La passe décisive est un élément clé du football, souvent associée à la créativité et à la vision de jeu. Découvrons ensemble ce qui la définit et comment elle est comptabilisée.

Comment sont attribuées les passes décisives ?
Après chaque journée de championnat, les experts de la Commission des Compétitions de la LFP se réunissent pour valider les passeurs et les buteurs. Pour qu’une passe soit considérée décisive, plusieurs conditions doivent être remplies :
- Qu’elle soit la dernière passe avant le but.
- Qu’elle soit volontaire.
- Qu’elle permette au buteur d’être dans de bonnes conditions pour marquer.
Il est important de noter que l’appréciation des bonnes conditions s’évalue au moment où le buteur reçoit le ballon. Certaines actions comme un dégagement, un contre ou une touche peuvent donner lieu à interprétation et ne pas être considérées comme des passes décisives.
Les passes décisives effectuées suite à une phase de jeu arrêtée (coup-franc, corner, touche) sont comptabilisées. Un seul joueur par but peut être crédité d'une passe décisive. Aucune passe décisive n'est attribuée à un joueur provoquant un penalty ou un coup franc.
Une passé décisive est la dernière passe, centre, tête ou tir donnant lieu à un but. Cela inclus les coups de pieds arrêtés (corners, coups francs, touches, etc.). En outre, une tentative repoussée par un montant, par le gardien ou par un joueur de champ adverse peut être considérée comme une passe décisive si cela mène directement à un but.
Quand une passe, un tir ou un centre venant d'un attaquant entraîne un but contre son camp, une passe décisive peut être créditée à l'attaquant. Un seul joueur par but peut être crédité d'une passe décisive. Aucune passe décisive n'est attribuée à un joueur provoquant un penalty ou un coup franc.
Les critères en cas d’égalité au classement des passeurs
En cas d’égalité dans le classement officiel des passeurs, les passeurs décisifs sont départagés de la manière suivante :
- Celui qui a effectué le plus grand nombre de passes décisives dans le jeu.
- Celui qui a effectué ses passes décisives lors du plus grand nombre de matchs.
- Celui qui a joué le moins de minutes pour délivrer ses passes décisives.
Ainsi, pour le compte de la J34, un joueur devra délivrer une passe de plus qu'un autre pour remporter le trophée de Top passeur de la saison, étant donné qu'il a effectué moins de passes dans le jeu que son concurrent direct. Et parmi les joueurs à 9 unités, seul un joueur peut espérer coiffer les deux joueurs devant lui en réussissant un doublé dans le jeu, puisqu'il a signé l'ensemble de ses passes dans le jeu.
Le Rôle de l'Expected Assists (xA)
La statistique des passes décisives a ses limites. Elle ne tient compte que de la dernière passe menant à un but, et uniquement si le joueur assisté marque. C'est là qu'intervient l'Expected Assists (xA).
xA est le petit frère de l'Expected Goals (xG). De la même manière que pour les tirs, chaque passe se voit attribuer une valeur numérique comprise entre zéro et un, qui évalue la probabilité qu'elle aboutisse à un but. Le xA d'une passe est égal au xG du tir auquel cette passe a donné lieu. Prenez toutes les passes d'un joueur et additionnez les xG des tirs sur lesquels ses passes ont directement débouché, et vous obtiendrez son xA pour le match ou pour la saison.
L'Importance du xA
Le xA nous permet de ne pas tenir compte de la réussite d'un tir lorsque nous évaluons la qualité de la passe précédente. Si un joueur délivre une passe parfaite qui aurait dû aboutir à un but, mais que l'attaquant manque sa frappe, le xA permet de valoriser la passe malgré tout.
xA nous permet d'attribuer une valeur à la capacité de passe d'un joueur, même si l'attaquant est terrible et qu'il n'est pas du tout à l'aise dans un environnement de football professionnel. Il aurait six passes décisives de moins si j'avais joué, mais son xA resterait le même parce que j'aurais quand même dû marquer ces six buts.
Si l'on regarde les statistiques xA pour cette saison de Premier League (selon understat.com), il s'avère que les xA d'un joueur sont presque exactement les mêmes que ses passes décisives réelles. Il a le meilleur xA du championnat avec 12,36 - ce qui signifie qu'il devrait avoir environ 12 passes décisives, ce qu'il fait parce qu'il joue avec, entre autres, le meilleur attaquant du monde.
