Strasbourg Eurométropole Handball: Histoire d'un club

Le Strasbourg Eurométropole Handball (ESSAHB) est un club emblématique de la région Alsace, avec une histoire riche et des ambitions fortes. Cet article retrace le parcours du club, de ses origines à ses défis récents, en passant par ses moments de gloire.

Logo du Strasbourg Eurométropole Handball

Les débuts et l'EuroTournoi

En ce lundi 20 août, le Rhénus Sport se pare des derniers préparatifs pour accueillir la 25e édition de l’EuroTournoi (ET), une série de rencontres « amicales » rassemblant des équipes professionnelles de handball venues de toute l’Europe. En 1994, quelques cadres du club de l’ASL Robertsau (aujourd’hui fusionné avec Schiltigheim au sein de l’Essahb) lancent un tournoi de préparation. Parmi eux figure Christian Carl, président historique, décédé au mois de mai 2018.

« Au début c’était vraiment juste quelques passionnés de hand qui voulaient mettre en place un tournoi de préparation dans le coin, pas forcément avec les meilleures équipes européennes. On a juste eu de la chance, parce que Montpellier a dit oui tout de suite. En 1999, les équipes s’affrontaient dans des gymnases de la Robertsau. Après sa victoire du premier Eurotournoi à l’été 1994, le club montpellierain remporte son premier titre de champion de France au printemps 1995. C’est l’époque de l’arrivée de l’entraîneur historique Patrice Canayer.

À cette époque, dans le centre sportif de la Robertsau et ses quelques centaines de places, commencent aussi à arriver des équipes des plus belles terres de hand, de Scandinavie, de Hongrie, d’Espagne. En 2003, l’EuroTournoi déménage au Rhénus Sport au Wacken, et peut accueillir plus de 4 000 personnes. Cette année-là, on aperçoit déjà un certain Nikola Karabatic sous les couleurs du Montpellier Handball Club.

Les années olympiques (2000, 2004, 2008 2012 et 2012), le tournoi est avancé au mois de juillet et accueille quatre sélections internationales dont celle de la France. Quelques jours avant le tournoi, le comité d’organisation s’affaire pour les derniers réglages, comme l’éclairage. Les organisateurs ne sont plus surpris de la fidélité des équipes stars, même si c’est chaque année « un long travail de discussion ».

Il faut jongler avec les calendriers des clubs, aller chercher les grands noms qui draineront le public, et tabler sur les « copains » historiques du tournoi. Mais selon lui, c’est aussi et surtout parce que les clubs y trouvent leur compte au niveau sportif. Le tournoi amical s’est professionnalisé au fil des années, en investissant le Rhénus mais aussi d’autres lieux d’entraînements, en développant des partenariats avec des hôtels et un service « aux petits soins ».

« C’est la fin de la période de préparation, les équipes veulent s’étalonner et jauger leur vrai niveau à l’approche de la reprise. Ici, elles trouvent les meilleures conditions, une bonne opposition sportive et des infrastructures. « Les joueurs aiment aussi venir pour jouer dans une salle pleine, devant un public de connaisseurs, car en début de saison, les gradins sont souvent vides. En 2016, l’équipe de France remporte l’EuroTournoi.

« Au début l’atout du tournoi, c’était la proximité entre les spectateurs, les fans et les grands joueurs. « Au début, on faisait des dîners de clôture au Parlement européen, où chaque équipe invitée devait chanter quelque chose. Une année, on avait invité une équipe japonaise, où jouaient nos amis Stéphane Stoecklin et Frédéric Volle (d’anciens internationaux français, ndlr), et les joueurs se sont mis à nous faire un spectacle de sauts acrobatiques. Maintenant on ne fait plus ça, ça a un peu changé. C’est comme les espaces VIP : les premières années on allait nous-mêmes au supermarché acheter des cacahuètes et des salamis, et on mettait ça dans des bols.

Les équipes européennes aussi connaissent bien le tournoi strasbourgeois. Ici, le coach Dujshebaev donne des consignes aux polonais de Kielce, fraîchement champions de Pologne 2014. Fort de ses succès, l’Eurotournoi voit son avenir en grand, avec notamment une salle plus grande, la future Arena (ou « Crédit Mutuel Forum« ) de plus de 8 000 places. « C’était le bébé de Christian mais tout le monde y est vraiment attaché. Il y a eu une réorganisation, qui a libéré des énergies, avec des jeunes et des moins jeunes qui veulent s’investir. On va continuer sur sa lancée.

C’est la particularité de l’édition 2018 : pour la première fois, l’EuroTournoi n’affiche que des équipes ayant foulé les parquets de la plus grande compétition européenne de clubs. « On avait déjà fait le plateau avant de voir qui s’illustrerait en Ligue des Champions ! En fait on se rend compte que souvent, les équipes qui viennent à l’EuroTournoi sont performantes la saison qui suit. Puis elles reviennent l’année d’après et ça crée un cercle vertueux.

