L'histoire du Volley-Ball à Colomiers: De Léo Lagrange au Succès Local

Colomiers, une ville dynamique de la région toulousaine, possède une histoire riche en événements sportifs et associatifs. Parmi les nombreuses disciplines présentes, le volley-ball occupe une place particulière, notamment grâce au Club de Loisirs Léo Lagrange (CLLL). Cet article explore l'histoire du volley-ball à Colomiers, en mettant en lumière les moments clés, les figures marquantes et l'évolution du club au fil des décennies.

Terrain de volley-ball

Les Débuts du CLLL et l'Émergence du Volley-Ball

En 1960, le Club de Loisirs Léo Lagrange (CLLL) de Colomiers voit le jour lorsque le préfet délivre l’acte de naissance de l’association au président fondateur Marius Demblans. Le foyer de jeunes, situé au 85 rue Gilet, met gratuitement à disposition des 17-18 ans billard, baby-foot, boules de pétanque et table de ping-pong.

Très vite, les adhérents s’approprient les lieux et créent des sections d’activités structurées (théâtre, ciné-club, tennis de table, photo, voyages, volley-ball, bibliothèque, etc.), dont certaines perdurent encore aujourd’hui. Au cours des années 1960, la pratique du tennis de table reste essentiellement loisir et associative au sein du foyer.

L'Évolution et la Structuration du Club

À mesure que le club grandit, la section s’organise et attire de nouveaux adeptes. Vers la fin des années 1960 et pendant les années 1970, elle commence à s’ouvrir vers l’extérieur : des rencontres amicales sont disputées, puis Colomiers rejoint les compétitions officielles de la Fédération Française de Tennis de Table (FFTT). Durant les années 1980, la section tennis de table gagne en ampleur et se structure davantage.

Le club, qui est devenu un véritable omnisports, profite de l’essor de la ville et du soutien municipal pour améliorer ses installations. La petite salle historique de la rue Gilet est délaissée au profit du gymnase du collège Jean-Jaurès, une salle plus spacieuse mise à disposition par la commune et pouvant accueillir de nombreuses tables. Parallèlement, la section s’affilie pleinement à la FFTT et engage ses premières équipes en championnat départemental de Haute-Garonne.

L'Essor Sportif et Organisationnel au Tournant des Années 2000

Au tournant des années 2000, la section connaît un essor remarquable, tant sur le plan sportif qu’organisationnel. Le club récolte les fruits de son investissement dans la formation des jeunes : par exemple, en 2001 une joueuse formée à Colomiers (Roxanne Gissot) figure parmi les meilleures cadettes françaises de sa catégorie, se qualifiant en Nationale 2 cadettes. Cette politique de relève féminine permet à l’équipe dames du club d’atteindre un niveau historique : en milieu des années 2000, Colomiers accède au championnat de Nationale 1 féminine, affrontant des clubs renommés de toute la France et terminant même en haut de tableau de sa poule. En parallèle, les équipes masculines progressent aussi dans la hiérarchie régionale.

Le club profite du dispositif « emploi-jeune » des années 2000 pour embaucher son premier entraîneur professionnel, chargé de structurer l’école de ping et d’étoffer les entraînements pour tous les âges. Cette professionnalisation, associée à un vivier de jeunes talents, porte ses fruits : titres départementaux chez les jeunes, coupes régionales, et premières montées des équipes seniors en divisions supérieures. À titre d’illustration, en 2001 la section fait preuve de solidarité après la catastrophe AZF : Colomiers met son gymnase Jean-Jaurès à disposition du Toulouse AC dont la salle avait été détruite par l’explosion, permettant au club voisin de jouer ses matches à domicile chez nous.

La Décennie 2010: Confirmation et Dynamisme Local

La décennie 2010 est celle de la confirmation pour la section, qui atteint un haut niveau de dynamisme local. Pour encadrer tous ces pongistes, un entraîneur salarié épaulé par plusieurs bénévoles assure des séances pour chaque catégorie d’âge - des jeunes débutants aux adultes compétiteurs - presque tous les soirs au gymnase Jean-Jaurès. Sportivement, le club aligne jusqu’à six équipes en championnat FFTT chaque année. L’équipe fanion masculine évolue un temps au plus haut niveau régional (Pré-Nationale), avant de redescendre en Régionale 1 en 2013 suite à des blessures.

