Le voile aux Jeux Olympiques : Histoire, enjeux et controverses

La question du port du voile dans les compétitions sportives, et particulièrement aux Jeux Olympiques, est un sujet de débat intense. Cet article explore les enjeux, les controverses et l'histoire de cette question, en se concentrant sur la situation en France et les prises de position des différentes instances sportives internationales.

L'autorisation du voile par la FIFA

La FIFA a officiellement autorisé le port du voile dans le football. La Fédération française et la Ligue dénoncent une « grave erreur » et rappellent l'interdiction de tout signe religieux. La possibilité de porter le voile ou le turban a été officiellement intégrée dans les règles du football, a annoncé la Fédération internationale de football (FIFA).

L'International Football Association Board (Ifab), l'organe garant des lois du ballon rond, avait autorisé à titre d'essai le port du voile sous certaines conditions strictes il y a deux ans, à la demande de plusieurs pays musulmans. Le Board avait ensuite accepté d'étendre cette expérience aux joueurs masculins après qu'un conflit autour du turban par des Sikhs eut débordé sur les terrains de football au Québec.

« Une expérience a été menée et la décision restait à prendre. Cela a été confirmé: les joueuses peuvent avoir la tête couverte pour jouer », a déclaré le secrétaire général de la FIFA, le Français Jérôme Valcke, lors d'une conférence de presse à Zurich. « Nous ne pouvons faire de discrimination. Ce qui s'applique aux femmes peut s'appliquer aux hommes. Les hommes peuvent aussi porter dans les différentes compétitions un couvre-chef », a ajouté Jérôme Valcke.

Le Board a jugé ne plus avoir de raisons valables de l'interdire si les consignes fixées sont bien respectées. Car ce couvre-chef autorisé sur les terrains n'aura rien à voir avec le voile ou le turban de tous les jours, promet la FIFA. Les épinglettes pour le faire tenir aux cheveux sont aussi bannies. Une circulaire sera envoyée dans la foulée aux différentes fédérations pour expliquer les détails.

Pourquoi tout le monde dit N'IMPORTE QUOI sur le voile ?

La position de la France et la polémique aux JO 2024

En France où le débat sur le voile fait rage depuis plusieurs années, la Fédération française de football (FFF) avait déjà interdit, il y a deux ans, à ses licenciées le port du voile afin « de respecter les principes constitutionnels et législatifs de laïcité » qui prévalent dans l'Hexagone. La FFF a rappelé que ces mêmes principes restaient valables y compris « en ce qui concerne la participation des sélections nationales françaises dans des compétitions internationales » et maintenu « l'interdiction du port de tous signes religieux ou confessionnels » dans le pays.

Le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Frédéric Thiriez, a lui déploré une « grave erreur », après l'autorisation du port du voile dans le foot. « C'est une grave erreur, estime le patron de la LFP dans un communiqué. Je déplore la décision de la Fifa qui malmène le principe d'universalité du football selon lequel toutes les joueuses et tous les joueurs sont soumis aux mêmes règles et aux mêmes conditions de jeu ».

« Alors que la charte olympique exclut tout signe religieux, cette autorisation va à l'encontre du droit des femmes et menace la neutralité d'un football préservé des querelles religieuses et politiques », conclut M. Thiriez.

À la veille de la cérémonie d’ouverture des JO 2024, le gouvernement français est de nouveau sous le feu des critiques concernant sa décision d’interdire le port du voile aux athlètes françaises. Cette semaine, l’athlète Sounkamba Sylla, sélectionnée aux JO pour la course de relais 4x400m, a dénoncé cette mesure à travers un post Instagram : « Tu es sélectionnée aux JO, organisés dans ton pays, mais tu ne peux pas participer à la cérémonie d’ouverture parce que tu portes un foulard sur la tête », a-t-elle décrié, ironisant sur l’hypocrisie du « pays de la liberté ».

Cette interdiction de la liberté vestimentaire des femmes dans le contexte sportif n’est pas une situation nouvelle en France. Au-delà des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP), de nombreuses fédérations françaises comme celles de football, basketball ou encore volleyball, interdisent le port d’un couvre-chef sportif. Ces interdictions, mises en place par des fédérations sportives françaises, signifient que de nombreuses femmes sont non seulement exclues des activités sportives, mais en plus, que leurs efforts pour atteindre le niveau olympique sont vains.

Les arguments et les principes en jeu

Le débat public sur l’interdiction du port du voile dans les compétitions sportives s’envenime, c’est parce que le problème est mal posé. Ce ne sont pas les valeurs universelles du sport, telles que rappelées par la Charte olympique : l’égalité, la non-discrimination, la dignité de l’être humain, quelle que soit sa race, son sexe, sa religion ou ses opinions.

C’est cette même charte qui, dans son article 50, prohibe clairement tout signe religieux ou politique dans les enceintes sportives, concrétisant ainsi la belle idée de la «trêve olympique» : avant d’entrer sur le terrain, chacun laisse ses «armes» au vestiaire, entendons par là tout ce qui peut diviser ou afficher une différence. Tous les athlètes sont égaux devant «les dieux du stade».

À l’aune de ces principes de l’éthique du sport, on comprend que le port du voile ne puisse être accepté. Le hijab n’est pas un couvre-chef ordinaire. Il est la manifestation ostentatoire, non seulement d’une appartenance religieuse, mais aussi d’une séparation voulue entre les hommes et les femmes et d’une soumission explicite de celles-ci aux premiers. Il n’est rien de plus contraire aux valeurs fondamentales du sport telles que l’égalité et la dignité de la femme.

La position d'Amnesty International

En septembre 2023, l’Organisation des Nations unies (ONU) avait ouvertement critiqué le gouvernement français pour avoir interdit aux athlètes françaises de porter le foulard aux Jeux Olympiques de 2024 à Paris, rappelant que « personne ne devrait imposer à une femme ce qu’elle doit porter, ou ne pas porter ».

Les règles qui pénalisent les femmes et les jeunes filles qui souhaitent porter le foulard violent leurs droits fondamentaux et sapent les efforts déployés pour rendre le sport féminin plus ouvert à la diversité.

Organisation Position sur le port du voile
FIFA Autorisé sous certaines conditions
Fédération Française de Football (FFF) Interdit
Comité International Olympique (CIO) Refuse d'appeler les autorités françaises à revenir sur l'interdiction
Organisation des Nations Unies (ONU) Critique l'interdiction française
Amnesty International Dénonce le caractère discriminatoire de l'interdiction

L’interdiction du port du voile pour les JO 2024 prend place dans le contexte d’une surenchère islamophobe, avec une rentrée des classes marquée par l’interdiction du port de l’abaya à l’école. Alors que les JO prennent place dans un contexte de forte instabilité politique, l’interdiction du port du voile aux athlètes françaises vient compléter le tableau de l’autoritarisme de la macronie qui, acculée par la crise, continue de gouverner en s’appuyant sur les instruments les plus anti-démocratiques de la Vè République, sur la répression policière et sur l’oppression des populations musulmanes et des quartiers populaires.

tags: #voile #jeux #olympiques #football