. Tel un spectateur, on a pu savourer l’émotion que l’on ressentait à ce moment-là.
Ce jour là, les Français signent ce qui reste, encore aujourd’hui, le plus bel exploit de l’histoire de la Coupe du Monde.
France 98 : Succès sur Tous Les Tableaux
La XVIe et dernière Coupe du monde de football du siècle a tenu ses promesses. La qualité du jeu et de l'ambiance, le suspense permanent, les nombreuses surprises ont enthousiasmé durant 33 jours 37 milliards de téléspectateurs. Couronnée par la victoire de l'équipe de France d'Aimé Jacquet, la cuvée 1998 du plus grand événement sportif du monde restera sans conteste l'une des plus emballantes.
À quelques semaines du coup d'envoi de la Coupe du monde, la France du football cachait mal son inquiétude. Le manque d'enthousiasme de la population ajouté aux médiocres matchs de préparation de l'équipe nationale alimentaient les doutes sur le succès de la compétition à venir. L'événement sportif du siècle allait-il faire un flop ? Les Français, emmenés par le très controversé Aimé Jacquet, seraient-ils capables de combler les attentes d'un public frustré après les non-qualifications aux Mondiaux 1990 et 1994 ?
Les premières rencontres, organisées à partir du 10 juin dans les stades de dix villes françaises (Saint-Denis, Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Lens, Toulouse, Bordeaux, Saint-Étienne, Nantes), dissipaient les craintes relatives à la qualité du jeu et à l'engouement des spectateurs. De l'avis général, cette Coupe du monde, élargie pour la première fois à 32 équipes (24 précédemment), a été d'un excellent niveau. Trois millions de personnes sont venues assister aux 64 matchs, et la France, longtemps frileuse, a vécu pendant un mois au rythme du football. D'autant plus que son équipe a écrit, certes parfois dans la douleur, l'une des plus belles pages du sport national.
Le Triomphe de la Sobriété
Vainqueurs de tous leurs matchs de poule (face à l'Afrique du Sud, à l'Arabie Saoudite et au Danemark), les Tricolores ont vite rassuré et confirmé leur statut de favoris, au même titre que le Brésil ou les Pays-Bas. Armés d'une solidarité sans faille et d'une défense quasiment imperméable, ils ont pourtant péché par la qualité de leur attaque : plus de la moitié des 15 buts marqués par les champions du monde l'ont été par des défenseurs ou des milieux de terrain. Au-delà de ces problèmes tactiques, l'équipe d'Aimé Jacquet, sélectionneur peu médiatique, sobre et travailleur, a séduit par son enthousiasme, sa volonté et son unité, qualités décisives lors de matchs à élimination directe extrêmement accrochés : face au Paraguay en huitièmes de finale (1-0, après le but en or inscrit dans les prolongations par Laurent Blanc), face à l'Italie lors d'un quart de finale conclu aux tirs au but, et enfin contre la Croatie, dominée 2-1 grâce à deux buts de Lilian Thuram, le pur défenseur.
Portée par son public et sa réussite, l'équipe de France abordait en toute sérénité la finale contre le Brésil, disputée dans le tout nouveau Stade de France de Saint-Denis, construit pour l'événement. Face à des champions du monde qui avaient tout à perdre, les Français ont su saisir leur chance. Méconnaissables, les Brésiliens ne leur ont opposé que peu de résistance.
Grâce à deux buts de la tête de Zinedine Zidane et au coup de grâce porté par Emmanuel Petit dans les arrêts de jeu, l'équipe de France entrait dans l'histoire en remportant, après trois demi-finales perdues (1958, 1982, 1986), sa première Coupe du monde et en devenant le septième pays à s'adjuger le précieux trophée.
Immédiatement, plus d'un million et demi de personnes envahissaient les Champs-Élysées, consacrant l'apothéose du phénomène Coupe du monde dans un pays jusque-là moins passionné de football que beaucoup de ses voisins européens. Le parcours des joueurs d'Aimé Jacquet provoquait une sorte d'union nationale teintée d'euphorie. Quelques semaines après la finale, les cotes de popularité des dirigeants politiques bénéficiaient encore de l'effet dynamisant de la victoire. L'équipe de France, forte de joueurs d'origines diverses, devenait le symbole d'un pays multiracial et intégrateur.
Déceptions et Révélations
S'il est amplement mérité, le triomphe de la France n'en est pas moins la conséquence de la faillite d'autres favoris et, en premier lieu, du Brésil. Prétendant à un cinquième titre mondial, les joueurs « auriverde » ont déçu. Battus par les Norvégiens en match de poule (1-2), malmenés par le Danemark en quarts de finale (3-2), ils n'ont montré que quelques bribes de ce football joyeux et technique qui fait leur réputation.
