Le hockey sur glace, sport de passion et de vitesse, recèle de nombreuses histoires et anecdotes fascinantes. Cet article vous plonge au cœur de ce monde captivant, en explorant des faits méconnus, des records impressionnants et les défis rencontrés par le hockey français, notamment le développement de la formation et la situation du hockey féminin.

Les Défis de la Formation dans le Hockey Français
La faiblesse endémique du hockey sur glace français réside principalement dans l'absence d'une formation généralisée et performante dans tous les clubs. Dans le contexte actuel, il est illusoire de trouver assez de joueurs français ayant un niveau suffisant pour réduire le nombre de renforts étrangers, car il faudrait incorporer quatre joueurs français supplémentaires dans chaque équipe de la Ligue Magnus. Cela dit, j’observe avec satisfaction que ces joueurs, ayant un rôle ingrat et très frustrant de simples « figurants », sont actuellement un peu mieux considérés.
Une solution parait pourtant évidente pour résoudre cet épineux problème ! Dans la Ligue Magnus, mais aussi dans toutes les autres divisions, les hockeyeurs français devraient être à la fois plus nombreux et obligatoirement beaucoup plus compétitifs pour pouvoir encore réduire les quotas des renforts étrangers autorisés. Mais c’est là que le bât blesse ! Car, il ne faut pas rêver, le problème récurrent dans notre sport, c’est que la grande majorité des clubs fonctionnent avec des moyens financiers limités et des budgets souvent très tendus, voire même parfois déficitaires.
Cette faiblesse budgétaire endémique ne permet donc pas à l’ensemble de nos clubs de se doter pour l’instant d’une telle organisation de détection qui nécessite un investissement, à la fois financier et humain, non négligeable. Ce n’est pas sans raison s’il existe à ce jour dans le hockey sur glace français seulement quatre centres de formation labélisés « clubs professionnels U21 » ayant obtenu l’agrément ministériel du haut niveau. Ils se trouvent tous logiquement dans le championnat de la Ligue Magnus à savoir : Amiens, Angers, Grenoble et Rouen.
En effet, ces quatre grands clubs, grâce à leur politique de formation volontariste et grâce surtout à leurs moyens financiers beaucoup plus importants, sont devenus des figures de proue exemplaires qui ont été capables de se doter enfin d’un centre de formation local renommé et attractif. La création d’un centre de formation, au-delà du problème financier crucial, est avant tout le résultat d’un choix stratégique à long terme puisque le but principal est de répondre à une volonté d’intégrer des joueurs issus de sa propre formation au sein de son effectif élite.
Mais les clubs français sont confrontés à la dure réalité. Car la création d’un centre de formation nécessite en premier lieu forcément un investissement financier important. Pour donner des exemples, le budget global de fonctionnement du centre de Rouen s’élève à 290 000 euros, celui de Grenoble à 250 000 euros, celui d’Amiens à 150 000 euros et celui d’Angers à 120 000 euros.
Car il faut savoir que pour être labellisé un centre de formation doit répondre à un cahier de charges très précis et contraignant avec des objectifs sportifs et financiers imposés à l’avance pour une capacité maximale de 25 joueurs âgés de moins de 21 ans. Les 25 joueurs présents dans le centre de formation payent des frais d’inscription qui peuvent varier selon les cas entre 5000 et 1300 euros à l’année selon les clubs et en fonction du statut de ces jeunes s’ils sont pensionnaires ou non.
Dans ces quatre centres de formation, il y a chaque saison beaucoup de prétendants à une future carrière pro mais la concurrence est rude. Pour les plus chanceux, à la fin de leur cursus dans le centre de formation, ils vont pouvoir intégrer sous contrat la Ligue Magnus qu’ils ont déjà testé comme l’explique Guy Fournier le manager des Dragons normands : « A Rouen, le quatrième bloc de notre équipe professionnelle est uniquement réservé aux joueurs de notre centre de formation. Ensuite, s’ils en sont capables, nos jeunes espoirs monteront petit à petit dans la hiérarchie en fonction de leur rendement sportif. Pour les autres, ils essayeront de trouver un autre club d’un niveau plus accessible.
Cette introduction progressive des meilleurs jeunes espoirs français s’applique dans les quatre centres de formation labélisés. Mais pour les autres clubs c’est le championnat de France juniors, notamment U20 élite qui sert d’apprentissage. Dans la Ligue Magnus, il est symptomatique de constater, sans que ce soit péjoratif, que les entraîneurs-chefs des quatre centres de formation sont presque tous étrangers avec le slovène Edo Terglav à Grenoble, le finlandais Ari Salo à Rouen et le slovaque Miroslav Kecka à Amiens.
