Les shorts NBA vintage ne sont pas de simples vêtements de sport. Ils représentent des époques marquantes du basketball et sont devenus des pièces de collection très recherchées. Ils incarnent une époque où le basket a explosé en popularité, notamment grâce à des légendes comme Michael Jordan, Magic Johnson, ou Larry Bird.

L'Ère des Légendes et des Shorts Courts
Back to the 80's : Michel Platini soulevait le trophée de l'Euro 1984, Michael Jordan faisait ses premiers pas en NBA la même année, ou encore Mats Wilander qui s'offrait le Petit Chelem en 1988. Le point commun entre tous ces génies ? Leur short (très) court. Depuis, les trois icônes du sport ont laissé la place à d'autres phénomènes, et le short a pris quelques centimètres.
Le vert classique des Celtics est indissociable de Larry Bird, véritable icône des années 80. Le rouge flamboyant des Chicago Bulls, porté par Michael Jordan, reste l’un des symboles les plus forts de la NBA.
Au niveau de la forme, celui-ci n'a pas vraiment changé depuis la création de la NBA : le marcel demeure. Si les shorts ont grandi depuis le début de la ligue, le haut a finalement très peu évolué dans sa forme. En 2013, adidas a pourtant tenté d'imposer la tunique à manches courtes, mais les stars de la NBA, LeBron James et Stephen Curry en tête, ont très rapidement protesté contre ce changement, qui n'a donc pas perduré. Est-ce une bonne chose ?
L'Influence du Sportswear et des Équipementiers
« D'après moi, c'est un phénomène qui trouve ses racines aux États-Unis, avec l'apparition du sportswear vers la fin des années 80, explique Sébastien Nadot, historien du sport, mais aussi député LREM de la 10e circonscription de Haute-Garonne. Le style quotidien s'est imprégné du style sportif. On parle des débuts du hip-hop, et des jeunes qui s'habillaient en short large pour partir jouer au basket. Ce modèle a ensuite migré vers les sports professionnels, sous l'impulsion des équipementiers. »
Il s'agirait donc d'une question de mode, aux relents de marketing. Le sportswear est né, les équipementiers se sont mis à la page. Mais comment faire pour rendre le short long universel, alors que tous les sports préféraient à l'époque la version courte ?
« Un nouveau produit apparaît grâce à l'articulation de l'offre et de la demande, mais la demande est suggérée par l'offre, précise Philippe Alix, professeur d'histoire des techniques corporelles à l'Université Paris-Sud. Le travail des équipementiers, c'est de provoquer une demande à travers une première offre. Les champions, et l'image qu'ils véhiculent, l'incarnent bien car ils peuvent être très porteurs par rapport à un type d'équipement. On a le même effet avec les footballeurs, il suffit que Cristiano Ronaldo enfile une nouvelle paire de crampons pour qu'elle soit à la mode, et tout le monde va se l'acheter. »
Justement, puisqu'il est question de mode, difficile de ne pas parler de Daniel Hechter. Ce grand couturier français a toujours été un grand fan de sport. C'est d'ailleurs à cette époque-là que ce pionnier du sportswear aurait démocratisé les shorts longs dans le football.
« J'ai été le premier à revoir la tenue des joueurs, confiait-il à la Dépêche du Midi lors d'une interview réalisée en 2003. Il fallait des shorts plus longs, plus élégants. Avant, on portait les shorts plus courts. Michel Platini disait par exemple qu'avec des shorts longs, on ne pouvait pas faire de grand écart, on ne pouvait donc pas mettre de petits ponts. »
L'Évolution de la Longueur des Shorts en NBA
Pour le basketball, une légende urbaine venue tout droit des États-Unis raconte que les shorts longs ont fait leur apparition en NBA grâce à... Michael Jordan. À peine drafté par les Chicago Bulls (3e position, 1984), le Rookie aurait demandé à Champion, l'équipementier de sa franchise, d'allonger les shorts pour une raison bien précise : lorsqu'il défend, MJ aime remonter ses bas. Influence du basket de rue ou simple toc ? Difficile à dire.
Progressivement, le short des Bulls s'est allongé, et toutes les franchises ont suivi le mouvement au début des années 90.
« On a le même exemple dans le tennis avec André Agassi, ajoute Sébastien Nadot. Lorsqu'il est devenu professionnel en 1986, il portait des shorts courts et en jean. Et à partir de 1994, contrairement aux autres, il s'est mis aux shorts un peu plus longs et larges, et avec des poches pour mettre des balles dedans. Avant ça, le short qu'on utilisait pour jouer au tennis, très court, ne pouvait pas se porter en dehors. À l'instar de celui provoqué par Michael Jordan, c'est un effet de mode qui a aidé à briser la frontière entre le vêtement quotidien et le vêtement sportif. » Et, encore une fois à l'instar du basketteur, ses pairs l'ont imité à partir de la même année.
« Le short n'influe pas ou peu sur la performance, répond Philippe Alix, professeur d'histoire des techniques corporelles à l'Université Paris-Sud. L'effet de mode me paraît plus logique. À partir des années 80, l'économie du sport a explosé avec l'apparition des pratiques de la forme. Et les équipementiers ont senti le potentiel économique, ils ont donc décliné les modèles en plusieurs coloris, plusieurs tailles. Pour le consommateur comme pour le sportif de haut-niveau, le short long donne davantage de confort et il est plus facile à porter en dehors, mais il n'influe pas sur la performance.
Les Équipementiers de la NBA : Une Histoire de Contrats et d'Exclusivité
Nike est aujourd’hui l’équipementier officiel de la NBA, et il est difficile de passer à côté lorsqu’on regarde un match. Mais qui se souvient des équipementiers de la Ligue dans les années 1980 ou 2000 ?
