Les confrontations entre la Suisse et la France au hockey sur glace sont chargées d'histoire et d'émotion. Ces matchs, souvent disputés dans un contexte de rivalité régionale, ont donné lieu à des moments mémorables et ont contribué à forger l'identité de ces deux nations dans le monde du hockey.
C’est la première fois que la petite ville jurassienne de Porrentruy, fief du HC Ajoie, accueille l’équipe nationale de Suisse. L’adversaire est tout trouvé dans ce territoire frontalier : c’est évidemment la France.
Ce soir, elle n’a rien pu faire face à une deuxième ligne déchaînée, où Julien Sprunger a vécu une soirée de rêve.
France - Suisse | Hockey sur glace | Sport en France [HD]
Match amical Suisse - France du 15 décembre
Un match amical entre la Suisse et la France a eu lieu le mardi 15 décembre à Porrentruy. Voici un résumé des faits saillants de ce match :
- Score final : Suisse 10 - France 1
- Lieu : Voyeboeuf de Porrentruy
- Spectateurs : 3390
Évolution du score :
- 1-0 à 07’20 » : Domenichelli assisté de Sannitz et Sprunger
- 2-0 à 13’53 » : Du Bois assisté de Sprunger et Domenichelli (sup. num.)
- 3-0 à 15’07 » : Sprunger assisté de Domenichelli et Sannitz
- 4-0 à 16’03 » : Gardner assisté de Romy
- 4-1 à 17’12 » : Desrosiers assisté d’Amar et S. Da Costa (sup. num.)
- 5-1 à 18’17 » : Wick assisté de Sprunger et Diaz (sup. num.)
- 6-1 à 27’04 » : Lemm assisté de Wick et Jeannin
- 7-1 à 28’35 » : Sannitz assisté de Diaz et Domenichelli
- 8-1 à 35’17 » : Monnet assisté de Romy
- 9-1 à 37’22 » : Sannitz assisté de Sprunger et Monnet
- 10-1 à 42’47 » : Du Bois assisté de Domenichelli et Sprunger (sup.)
Pour la Suisse, c’est la victoire la plus large de l’ère Krueger (une « ère » qui a acquis une classification géologique puisqu’elle dure depuis onze ans). Pour trouver un score pareil, il faut remonter au Mondial B 1996 contre… les Pays-Bas.
La Suisse a craint le pire pour Romano Lemm, sorti en troisième période, mais son ligament interne du genou ne nécessitera pas d’opération et il sera de retour fin janvier.
Réactions après le match :
- Daniel Manzato (gardien de la Suisse) : « Cela s’est très bien passé pour nous. C’était un peu spécial ici, et vraiment froid, mais les fans nous ont bien encouragés dès le début. On doit être toujours prêt et concentré même quand il n’y a pas beaucoup de travail : ce n’est pas un match facile pour un gardien. Nous leur avons laissé un minimum d’occasions.
- Eddy Ferhi (gardien de la France) : « Nous savions que ce serait difficile, mais pas à ce point. On manque de rythme de jeu à ce niveau.
- Pierre Pousse (entraîneur-adjoint de la France) : « Notre adversaire, qui prépare les Jeux Olympiques, était en mode Championnat du monde et nous n’étions pas prêts à jouer un match de ce niveau après seulement deux jours de stage. Après cinq bonnes premières minutes, le premier but suisse a tout déréglé.
Pour la France, ce sont des blessures morales qu’il faudra soigner ce week-end en Alsace lors des deux confrontations face à la Norvège. Rien de bon n’est à retenir de ce match, trahissant comme souvent la difficulté des Bleus à s’adapter tout de suite à un rythme international.
Celle-ci n’a pas l’habitude de rencontrer des adversaires du niveau de la Suisse aussi tôt dans la saison. Si les Bleus disposent de leurs leaders défensifs, pour la première fois depuis la blessure de Bachet en début d’année, ils ont en revanche moins de meneurs offensifs.
