Engagé pour la 8ème saison consécutive en Saforelle Power 6, le Volley-Ball Club Chamalières est un club bien établi sur la carte du volley français.
Ce vendredi matin, au Stade Pierre Chatrousse, a eu lieu la Conférence de Presse du VBC Chamalières. A travers cela, le club a annoncé les différentes joueuses qui seront présentes la saison prochaine, ainsi que les objectifs et les nouveautés pour la saison à venir.
Pour sa cinquième saison de suite en Ligue A Féminine, le VBC Chamalières ne compte clairement pas faire de la figuration.
Après avoir annoncé les prolongations d’Estelle Adiana, de Yolande Amana, d’Alex Merle et de l’emblématique Christelle Nana-Tchoudjang (au club pour la dixième année consécutive), mais également les arrivées de la jeune libéro Juliette Gelin (19 ans, internationale française) et de la passeuse néerlandaise Nynke Oud (en provenance de Wiesbaden, Allemagne), le VBCC a, cette fois-ci, annoncé les cinq autres noms qui seront dans l’effectif la saison prochaine.
Voici les nouvelles recrues :
- Ana Sofia Jusino Jimenez: internationale porto-ricaine, cette passeuse de 26 ans a fait son cursus universitaire aux Etats-Unis (Arkansas), avant de jouer dans son pays, au Criollas de Caguas et au Kazakhstan, au VC Altai.
- Ivana Jeremic: internationale serbe chez les jeunes, elle arrive tout droit de Finlande (Hämeenlinnan Lentopallokerho).
- Layne Van Buskirk: jeune centrale de 22 ans, elle sort de l’Université de Pittsburgh, où elle a tout gagné là-bas.
- Pilar Marie Victoria Lopez: joueuse plus expérimentée par rapport à ses coéquipières (malgré son jeune âge, 24 ans), la Porto-Ricaine a déjà joué en France, lors de la saison 2017/2018, du côté de Beziers (champion de France cette année-là).
- Viktoriya Grigorova: deuxième joueuse la plus âgée de ce groupe (30 ans au mois de juillet), Viktoriya Grigorova aura certainement un rôle très important dans ce groupe. Internationale bulgare, cette centrale va découvrir la France, après avoir joué en Roumanie, en Turquie et dans son pays natal.
Même si le groupe reste relativement jeune, chaque joueuse dispose d’une certaine expérience, notamment à l’international puisque tout le monde a connu des sélections avec leurs pays respectifs.
Sous la présidence de Claude Michy, le VBCC a engagé depuis 2023 d’importantes évolutions, destinées à pérenniser son modèle économique tourné vers la formation et l’ancrage régional.
Sollicité en 2023 pour apporter son aide et faire franchir un palier au club, Claude Michy, dont l’héritage sportif clermontois fait de lui un expert avisé, a fait opérer un changement majeur pour le VBC Chamalières en constituant dès juin 2023 une SASP, dont il est l’un des principaux actionnaires : “il fallait modifier des éléments structurels, et le passage en SASP était une priorité pour injecter de nouveaux moyens financiers” rappelle Claude Michy.
En passant du statut associatif à une société commerciale, le VBCC a conclu la transition vers le professionnalisme et s’est doté de moyens ambitieux pour pérenniser sa place dans l’élite du volley-ball féminin français.
Face aux soubresauts de l’écosystème, marqué par plusieurs défaillances ces dernières années, Atman Toubani le confirme : “le sport féminin est une course d’endurance”.
Cette saison, le budget du VBCC s’établit à 1,25 m€, avec un équilibre entre les ressources issues des collectivités et celles provenant du réseau d’une soixantaine de partenaires privés.
Des ressources solides, mais qui ne donnent pas une marge de manœuvre importante selon le manager général Atman Toubani : “nous devons contrôler la masse salariale au centime près”.
Le club compte 17 salariés, dont les dix joueuses de l’effectif professionnel. Le manager général précise que “la masse salariale progresse régulièrement et correspond à un tiers du budget du club”.
Cette structure de coûts est aussi le fruit de choix dans la constitution de l’effectif : la moitié des joueuses de l’effectif professionnel a moins de 24 ans, et 60% sont françaises.
L’équipe s’inscrit dans l’identité du club, terrain de développement pour les jeunes joueuses : “nous avons cet historique de club formateur. 5 des 14 joueuses de l’équipe de France quart-de-finaliste du Mondial ont signé leur premier contrat professionnel à Chamalières”, rappelle, fier, Atman Toubani.
