Le Racing Club Narbonnais (RCN), fondé en 1907, est un club de rugby emblématique avec une histoire riche et passionnante. Le club a connu des hauts et des bas, des moments de gloire et des périodes difficiles, mais a toujours su rester fidèle à ses valeurs et à son identité.

Logo du Racing Club Narbonnais
Les Débuts et la Consécration
Les premiers pas du club se font dans un contexte particulier, marqué par la révolte des vignerons. C’est dans ce contexte qu’un match défi oppose les « rugbyphiles » narbonnais du « Sporting » aux militaires du 80ème Régiment d’Infanterie.
En 1936, Narbonne remporte son premier titre de Champion de France en battant Montferrand 6 à 3. La ville en folie réserve à ses héros un accueil triomphal.
Les Années Difficiles
Les années 40 sont marquées par la guerre et la suppression du championnat. Passé à XIII en 1938, le Racing ne brille guère. Il en est de même dans le championnat à XV rétabli en 1942. Et c’est la chute en 2ᵉ division en 1946.
En 1961, l’équipe du RCN va éviter de justesse la dernière place de la poule C. Heureusement, l’arrivée de jeunes dirigeants enthousiastes régénère le RCN qui va retrouver le goût de la victoire et l’envie de conquêtes.
Le Renouveau et l'Âge d'Or
Le renouveau du club se concrétise par deux demi-finales du championnat en 1964 et 1968, ainsi que par l'obtention du premier challenge Du Manoir en 1968. Cette course au prestige se concrétisera d’abord par l’accession à la grande finale de 1974 perdue à la dernière minute contre Béziers, avant l’apothéose de 1979.
1979 marque un moment historique pour le club avec un doublé exceptionnel : le Bouclier de Brennus et le Challenge Yves Du Manoir. Cet exploit hisse le Racing Club Narbonnais au sommet du rugby français.

L'équipe de Narbonne championne de France en 1979
Le début des années 80 voit le Racing Club Narbonnais s’imposer comme une équipe redoutable. En 1984 le Racing est vainqueur d’un sixième Du Manoir. Narbonne égale le record du F.C. Lourdes.
Au début des années 90, Narbonne connaît une remontée en puissance. Les matchs à domicile, au Parc des Sports et de l'Amitié, deviennent des rendez-vous incontournables. Le Racing parvient à atteindre plusieurs phases finales, retrouvant un niveau de jeu et une cohésion qui rappellent les années de gloire.
L'Ère Professionnelle et les Défis Modernes
Avec l'avènement du rugby professionnel en 1995, le Racing Club Narbonnais doit s'adapter à cette nouvelle ère. La gestion du club évolue, et la pression financière augmente. L'arrivée de nouveaux sponsors permet de stabiliser le club, mais la concurrence s'intensifie également.
Cette dernière décennie marque l’histoire du club avec pas moins de cinq titres du Challenge Yves du Manoir, remportés de 1979 à 1999, faisant du Racing Club Narbonnais le club le plus titré avec un total de neuf titres.
Au début de l’année 2001, le Racing Club Narbonne, labellisé Méditerranée est entré résolument dans l’ère du professionnalisme où le Racing tient plus que jamais à jouer un rôle de premier plan dans l’Elite .
Le Racing Club Narbonnais traverse une période riche en événements marquants, mélangeant succès et défis.
Saison 2000-2001 : finaliste du Bouclier Européen
En 2001, le RCNM atteint la finale du Bouclier Européen. La finale se solde par une défaite serrée en prolongations, un véritable crève-cœur pour les joueurs et les supporters. Cependant, cette défaite marque les esprits et reste un moment mémorable de la période, renforçant l’image du club sur la scène européenne.
Le TOP 16 devient le TOP 14
En 2006, le Top 16 devient le Top 14 : la Ligue Nationale de Rugby réduit le nombre de clubs dans l’élite française. Malgré des difficultés et des matchs serrés tout au long de la saison, Narbonne réussit à maintenir sa place dans le Top 14.
La descente en Pro D2
En 2007, alors que le club fête ses 100 ans d’histoire, le RCNM connaît une saison difficile et descend en Pro D2. Ce moment est douloureux pour le club, ses joueurs et ses supporters, d'autant plus que cela se produit l'année de son centenaire.
En 2011 avec l’arrivée de nouveaux dirigeants et une réorganisation des structures, le Racing Club Narbonnais affiche une ambition de retrouver le Top 14.