Ces derniers bénéficient, à juste titre, d’une reconversion après leur longue carrière en France, leur compétence et leurs services rendus à notre pays. Mais ce n’est pas la nationalité qui doit poser question. Ce qui compte, c’est la volonté clairement affichée d’un entraîneur de vouloir s’investir à fond par passion qui est déterminante pour pouvoir transmettre son savoir avec efficacité aux futures générations. C’est ce critère de base important qui influe sur la désignation du principal entraîneur du centre de formation.
Il faut quand même souligner que c’est dans cet état d’esprit exaltant que travaillent sans aucune frustration plusieurs coaches français à leurs côtés. Il y a par exemple à Grenoble Fabrice Texier et David Alves Pereira, à Rouen Rémi Peronnard, à Angers Pierre Sanchez et Landry Macrez ou encore à Amiens Anthony Mortas et Mathieu Mille. Car il faut savoir que travailler comme entraîneur dans un centre de formation relève d’un véritable sacerdoce !
En effet, être coach dans ce genre d’organisation, qui dépend soit de la section professionnelle, soit du hockey mineur, c’est accepter de mettre son égo de côté pour exercer un métier de l’ombre. Un rôle certes exaltant pour les altruistes, mais dont il ne faut pas attendre à avoir personnellement des retombées valorisantes en termes de reconnaissance. Pour utiliser une métaphore, ce qui est valorisé dans le centre de formation, c’est avant tout le « projet immobilier d’ensemble », mais ce n’est pas l’architecte.
Enfin, les dirigeants des clubs doivent avoir conscience que l’apprentissage des jeunes espoirs dans un centre de formation n’est pas forcément rémunérateur pour le club car, malgré l’argent qu’ils investissent sur la formation des joueurs, il n’existe pas de frais de transfert pour espérer un retour financier sauf rupture de contrat. En effet, si un hockeyeur respecte son temps de convention (3 ou 4 ans), il peut partir libre s’il n’a pas reçu de proposition du club qui l’héberge.
Bref, on l’a compris, un centre de formation est pour tous nos clubs un rêve exigeant ce qui explique encore sa rareté dans le hockey sur glace français pour toutes les raisons que je viens d’évoquer. Mais pour se doter d’un outil aussi indispensable, nos dirigeants devraient appliquer en priorité une politique à long terme en acceptant avec patience ses contraintes et ses sacrifices pour garantir un renouvellement plus large et efficace des générations. Bien sûr, il faut mentionner qu’il existe actuellement des alternatives complémentaires avec neuf centres reconnus également « Pôle espoir U18 » : Amiens, Angers, Caen, Cergy, Gap, Grenoble, HC74, Rouen et Strasbourg.
Mais il faut noter que pour rester dans Ligue Magnus les clubs engagés dans ce championnat devraient répondre théoriquement à un cahier des charges concernant leur pôle espoir or ce n’est pas encore le cas de tous ! Je prendrais un seul exemple : celui très évocateur du club de Nice qui, à cause d’un problème d’effectif, est obligé, pour pouvoir former une seule équipe, de regrouper tous ses U20, ses U17 et ses U15 !
De plus, beaucoup de clubs de niveau inférieur, qui ne bénéficient pas d’un bassin de population suffisant contournent le problème de la formation en créant actuellement des « ententes ». Hormis les clubs de la Ligue Magnus déjà cités, il a de nombreux accords de partenariat comme par exemple Deuil-Garges, ACBB-Meudon, Evry-Viry, Garges-Français-Volants, Mulhouse-Colmar.
Je pourrais en citer encore bien d’autres ! Autre exemple parmi tant d’autres : la triple entente en U17 qui regroupe les clubs de Nantes, La Roche-sur-Yon et Châtellerault pour pouvoir composer une seule équipe ! Après ce constat édifiant sur la formation dans nos clubs, je ne jette surtout pas la pierre aux dirigeants concernés car ils font ce qu’ils peuvent. Mais il ne faut pas chercher plus loin la principale cause de la faiblesse du hockey sur glace français par rapport aux autres pays européens.
En mettant une priorité absolue à la formation dans chaque club, ils ne sont pas obligés, comme en France, de se contorsionner et faire le grand écart pour mutualiser leurs efforts.

Le Hockey Féminin Français aux Jeux Olympiques
Encore confidentiel en France, le hockey sur glace féminin va bénéficier d'une "fenêtre incroyable" de médiatisation lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 avec la participation historique des Bleues. L'occasion aussi pour les joueuses de mettre en lumière leur précarité financière.
L'équipe de France féminine, qui débute ce mercredi un tournoi de préparation en Allemagne, a été repêchée pour les JO au mois de mai dernier, après la suspension de la Russie par le Comité international olympique (CIO). Les tricolores avaient terminé meilleures deuxièmes des tournois qualificatifs.