Un autre joueur, de Manchester United, est deuxième sur la liste avec un xA de 10,64, mais il n'a délivré que six passes décisives. Cela signifie que ses attaquants ne sont pas assez performants car il devrait avoir presque deux fois plus de passes décisives qu'il n'en a.
Qu'en est-il de l'avant-dernière passe ?
Les passes décisives ne comptent que si elles sont la dernière passe d'une séquence qui mène à un but. Peu importe que le ballon soit la passe décisive si un joueur l'envoie ensuite à un autre qui marque, l'avant dernier joueur reçoit la passe décisive et le premier n'a rien - statistiquement parlant du moins.
C'est là qu'entrent en jeu les statistiques de passes clés et d'occasions créées, moins référencées. Les passes clés comptabilisent les passes dites clés dans l'ordre, qu'il s'agisse de la dernière, de l'avant-dernière ou d'une autre, et les occasions créées combinent ces passes avec les passes décisives. Ce sont des outils utiles, mais le problème de ces statistiques est qu'elles sont plus qualitatives par essence - quelle passe est la passe clé et qui décide qu'elle l'est ?
Nous ne disposons pas de mesures objectives pour les avant-dernières passes ou les antépénultièmes passes dans les séquences de buts, et nous n'en voudrions probablement pas non plus, car cela deviendrait un peu trop compliqué et compliqué.
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La Passe Clé : Une Autre Perspective
Une passe clé, « Key Passes » en anglais et souvent abrégées en « KP », correspond à la dernière passe qui précède un tir d’un coéquipier. Cette statistique est parfois appelée « chance created » (occasion créée) ou « shot assist » (passe amenant un tir). Le dernier terme n’a pas vraiment de traduction en français mais c’est pourtant celui qui est le plus clair.
Déjà, il n’existe pas vraiment (dans les statistiques communes, on y reviendra) d’autres manières de comptabiliser les occasions créées par un joueur via la passe. Ce qui ressemble le plus aux passes clés, ce sont les passes décisives. Mais, de la même manière que les tirs par rapport aux buts, on recule ici d’un cran.
Ça permet d’avoir un échantillon à analyser plus important : il y a, en moyenne, beaucoup plus de tirs dans un match que de buts. Les variations sont donc moins marquées et on sera plus rapidement fixé sur le talent d’un joueur à créer des occasions pour ses coéquipiers. Un autre point, qui est fortement lié, est que l’on s’affranchit également des talents de finisseur du tireur.
En ne s’intéressant qu’aux passes décisives, on prend le risque de ne pas valoriser un joueur ayant mis un coéquipier dans des conditions idéales pour marquer si ce dernier se rate devant le but. Par exemple, sur la saison 2017/2018, un joueur est à 0,20 passes décisives P90 et un autre à 0,50 passes décisives P90 alors que tous les deux réalisent 2,70 passes clés P90. Les possibles raisons de cet écart sont multiples.
Le premier point négatif est que l’on s’affranchit des qualités de finisseur du tireur mais que l’on est par contre dépendant du volume de tirs des coéquipiers. Par exemple, un joueur comme Mario Balotelli va avoir tendance à tirer beaucoup mais pas toujours dans les meilleures positions. Ce qui nous amène au deuxième point, la qualité de l’occasion créée n’est pas prise en compte.
Tous les tirs n’ayant pas la même probabilité de finir au fond des filets, c’est également le cas avec les passes clés. Enfin, cette statistique ne fait pas de différence entre un tir direct après une passe ou avec un dribble entre temps.
Du coup, on doit les utiliser ces passes clés ? Est-ce qu’il existe des alternatives ? Souvent, les statistiques imparfaites restent utiles mais, pour ça, il faut être conscient de leurs limites. C’est notre cas maintenant et les passes clés donnent une idée du volume d’occasions sur lesquelles un joueur est impliqué.
Mais on peut aussi garder la même logique (comptabiliser les dernières passes qui précèdent un tir) tout en y incorporant la notion de qualité de l’occasion créée. Autre option, ne plus se préoccuper des tirs mais, plus généralement, des passes complétées vers des zones dangereuses. Ça peut être les passes vers le tiers défensif de l’adversaire, vers la surface ou une notation de chaque passe selon la probabilité de marquer après celle-ci.