L'histoire du Volley-Ball à Rennes: Du REC au Rennes Volley 35

Après plus de vingt années de professionnalisme, le Rennes Volley va disparaître. Contraint financièrement et recalé pour son projet de reprise par la DNACG, le club va cesser ses activités après plus de vingt ans de professionnalisme.

Alors que Kévin Le Roux avait réuni un groupe d’investisseurs pour apporter les 300 000 € manquants, le club a essuyé jeudi 25 juin le refus de la DNACG de lui accorder l’agrément pour évoluer en Ligue A la saison prochaine. Les dirigeants ont pris la décision de ne pas faire appel auprès du CNOSF et vont déposer le bilan ces jours-ci.

Après la disparition du Rennes Volley 35, ancien pensionnaire de Ligue A, pour raisons financières, c'est le Rennes étudiants club, club historique, le REC qui reprend le relais.

Le REC, le club amateur a décidé de se retrousser les manches, vers la conquête du haut niveau. Il repart avec deux équipes en Elite (troisième division), une masculine et une féminine. Des anciens du Rennes Volley 35 ont décidé de s'investir.

Le REC volley attaque la saison avec une victoire face à Amiens le week-end dernier.

Les Origines: Le Rennes Étudiant Club (REC)

Fondé en 1946, avec Eugène Malapert en tant que président-entraîneur, le Rennes Étudiant Club grimpe les échelons les uns après les autres. En 1970, il accède pour la première fois au championnat de Nationale 1, plus haut niveau français de l’époque, mais descend par la suite.

Eugène Malapert, fondateur du REC, revient sur ses plus beaux souvenirs de volley-ball à Rennes, lui qui y a tout connu, de l’amateurisme jusqu’au monde du sport professionnel. À le voir, à l’écouter raconter ses souvenirs, on a du mal à imaginer qu’en 1946, Eugène Malapert était déjà étudiant. Un étudiant passionné de volley. Il est peut-être là son secret de jouvence, lui le fringuant nonagénaire (95 ans). La passion. Celle qui l’a poussé à créer une section pour ce sport qu’il affectionne tant au sein du Rennes Étudiant Club, et d’en garder la présidence pendant 46 ans. Il en a suivi toutes les évolutions, de l’amateurisme à la création du Rennes Volley, section professionnelle du club.

La section volley du REC, je l’ai créé en 1946. Je finissais mes études et avec quelques copains on jouait au volley pour s’amuser à Courtemanche. On s’est dit: « Pourquoi ne pas créer une section volley au REC? ». J’ai interrogé les dirigeants pour savoir s’ils étaient d’accord, ils m’ont dit oui, à condition que ça ne leur coûte pas un centime.

Le professionnalisme n’est arrivé au REC que dans les années 1985-1986. Le REC jouait déjà au plus haut niveau, toujours en première ou deuxième division nationale. Pour rester à leur niveau, il fallait se structurer davantage. On avait une équipe composée majoritairement d’étudiants très bons volleyeurs mais pour rester au niveau, il fallait des renforts.

J’ai fait appel à un ancien joueur du REC, Jacques de Toledo, qui était l’un des meilleurs joueurs français, et qui était parti jouer à Paris. Je l’ai fait revenir et on a discuté, voir comment on pouvait se semi-professionnaliser. On a alors fait venir un joueur serbe, Veljko Basic, qui était un joueur d’exception, sans doute le meilleur joueur que le REC ait jamais connu. Une fois sa carrière terminée, il est devenu entraîneur du REC.

« Le REC, c’était une philosophie. Lorsque je suis parti, les responsables du REC ont décidé de professionnaliser davantage le club. Ils ont réussi à faire venir un certain nombre de sponsors. Le Rennes Volley s’est créé quelques années plus tard, il est passé du nom du REC au nom du Rennes Volley. Je pense que là, une erreur a été faite. Manifestement, les dirigeants du Rennes Volley ont voulu dans l’esprit se séparer du REC. Personnellement, j’ai mal vécu le changement de nom. Mal, mais je le sentais arriver depuis plusieurs années. D’une part parce qu’il y avait manifestement cette philosophie du club que je comprenais mal. Et on se rendait compte qu’il y avait un déséquilibre entre leurs capacités financières et la gestion sportive du club qui a été assez curieuse et qui, à mon avis, n’a pas été une grande réussite. Pour moi, la première erreur commise par le Rennes Volley a été de se séparer de Veljko Basic, qui a été un joueur et un entraîneur d’exception.