La seule ligne qui semble capable de faire la différence est celle composée du duo classique Desrosiers-Bellemare et de Stéphane Da Costa, libéré par son université de Merrimack - où il a réussi d’excellents débuts en NCAA - pour ce qui est son premier match non officiel en équipe de France.
Le problème, c’est que ce but de l’attaquant rouennais intervient… une minute après le 4-0 suisse, sur une passe transversale de Gardner pour Romy qui a eu raison d’une défense française désorientée.
Le calvaire du gardien français Eddy Ferhi se poursuit durant tout le deuxième tiers-temps. Il encaisse au total neuf buts, certains beaux - le jeu en triangle conclu par Raffaele Sannitz - et d’autres beaucoup moins - un tir dans un angle impossible de ce même Sannitz qu’il dévie lui-même dans sa cage. Après ce qui est sa pire soirée en bleu, le Grenoblois cèdera sa place à Florian Hardy.

Une confrontation intense entre la Suisse et la France lors d'un championnat mondial.
Match France - Suisse du 12 février 1992
Les Bleus qui n'avaient plus battus les Suisses depuis 2000, se sont imposés au terme d'un final héroïque, où réduits en double infériorité numérique, ils ont résisté aux assauts helvètes.
- Date: Mercredi 12 février 1992
- Lieu: Patinoire de la Chaudanne, à Méribel
Score:
- 0-1 à 12'26": Balmer assisté d'Eberle (sup. num.)
- 0-2 à 13'28": Rottaris assisté de Fair
- 1-2 à 18'29": Ville assisté de Bozon et Richer (sup. num.)
- 2-2 à 32'52": Pousse assisté de Ville et Richer (sup. num.)
- 3-2 à 32'52": Bozon assisté de Ville et Richer (sup. num.)
- 3-3 à 38'14": Vrabec assisté de Fair (double sup. num.)
- 4-3 à 56'42": Barin assisté de Lemoine et Almasy
L'homme du match, côté français, est indéniablement le gardien Cristobal Huet, auteur de 41 arrêts, sans doute bien aidé par sa bonne connaissance du hockey suisse, lui qui, prêté par son équipe des Chicago Blackhawks, évolue depuis deux saisons à Fribourg-Gottéron dans le championnat suisse.
Les hommes de Dave Henderson ont également su tirer profit de leurs temps forts et notamment de leurs périodes de supériorité numérique au début du troisième tiers-temps, par Meunier (46:21) puis Stéphane da Costa (47:05), qui ont offert la victoire à la France.
"J'avais demandé à mon équipe de se sacrifier et ils l'ont fait aujourd'hui dans tous les compartiments du jeu, s'est réjoui Dave Henderson. Nous avons également marqué les premiers et c'était très important".
"Notre période de supériorité numérique a bien marché après que les Suisses soient revenus au score et le match s'est joué là. Notre défense a également joué comme il faut en fin de rencontre. Je suis autant heureux du résultat que de la performance de mon équipe.
Après les deux lourdes défaites initiales de ses hommes, Juhani Tamminen, l'entraîneur des Suisses, a annulé leur séance d'entraînement d'hier pour qu'ils se changent les idées. Il a également choisi de réduire son alignement à trois blocs contre la France.
Tamminen a donné pour consigne de tester Petri Ylönen, jugé vulnérable sur les tirs de loin. Cette tactique transparaît à la septième minute quand Kessler prend un lancer en entrée de zone. Le gardien de Rouen le repousse avec des appuis semblant précaires.
La Suisse a un très léger avantage jusqu'à la mi-période, quand, au rebond d'un tir sur mise au jeu de Serge Poudrier, Gil Montandon commet une faute évidente en retenant la crosse de Christophe Ville.
Au contraire, la prison de Rottaris pour retenir vaut très cher : Richer centre pour Ville qui voit le gardien Tosio surgir pour repousser le palet, mais Pierre Pousse est juste derrière son coéquipier et marque (3-2, 32'52").
La France a complètement renversé la situation et une ola se déclenche dans les tribunes. Les blancs sont maintenant déchaînés : Babin trouve la mitaine de Tosio, et Bozon élimine Kessler à la bleue sans trouver la passe pour Richer.