En 2014, Narbonne parvient à se qualifier pour les barrages de montée en Top 14. Cependant, le club échoue à franchir cette dernière marche en tombant en demi-finale à Agen sur le score de 25 à 17.
Les saisons suivantes s’avèrent compliquées de 2015 à 2017. Le club est affecté par des difficultés financières, ce qui affecte directement ses performances sur le terrain.
En 2018, après plusieurs saisons difficiles, Narbonne est relégué en Fédérale 1, la troisième division du rugby français.
La Période de Reconstruction (2018-2021)
De 2018 à 2021, le Racing Club Narbonnais a traversé une phase de renouveau et de reconstruction.
Une saison pour se relever
Après la descente en Fédérale 1, le Racing Club Narbonnais doit redéfinir ses objectifs. La saison est marquée par de bonnes performances, mais le club échoue à atteindre ses objectifs de montée immédiate.
La saison 2019-2020 démarre sous de meilleurs auspices avec une équipe renforcée et plus compétitive. Cependant, la saison est brutalement interrompue en mars 2020 par la pandémie de COVID-19, qui suspend les compétitions.
Une pénalité synonyme d’espoir
La saison 2020-2021 est décisive pour Narbonne. Après une saison solide, l’équipe atteint les phases finales et parvient enfin à décrocher son billet pour la Pro D2 au terme d'une demi-finale d'accession intense contre le Stade Niçois.
Retour et Difficultés en Pro D2 (2021-2022)
La saison 2021-2022 marque le retour du Racing Club Narbonnais en Pro D2 après trois années en Fédérale 1. Dès le début de la saison, le Racing Club Narbonnais rencontre des difficultés pour se hisser au niveau de la Pro D2.
Cependant, les résultats ne s'améliorent pas suffisamment au fil de la saison pour assurer le maintien du Racing Club Narbonnais en Pro D2. Narbonne termine en bas du classement, signant ainsi sa relégation en Nationale, la troisième division française.
Un tournant vers la reconstruction
Cette relégation marque la fin d'une saison éprouvante, mais elle ouvre également un nouveau chapitre pour le Racing Club Narbonnais. Avec cette descente en Nationale, le club a l’opportunité de repenser sa stratégie et de travailler sur ses fondations pour retrouver, à terme, une stabilité durable.
En 2023, le Racing connaît une saison remarquable sur le plan sportif et en termes de fréquentation. Après une saison où les "orange et noir" sont restés invincibles à domicile, l’équipe décroche une place en demi-finale de Nationale contre Carcassonne au Parc des Sports et de l’Amitié.
Les Narbonnais l’emportent après prolongation dans un match épique et se qualifient pour la finale contre Nice à Chambéry. Les hommes de Julien Seron s’inclinent face aux Niçois et ne décrochent pas le titre de Champion de France. Néanmoins, les Narbonnais peuvent se consoler avec un dernier match à domicile contre Montauban, avant-dernier de Pro D2.
Figures Emblématiques
Le club a été marqué par des figures emblématiques, dont les frères Spanghero, qui ont incarné l'esprit du club pendant une décennie. Laurent Spanghero, l'aîné, raconte avec passion l'histoire de sa famille et son lien avec le club.
L’apogée de Narbonne est probablement cette incroyable décennie durant laquelle les quatre frères Spanghero se sont succédés dans le rôle de capitaine. Une période marquante, que nous raconte l’aîné des frangins, Laurent, également connu et reconnu pour son cassoulet.
Discuter avec un Spanghero, c’est avant tout plonger dans un univers qui fleure bon le sud de la France, avec son langage fleuri, son accent rocailleux, où l’on martyrise le « r » plus qu’on ne le roule ! Le Spanghero en question est le frère aîné, Laurent. Son histoire est étonnante. Tout part d’en-bas pour arriver en haut. Y persiste une certaine humilité malgré une carrière impressionnante.
Par chance, samedi 22 février, au Stadium Lille Métropole, il n’y aura pas de Spanghero sur le terrain ! Ni de « Petit Prince », autre gloire narbonnaise des années 80, Didier Codorniou, avec ses crochets, ses « cad’déd » de grande classe !