« On avait l’impression que pour le Rennes Volley, le REC était un fardeau. Il faut être sérieux… La Coupe d’Europe, c’est un grand mot. C’était la troisième division de Coupe d’Europe et le niveau y est très moyen. Quand j’entends dire, on aurait pu être champions d’Europe, d’accord, mais Tours est champion d’Europe en Ligue des champions. Là, oui. Champion d’Europe de troisième division… sur ce qu’on a vu à Rennes cette année, on a rencontré des équipes faibles. C’est vrai que cette année, on était peut-être la meilleure formation française sur le plan sportif. Mais c’est là où ça ne colle pas. D’abord, on a constitué une équipe forte, c’est vrai, avec quelques joueurs très forts mais je dirais presque surpayé, sinon par rapport à la trésorerie du club. C’est la première fois que je vois, tous sports confondus, tous les clubs d’une division faire collectivement des démarches pour que le Rennes Volley soit sanctionné parce qu’il a dépassé les règles.

Je connais bien le REC, et pour cause. C’est un club remarquablement structuré, aussi bien financièrement que sportivement, avec des ambitions pour continuer à jouer au plus haut niveau. Il est certainement bien présent dans l’esprit des dirigeants actuels, c’est une évidence, même si je ne suis ni dans les instances du Rennes Volley, ni dans les celles du REC. Ce que je reproche au Rennes Volley, c’est d’avoir voulu s’écarter du REC. On avait l’impression que pour eux, le REC était un fardeau. Ils auraient voulu être Rennes Volley seuls. Ils avaient forcément besoin du REC comme club support.

« J’ai toujours pris énormément de plaisir à voir jouer le Rennes Volley. Vous savez, personnellement, j’ai connu plus de satisfactions avec le REC. Le REC a été « x » fois champion de France universitaire et a joué nombre de fois en première division. Les quinze dernières années de ma présidence, le REC n’a jamais quitté la première ou la deuxième division. Le haut niveau, je le connaissais. Le professionnalisme, c’est autre chose. Ça permet de voir un volley de très très bon niveau. Le Rennes Volley m’y a réservé une place. Personnellement, je suis un amoureux du volley et j’ai continué à suivre les résultats du Rennes Volley. En revanche, il y a une chose que je n’ai jamais comprise. Puisque le Rennes Volley devait être l’émanation du REC, j’avais demandé que l’on forme un groupement des anciens du REC qui avaient marqué le club. On se serait réunis une fois par an, on aurait invité les joueurs. Ça m’a été refusé au motif de : « S’ils veulent venir, ils doivent payer leur place ». Jamais quand j’étais président, un ancien du REC n’a payé sa place pour venir, ça n’existe pas ça. C’est du gâchis. Ils avaient tout pour réussir, bien plus que certains autres clubs. Une belle salle, du public. Il suffisait, si je puis dire, de gérer sportivement et financièrement. Je suis triste de la situation actuelle. Dans mon esprit, le Rennes Volley devait simplement être la section professionnelle du REC. Je suis déçu de l’environnement, des conditions dans lequel ça se déroulait.

Le Rennes Etudiant Club est un club de volley-ball français fondé en 1946 à Rennes. Eugène Malapert en est le premier président et entraîneur. Il quittera la présidence en 1994 et Jean Yves Le Roux, ancien joueur de l'équipe première, lui succède alors.

Le club accède à la nationale 2 en 1952, et depuis cette date le REC n'est jamais retombé plus bas que la troisième division nationale. Il atteint la nationale 1 en 1970, le plus haut niveau de l'époque.

Depuis la saison 2001-2002 et le titre de champion de Pro B (deuxième division nationale), le club n'a plus quitté la Pro A.

Ce club, représente aussi des personnalités phares au niveau sportif comme Michel Sanchez (premier transfert important du club en 1962), Patrice Burgevin (capitaine de 1974 à 1984, date à laquelle il met fin à sa carrière), les frères Eric et Jérôme Hallé, arrivés en 1986, ou encore le croate Veljko Basic, entraîneur de l'équipe première de 1988 à 2005.