Le grand défenseur donne naissance à un superbe jeu en triangle avec Peter Almasy et Stéphane Barin à la conclusion (4-3, 56'42").
L'arbitre consulte ses juges de ligne car Tosio était dans une position curieuse pendant le tir, mais c'est en fait Vrabec, doublement perdant dans son duel, qui a poussé Ville sur son gardien...
Christophe Ville (attaquant de la France) : "On a essayé d'envoyer le palet au fond. On savait que les Suisses n'aimaient pas trop le jeu physique. On les a pris à ce jeu-là. Dès qu'on récupérait le palet, on balançait devant, pour passer leur rideau, on courait et on voyait. [...] On peut jouer avec le Canada, les États-Unis, et c'est déjà un gros progrès. Mais, sur les Russes, on a dix ans, vingt ans de retard.
Mondial 2017 à Bercy
L'équipe de France de hockey-sur-glace affronte, ce soir, la Suisse, dans son 3e match du Mondial-2017 à Bercy. Un match très particulier pour deux hommes: Cristobal Huet et Laurent Meunier.
Laurent Meunier, capitaine de l'équipe de France, et Cristobal Huet, gardien de but, sont des joueurs cadres. Le 1er approche de la quarantaine (38 ans), le 2e l'a déjà dépassée (41 ans). Le premier a attendu la veille des championnats du monde pour annoncer que cette compétition serait sa dernière au niveau international. Le second l'avait fait dès le mois de février.
Pour tous deux, ce championnat du monde à domicile ne pouvait se rater. "C'est un objectif de fin de carrière", avoue Laurent Meunier. "Ca a fait rallonger ma carrière internationale", ajoute Cristobal Huet, qui veut se "retirer la tête haute".
En Bleu, leur aventure a débuté en 1997 pour le gardien, deux ans plus tard pour son capitaine. Ils ont connu les Jeux Olympiques, en 2002, les derniers disputés par la France. Parmi leurs périples tricolores, Meunier se souvient de cette remontée du groupe B en groupe A, au fin fond de la Chine, "où on était loin d'imaginer pouvoir un jour disputer un Mondial chez nous."
Il vient de vivre un troisième exploit mémorable, avec ce succès sur la Finlande de dimanche après avoir déjà accroché à son palmarès la Russie au Mondial-2013 et le Canada au Mondial-2014: "Chez nous, devant un très beau public, je place cette victoire à égalité avec ces deux-là", juge-t-il.
Ce mardi soir, c'est un autre gros morceau: la Suisse. Un dernier point commun entre les deux hommes: ils ont tous deux un passeport helvète, suite à leur mariage. Du coup, cet affrontement aura un goût particulier: "On m'en parle beaucoup en Suisse. Cela me tiendra à coeur de le gagner", souligne Laurent Meunier. "En plus, la Suisse est un adversaire direct pour la qualification".
"On a subi de grandes défaites contre eux dans le temps, et quand on a commencé à les battre, ça a créé une rivalité. Il y a un petit supplément d'âme dans ces matches, comme dans un derby", explique l'entraîneur-adjoint Pierre Pousse.

Cristobal Huet, gardien emblématique de l'équipe de France.
"On veut réaliser un Mondial complet", affirme Cristobal Huet. "On n'est pas les meilleurs sur le papier, mais on a du coeur, des valeurs. Sur le papier, c'est peut-être l'une des meilleures équipes de France. Désormais, on joue au palet, on ne fait plus que défendre. Et on joue tous les matches pour les gagner."
Dave Henderson, le sélectionneur, constate lui-aussi une évolution: "Nous avons une équipe plus rapide, plus technique individuellement, qui vient s'ajouter à l'une de nos grandes forces: le mental. Elle n'est jamais battue, un peu à l'image de Laurent Meunier. Ce n'est pas innocent s'il est notre capitaine."
