Triomphe historique : L'équipe de France de Volley-ball sacrée championne olympique à Tokyo

L'équipe de France de Volley-ball a marqué l'histoire en remportant le titre de championne olympique aux Jeux Olympiques de Tokyo. C'est un moment historique pour le sport français, une victoire qui restera gravée dans les mémoires.

Les volleyeurs français sont devenus champions olympiques pour la première fois en battant les favoris russes (sous drapeau neutre), 3 à 2 (25-23, 25-17, 21-25, 21-25, 15-12) samedi à Tokyo, dans une finale à rebondissements. Les Bleus n'étaient jamais montés sur le podium olympique et n'avaient même jamais atteint les quarts en quatre participations. C'est leur deuxième grand titre international après l'Euro-2015.

Mal partis dans ces Jeux après avoir été dominés d’entrée par les Etats-Unis (0-3) puis subi un revers inattendu face à l’Argentine (2-3), les hommes de Laurent Tillie sont ensuite parvenus à quasiment tout renverser sur leur passage à partir de leur victoire sur le Comité olympique russe en poule (3-1).

Le 7 août 2021 pourra être décrété jour de fête nationale du volley français ! Au bout d’une finale à très haute intensité et au suspense insoutenable dans le dernier set, l’équipe de France a réussi l’incroyable exploit de décrocher la plus haute distinction de son sport, la médaille d’or olympique !

Depuis leur exploit en quart contre la Pologne, championne du monde, les hommes de Laurent Tillie sont portés par une inébranlable confiance.

Pour la première fois de leur histoire, les volleyeurs français sont champions olympiques. Ils ont disposé de la Russie en finale des Jeux, samedi 7 août à Tokyo. Victoire trois sets à deux (25-23, 25-17, 21-25, 21-25, 15-12), presque deux heures et demie après le coup d’envoi.

Le match terminé, les Bleus peuvent entamer une danse de la joie. Une sorte de French cancan, presque aussi atypique que leur jeu fait de feintes et de fougue. Mais qu’il aura fallu batailler !

D’abord au premier set : les Bleus sont menés de trois points (16-19) lorsque le sélectionneur, Laurent Tillie, demande un temps mort. Première explication, premières solutions : les Français reprennent l’avantage (23-22), sur le tard, passant devant grâce à un smash d’Earvin Ngapeth. Smash contré par les Russes, mais en dehors du terrain. Le deuxième set est plus limpide, face à des adversaires encore sonnés d’avoir laissé échapper le premier.

Tout l’inverse des troisième et quatrième manches, lors desquelles les Russes reprennent des forces, encouragés par une délégation peu avare en « Davaï » (allez) et autres exhortations. Et que dire du tie-break… Intenable.

Un mano a mano, point contre point, smash pour smash, auquel même les remplaçants et les membres du staff français semblent avoir envie de participer. Côté adverse, de la seule tribune occupée de l’Ariake Arena, les sifflets ne sont pas rares pour déconcentrer les Français au moment de leur service.

« A deux sets partout, on s’est dit : “Les gars, c’est pas grave, ce sera encore plus beau de gagner trois sets à deux que trois sets à zéro” », raconte Kévin Tillie, dont le père n’est autre que le sélectionneur.

« On a eu un coup de barre, on n’avait plus d’énergie, mais on est allé chercher avec le cœur la médaille d’or », apprécie Trévor Clévenot. Avec aussi « beaucoup de lucidité », insiste son coéquipier Benjamin Toniutti.

Il en fallut, en effet, pour rattraper les trois points d’avance pris par les Russes en début de cinquième manche.

Un parcours improbable

Cette finale récompense un parcours improbable, de ceux qui restent longtemps dans les mémoires. Imaginez une équipe qui perd deux de ses trois premiers matchs, contre les Etats-Unis et l’Argentine, et redoute de se faire éliminer dès le premier tour, comme aux Jeux de Rio, en 2016.

Imaginez ensuite cette même équipe, toujours en phase de poules, dominer la Russie (déjà) et arracher un point du tie-break contre le Brésil, champion olympique en titre. « On est des survivants », s’exclamait Laurent Tillie, qui n’en avait pas fini.

En quarts de finale, victoire sur les doubles champions du monde polonais, après avoir été menés deux sets à un ! C’était avant un succès sur l’Argentine, retrouvée en demi-finales, puis avant cette seconde victoire de l’été sur la Russie.

La plus belle, à n’en pas douter, de toute l’histoire du volley-ball français.

« Chaque fois que l’on s’est planté, c’est lorsque l’on pensait être favoris », résume le passeur Antoine Brizard. Ces Bleus ont surpris tout le monde, à commencer par leurs adversaires.