Ce n’est pas le palmarès de l’ET qui le contredira : en 2001, le Chambéry de Bertrand Gille, international français des années 2000, gagne le tournoi avant de devenir champion de France au printemps suivant. D’année en années, la poignée d’équipes invitées reflètent l’hégémonie de l’époque. Ces équipes, qui évoquent aux passionnés les plus grandes légendes du handball, ont régulièrement répondu présent, et ce, alors que la manifestation affichait des ambitions bien plus modestes à l’origine.

L'ère moderne et les défis

Pour sa troisième saison de suite en Proligue, l'Essahb (Eurométropole Strasbourg Schiltigheim Alsace Handball) a décidé de changer de peau. Le club strasbourgeois a ainsi présenté son nouveau logo (voir ci-dessous), mais a aussi décidé de lancer un nouveau slogan: #BeBlue. "De nombreux changements sont prévus pour faire rentrer le club dans une nouvelle dimension cette année !

Et pour initier le mouvement, nous avons décidé de donner une image spécifique à notre équipe professionnelle afin de l’identifier au premier coup d’oeil que ce soit sur notre territoire alsacien, ou dans tout l’hexagone, précise ainsi le club, dans un communiqué ne cachant pas ses ambitions pour les années à venir. Comme vous pouvez le constater, nous retrouvons dessus notre magnifique cathédrale, mais aussi les étoiles de l’Europe qui font de notre métropole une ville parmi les plus importantes du pays.

Aujourd’hui l’ambition du club est de figurer parmi l’élite d’ici deux saisons, et ce logo est en adéquation avec cet objectif. Autre changement annoncé par le club alsacien, la mise en place d'un sol à tracé unique au gymnase des Malteries.

Malheureusement, des difficultés financières ont frappé le club. Les dirigeants du club ont annoncé ce jeudi le placement en liquidation judiciaire du Strasbourg Eurométropole Handball."C’est avec le cœur lourd que nous écrivons ces mots." Dans un communiqué, les dirigeants du Strasbourg Eurométropole Handball annoncent ce jeudi le placement en liquidation judiciaire du club.

Une nouvelle direction avait pris la tête du club l'an dernier pour assurer "le maintien du handball professionnel à Strasbourg".

Les titres et performances notables

Si l’on veut voir le gratin du handball mondial, il faut aller à l’Eurotournoi organisé au Rhénus, ou encore à Sélestat. Néanmoins, deux ans avec leurs collègues footballeurs, les handballeurs strasbourgeois ont conquis le titre de champion de France, en 1977. Avant de gagner le titre de champion de France, le Racing Club de Strasbourg handball, de son ancien nom le RP Strasbourg-Meinau, a connu quelques déceptions.

En 1972, il termine premier de sa poule, mais doit ensuite s’incliner face au Stella Saint-Maur, le grand club de l’époque, en demi-finale. En 1976 rebelote : Strasbourg termine premier de sa poule et affronte l’ASPTT Metz en demi-finale. Face au rival messin, les Strasbourgeois s’impose sur le fil (29-28) et nourrissent de grands espoirs pour la finale.

Nous sommes désormais en 1977 et Strasbourg ne commence pas bien sa poule de championnat, dominé par l’ASPTT Metz. Néanmoins, ils se qualifient en demi-finale et dominent Dijon 33-30 pour accèder à la finale. Cette fois-ci, pas de Stella Saint-Maur, mais leur rival de l’ASPTT Metz. Une finale ça ne se joue pas, ça se gagne, et la vérité de la saison n’est pas la même que celle d’une finale.

Tableau des titres majeurs du club

Compétition Année
Championnat de France 1977
EuroTournoi Plusieurs participations et organisations

L'Eurotournoi, un événement majeur du handball à Strasbourg

Les figures du club

Éric Lonchampt, « quarante-deux ans, marié et père de deux filles », vice-président de CGI, une société de conseil, d’intégration et de service numérique. Le nouveau président de l’ESSAHB est surtout un passionné de handball. « J’y ai joué vingt-sept ans. » Principalement à Mundolsheim, où il a œuvré sur le terrain (au poste de pivot) et en dehors. Il lui arrive encore de remettre le short, « en corpo ».

Si l’on a rencontré Éric Lonchampt, c’est surtout pour parler de l’ESSAHB, dont il a pris les rênes de la SAS (société par actions simplifiée) début octobre. Au relais de Patrick Marcot, qui a souhaité prendre du recul pour raisons professionnelles (il reste au conseil d’administration et au bureau de la...

« Le chantier clé, c’est la structuration financière du club »

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