Mondial 2018 à Copenhague
Les hockeyeurs français ont terminé leur Mondial par une nette défaite 5-1 contre la Suisse, mardi sur la glace de Copenhague.
C'était le dernier match à la tête des Bleus du sélectionneur Dave Henderson et de son adjoint Pierre Pousse, qui partent après un bail de quinze ans avec la satisfaction d'avoir maintenu l'équipe dans l'élite pour la douzième fois consécutive.
Les Bleus n'ont pas déméritéLes Français n'ont pas tremblé pour assurer leur présence au Mondial-2019 en Slovaquie, mais contrairement à l'an passé à Paris, où ils avaient battu la Finlande et la Suisse, ils n'ont jamais inquiété les meilleurs.
Face aux Helvètes et leur huit joueurs de NHL, le gardien Florian Hardy s'est incliné deux fois dès le premier tiers-temps. Les Bleus, de nouveau privés de Stéphane Da Costa, leur meilleur joueur blessé à un doigt, ont été constamment dominés.
Tournoi des Quatre Nations de Kloten (Suisse)
Pour son deuxième match du tournoi des Quatre Nations de Kloten (Suisse), l'équipe de France féminine s'est inclinée face au pays hôte (1-4).
Estelle Duvin avait pourtant réagi à l'ouverture du score de la Suisse, dans le premier tiers-temps, en égalisant au bout d'à peine 23 secondes (1-1). Mais les joueuses de Grégory Tarlé ont ensuite été dépassées par la sélection helvète, concédant un but dans le deuxième tiers-temps puis deux autres dans les cinq dernières minutes de jeu.
Match Suisse - France du 17 avril 2022
Dans cette confrontation aller-retour, la France aura au moins battu la Suisse dans un secteur : le soutien du public. Il y avait plus de spectateurs à Megève que ce dimanche à Bâle où l’on dépasse tout juste la barre des 2000.
Dimanche 17 avril 2022 à 15h30 à la Sankt-Jakob Arena de Bâle.
Score :
- 2-1 à 52’18 : L. Hischier assisté d’Alatalo (sup. num.)
- 4-1 à 59’40 : Eggenberger assisté de Miranda et Alatalo (sup. num.)
Patrick Fischer (entraîneur de la Suisse) : « On a manqué de sérénité. Ce n’est pas facile à l’offensive parce que les Français ont réduit les espaces. Le programme d’entraînement était intense cette semaine, il était clair qu’on manquerait de souffle à un moment. Félicitations aux joueurs d’être restés frais mentalement. Nous voulons nous améliorer tactiquement et apprendre de match en match. Je suis satisfait de la performance défensive, plus solide qu’au premier match.
Sur la glace, en revanche, la Nati est favorite après son premier succès 4-2 en Haute-Savoie. La possession du palet est en effet à l’avantage des Suisses, mais les deux équipes se procurent des occasions franches.
La plus belle chance française vient d’une relance interceptée par Pierre-Charles Hordelalay, mais les locaux se rattrapent pour gêner le tir.
Quentin Papillon réussit une excellente deuxième période face à une pression suisse très soutenue. Il arrête notamment des tirs en très bonne position de Scherwey ou de Fuchs.
L’équipe de France a peu d’occasions, mais elle se montre opportuniste en fin de tiers. Fabien Bourgeois - en photo ci-dessous - lance depuis la ligne bleue et Wüthrich perd de vue le rebond qui est resté dans ses jambières.
Pendant qu’Aziz Baazi est en prison pour retenir, un tir de la bleue de Santeri Alatalo est dévié de la jambe par Luca Hischier alors que Papillon a la vue complètement masquée.
L’équipe de France a donc craqué sur la fin dans une phase de la préparation où le travail physique est encore intense, mais elle aura résisté cinquante minutes contre un adversaire qu’elle retrouvera aux championnats du monde.
La Suisse a décidé de ne retrancher aucun joueur pour le moment et de ne procéder qu’à des renforts ponctuels.
L'histoire du hockey français est cependant jalonnée de gifles contre les Suisses, souvent suivies de réactions d'orgueil tricolores.