L'équipe du Rennes Volley 35

2007: Naissance du Rennes Volley 35

L'année 2007 est une année de changements pour le club breton. Changement de nom puisque le REC devient le Rennes Volley 35. Changement de salle également, car les professionnels ne joueront désormais plus dans le "chaudron" de Courtemanche, occupé depuis les années 60 et qui avait subi de nombreuses transformations pour répondre aux progrès du REC dans la hiérarchie nationale.

En 2002, le REC est sacré champion de Pro B et découvre la Pro A l’année suivante. Un championnat qu’il ne quittera plus jusqu’en 2007, année lors de laquelle est créée l’association Rennes Volley et signée une convention la liant au REC Volley, titulaire du numéro d’affiliation fédéral pour la participation en Ligue A.

Cependant cette salle était limitée tant sur le plan sportif que commercial, si bien que le départ vers un lieu plus moderne était inévitable. Le nouvel antre du club se situe désormais au sud de Rennes, dans le quartier de Bréquigny.

Le REC affirme son ancrage breton à travers ses couleurs (haut noir, bas et chaussettes blanches) et son blason qui s'inspire du drapeau breton.

La Coupe de France 2012: Un Moment Historique

Il y a des repères qui ne s’effacent pas. Des résultats qui marquent un vrai tournant. Cette saison-là, le Rennes Volley change de dimension. Non pas pour son parcours en Ligue A, puisqu’il ne parvient pas à franchir le cap des quarts de finale pour la troisième année consécutive, mais plutôt pour sa capacité à performer dans les autres compétitions.

Déjà, le club découvre la Coupe d’Europe, une première participation qui emmène la bande à Boris Grebennikov aux quatre coins de l’Europe. Un presque exploit, qui en deviendra définitivement un onze jours plus tard.

RESUME DU MATCH USQ-RENNES

Cette fois du côté de la salle Coubertin à Paris, au terme d’un récital face au Beauvais OUC (3-0). Ce 11 mars 2012, en finale de Coupe de France, rien ne peut arriver au Rennes Volley.

Jenia Grebennikov tient la réception à merveille, Repak joue dans un fauteuil, Kolacny et Pupart sont mis sur orbite en bout de filet… Un dimanche après-midi indélébile, inscrit à jamais dans l’histoire du club. Le Rennes Volley remporte sa première Coupe de France et inspire Boris Grebennikov : J’espère que les dirigeants ont préparé des étagères pour mettre la Coupe. Maintenant, c’est à nous de les garnir.

La famille Grebennikov embrasse la Coupe de France : Boris, l’entraîneur, et Jenia, son fils, joueur.

La famille Grebennikov célébrant la victoire en Coupe de France

2015-2016: Une Saison en Ligue B et une Nouvelle Finale de Coupe de France

Descendu en Ligue B deux ans plus tôt, le Rennes Volley aurait là encore pu marquer au fer rouge sa saison 2015-2016. Et pour cause, l’effectif de Nikola Matijasevic joue sur tous les tableaux. Pour la montée en Ligue A déjà, logiquement qualifié pour les play-offs d’accession à l’issue d’une saison régulière où il a laissé son dauphin niçois à 16 points derrière lui, mais également pour un deuxième titre en Coupe de France.

C’est bien là l’exploit de la saison rennaise. Car Arvydas Miseikis et sa bande s’immiscent parmi les plus grands et font tomber successivement des poids lourds de Ligue A : Beauvais en 8e de finale (3-2) mais surtout Sète en demi-finale (3-1), finaliste du championnat cette année-là après avoir dominé la saison régulière. Malheureusement, la belle histoire prendra brutalement fin en finale face au Gazélec Ajaccio, le 27 mars 2016. Au cinquième set (16-14) et après avoir longtemps entretenu l’idée que le Rennes Volley pouvait être le premier club de Ligue B à soulever la Coupe de France.

