Depuis son intégration en Ligue A en 2018, France Avenir poursuit un projet unique dans le paysage du volley français. Ici, le classement et les victoires ne sont pas la priorité. L’objectif est d’exposer de très jeunes joueuses, âgées de 15 à 20 ans, à l’exigence du plus haut niveau national.

Les jeunes joueuses de France Avenir apprennent et progressent chaque jour.
Un projet axé sur le développement individuel
« Chez nous, le processus est plus important que le résultat. La priorité est mise sur le développement individuel de chaque joueuse », avance Félix André, l'entraîneur. Assurée de son maintien en Saforelle Power 6 grâce à l’accord entre la Fédération française de volley-ball et la Ligue, l’équipe du pôle France n’a pas à craindre la relégation. Une particularité qui permet au projet de s’inscrire dans la durée et d’éviter la pression du résultat.
Pour les jeunes joueuses, l’enjeu est ailleurs : comprendre les exigences du haut niveau, se forger un mental, apprendre à encaisser les défaites pour mieux rebondir.
Les défis et les objectifs
Tous les week-ends, elles affrontent les meilleures équipes de France et découvrent la réalité d’un championnat professionnel. Les résultats reflètent logiquement ce fossé : la dernière victoire de France Avenir dans le championnat remonte au 27 février 2022, face à Nancy. La saison écoulée s’est donc soldée par une nouvelle série sans succès.
Sur le terrain, difficile de rivaliser physiquement pour un effectif où les aînées n'ont pas encore soufflé leurs 20 bougies. « En face d'elles, ce sont des équipes expérimentées, avec un fort taux de joueuses étrangères. J'ai presque envie de dire heureusement pour ces clubs qu'ils gagnent contre France Avenir 2024 », abonde Axelle Guiguet, directrice technique nationale de la FFVB.
Pour autant, les pilotes du projet réfutent toute culture de la défaite au pôle fédéral. « On ne rentre pas sur le terrain en se disant qu'on a le droit de perdre, je combats cette idée », jure Félix André.
Reste que ses joueuses doivent apprendre à encaisser leurs résultats. « C'est le plus difficile : perdre tous les week-ends, se remobiliser et se dire qu'on travaille aussi pour nos progressions individuelles », souffle la capitaine Leïa Ratahiry (19 ans). Mais la réceptionneuse-attaquante et ses coéquipières s'accrochent. Cette saison, elles ont pris un set au leader mulhousien. Puis, avant la trêve, France Avenir 2024 a poussé Chamalières au tie-break.
Connaître les zones, les positions et les rôles des joueurs | Volley-Ball
La saison 2025-2026 et la promotion des jeunes talents
La promotion 2025-2026 compte une trentaine d’athlètes issues du pôle France. Sélectionnées après un processus exigeant (identification en club, en équipe nationale U16 ou en Pôle Espoirs, stage d’évaluation, tests physiques, techniques et psychologiques au CREPS de Toulouse), elles incarnent l’avenir du volley féminin tricolore. Toutes portent les couleurs de France Avenir avec l’idée d’apprendre chaque jour, de progresser match après match et à terme, de nourrir les sélections nationales et les différentes équipes professionnelles.
La saison 2025-2026 s’annonce donc similaire aux précédentes sur le plan comptable. Mais elle reste essentielle dans la construction de futures internationales.
Une pépinière pour les Bleues
Malgré les défaites, la jeune équipe a trouvé sa place en Ligue A, à en croire Félix André, lui-même dubitatif quand il entraînait Aix-Venelles (2018-2020). « La première année, j'avais un regard critique sur l'équipe, je me disais que ça ne servait pas à grand-chose. Mais ce n'est plus du tout le cas et les retours des entraîneurs adverses sont positifs. »

L'équipe de France Avenir 2024.
Axelle Guiguet espère renouveler la convention entre la FFVB et la Ligue pour la présence de France Avenir dans l'élite, qui s'achève en 2023. Pour convaincre, la DTN invite à regarder les résultats de l'équipe de France. Depuis ses débuts en Ligue A, la pépinière toulousaine alimente les Bleues.
En quatre ans, 11 joueuses passées par France Avenir ont fait leurs débuts internationaux :
- Mahé Mauriat
- Guewe Diouf
- Juliette Gélin
- Amandha Sylves
- Eva Elouga
- Amélie Rotar
- Manon Moreels
- Jade Défrayé
- Émilie Respaut
- Leïa Ratahiry
- Halimatou Bah
Neuf d'entre elles étaient à l'Euro cet été, lors duquel la France a disputé un premier quart de finale en huit ans.
Témoignages
Leïa Ratahiry était de l'aventure, tout comme la jeune passeuse Émilie Respaut (18 ans). Un poste stratégique pour la FFVB. « Avec France Avenir, elle peut continuer à progresser sur un poste où il est compliqué de demander à un club de Ligue A de la titulariser dès maintenant », explique Axelle Guiguet.
« Mon meilleur souvenir, c'est la victoire contre Mougins l'an dernier, juste avant Noël et dans une période de grande fatigue. On s'était dit "On lâche tout" et je pleurais déjà sur le dernier point », raconte Leïa Ratahiry, qui vit sa quatrième saison dans l'équipe.
Comme Respaut et Ratahiry, les meilleures joueuses de l'équipe sont appelées à poursuivre leur progression dans un club pro. Mais avant de quitter le nid, toutes aimeraient regoûter à la victoire.