Didier Codorniou
Narbonne, sacré champion de France en 1979. Quelques jours avant la finale et en prévision d'une troisième-mi temps qu'il espère festive, le talonneur narbonnais Pierre Salettes, aidé par Jean-Luc Piquemal (qui tient l'échelle) et Lucien Pariès, installe les stores du bar-brasserie qu'il a créé à Port-Gruissan. Auteur d'un but de pénalité à la 22e minute qui permet à Narbonne de mener, 3-0, l'ouvreur international Lucien Pariès ouvre vers Didier Codorniou tandis que derrière lui, les avants sont en train de se battre.
On reconnaît le jeune Didier Roustan, en arrière-plan. Considéré comme le meilleur preneur de balles du championnat en touche réduite, le deuxième-ligne et capitaine audois, Claude Spanghero, fait moisson, sous les yeux de ses coéquipiers Didier Codorniou, Guy Colomine et Patrick Salas, futurs internationaux.
Sur une passe croisée de son ouvreur Lucien Pariès à hauteur des trente mètres, le jeune trois-quarts centre Didier Codorniou s'enfonce dans le camp bagnérais au milieu de six défenseurs. C'est l'action du match ! Plaqué par Adrien Mournet, Codorniou parvient à garder assez de lucidité pour regarder qui vient à son soutien à proximité de la ligne d'en-but adverse : il s'agit de l'ailier gauche Christian Trallero...
En l’absence de Paul Belzons (opéré du genou), le Racing Club Narbonnais a choisi une de ses recrues pour endosser le rôle de capitaine. Peter Betham a pris cette responsabilité très à cœur. Au moment d’entamer le deuxième bloc de la saison, ce samedi contre Bourgoin-Jallieu (19 h), l’international australien est déjà devenu l’une des pièces maîtresses de cette équipe.
Depuis son arrivée sur les bords de la Robine, Peter Betham dégage quelque chose. Personne ne peut être insensible à un joueur de ce calibre. Avec son mètre 92 et ses 98 kilos, il en impose forcément. À 34 ans, il a joué le Super Rugby avec les Brumbies (2008-2009) et les Waratahs (2012-2015), avec qui il remporte le championnat en 2014. Un passage en Angleterre et à Leicester plus tard, l’international australien aux deux sélections pose ses valises en France et à Clermont. Durant quatre ans, Betham dispute 64 matches de Top 14 (20 essais), 26 de Champions Cup, 8 de Challenge Cup qu’il gagne en 2019 en terminant meilleur marqueur d’essais (10).
Très vite, Peter Betham devient un des leaders de cette équipe durant l’intersaison. À tel point que lorsque Paul Belzons, capitaine désigné pour cette saison, se blesse au genou avant le début du championnat (opéré cette semaine, absent 7 mois), c’est lui qui se voit attribuer ce rôle : "On a senti sur ses premières prises de parole, qu’il était reconnu et respecté par tout le groupe, à la fois les étrangers et les Français", explique Sébastien Logerot.
Pourtant, Betham n’est pas un joueur qui va sortir de grands discours, faire vibrer ses cordes vocales avant les matches, ni faire trembler les vestiaires de paroles motivantes. Il est ce type de capitaine à montrer d’abord l’exemple sur le terrain, à se rendre irréprochable et indispensable à un groupe. En revanche, il peut être celui qui recadre les choses quand il sent que le bon chemin n’est pas emprunté. Comme il le fait lors des entraînements ou sous les poteaux lors d’un temps faible pendant une rencontre.
Charles Malet, qui le connaît bien pour avoir évolué à ses côtés à Aix-en-Provence, raconte : "Parfois il me demande de prendre la parole dans le vestiaire avant les matches, pour l’alléger je pense. L’année dernière, quand je n’étais pas là avec Aix, il lui arrivait d’être capitaine. Quatre matches, quatre victoires, quatre titularisations et 289 minutes disputées en 320 possibles.
C’est clair, en quelques mois, il est devenu : "Une plaque tournante", évoque l’entraîneur de la défense audoise. "C’est quelqu’un de très fort techniquement. Avec l’étiquette que l’on a d’équipe joueuse, c’est tout naturellement qu’il a pris de la place. On peut l’utiliser comme un deuxième ouvreur sur la passe, il est aussi capable d’être bon dans l’alternance et de jouer dans l’axe. Un joueur complet. Je trouve qu’il a aussi une excellente lecture défensive. Mais il est exigeant et il veut que le groupe avance, que le club s’inscrive dans la victoire et la durée".