Une première secousse avant la réplique, le 7 mai 2016, en finale de play-offs. Rodney Ah-Kong et les Rennais jouent leur saison sur un match et l’accession en Ligue A face à Nice. Sur un tie-break décisif, comme face aux Corses en finale de Coupe de France, avec cette fois deux balles de match à leur avantage. Deux occasions non converties par les hommes de Nikola Matijasevic, coiffés au poteau par les Aiglons (18-20)… Terrible réplique à Coubertin. Le sport, c’est cruel, lâche Nikola Matijasevic.

Le lendemain sur la route, le minibus ramenant les joueurs et le staff à Rennes est arrêté sur le bas-côté. La joie des Rennais devant la double centaine de supporters bretons qui avaient fait le déplacement salle Coubertin.

2017: Retour en Ligue A

Le Rennes Volley court après son lustre d’antan. Après ses démons, aussi, alors que la montée lui est passée sous le nez quelques mois plus tôt… Le club du président Coeurdray affiche ses ambitions et signe une saison régulière conforme, certes moins dominatrice que l’an dernier (1er) mais honorable (3e derrière Tourcoing et Nancy).

Bien qu’accroché en quarts de finale par Orange, qui l’emmène jusqu’au match décisif (3-1 à Colette-Besson), et privé de Rodney Ah-Kong dès le mois de décembre, le Rennes Volley est encore au rendez-vous salle Coubertin pour la finale d’accession. Soudée et appliquée, sans pour autant livrer son meilleur match de la saison, l’équipe de Nikola Matijasevic appuie là où ça fait mal et refuse le schéma passé. Même à un set partout (25-23, 20-25).

Chacun, dans son registre, apporte au collectif : Höhne et Kapfer par leur hargne, Toobal par sa science du jeu, Frédéric par sa fraîcheur au serveur, Prévert par son insouciance… C’était notre troisième chance. Les joueurs ne pouvaient pas se permettre de ne pas le faire. C’est ce qui a fait tourner le match, raconte l’entraîneur rennais. Depuis que je suis vice-président de la LNV, on ne cesse de me répéter que Rennes est une équipe de Ligue A et qui mérite d’y être, ça se concrétise, corrobore le président Bruno Coeurdray.

Les joueurs et le staff du Rennes Volley sur la pelouse du Roazhon Park, le 8 mai 2017 avant la réception de Montpellier pour le Stade Rennais.

L'Ère Kévin Le Roux

L’international français Kévin Le Roux a disputé six mois au Rennes Volley, maintenu in extremis en Ligue A cette saison-là. Le Rennes Volley frappe un grand coup après Noël. Le club attire dans ses filets l’international français Kévin Le Roux, qui résilie son contrat avec le Dynamo Moscou pour s’engager à Rennes.

Champion d’Europe en 2015 avec l’équipe de France, double vainqueur de la Ligue Mondiale (2015, 2017), médaillé de bronze de cette même épreuve en 2016, le central de 28 ans regagne l’Ille-et-Vilaine pour six mois après être passé par le pôle de Dinard et avoir grandi à Saint-Malo.

La Meilleure Saison et la Disparition

En terminant troisième de Ligue A et en demi-finale de Challenge Cup, sans pouvoir se jauger jusqu’au bout, le Rennes Volley a probablement signé sa saison la plus aboutie. Le paradoxe est malheureux mais le Rennes Volley va disparaître à l’issue de sa saison la plus aboutie.

Certes en n’ayant pas brillé en Coupe de France (défaite à Paris dès le premier tour) mais en ayant rayonné de mille feux en Ligue A et en Challenge Cup, avec un effectif taillé pour un titre. Les résultats parlent d’eux-mêmes : battre Tours sans contestation à Colette-Besson (3-0), enchaîner 14 succès consécutifs toutes compétitions confondues, être sacré champion d’automne (c’était également le cas un an plus tôt), qualifié pour le dernier carré de la Challenge Cup…

Le Rennes Volley bouge les lignes mais avance, vent de face. Après avoir été sanctionné par la DNACG d’un retrait de cinq points, dont trois fermes, pour communication d’informations inexactes et pour rupture manifeste d’équité sportive, en partie en raison de sa masse salariale déclarée en avril 2018, le club se retrouve au cœur de la fronde mené par ses concurrents.

