L'Histoire et les Défis du Club de Water-Polo de Reims

Le water-polo est une activité aquatique où il s’agit de marquer plus de buts que ses adversaires. Cette discipline demande une bonne condition physique ainsi qu’une bonne technique qui va s’acquérir lors des matchs et entraînements.

Une équipe se compose de 13 joueurs dont 6 remplaçants. Un match se décompose en 4 périodes de 8 minutes chacune de jeu effectif. Ces périodes sont séparées par des temps de repos de 2 minutes. Chaque équipe peut demander 2 temps morts d'une minute lorsqu'elle est en possession de la balle (attaque).

Les qualités requises pour ce sport: un bon niveau natation, une bonne condition physique, le goût de l'effort, l'esprit d'équipe, de l'endurance, de la patience, de l'adresse et un mental d'acier!

Reims et le water-polo : une histoire qui s'écrit depuis plus de 100 ans. Sport loisir, la discipline a franchi les étapes pour rentrer dans l'élite dans les années 89-90. D'abord sous la bannière du Reims Natation 89 puis, après la fusion des deux clubs de natation rémois, sous celle du Stade de Reims Natation.

Haut plus niveau français en 2014, l'équipe professionnelle de water-polo de Reims accepte de descendre en National 1, suite à la démolition de la piscine olympique. Plus de bassin homologué pour disputer les matchs, c'est l'un des plus gros sacrifices.

Pendant quatre saisons, les joueurs et l'encadrement maintiennent le cap, terminant chaque saison champion de France dans leur division. En 2018, avec en arrière plan la construction de la toute nouvelle piscine olympique, l'équipe remonte en élite mais, le temps des travaux, déménage à Châlons-en- Champagne.

Nouveau sacrifice financier notamment et un public qui ne se déplace pas forcément. Depuis, l'équipe professionnelle de water-polo du Stade de Reims Natation se maintient au plus haut niveau. À domicile, les matchs se disputent à l'UCPA, le nouveau bassin de 50 mètres. Mais pour autant, l'équipe doit se battre pour avoir plus de créneaux d'entraînement dans ce bassin... en vain. La majeure partie du temps, les joueurs se retrouvent à la piscine des Thiolettes (bassin de 25 mètres).

L'équipe professionnelle de water-polo est formée de 14 joueurs, dont 8 sont sous contrat professionnel. Des joueurs qui, pour beaucoup, travaillent en plus de leur entraînement quotidien. Certains sont également bénévoles au sein du club et gèrent l'entraînement des plus jeunes, mais aussi le groupe d'aquagym et de sport santé. Un groupe d'athlètes investi et animé par les mêmes envies sport de haut niveau. À l'image aussi de leur entraîneur Sacha Krivokapic, arrivé au club en 2008 comme joueur et devenu entraîneur de la section professionnelle en 2020. 17 ans dans le même club, et 263 matchs sous les couleurs du water-polo rémois.

Il y a un mois, les joueurs professionnels de la section de water-polo du club, Stade de Reims Natation, dénonçaient la disparition possible de leur équipe. En cause, la santé financière de leur club.

Passé l'émotion, place au combat. L'équipe professionnelle de water-polo de Reims a décidé de résister et de tenter de se sauver du naufrage. Mi-mars, Les joueurs dénonçaient, sur l'antenne de France 3 Champagne-Ardenne, ce qu'ils considéraient comme un manque de respect de leur engagement au plus haut niveau de l'élite française.

Les baisses de subventions municipale et départementale, mettant leur club, le Stade de Reims Natation, au bord du redressement judiciaire.La solution pour s'en sortir était de sacrifier l'équipe professionnelle de water-polo. Il était question de licencier l'ensemble des joueurs. Un coup dur. Les membres de l'équipe avaient, à ce moment-là décidé d'arrêter de se battre.

Et puis, un évènement a changé la donne : le dernier match à domicile. "La piscine, l'UCPA, était remplie. On a même vu des spectateurs pleurer", explique Nicolas Missy, capitaine de l'équipe et Julien Offner, gardien. "De voir aussi notre entraîneur, Sacha pleuré seul face au bassin à l'issue de la rencontre. Le voir ainsi, ça nous a fait réagir. Nous nous sommes dit qu'il fallait que l'on se donne les moyens d'y croire. Ensemble on est capable".

"Aujourd'hui, Sacha a séché ses larmes, nous confient encore Nicolas Missy et Julien Offner, le capitaine et le gardien de l'équipe. Toute l'équipe est restée focus, très motivée et nous sommes tous prêts à en découdre pour bien finir la saison". Le dernier match de la saison se joue ce samedi 19 avril contre l'équipe de Taverny SN 95. "À l'issue, nous aurons si nous sommes qualifiés pour la Coupe d'Europe", précise encore Nicolas Missy et Julien Offner. Si la rencontre se solde par une victoire ou un nul, les Rémois seront européens. Sinon, il faudra que l'équipe de Nice perde face à Strasbourg.