« On fait des choses qu’on n’a pas l’habitude de voir au volley, expliquait Jean Patry après la demi-finale. Un mélange de combativité et de créativité par moments. Avec des points qui peuvent faire mal à l’adversaire et nous renforcent mentalement. »

Comme Antoine Brizard ou Barthélémy Chinenyeze, Patry a rajeuni les rangs d’une génération déjà parmi les plus douées du volley français, celle des Earvin Ngapeth, Jenia Grebennikov et Benjamin Toniutti.

Ce dernier a toujours le statut de capitaine, mais il a vécu la finale en qualité de remplaçant, Antoine Brizard lui ayant été préféré de nouveau.

JEUX OLYMPIQUES - Le jour où les volleyeurs français atteignaient le firmament à Tokyo (2020)

Une équipe soudée

« On a envie d’être tous ensemble dans la lumière », expliquait Grebennikov dès le premier rassemblement pré-olympique, à Mulhouse, au mois de mai. « On essaie d’oublier l’enjeu, on est une bande de potes qui jouent au volley », précisait Earvin Ngapeth.

Les années avançant, la bande de potes a grandi. « Il y a beaucoup plus de moments sérieux dans nos retrouvailles, dans nos discussions, poursuit Ngapeth, qui a signé dans le même club que Jenia Grebennikov, à Modène (Italie). Ça m’a fait bizarre de l’appeler pour lui parler de l’école des enfants. »

Grebennikov s’en amuse : « Des familles se créent, on se retrouve pour les mariages, certains me disant “Ah, Jenia, t’as des cheveux blancs”, il y en a qui vont devenir chauves. »

Aujourd’hui, Laurent Tillie n’hésite pas à comparer équipes et époques. Comme joueur, il avait disputé les Jeux 1988 de Séoul, la première des cinq participations olympiques du volley français.

Jusqu’à cet été, toutes avaient échoué avant les quarts de finale. Pour le sélectionneur, « il n’y a pas photo », la génération actuelle est « dix fois, vingt fois, cent fois plus forte ».

L’entraîneur de l’équipe de France s’apprête à céder ses fonctions au Brésilien Bernardo Rezende, une référence, après avoir conduit les Bleus jusqu’à leurs premiers titres : premier Euro (2015), premières Ligues mondiales (2015 et 2017) et désormais première médaille olympique, en or de surcroît.

Earvin Ngapeth, Jenia Grebennikov, Trévor Clévenot, Jean Patry, Kévin Tillie ? Tous fils d’anciens volleyeurs. Le sélectionneur national espère désormais que « des garçons et des filles » auront envie de se joindre à eux, bien au-delà des familles d’initiés.

Le titre olympique, « magnifique vitrine », a donné à voir son sport. « Un sport sans contacts, esthétique, spectaculaire, mental », vante-t-il. Un sport « mondial ».

La Fédération internationale de volley-ball comprend encore plus de nations membres que celle du football. Depuis samedi, elle compte aussi un nouveau pays champion olympique.

Les réactions

Laurent Tillie, entraîneur de l’équipe de France : « C’est un beau conte de fées, j’espère qu’ils se souviennent du premier entraînement en juillet 2012, on avait dit aux joueurs qu’il fallait rêver des Jeux Olympiques, et pour y rêver, il fallait y penser tous les jours. Ce chemin, cette idée de toujours penser à ça, a compté à la fin, il fallait être patients, avoir des joueurs très talentueux, mais aujourd’hui, ce n’est pas que des joueurs talentueux, c’est une équipe qui a été monstrueuse. Après, trois matchs, on n’était pas bien, il fallait juste garder la persévérance, la résilience, et y croire. C’est miraculeux, c’est magnifique, je ne sais pas quoi dire.

Benjamin Toniutti, passeur et capitaine de l’équipe de France : « C’est magnifique, une force collective, on a construit quelque chose depuis Berlin (le Tournoi de qualification en janvier 2020), on l’a encore montré sur cette compétition, parce qu’à Berlin, on était presque éliminés, il faut le dire clairement, ici aussi : quand on a perdu contre l’Argentine, on n’était pas bien. Et on a commencé avec cette victoire contre la Russie à vraiment bien jouer, on a switché dans une nouvelle compétition, une nouvelle dynamique, ça nous a donné un nouveau souffle, on a joué plus libérés. Le scénario de cette finale était magnifique mais très dur à vivre, il y a eu beaucoup de lucidité dans la gestion du tie-break car à 6-3 contre toi dans une finale des Jeux, c’est dur de revenir et on l’a fait. C’est vraiment la victoire de toute l’équipe, de tout le staff. Pour chacun, c’était un rêve d’être médaillé olympique, avoir la médaille d’or, c’est exceptionnel. C’est un été particulier, on a consenti beaucoup de sacrifices, ça fait onze semaines qu’on est en bulle, revenir à la maison en étant champions olympiques, c’est très très grand, c’est quelque chose qui va nous marquer à vie, tous ensemble.