Dix clubs, cosignataires un communiqué contestataire, estiment inéquitable sa participation au championnat de France et dangereux qu’il puisse prendre part aux play-offs. Le Rennes Volley est ciblé, perd aussi plus qu’il n’en avait l’habitude et conclut précipitamment sa saison par une double confrontation à Montpellier.

Alors qu’il peut encore rêver d’un titre, autant en Ligue A qu’en Coupe d’Europe, avec une demi-finale abordable face aux Turcs d’Ankara, le Rennes Volley doit s’y plier : il n’ira pas plus loin sur le terrain. Le match se joue en coulisses. Les dirigeants s’activent pour trouver les 300 000 € manquant aux finances, convainquent l’international français Kévin Le Roux d’apporter les financements, croient dans le projet de reprise… Avant que la DNACG ne lui ferme définitivement la porte au nez.

La Réforme de 2009 et les Défis Financiers

Alors que le Rennes Volley réalise la meilleure saison de son histoire, la réforme prévue pour 2009 place le club dans l'expectative. Sportivement, la situation n'a jamais été aussi florissante. Le Rennes Volley ne s'est jamais aussi bien porté. Deuxième ex-aequo de la Pro A, il réalise sa meilleure saison à ce niveau. Tout va bien donc. Du moins, en apparence. Car en coulisses, l'inquiétude gagne les dirigeants.

La raison ? La réforme du championnat de Pro A prévue pour la saison 2008-2009. Elle a été décidée le 18 janvier dernier à la Ligue. Dans les grandes lignes, le championnat passerait de quatorze à douze clubs. Et les clubs de l'élite seraient dans l'obligation de présenter un budget minimum de 1,1 million €.

Avec 820 000 euros de budget, le Rennes Volley est bien loin du compte. Aujourd'hui, quatre autres clubs de Pro A (Narbonne, Ajaccio, Asnières et Sète), sont dans le même cas.

« Notre situation est paradoxale, confie Jean-Yves Le Roux, le président du Rennes Volley. Sportivement, nous n'avons jamais été aussi bien mais notre avenir est très incertain. Nous devons passer un cap important. Il ne suffit de pas-grand-chose, mais c'est difficile. »

Pour lui et son équipe dirigeante, une course contre-la-montre a donc commencé. Il s'agit de trouver les 300 000 € qui permettraient de remplir les critères imposés par la Ligue.

Aujourd'hui, le budget du Rennes Volley est financé à 60 % par les partenaires publics, 25 % par les partenaires privés, les 15 % restant étant liés aux recettes de la billetterie. « Nous allons nous tourner vers nos partenaires privilégiés que sont la Ville et le conseil général, explique Jean-Yves Le Roux. Mais nous devons absolument en trouver de nouveaux. » Pas si simple. La discipline ne peut pas compter sur la manne financière des droits télé comme au football ou au rugby, car elle a du mal à se vendre.

Aujourd'hui, les meilleurs atouts du Rennes Volley pour se vendre sont ses résultats sportifs. Pour la première fois de son histoire, le club est en effet en course pour le titre de champion de France, alors que ce n'était pas son objectif en début de saison.

« L'an dernier, nous avons proposé un projet sportif de trois ans aux joueurs et les joueurs l'ont adopté, rapporte Jean-Yves Le Roux. À salaire égal, ils préfèrent jouer à Rennes les premiers rôles plutôt que d'être remplaçants dans une grosse équipe comme Cannes, Tours ou Toulouse. »

Le Rennes Volley doit surfer sur cette vague sportive. Une place parmi les quatre premiers du championnat le propulserait sur la scène européenne, ce qui constituerait une grande première. Et devrait permettre d'attirer de nouveaux partenaires, et ainsi assurer son avenir financier...

Le REC Reprend le Relais

Six mois que les joueurs n'avaient pas pratiqué. 2020 a été une année difficile pour le volley rennais. Le REC, le club amateur a décidé de se retrousser les manches, vers la conquête du haut niveau. Il repart avec deux équipes en Elite (troisième division), une masculine et une féminine. Des anciens du Rennes Volley 35 ont décidé de s'investir.

Parmi eux, Quentin Marion, entraîneur adjoint l'an passé. Il devient le coach de ce groupe. "C'est un concours de circonstances qui fait que j'arrive à la tête de cette équipe. C'est une belle opportunité, avec une belle ambition", confie-t-il. Cinq professionnels côtoient des jeunes du centre de formation, "une équipe jeune".