Les Bleus Avant La Coupe Du Monde 1999
Avant la Coupe du monde 1999, l’équipe de France avait certes complètement raté sa tournée d’été, avec une défaite aux Tonga (16-20), puis deux déroutes en Nouvelle-Zélande (54-7 et 45-24). Le Tournoi 1999 avait aussi été piteux avec une dernière place et trois défaites. Mais il y avait eu un Grand Chelem en 1997 et 1998. Rien à voir donc avec le bilan de Philippe Saint-André sur ses 4 Tournois : 4e en 2012 (2 défaites, 1 nul), 6e en 2013 (3 défaites, un nul), 4e en 2014 (2 défaites) et 4e en 2015 (3 défaites). Et on ne parle pas des deux tournées sans victoire en Australie et en Nouvelle-Zélande…
Avant son exploit de 2007, l’équipe de France pouvait alors se considérer comme la numéro 1 en Europe, avec trois titres lors des Tournoi 2004 (Grand Chelem), 2006 et 2007.
En 2007, les Bleus avaient perdu d’entrée contre l’Argentine. Ils savaient alors qu’ils affronteraient les All Blacks quelques semaines plus tard en quart de finale et étaient passés en mode «phase finale», sans droit à l’erreur, pour battre la Namibie (87-10), l’Irlande (25-3) et la Géorgie (64-7). Une bonne dynamique identique à celle de 1999, où les Bleus avaient trouvé un déclic dans le jeu en quart de finale, face à l’Argentine (47-26). Un match suivi d’une soirée mémorable qui avait permis de tisser des liens et d’arriver avec quelques certitudes face aux All Blacks.
Les All Blacks, Grands Favoris
Une constante quand on affronte la Nouvelle-Zélande en Coupe du monde : ce sont les grands favoris en face, les hommes à battre. En 1999, il fallait arrêter les Lomu, Umaga, Cullen, Mehrtens; Kronfeld, Thorne et autres Anton Oliver. Une équipe alors au sommet de sa forme, qui a avait remporté trois des quatre Tri-Nations d’entre deux Coupes du monde et se présentait en grande favorite au Royaume Uni, avec même l’avion à l’effigie de ses joueurs.
A lui seul, le nom de Jonah Lomu suscitait l’inquiétude et les All Blacks s’étaient promenés jusqu’aux demi-finales, avec notamment l’Italie, l’Angleterre et l’Ecosse à son tableau de chasse.
Même constat en 2007, où les Blacks s'étaient amusés dans leur poule : l'Italie (76-14), le Portugal (108-13), l'Ecosse (40-0) et la Roumanie (85-8) avaient été rudoyés. En 2015, les All Blacks se présentent avec seulement trois défaites concédées en quatre ans, quatre victoires en phase de poules, ils sont largement en tête du classement World Rugby et sont même tenants du titre...
Certes, en 1999, il y avait eu un déclic en quarts contre l’Argentine (47-26) mais avant cela, les Bleus s’étaient montrés très poussifs face au Canada (33-20), la Namibie (47-13) et les Fidji (28-19). Les blessures de Lièvremont, Carbonneau, Castaignède et Sadourny n’avaient pas non plus contribué à procurer aux Français un optimisme débordant.
Matchs Amicaux et Euro
- samedi 7 juin 1997 - Matchs amicaux
- dimanche 14 juin 1992 - Euro
- mercredi 19 février 1992 - Matchs amicaux
- mercredi 29 février 1984 - Matchs amicaux
- mercredi 16 juin 1982 - Coupe du monde
Le(s) but(s) en détail
- 68' - 0-1, Nicolas Anelka. Reprise en demi-volée de 11 m à droite d'une ouverture de Zidane au-dessus de la défense anglaise.
- 76' - 0:2, Nicolas Anelka. Reprise de 6 m dans l'axe d'un centre de la gauche de Dugarry après une passe redoublée avec Zidane.
Composition des équipes
Titulaires Angleterre
- ADAMS Anthony
- ANDERTON Darren
- BECKHAM David
- DIXON Lee
- INCE Paul
- KEOWN Martin
- LE SAUX Graeme
- OWEN Michael
- REDKNAPP James
- SEAMAN David
- SHEARER Alan
Remplaçants Angleterre
- COLE Andrew
- FERDINAND Rio
- MARTYN Nigel
- SCHOLES Paul
- WILCOX Jason