Les Triomphes et Défis de l'Équipe de France Féminine de Handball

Privée de nombreuses cadres et largement renouvelée, l’équipe de France féminine de handball, tenante du titre mondial, est tout de même une nouvelle fois dans le dernier carré de la compétition. Ce pourrait être la force de l’habitude. Les Bleues parviennent ainsi dans le dernier carré d’une grande compétition internationale pour la huitième fois consécutive. Épatante constance.

L'équipe de France s'apprête à disputer les championnats du monde de handball 2021. Chaque année, le monde du handball s’anime entre décembre et janvier. Les équipes nationales, féminines puis masculines, entrent en lice pour disputer soit un championnat du monde, soit un championnat d’Europe. À chaque fois dans une formule propre à la discipline.

Dans un championnat du monde de handball plutôt bien lancé, l’équipe de France jouera ce samedi (18h) son premier match du tour principal contre l’Espagne. Mais comment fonctionne cette deuxième étape?

Le Parcours vers les Demi-Finales

Sortie en tête de sa poule lors du tour préliminaire du championnat du monde de handball, l’équipe de France débutera ce samedi après-midi contre l’Espagne (18h) le tour principal, et donc sa course vers les demi-finales. Mais la fédération internationale n’ayant pas choisie la facilité, un petit point règlement s’impose.

Le tour principal est en fait une deuxième phase de groupes, où sont reversées les formations ayant terminé dans les trois premiers de chaque poule du tour préliminaire. Pour rappel, les Bleus avaient fini leaders du groupe A, devant l’Allemagne et le Brésil, et obtenu assez aisément leur ticket pour la suite.

Mais là où la chose se complique, c’est que les points marqués contre les autres qualifiés du tour préliminaire sont maintenus pour ce deuxième tour. En clair, la France, qui avait battu le Brésil (24-22) mais fait nul contre l’Allemagne (25-25), se retrouve avec trois points avant même son premier match.

Des points qui s’additionneront aux résultats que décrocheront Karabatic et ses camarades lors de leurs trois prochaines rencontres, contre l’Espagne, donc, puis l’Islande (dimanche, 20h30) et la Croatie (mercredi, 20h30). Les Tricolores ne rejoueront pas contre l’Allemagne et le Brésil, même si ces deux équipes sont de nouveau dans leur poule.

Une victoire vaut deux points, un nul, un seul, et une défaite, zéro. Seules les deux premières nations de chaque groupe se qualifieront pour les demi-finales, et les autres participeront à des matchs de classement.

Voici le classement du groupe I avant le début du tour principal:

Classement du groupe I avant le début du tour principal:

  1. Croatie, 4 points
  2. Allemagne, 3 points
  3. France, 3 points
  4. Espagne, 2 points
  5. Islande, 0 point

Dans un championnat du monde, les deux pays qualifiés disputent donc les quarts de finale. Pour les autres, des matches de classement sont joués, le handball laissant peu de places aux équipes ex-aequo. Pour les derniers pays en lice dans la course au titre, un format traditionnel de compétition s’applique. Avec des matches à élimination directe.

La Finale du Mondial : Un Déroulement Cruel

Malgré une superbe première période, les Françaises ont craqué dans le deuxième acte face à des Norvégiennes survoltées (22-29). Les regrets vont être grands, très difficiles à digérer et la médaille d’argent décernée aux Françaises ce dimanche 19 décembre au palais des sports de Granollers (Espagne) ne devrait pas suffire à les consoler.

Alors qu’elles venaient de réaliser une première période remarquable face à la Norvège, peut-être la meilleure jamais disputée par l’équipe de France, les joueuses d’Olivier Krumbholz se sont écroulées dans le deuxième acte pour finalement s’incliner en finale du Mondial (22-29). En ne marquant que deux fois lors des vingt dernières minutes de jeu, il semblait impossible pour les Françaises de revenir. Et le souvenir de la défaite en finale du Championnat d’Europe face à ces mêmes Norvégiennes (20-22), il y a quasiment un an jour pour jour, se faisait de plus en plus vivace.

Les Bleues rêvaient d’un doublé Jeux olympiques-Mondial. Elles l’ont touché du doigt, avant que des Scandinaves déchaînées ne reviennent des vestiaires. Alors à moins quatre au score (12-16), les joueuses de Thorir Hergeirsson ont étouffé les Françaises. En l’espace de deux minutes après la reprise, la Norvège avait réussi à recoller au score (16-16). Le doute commençait à s’immiscer chez les Bleues.

« Je n’ai pas du tout eu l’impression que les filles étaient sorties du match », a expliqué Olivier Krumbholz après la rencontre, en tentant de trouver une explication à ce retournement de situation. Les Françaises n’ont pourtant plus rien réussi en seconde période. La défense a pris l’eau, le chemin des buts norvégiens a semblé de plus en plus difficile à trouver et les visages des Tricolores, visiblement touchées physiquement, a semblé marqué par le défaitisme alors même qu’il restait encore quinze minutes à jouer dans cette finale.