Mais un autre combat, encore plus important, est en cours : sauver l'équipe professionnelle. La campagne de communication et de levée de fonds pour sauver l'équipe professionnelle de water-polo de Reims a débuté ce jeudi 17 avril à midi. Comment récolter de l'argent qui irait directement à la section water-polo alors que le club est en redressement judiciaire ? La solution réfléchie et validée par les joueurs, en accord avec leur club, est de créer une autre association.

"Nous avons pris les choses en main, expliquent Nicolas Missy et Julien Offner. Et nous avons avancé en lien avec le nouveau président du club, Adrien Vecten. Pour éviter que l'argent récolté ne comble les dettes du club, nous avons créé une autre structure. Elle doit servir à financer l'équipe élite mais aussi la formation des plus jeunes".

"Nous avons encore pas mal de points à finaliser, précise Adrien Vecten, le président du Stade de Reims Natation, mais une convention sera signée dans ce sens avec la nouvelle association. De notre côté, nous espérons allouer à la section water-polo un budget entre 325 et 350 000 euros. S'il n'y a pas de risque que la section périclite, le redressement judiciaire pourrait tout de même impacter ces prévisions. Nous ne sommes qu'au début de la procédure. Pour l'heure, les salaires des joueurs seront payés par les assurances et un plan de redressement est en train d'être mis en place".

Sauvons Reims water-polo a donc été créé il y a quelques jours. Le temps de rédiger les statuts et de les déposer en préfecture et une cagnotte en ligne a été lancée sur le site HelloAsso. Il y a urgence. Avant fin, il faut compléter le budget alloué par le club, et il manque 150 000 euros pour que la saison se déroule sans accroc. "La campagne de don est ouverte depuis ce jeudi midi, précise Julien Offner, le gardien de l'équipe. Si nous arrivons entre 80 000 et 100 000 euros, nous serrerons les dents, mais la saison de l'équipe professionnelle est assurée. Si nous allons plus loin, nous pourrons disputer la coupe d'Europe".

Les joueurs comptent sur la solidarité, mais aussi relèvent un autre pari, celui de trouver des sponsors privés. Le combat contre la montre est lancé. Fin mai, l'équipe professionnelle devra se réengager, ou non, auprès de la Fédération Française. Élite ou disparition ?

Ce sport demeure confidentiel en France. « Ce n’est pas très télégénique. Cela va vite, beaucoup de choses se passent sous l’eau. C’est dur de suivre. » Les infrastructures sont aussi difficiles à trouver : il faut libérer un bassin entier pour s’entraîner.

« Le water-polo, c’est un peu Le Cercle des poètes disparus ! », plaisante Nicolas.

Dans le bassin, la contre-attaque est lancée. Le sprint est féroce. Les poloïstes se replient et forment un bloc. « La solidarité, c’est très important, insiste Nicolas. On ne peut rien faire sans l’aide de l’équipe. Si personne n’apporte le ballon à celui qui joue en pointe, ça aura beau être le meilleur attaquant du monde, il ne marquera pas. Pareil en défense : il faut que tout le monde se replie, sinon c’est le but assuré. »

Dans la piscine, Nicolas est prêt à en découdre avec ses coéquipiers, son bonnet rembourré aux oreilles bien attaché sous le menton. Avec la pression de l’eau, un seul coup de coude pourrait faire éclater son tympan.

L’entraîneur siffle. L’équipe en attaque a trente secondes pour tenter un tir. Les quatorze joueurs ont le regard vissé sur la balle. Nicolas s’en empare. Un défenseur fond sur lui et l’agrippe à l’épaule. Il disparaît dans les remous.

La partie la plus fascinante se joue à présent sous l’eau. « L’arbitre ne voit pas ce qui s’y passe, précise le joueur. C’est le côté sympa du polo. Le plus roublard prend le dessus sur l’autre. Question de pudeur ! »

« On peut pratiquer longtemps le water-polo car ce n’est pas traumatisant pour les articulations, explique le joueur. Mais c’est un sport qui demande beaucoup de pratique. » Lui n’est pas près d’arrêter. « Dans l’eau, il y a cette poussée d’Archimède qui fait qu’on se sent si bien… Cela permet de rester en condition et de s’autoriser quelques excès », sourit-il.

Les Bases du Water-Polo - What'R Polo ?

tags: #water #polo #bourg #en #bresse