Le Syndicat des Joueurs de Football : Défense des Droits et Amélioration des Conditions de Travail

Depuis plus de vingt ans, les règles de la FIFA ont limité la liberté des footballeurs professionnels, restreignant leurs carrières, leur mobilité et leur rémunération. Désormais, la justice européenne confirme enfin ce que nous dénonçons depuis longtemps. Le 4 octobre 2024 marque une date historique : la Cour de Justice de l’Union Européenne a déclaré illégales plusieurs dispositions du règlement FIFA sur les transferts. Cette décision majeure rappelle que les footballeurs sont des travailleurs comme les autres et reconnaît le préjudice subi.

Les syndicats de joueurs de football jouent un rôle crucial dans la défense des droits et l'amélioration des conditions de travail des footballeurs professionnels à travers le monde. Parmi ces organisations, l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP) en France et la Fédération Internationale des Associations de Footballeurs Professionnels (FIFPRO) se distinguent par leur engagement et leur influence.

Pourquoi les footballeurs coûtent si cher ?

L'Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP)

L'Union nationale des footballeurs professionnels ou UNFP est un syndicat créé le 16 novembre 1961 par deux footballeurs notamment, Eugène N'Jo Léa (alors jeune diplômé en droit), Just Fontaine, et un juriste, Maître Jacques Bertrand. C'est le seul syndicat de footballeurs professionnels français. L’UNFP est, depuis 1961, l’unique syndicat des footballeurs professionnels évoluant en France.

Les missions de l'UNFP :

  • Informer, aider, protéger, défendre les footballeurs et footballeuses professionnels.
  • Intervenir auprès des instances et porter la voix de ses adhérents.

Quotidiennement, l’UNFP se multiplie, est au contact des footballeuses et des footballeurs professionnels, les informe, les aide, les protège, les défend. Elle intervient également auprès des instances, porte la voix de ses adhérents, femmes ou hommes.

L'UNFP, depuis 1988, est également l'organisateur des Trophées UNFP du football, qui récompense les meilleurs joueurs de L1, de L2, les meilleures féminines de D1, le meilleur Français évoluant à l'étranger, qui sont élus par leurs pairs, tout comme les meilleurs entraîneurs et arbitres de L1 et L2.

Le 13 octobre 2018, Eugénie Le Sommer devient la première femme élue au comité directeur du syndicat français.

Les débuts difficiles et les premiers combats :

De l'adoption du statut professionnel, en France en 1932, à la fin des années 1950, la situation du footballeur professionnel français est médiocre. La situation est d'ailleurs comparable dans le football anglais ou dans les sports professionnels américains. Les dirigeants ont alors sous contrat les joueurs à vie, et les transferts sont du seul fait des clubs. De plus, les salaires sont médiocres. Après quinze ans de carrière, l'international Thadée Cisowski ne touche que 400 francs par mois en 1961, soit 20 % de plus que le SMIC.

En mars 1961, Eugène N'Jo Léa, joueur lyonnais qui prépare alors son doctorat en droit, lance l'idée de former un syndicat des joueurs dans le mensuel Football magazine : « Même les patrons sont organisés ! Oui, tout le monde est organisé, sauf le footballeur professionnel, qui en est malade. »

Dès juin 1962, l'UNFP livre son premier combat contre le Groupement pour obtenir une réforme du régime de retraite des joueurs pros. Certains joueurs de Valenciennes et du Stade français ne suivent pas l'appel au boycott, et le mouvement échoue. En 1963, Raymond Kopa, excédé par l'immobilisme des dirigeants, fait des déclarations qui font mouche : « Les footballeurs sont des esclaves ».

Le Groupement reconnaît enfin l'UNFP comme syndicat légitime et le 27 novembre 1964, la première convention collective est paraphée par le Groupement et l'UNFP, réformant notamment le régime de retraite. Le problème le plus délicat est celui du contrat à temps, avec notamment le conflit entre Marcel Dantheny et le Red Star de l'été 1967 à l'été 1968. La commission pour traiter cette question avait été formée dès 1965, mais le fameux contrat à temps n'entre en application en France qu'en juillet 1969.

Les enjeux actuels :

Alors que les footballeuses françaises n'ont accès en 2023 qu'à des contrats semi-professionnels, gérés par la FFF, et que Philippe Diallo, président par intérim de la FFF et Jean-Michel Aulas annoncent leur professionnalisation, avec la création d'une ligue féminine et d'un statut adossé à une convention collective, le président de l'UNPF s'y oppose, argumentant qu'« il est urgent d'attendre ». Car l'accord collectif entre employeurs et employées ne satisfait pas le syndicat français.

De 1974 à 1984 est organisé chaque année un match amical dont la recette est versée à l'UNFP.

Les assemblées générales électives se sont tenues le 9 novembre 2020 et le 3 décembre 2022.

Avantages de l'adhésion à l'UNFP :

  • Accès à des informations sociales et juridiques actualisées.
  • Réductions sur près de 90 000 offres partout en France.
  • Renforcement de la voix collective pour améliorer les conditions de travail.