Il faut dire qu’elles se sont heurtées à une Silje Solberg en feu dans les buts adverses. Déjà en finale de l’Euro 2020, la gardienne avait effectué seize arrêts (46 %) et joué pleinement son rôle de dernier rempart. Après une première période sans éclat, la Norvégienne est parvenue à rentrer dans la tête des Françaises en enchaînant les arrêts de grande classe.

Résultat, ces dernières ont passé dix minutes, entre les buts d’Océane Sercien-Ugolin (42e) et de Laura Flippes (52e), sans marquer. Un gouffre dans lequel les joueuses de Krumbholz ont plongé, après avoir pourtant si bien géré leur première période.

« Le regret, c’est qu’on déraille en fin de première période, alors qu’on doit rentrer aux vestiaires avec deux ou trois buts de plus », a expliqué le sélectionneur après la finale. De quoi nourrir d’immenses regrets. « On a fait une première mi-temps très solide. (…) Mais après, on galère, on galère, on galère. On a raté le coche », a expliqué Estelle Nze Minko après la rencontre.

L’impression qui ressort finalement de cette finale est que l’équipe de France a semblé être maître de son destin, avant de lâcher psychologiquement dans cette deuxième période. Les Bleues semblaient pourtant irrésistibles dans ce Mondial après huit victoires en autant de matchs.

« La France reviendra plus forte. C’est une bonne leçon pour les jeunes joueuses, qui jouaient pour certaines leur première finale. Mais aussi pour les anciennes, qui étaient un peu fatiguées », a souligné Krumbholz. Le sélectionneur n’avait cessé de le dire ces derniers jours : « La Norvège est la meilleure équipe du monde. »

Les qualités entrevues chez les Françaises au cours de cette quinzaine laissent à penser que la discipline a de beaux jours devant elle, quelques mois après le sacre aux Jeux olympiques. « On est optimistes, on fait un super parcours malgré tout. On est déçues de terminer comme ça, parce que c’est la plus mauvaise mi-temps qu’on fait de la compétition », a souligné Nze Minko après la finale, qui souhaitait retenir l’essentiel : « On était championnes olympiques il y a trois mois. Là, on remporte l’argent. Ce n’est pas si horrible. »

Olivier Krumbholz et l'Esprit de Victoire

Au coup de sifflet final, il demande encore une explication à l’arbitre sur la dernière action tricolore. La tête encore dans son match pendant quelques petites secondes. Mais très vite, Olivier Krumbholz lève les bras. Et il y a de quoi : en s’imposant contre la Suède après prolongation (31-28), l’équipe de France féminine de handball vient de se qualifier pour une nouvelle finale olympique. Sa troisième. Et à chaque fois, c’était lui qui officiait sur le banc.

Avant d’aller taper dans les mains ou donner l’accolade à ses joueuses, l’emblématique sélectionneur des Bleues se tourne vers le public pour l’applaudir. Reconnaissant du rôle joué par près de 27 000 supporters du stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq (Nord) pour aider son équipe à arracher sa qualification après avoir été menée tout le match : « À la fin du match, on a joué à huit ! »

Des victoires, l’homme à la tête de cette équipe de France de 1998 à 2013, avant d’y revenir en 2016, en a connues pas mal. L’armoire à médailles et trophées s’est bien remplie ces dernières années : argent et or aux Jeux, deux Mondiaux et un Euro gagnés depuis 2016. Mais cette victoire en demies, ce jeudi, se situe tout en haut de son Panthéon, à l’écouter : « En termes de scénario, c’est la victoire la plus extraordinaire. Il est bien évident que le scénario de la finale du Mondial 2003 est pas mal aussi (victoire après une prolongation obtenue après une incroyable remontée au score et un pénalty sur le gong). Mais là, il y a un plus par rapport à notre public et l’engouement : on ne peut pas rêver mieux pour faire vibrer les supporters. »

Lui, qui a annoncé prendre sa retraite à l’issue de ces Jeux olympiques, a-t-il en tête qu’il va vivre ses derniers moments sur le banc ? « Non, ça, on s’en fiche ! C’est surtout une finale des Jeux dans une salle pleine. On va se défoncer, se mettre en transe, promet-il. Il faut qu’on soit dignes de cet enjeu, de ce public, et il va falloir avoir, non pas du courage, mais de la bravoure. »

Olivier Krumbholz savoure : sa mission, se qualifier pour une nouvelle finale olympique, est accomplie. Le patron des Bleues vise l’or bien sûr, mais « sera très content » de l’argent aussi. L’objectif était surtout de surmonter cette demi-finale contre des Suédoises toujours accrocheuses, mais jamais victorieuses contre les Bleues : « Depuis que je suis revenu en 2016, la Suède ne nous a jamais battus. Et ce coach ne m’a jamais battu », glisse-t-il dans un sourire. Pour Olivier Krumbholz, il n’y a pas de petites victoires donc.

« On va se défoncer, se mettre en transe »

JO 2012 : l'équipe féminine de handball affronte la Norvège

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