Les formations suivantes portent haut les couleurs columérines : plusieurs équipes se maintiennent au niveau régional, et d’autres décrochent des titres de champion de poule en divisions départementales avec des montées à la clé. Les performances individuelles viennent couronner ces réussites collectives. En 2013, une cadette du club, Léa, se hisse jusqu’en Championnat de France individuel (Nationale 2 cadettes) et figure parmi les meilleures de sa catégorie.

Quelques années plus tard, en 2017, le benjamin Kévin Barre réalise l’exploit de se qualifier pour les Finales par Classement au niveau national après sa 2e place régionale en moins de 15 ans. La même année, deux équipes jeunes remportent le titre départemental -11 ans et décrochent la 3e place en -15 ans, tandis que les tout-petits rapportent une moisson de médailles en compétition promo-détection. Chaque fin de saison, un tournoi interne convivial rassemble des dizaines d’adhérents de tous âges (de 5 à 79 ans) dans une ambiance familiale.

La Période Difficile de la Pandémie et le Renouveau Progressif

L’année 2020 marque un tournant difficile avec la pandémie de Covid-19 qui interrompt brutalement la dynamique du club. La saison 2019 avait encore été riche en animations (portes ouvertes, tournois ludiques comme un « tournoi de la Chandeleur » joué avec des poêles), mais dès mars 2020 les salles de sport ferment pour de longs mois et la section est mise en sommeil forcé. Le président, Benoit Le Merre, témoigne que les années Covid ont été « dramatiques » pour le club, avec la perte d’une grande partie des adhérents et le départ de l’entraîneur salarié. En quelques mois, le bureau directeur a dû être entièrement renouvelé en urgence.

Grâce à la détermination des bénévoles restants, le club amorce dès 2021 un renouveau progressif. Les entraînements reprennent au gymnase Jean-Jaurès en s’adaptant aux protocoles sanitaires, et d’anciens adhérents reviennent petit à petit autour des tables. En 2022-2023, les efforts commencent à porter leurs fruits. L’effectif se stabilise autour d’une cinquantaine d’adhérents, âgés de 7 à 70 ans. Ce nombre, bien qu’en deçà des années fastes, reste honorable et permet d’aligner de nouveau plusieurs équipes en championnat départemental.

L'Esprit de Léo et les Perspectives d'Avenir

L’ambiance demeure familiale et accessible, sans élitisme, fidèle à « l’esprit de Léo » transmis depuis l’origine. La trésorerie du club redevient saine et les traditionnelles animations internes reprennent (tournois amicaux, galette des rois, participation au forum des associations et à la fête du sport). En 2025, la section Tennis de Table du CLLL Colomiers s’apprête à célébrer ses 65 ans d’existence, fière de son héritage et résolument tournée vers l’avenir.

De la petite salle de ping-pong du foyer des années 60 au grand gymnase moderne, du simple loisir bon enfant aux championnats nationaux, le club a traversé les décennies sans jamais renier ses valeurs. Son histoire riche en étapes marquantes - fondation pionnière, développements structurels, titres sportifs et crises surmontées - illustre la vitalité des associations locales et du sport pour tous.

Léo Lagrange est né le 28 novembre 1900 à Bourg sur Gironde qu’il quitte très jeune pour Paris. Son père est fonctionnaire, mais il descend d’une longue lignée de terriens. Un de ses grand-père est forgeron et a participé aux barricades de 1848 nous dit Bénigno Cacérès dans sa biographie. Il suit les études au lycée Henri IV, pratique le football et adhère aux Eclaireurs de France.

Bachelier à 16 ans, il suit une année d’hypokhâgne au cours de laquelle il a pour maître le philosophe Alain. La guerre de 14 débute alors qu’il est lycéen. Il veut s’engager. Etant donné son jeune âge il n’y parviendra qu’en 1918. Après l’armistice, il entreprend des études de droit et devient avocat. Il rencontre Madeleine Weiller qu’il épouse le 28 novembre 1924. Elle partage ses convictions et Madeleine Lagrange sera associée à l’action de son mari.

Dès 1920 il opte pour le parti socialiste et le jeune avocat se fait très vite remarquer pour ses idées et son engagement (scandale Staviski et charge contre Pierre Laval). Il est élu député en 1932 en battant Louis Loucheur (loi Loucheur) élu depuis 14 ans et six fois ministre. Elu en 1936, Léon Blum le nomme sous-secrétaire d’Etat aux Loisirs et aux Sports. Lors de la déclaration de guerre en septembre 39, Léo Lagrange n’est pas mobilisable. Il est député et il a fait l’autre guerre. Pourtant il souhaite défendre son pays.

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