“Avec l’évolution des règlements et l’obligation d’intégrer davantage de joueuses françaises dans les effectifs, l’orientation stratégique du club vers le développement des jeunes joueuses françaises est essentielle”.
L’investissement dans le centre de formation vient renforcer cette orientation en s’adressant aux joueuses avant le niveau professionnel.
Le tout nouveau centre de formation, inauguré cet été, constituera un actif clé dans la pérennité du club.
Enfin, en ce qui concerne l’équipe réserve, qui évolue en National 3, l’objectif sera de jouer en N2 à court terme dans le but de créer un centre de formation.
Clermont est un territoire d’innovation pour les clubs féminins.
En effet, le club et 4 autres structures féminines (ASM Romagnat Rugby Féminin, Clermont Foot 63 Féminines, Handball Clermont Auvergne Métropole 63 et l’ASM Football Féminin), ont fondé depuis 2021 le collectif Sport Féminin & Co.
Claude Michy, initiateur du rapprochement et ancien président du Clermont Foot 63 explique : “l’idée était d’abord de mutualiser des services et de s’associer pour trouver des moyens plus importants au niveau des partenaires. Nous avons mis en place des collaborations, des rencontres et des offres pour créer une forme de coopétition sur le territoire, avec notamment des pass’sport pour inciter les comités d’entreprises à acheter des places aux matchs.
Les deux équipes partagent également la salle de la Maison des Sports de Clermont-Ferrand. Le déménagement en 2023 à la Maison des Sports, et l’effet produit par l’effet JO Paris 2024 (“La diffusion télé a poussé les gens à venir découvrir le volley dans les salles”, a déclaré Mylène Toubani-Bardet dans L’Équipe) ont fortement augmenté la jauge moyenne des spectateurs depuis deux saisons: “à Chamalières, on était environ 800” rappelle le manager général.
Mécaniquement, la croissance de la fréquentation permet pour Claude Michy de “nourrir une vie événementielle importante”. Car il s’agit désormais de fidéliser ce public, composé selon Atman Toubani de “80 à 90% d’habitués, et 10 à 20% de nouvelles personnes” et qui “émettent des attentes sur le spectacle et les performances”.
Le développement du volley professionnel féminin en France suit une trajectoire observable à l’échelle mondiale.
Si la concurrence avec les clubs italiens et turcs est ancienne, Atman Toubani redoute l’essor des ligues professionnelles américaines récemment créées.
En effet, aux États-Unis, ce sont 3 ligues professionnelles qui co-existent (Major League Volley Ball, League One Volley Ball et Athletes Unlimited). Avec les évolutions récentes permettant aux athlètes universitaires de développer leurs revenus (dispositifs dit NIL : Name Image & Likeness), la très puissante ligue universitaire NCAA devient de plus en plus attractive pour les jeunes joueuses.
Elle attire les plus grandes affluences (92.000 spectateurs pour le match entre Nebraska et Omaha en 2023) et audiences (1,3 million de téléspectateurs pour la finale 2024).
Face à l’afflux d’investissements, et la hausse des salaires offerts aux joueuses, y compris sur le circuit universitaire, Atman Toubani reconnaît “un risque de départ des joueuses vers la NCAA, qui propose des salaires et un parcours scolaire sur lesquels on ne peut pas s’aligner”.
Pour cela, le manager met en avant le savoir-faire formateur du club de Chamalières : “Nous sommes parmi les seuls à systématiser les contrats pluri-annuels, ce qui sécurise nos joueuses. Et en misant sur la formation, on accentue le sentiment d’identification de notre public à l’équipe, ce qui garantit un meilleur attachement.”
Le dirigeant voit enfin une autre évolution émergente comme une solution pour faire face à la concurrence européenne et mondiale : “on assiste à l’établissement d’un marché des transferts en volley, ce qui peut garantir des retombées économiques directes sur la formation”.
Le Volley-Ball Club de Chamalières est un club singulier dans le paysage du volley féminin professionnel, centré sur l’animation d’une région, d’un territoire.
Que ce soit à travers les partenariats, les soutiens des collectivités, la mutualisation des ressources et des structures mais aussi l’attachement à la formation locale, il s’adapte constamment aux évolutions du modèle professionnel.

Budget et Structure Financière du VBCC
Voici un aperçu de la structure financière du VBCC :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Budget Total | 1,25 m€ |
| Masse Salariale | ~1/3 du budget |
Le budget du VBCC est de 1,25 million d'euros, avec un équilibre entre les ressources des collectivités et celles provenant d'une soixantaine de partenaires privés. La masse salariale représente environ un tiers du budget total.
VBC Chamalières ou l'Africa Connection (épisode 1)
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