La Fédération Internationale des Associations de Footballeurs Professionnels (FIFPRO)

Le Conseil de la FIFPRO est chargé de défendre les droits du travail de plus de 70 000 footballeurs et footballeuses. FIFPRO Afrique est composée de dix syndicats membres. Elle collabore avec la Confédération africaine de football (CAF) et les parties prenantes régionales afin de garantir que les footballeurs et footballeuses du continent aient une voix collective et soient représentés dans la prise de décision.

FIFPRO Amérique du Sud et FIFPRO Amérique centrale et du Nord collaborent avec leurs confédérations respectives, la CONMEBOL et la Concacaf, ainsi qu'avec d'autres parties prenantes régionales, afin de défendre au mieux les intérêts des footballeurs et footballeuses d'Amérique.

FIFPRO Asie/Océanie est la voix collective internationale exclusive des footballeurs professionnels d'Asie et d'Océanie, représentant plus de 6 000 joueurs et joueses.

FIFPRO Europe est composée de 36 syndicats membres.

Histoire de la FIFPRO :

  • 1965 : Fondation de la FIFPRO à Paris par des représentants des syndicats de joueurs français, écossais, anglais, italiens et néerlandais.
  • 1966 : Premier congrès de la FIFPRO à Londres, avec Bobby Charlton comme président.
  • 1968 : Reconnaissance officielle de la FIFPRO comme association internationale protégeant les droits des footballeurs professionnels.
  • 1972 : Johan Cruyff assiste au congrès de la FIFPRO à Amsterdam.
  • 1985 : Résolution stipulant que les footballeurs doivent avoir droit à un pourcentage raisonnable des bénéfices tirés des droits télévisuels.
  • 1994 : Réformes organisationnelles de la FIFPRO.
  • 1995 : Soutien de la FIFPRO à Jean-Marc Bosman, révolutionnant le football professionnel.

Actions récentes de la FIFPRO :

Les syndicats des joueurs professionnels irlandais (PFAI) et danois (Spillerforeningen) ont rejoint l'action collective menée par la fondation « Justice for Players » contre la FIFA. Ce mouvement contre la FIFA compte désormais l'appui de 12 syndicats nationaux de footballeurs professionnels et fait suite à l'arrêt Diarra, rendu en octobre 2024 par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) et qui a jugé illégal certaines règles de transfert imposées par la FIFA.

Cette action collective vise à obtenir une compensation pour les footballeurs professionnels ayant évolué dans l'Union européenne et au Royaume-Uni depuis 2002 qui auraient été limités par un système de transfert jugé depuis illégal.

Préoccupations concernant la surcharge du calendrier :

Une saison à rallonge, des vacances écourtées et des déplacements de plus en plus nombreux : le calendrier des footballeurs s’alourdit, notamment en raison du Mondial des clubs, alerte le syndicat des joueurs Fifpro dans un rapport paru lundi.

Le latéral du Paris Saint-Germain Achraf Hakimi, qui a déjà disputé 53 matchs en 2023-2024, en a joué 69 la saison passée : une inflation due aux compétitions internationales de clubs, dont le nouveau « Mondial » joué aux États-Unis du 14 juin au 13 juillet.

Cette accumulation de matchs fait peser un risque sur la santé des joueurs, explique le rapport, qui cite le cas du milieu de terrain espagnol Rodri : après plusieurs années très chargées, il a raté quasiment toute la saison dernière en raison d’une rupture des ligaments croisés d’un genou, avant de se blesser à nouveau au Mondial des clubs, cet été, amputant encore sa préparation pour la saison à venir.

La Fifpro pointe également la très courte période de vacances des clubs ayant pris part à cette compétition : aucun d’entre eux n’a permis à ses joueurs de couper 28 jours, la durée recommandée par le syndicat. Même combat pour la période de pré-saison -entre la reprise et le début des compétitions-, que la Fifpro souhaite également voir durer 28 jours, et qui a été particulièrement courte cette année : seulement sept jours pour les champions d’Europe parisiens, ou encore 13 pour Chelsea.

Le syndicat mondial des footballeurs (FIFPro) a demandé ce jeudi l’établissement de douze garanties pour la santé des joueurs, notamment une pause de huit semaines entre deux saisons, sur la base d’un rapport d’experts pointant la surcharge de travail des joueurs.

L’étude, réalisée par 70 spécialistes travaillant en clubs et en sélections, dégage « douze normes de sécurité consensuelles » parmi lesquelles la garantie que les joueurs professionnels bénéficient entre deux saisons d’une pause de huit semaines - quatre de vacances, avec deux semaines sans le moindre engagement, médiatique ou autre, puis quatre semaines de reprise.

Cet été, entre la fin de la Coupe du monde des clubs et la reprise des championnats en Europe en août, le compte n’y sera pas.

Tableau récapitulatif des recommandations de la FIFPRO

Recommandation Détails
Pause entre deux saisons 8 semaines (4 semaines de vacances + 4 semaines de reprise)
Durée de la pré-saison 28 jours

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