MacGregor Sand-Knit est considérée comme le premier équipementier exclusif de la NBA. Cet accord exclusif fut une véritable aubaine pour la firme qui était en pleine expansion. Cependant, MacGregor Sand-Knit montra rapidement des signes de faiblesse. La NBA entrait dans l’ère du marketing et avait absolument besoin d’un partenaire avec les reins solides.
L’année 1997 fut un tournant dans l’histoire des équipementiers, puisque la NBA abandonna le concept d’exclusivité. Fini le temps où une seule firme raflait la mise. En 2002, Champion qui était déjà en perte de vitesse, se retira de la danse.
La NBA changea à nouveau son fusille d’épaule et remit la notion d’exclusivité sur le devant la scène. Comme le stipule le contrat paraphé en août 2001, Reebok devint en 2004, l’équipementier exclusif de toutes les franchises NBA.
En 2015, Nike revint aux affaires par la grande porte. L’entreprise à la virgule signa un contrat avec la NBA lui conférant le statut d’équipementier exclusif pour 8 ans à partir de la saison 2017/18. Un accord XXL, puisque Nike dut poser 1 milliard de $ sur la table.
Très vite, au début des années 1950, la ceinture solide disparait et laisse la place à une ceinture élastique qui maintient les shorts en satin qui restent très courts. Le design restera très simple et uni jusqu'à la fin des années 1960, quand les Philadelphia Warriors de Wilt Chamberlain ajoutent une bande horizontale.
L'ère des expérimentations : Couleurs vives et logos audacieux
L'occasion est trop belle pour les franchises qui se mettent à tester de nouvelles combinaisons toujours plus osées. En 1988, ce sont les Hornets qui frappent un grand coup. Les bretelles ont certes un peu grossi et le polyester a remplacé le satin mais les shorts sont toujours aussi courts.
Le boom culturel des années 90 « Il y a tout de même eu d'énormes changements dans les années 90, rappelle Bastien Fontanieu. Le boom culturel de l'époque a poussé les franchises, et surtout les nouvelles, à se lâcher au niveau du design, et ça a cartonné avec le frelon bleu des Hornets ou le dinosaure des Raptors. Les identités visuelles se sont créées à cette époque, et c'est là que le basket est devenu cool. Avant ça, pour caricaturer, il n'y avait que le jaune des Lakers et le vert des Celtics.
L'influence de Michael Jordan : Des shorts plus longs pour plus de confort
Au niveau du bas, avant tout. Habitué à porter son short universitaire de North Carolina en-dessous de celui des Bulls, certainement par superstition, Jordan décide d'aller voir Champion, l'équipementier de la Ligue, pour faire agrandir la seconde couche. Champion accepte et, jusqu'à l'été 1990, il est le seul à avoir des shorts plus grands. “C'est quelque chose qui me semblait naturel et plus confortable”, expliquera-t-il quelques années plus tard.
Il ne restera pas longtemps le seul à avoir des shorts mi-longs. Scottie Pippen en demande vite une paire et tous les joueurs (sauf exception, n'est-ce pas John Stockton ?) suivent le mouvement l'été suivant. En NCAA, le “Fab Five” de Michigan (Chris Webber, Jalen Rose…) agrandit encore, en 1991, les shorts qui s'arrêtent désormais sous les genoux.
Mitchell and Ness : La renaissance du vintage
Il faut revenir en 1904, à Philadelphie, pour voir deux passionnés de sports fondé Mitchell and Ness, Frank P. Mitchell, ancien champion de tennis, et Charles M. Ness, amoureux de golf.
A sa création, son activité principale était la conception et la revente de raquette de tennis et club de golf, puis ils se sont diversifiés en équipant les équipes locales de baseball et football avec des uniformes. Par la suite, à la fin des années 1970, la marque américaine, décide de ne plus équiper les équipes sportives et se concentre sur la vente au détail, principalement le matériel de ski et les équipements de hockey sur gazon.
Au début des années 80, le ralentissement de l’activité met en danger la société, et en 1983, Mitchell and Ness est au bord du gouffre, prêt à mettre la clef sous la porte. Elle ferme tous ses entrepôts et licencie tous ses salariés et en est réduit à une seule boutique à Philadelphie. Cette découverte lui a inspiré la fabrication de jersey vintage.
Le 6 Juillet 1987, c’est un peu la consécration, avec un article dans Sports Illustrated, avec en titre, « Baseball Flannels are hot ». Dans cet article on retrouve notamment une popularité grandissante de la mode « sportswear », ainsi que de la nouvelle méthode de fabrication de Mitchell and Ness.
Nouvelle acquisition pour la marque américaine, qui fait suite à des nombreuses demandes de collectionneurs, la licence des équipes universitaires.En 2007, la marque se diversifie, en produisant des casquettes et bonnets des plus grandes franchises de NBA, NFL, NHL ou encore de NCAA.
Conclusion
Encore une fois, un seul athlète fut à l’origine de ce changement majeur et je suis sûr que vous voyez de qui je parle ! Les stars NBA deviennent de vrais peoples. Et vu qu’il n’existe pas de célébrités sans groupies, des milliers de fans expriment un soutien à leur équipe en adoptant les couleurs de leur franchise préférée. On se demande toujours comment ils faisaient pour ne pas se noyer dans leur short après un jump-shoot bien appuyé, mais une chose est sûre c’est que Tyronn Lue se souvient bien de la marque du short d’Iverson. En effet, dans son histoire, la NBA a vu passer plusieurs équipementiers. A tel point qu’aujourd’hui encore, Nike reprend certains de ses modèles pour des éditions annuelles. Fondée en 2018, la boutique Rookie Republic est majoritairement destinée à des offres autour de la NBA.