Earvin Ngapeth, réceptionneur/attaquant de l’équipe de France : « C’est un match à l’image de notre compétition, on est passés par toutes les émotions, il y a eu beaucoup de tension, mais on s’en est sortis, c’était une finale olympique, ça ne pouvait que se terminer comme ça, à 3-2. On est super heureux ! Ça fait longtemps qu’on est ensemble, qu’on bosse, qu’on rêve de ça, à Rio, on s’était ratés, on est repartis en bossant encore plus dur, on n’a eu que dix jours de repos depuis le début de la préparation, on ne regrette rien, parce que c’est super beau quand on a un résultat comme ça. On a rêvé de ça, on l’a fait ensemble, avec ce groupe, c’est encore plus beau.

Jean Patry, pointu de l’équipe de France : « C’est un match qui nous ressemble, qui est à l’image de notre compétition, c’est-à-dire qu’il y a des moments où on n’est pas bien, mais on n’a jamais lâché. Comme au tie-break d’ailleurs, on démarre très mal, 3-0 et 6-3, il y a mieux pour démarrer, mais on ne lâche rien, on y croit, on sort des trucs de fou, la tendance s’est aussi inversée, ils avaient un peu de réussite sur les troisième et quatrième sets avec une grosse qualité en défense et au bloc, au tie-break, on a réussi à inverser les choses. Ce titre, c’est tellement de travail, d’investissement, de sacrifices, mais aussi tellement de bons moments, c’est une consécration. Pour le volley international, on ne fait pas plus haut, c’est incroyable. C’était l’objectif ultime, l’été a été chargé, mais on a encore envie de fêter ça ensemble.

Doublé historique aux JO de Paris

Quel exploit ! L’équipe de France masculine de volley a réussi à conserver son titre de championne olympique, ce samedi 10 août. Les Bleus d’Earvin Ngapeth ont vaincu la Pologne en finale des JO de Paris, trois ans après leur titre acquis à Tokyo. Un doublé historique.

Ils l’ont fait ! Les Bleus du volley ont réalisé l’exploit d’un doublé historique, trois ans après leur titre olympique acquis à Tokyo, ce samedi 10 août. La bande d’Earvin Ngapeth a décroché une nouvelle médaille d’or aux dépens d’une redoutable et farouche sélection polonaise en finale du tournoi olympique masculin de volleyball. Les Tricolores entrent dans l’histoire de leur sport.

Ils ont écrit l’une des plus belles pages du volley français. Cette médaille d’or récompense une génération exceptionnelle qui a réalisé un remarquable tournoi durant cette quinzaine des JO de Paris. Ils peuvent savourer leur exploit de gagner le graal à domicile.

Tout avait commencé par une Marseillaise reprise en chœur par l’Arena. Il y avait du beau monde en tribunes pour soutenir les Bleus. Zinedine Zidane et son épouse étaient en tribunes avec Tony Estanguet pour soutenir les volleyeurs. Earvin Ngapteh motive ses troupes.

Les Bleus ont empoché le premier set. Les Tricolores ont rendu une copie parfaite aussi dans la deuxième manche avec un Jean Patry des grands jours qui a mis quelques mines hallucinantes. Résultat : 25-20 dans le 2e set que les Polonais avaient pourtant bien commencé en prenant les commandes avant que les Français ne renversent la situation. Jean Patry a été énorme avec un bras monstrueux au smash.

Les Bleus ont continué sur leur lancée. Ils ont envoyé du lourd, défendu comme des chiens au bloc. Les Polonais ont tenté de faire de la résistance dans le 3e set, ils ont mené 16-14. L’Arena était en feu. Et les Français l’ont littéralement embrasé. Leur collectif a touché la perfection dans cette finale en remportant le 3e set 25-23.

On aurait dit les Harlem Globe trotters tant les Tricolores ont tout tout réussi dans cette finale. Les Polonais ont essuyé une déferlante. Jouffroy, Le Goff, Patry, Ngapeth, Trévenot, Brizard étaient intouchables. Trop forts. Monstrueux. Impériaux. Les Bleus pouvaient laisser éclater leur joie.

Tableau des médailles olympiques en volley-ball (hommes)

JO Or Argent Bronze
Paris 2024 France Pologne États-Unis
Tokyo 2020 France Russie Argentine
Rio 2016 Brésil Italie États-Unis
Londres 2012 Russie Brésil Italie
Pékin 2008 États-Unis Brésil Russie

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