Dans son sillage, il est rejoint par Philippe Tuitoga, lui aussi ancien du Rennes Volley 35. Les deux hommes se connaissent bien, se font confiance. "C'est un joueur essentiel de l'effectif, sur ou en dehors du terrain. Il a déjà une grande expérience, il était aux portes de l'équipe de France. Je suis content d'avoir réussi à le convaincre" souligne-t-il. "On arrive à se parler, franchement, pour le bien-être de l'équipe."On est capable de battre tout le monde dans ce championnat. On est aussi capable de perdre si on arrive un peu trop confiant, si on se la joue facile, si on se croit arriver avant le match.

Philippe Tuitoga se dit satisfait de prendre ces responsabilités, lui qui pour la première fois est "le vieux" dans le groupe. Il compte effectivement apporter son expérience de central. Les nouvelles recrues y croient, comme le Nantais Antonin Roulleau. "Cela s'est fait naturellement, je connaissais le coach. J'ai fait ma formation pendant trois ans à Rennes. Je n'avais jamais fait de montée, en étant joueur titulaire, majeur pour ensuite évoluer dans la catégorie supérieure. C'est ça qui est intéressant, le challenge.

Quentin Marion veut travailler un "volley technique", avec "une culture du jeu particulière au jeu français", ce qu'il aime particulièrement. Combattivité, défense, soutien et technique sont les maîtres mots. Le REC vise la Ligue B cette année. Quentin Marion se montre lucide. Il faudra deux à trois ans ensuite pour monter en Ligue A.

Titouan Hallé: Un Modèle d'Équilibre

Le sport a toujours fait partie intégrante de la vie de Titouan Hallé. Après sa formation au Pôle Espoir de Dinard, il termine ses années de lycée à Montpellier tout en étant admis au Centre national de volley-ball tout proche. Il intègre ensuite l’INSA Rennes (aujourd'hui établissement composante de l'Université de Rennes) pour une formation d'ingénieur de type "prépa intégrée" sur trois ans, sans cesser de s’entraîner au Rennes Volley 35. Après avoir décroché son diplômé d'ingénieur en juin 2023, il est aujourd’hui doctorant à Géosciences Rennes et joueur dans l'équipe professionnelle du SNVBA à Saint-Nazaire.

Le 28 avril 2024, le SNVBA a remporté le premier titre de champion de France de son histoire. En revenant sur son parcours, Titouan Hallé souligne l'importance de trouver un équilibre. Grâce à des aménagements d'emploi du temps et à des choix d'études adaptés, il a réussi à jongler entre ses deux passions. « Faire du sport tous les jours me donnait un rythme, et d'une certaine manière cadrait mon quotidien.

Rennes est une ville qui baigne dans le sport depuis 1901, au plus tard ! Il est possible que certain.e.s d’entre vous aient déjà réservé une chambre à notre hôtel 3 étoiles à Rennes pour assister à des événements sportifs tels que Rennes sur roulettes, l’Open de Rennes de tennis ou encore l’une des étapes du Tour de France de cyclisme. Car en effet, Rennes, ville désignée comme « la plus sportive de France » en 1982, a fait du sport un pilier de sa culture. Chaque année, plusieurs événements sportifs ponctuent le quotidien des Rennais. Le premier qui nous vient à l’esprit n’est autre que Rennes sur roulettes, évènement international de roller mis au point par le Cercle Paul Bert conjointement avec la municipalité depuis… 1982 ! Mais l’agenda sportif rennais est aussi marqué par les éditions annuelles de l’Open de Rennes de tennis, un tournoi international masculin créé en 2006 qui se tient au mois de janvier et qui réunit quelque 48 joueurs figurant au classement ATP. Pour finir, le Grand Prix de Rennes de cyclisme a lui aussi eu droit à ses moments de gloire. Quasiment tous les principaux sports au niveau professionnel sont représentés à Rennes ! À Rennes, par exemple, on est très fiers du Stade Rennais, notre emblème footballistique, qui évolue en Ligue 1 et siège dans son écrin, le Roazhon Park.

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