Habitué dans sa carrière à jouer d’autant plus second centre ou ailier, le Wallaby a su se montrer important, décisif même à plusieurs reprises que ce soit défensivement et offensivement.
S’il n’est pas encore à 100 % de ses capacités, comme il le dit lui-même, son adaptation a été efficace au sein du groupe narbonnais. Perfectionniste qu’il est, il va à coup sûr encore en surprendre plus d’un. Capitaine par l’exemple, à l’entame de ce deuxième bloc de championnat, Peter Betham va encore enfiler ce costume et mener ses troupes vers le succès.
La saison 2006-2007
Le club a eu près de cinq mois pour digérer la première descente de son histoire, qui plus est l'année de son centenaire. Le Racing a changé beaucoup de choses dont le staff qui voit également l'arrivée de deux préparateurs physiques et d'un spécialiste de la vidéo. "Le budget a été revu à la baisse et nous essayons de fonctionner comme un club de Top 14", explique Régis Sonnes. Les joueurs cadres partis, ce sont les "jeunes talents issus de la culture narbonnaise", dixit Sonnes, qui devront faire remonter le club.
L'objectif: la montée
Un club qui descend pour la première fois de son histoire n'aspire qu''à une seule chose: remonter. Mais ce n'est jamais chose aisée de reprendre l'ascenseur dans la foulée d'une descente, même avec de l'ambition. Pau et surtout Toulon peuvent en témoigner. De plus, Narbonne n'est pas habitué aux joutes du Pro D2. "Le jeu y est très musclé devant, alors il faut apprendre à garder le ballon à tout prix, explique Régis Sonnes. Il faudra donc une adaptation rapide. En cas de débuts difficiles, il sera dur de venir se mêler à la lutte pour les accessits au Top 14.
La star : Jean-Marie Bisaro
Comme d'autres, il est resté pour faire remonter le RCNM et s'est même réengagé pour deux ans. Pour sa quatrième saison au club, Jean-Marie Bisaro sera un leader pour les jeunes troupes plus qu'une véritable star. Son expérience (31 ans) est indéniable et c'est un élément important du dispositif narbonnais (23 matchs disputés en 2006-2007 et en 2005-2006). Il a d'ailleurs été le capitaine l'an dernier avant que le brassard ne soit confié à Laurent Labit puis à Dwayne Haare.
Le joueur à suivre: Raymond Starck
Très attendu pour faire oublier son compatriote Dwayne Haare, envolé ver Bayonne après une magnifique saison, Raymond Starck est un troisième ligne centre costaud (1m87, 103 kg). Il lui faudra sans doute un peu de temps pour s'acclimater car il est arrivé il y a une semaine seulement à Narbonne après avoir disputé les quarts de finale du championnat de Nouvelle-Zélande NPC avec Taranaki. Agé de 30 ans, il a signé pour deux ans.
Les départs qui font mal: Candelon, Rosalen, Haare,...
La descente en Pro D2 a entraîné un véritable exode. Et pas des moindres. Deux pointures du Top 14 déjà avec Julien Candelon, meilleur marqueur d'essais du championnat la saison dernière (12) et Cédric Rosalen, deuxième meilleur buteur avec 280 points derrière le Clermontois Brock James (350). Tous deux ont rejoint le voisin perpignanais. Autre départ de taille, Lei Tomiki, le prometteur troisième ligne australien de 24 ans qui marque beaucoup (9 essais !) parti faire les beaux jours de Castres tout comme Lionel Mazars, centre de 23 ans qui a connu sa première sélection avec les Bleus en juin, en Nouvelle-Zélande.
Voici un tableau récapitulatif des informations clés du club en 2007:
| Information | Détail |
|---|---|
| Date de fondation | 1907 |
| Entraîneurs | Régis Sonnes, Laurent Balue |
| Capitaine | Thibault Algret |
| Stade | Parc des Sports et de l'Amitié (10 162 places) |
| Classement 2006-2007 | 14e Top 14, relégué |
| Meilleur résultat | Champion de France : 1936, 1979 |
En conclusion, l'histoire du Capitaine Narbonne Rugby est une saga riche en émotions et en rebondissements. Des moments de gloire aux périodes de crise, le club a toujours pu compter sur la passion et le soutien de ses supporters. Fort de son passé, le club continue de se battre pour retrouver sa place parmi l'élite du rugby français.