Aux JO de Milan-Cortina (5-22 février), les Bleues seront opposées à l'Allemagne, au Japon, à la Suède et à l'Italie. Elles devront terminer aux deux premières places de leur groupe pour atteindre les quarts de finale, un objectif très ambitieux : "Je pense qu'on peut faire un exploit. Premiers JO et on se qualifie pour les quarts : ce serait extraordinaire !", s'enthousiasme Pierre-Yves Gerbeau, président de la Fédération française de hockey sur glace (FFHG).
Cette "exposition médiatique" va permettre, selon lui, à la discipline de "rentrer dans un système vertueux", à l'approche Mondial Elite organisé en 2028 à Paris et Lyon, puis les JO d'hiver dans les Alpes françaises en 2030. "On a donc une fenêtre d'opportunité incroyable", souligne Pierre-Yves Gerbeau.
"C'est dur d'exister dans le paysage du sport collectif français", renchérit Lore Baudrit, 34 ans. Pour la capitaine de l'équipe de France, l'objectif de ces Jeux est "d'amener de la visibilité", de "faire rêver des petites filles et des petits garçons". Et aussi que "le public comprenne à quel point c'est difficile, parce qu'on est une petite nation de hockey, on se bat avec nos moyens".
"On n'a pas envie d'aller là-bas pour faire les touristes, on veut être performantes. Mais j'espère aussi qu'on parlera de nos histoires d'équipe, de nos histoires individuelles, de nos engagements, et comment on fait pour se dépatouiller entre tout et jouer en équipe de France", explique Lore Baudrit.
Seule une minorité d'hockeyeuses françaises ont des contrats professionnels leur permettant de gagner correctement leur vie, comme Chloé Aurard qui évolue en PWHL, la prestigieuse ligue pro nord-américaine. En France, le championnat est composé de seulement huit équipes, dispersées dans deux poules selon leur situation géographique. Parmi elles, Grenoble et Chambéry sont les clubs représentant les Alpes du Nord.
Certaines joueuses doivent donc évoluer à l'étranger : "Moi, je n'ai pas de salaire, rien", confie Lore Baudrit. "L'année dernière, j'ai travaillé 40 heures par semaine, je garais des voitures au siège de Audi à Ingolstadt" en Allemagne, où est basé son club actuel. "Mais entre l'entraînement, mon fils de 13 mois, c'était très dur...", poursuit-elle.
Même si "le fait d'être olympique ouvre des portes" pour des aides financières, la capitaine, diplômée en marketing et en journalisme, explique qu'elles sont plusieurs hockeyeuses de haut niveau à avoir lancé des cagnottes en ligne sur la plateforme de mécénat participatif de la Fondation du sport français.
Parmi elles, l'attaquante Anaé Simon, qui décrit à ses potentiels donateurs le "paradoxe" de sa situation : "Je ne vis pas du hockey. Je travaille, j'étudie, je m'entraîne, mais si je n'arrive pas à réunir les ressources nécessaires, je risque de devoir lever le pied. C'est dur à avouer, mais c'est ma réalité. Alors aujourd'hui, je vous tends la main".
Pour Pierre-Yves Gerbeau, "cette situation, où nos joueuses doivent faire des sacrifices personnels et familiaux, n'est pas acceptable", notamment "par rapport à leurs collègues masculins : un international français qui joue en Allemagne gagne plus de 150 000 euros par an".
Son "objectif" serait d'instaurer un dispositif "où la moitié du salaire serait pris en charge par le club local, et l'autre moitié par la fédération, grâce à des aides, des partenariats, etc." Le président de la fédération espère ainsi, grâce aux JO, "attirer de nouveaux partenaires économiques spécifiques pour le hockey féminin".
Il souligne aussi que si le hockey sur glace n'a été ouvert aux femmes qu'en 1983, le nombre de licenciées en France a progressé plus vite l'année dernière (+7 %) que celui des licenciés (+4 %).
En amont des JO, les Bleues participent au Tournoi des 4 Nations à Landshut, en Allemagne, et affrontent mercredi la sélection hôte, avant la Slovaquie jeudi et la Hongrie vendredi.
Louviers accueille l'équipe de France féminine de hockey-sur-glace en pleine préparation des JO
Le Budget des Centres de Formation
Voici un aperçu des budgets de fonctionnement des principaux centres de formation en France :
| Centre de Formation | Budget Global de Fonctionnement |
|---|---|
| Rouen | 290 000 euros |
| Grenoble | 250 000 euros |
| Amiens | 150 000 euros |
| Angers | 120 000 euros |
Ces chiffres illustrent l'investissement nécessaire pour maintenir des centres de formation performants et compétitifs.
