Le Statut VAP en Handball Féminin : Enjeux et Perspectives

Le handball féminin en France est en pleine mutation, avec des enjeux importants concernant la professionnalisation des clubs et la structuration des compétitions. Un élément clé de cette évolution est le statut VAP (Voie d'Accès au Professionnalisme), un dispositif qui vise à accompagner les clubs de D2F (Division 2 Féminine) dans leur développement et leur ambition d'accéder à la LFH (Ligue Féminine de Handball).

Handball, règles et techniques de base (EPS)

En vigueur depuis la saison 2012-2013, le dispositif de Voie d’Accès au Professionnalisme (VAP) vise à baliser et sécuriser le chemin vers la D1F. En effet, il concerne les clubs de D2F désireux de se structurer davantage et ayant pour ambition d’accéder à la D1F à plus ou moins court terme.

Les clubs volontaires peuvent ainsi s’engager dans cette étape intermédiaire marquée par des exigences renforcées de préparation qui sont indispensables à une organisation efficace du handball féminin d’élite. Tout comme l’autorisation d’évoluer dans les compétitions LFH, le statut VAP est accordé par la CNCG pour chaque saison sportive. Il n’y a aucune attribution automatique d’une saison à l’autre, la CNCG conservant sa pleine souveraineté dans cette décision.

Ce statut, non obligatoire et sans incidence sur le classement sportif final de la D2F ni sur l’attribution du titre de champion de France de D2F, constitue en revanche un préalable réglementaire pour toute accession en D1F la saison suivante. En effet, seul un club de D2F disposant du statut VAP peut être promu en D1F à l’issue de la saison sportive. Le statut n’a pas de caractère obligatoire. Il est, cependant, un préalable règlementaire pour une accession en D1F.

Ce dispositif vise à baliser et sécuriser le chemin vers la LFH afin de consolider la professionnalisation du handball féminin en France. Il concerne les clubs de D2F désireux de se structurer et ambitionnant, à plus ou moins court terme, d’accéder en LFH.

La saison 2025-2026 de Ligue Butagaz Energie qui s'ouvre ce mercredi soir sera la dernière à quatorze clubs. Dans un an, le Championnat sera réduit à douze équipes. Les deux derniers seront relégués et un barrage opposera le 12e de LBE à la meilleure équipe de D2F disposant du statut VAP (voie d'accès au professionnalisme).

Nodjialem Myaro, la présidente de la LFH, assume : « La réalité économique, surtout en D2, nous a amenés à une réflexion stratégique globale. Aujourd'hui, on repart à 10 clubs en D2F. Passer à douze en D1 doit permettre une meilleure stabilisation économique des deux divisions. Quand on voit comment le sport est considéré dans notre société, cette saison va encore être très compliquée. C'est notre responsabilité de gérer cela. »

Réduire la saison de 26 à 22 journées permettrait également de dégager des dates pour d'autres événements. Des groupes de travail élaborent actuellement des projets autour d'un retour des play-offs (supprimés en 2022-2023) ou sur la Coupe de France. « On va enfin, à partir de 2026-2027, pouvoir fabriquer des événements qui valorisent les clubs, qui les enrichissent et leur permettent de mieux communiquer », appuie Philippe Bana, le président de la FFHB.

La saison dernière, quatre clubs de LFH portaient le statut VAP avec Besançon, Brest, Cannes et Chambray. Avec l’accession de l’ESBF en LFH, et le retrait volontaire de Cannes de ce statut en janvier 2015, deux clubs du dernier exercice vont conserver en D2F ce statut. A Chambray et Brest, vient s’ajouter Celles-sur-Belle, qui effectue son retour en seconde division, et qui est désireux de poursuivre sa marche en avant, notamment en terme de structuration.

Malgré un championnat de D2F de plus en plus étoffé, cet exercice 2015-2016 pourrait être celui de la réussite pour les clubs VAP, avec le passage à 12 clubs en LFH. En effet, à l’issue de cette saison, les deux clubs VAP les mieux classés, quelque soit leur classement sportif, accèderont à la LFH (sous réserve de respecter les exigences du cahier des charges de la participation à la LFH). D’autre part, un barrage sera organisé en matchs aller et retour, entre le dernier club de LFH à l’issue des playdowns 2015-2016, et le troisième club VAP, indépendamment de son classement.

Le vainqueur sera qualifié pour évoluer en LFH lors de l’exercice 2016-2017, tandis que le perdant intégrera la D2F.

Champion de Nationale 1 en 2014, deuxième de D2F la saison dernière, derrière l’intouchable formation de l’ESBF, le Brest Bretagne HB ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. Auteur d’un recrutement ambitieux, avec notamment les arrivées de joueuses expérimentées et habituées à la LFH, à l’image de l’internationale espagnole Marta Mangue (ex Fleury Loiret HB), ou bien encore de la puissante Gaëlle Le Hir (ex NLA), le club breton fera office de grand favori cette saison en D2F. Un statut que les joueuses devront assumer.

Mais lorsque l’on observe les résultats des protégées de Laurent Bezeau lors de leur préparation, avec notamment des succès contre Dijon ou bien encore Issy Paris, on ne doute pas de la faculté de ce groupe à poursuivre son ascension.

Car malgré les nombreux mouvements opérés à l’intersaison, les partenaires d’Amandine Tissier sont déjà bien rodées collectivement, et s’apprêtent à débuter leur championnat ce samedi contre le Pôle Sud 38. Dans leur magnifique Arena de Brest, les Bretonnes auront à cœur de réussir leurs débuts, face à un adversaire tout juste promu en D2F.

Auteur d’une saison mitigée l’année dernière avec une cinquième place de D2F et un bilan de 12 victoires pour 8 défaites et 2 nuls, le Chambray Touraine HB s’est activé cet été sur le marché des transferts, dans l’optique de s’armer pour jouer le titre, et rivaliser avec l’armada du Brest Bretagne HB. Ainsi, huit nouvelles recrues ont fait leur arrivée dans le Centre, pour permettre au club de franchir un palier. « Nous avons essayé de mettre toutes les chances de notre côté en doublant tous les postes, et en renforçant toutes nos lignes » concède le président du club, Yves Guérin.

Avec notamment les arrivées des internationales Koumba Cissé et Linda Pradel (Le Havre), qui viennent s’ajouter aux cadres du CTHB comme Sophie Herbrecht et Vanessa Boutrouille, Chambray se présente comme un sérieux candidat à la montée, ambition affichée par le président du club, « Nous visons l’accession en LFH. Si il y a un titre de champion de France à la clé, ce sera la cerise sur le gâteau. L’objectif est fixé, il reste à obtenir les résultats sur le terrain ».

Pour le compte de la première journée de championnat, le CTHB se déplacera ce samedi à Celles-sur-Belles, autre formation au statut VAP.

Pour son retour en D2F, le HBC Celles-sur-Belle voit les choses en grand avec l’obtention dès cette année du statut VAP. Sur la lancée de son titre de champion de France de N1, la formation de Poitou-Charentes compte bien poursuivre sa marche en avant, comme le concède son président, Frédéric Vignier : « Après une année 2014-2015 riche en émotion, notre club continue d’avancer, notamment en terme de structuration. Le statut VAP dès notre retour en deuxième division confirme que nous sommes sur la bonne voie. Nous souhaitons continuer cette année cette démarche aussi bien sportivement que structurellement, pour envisager un jour d’atteindre notre rêve : une montée en LFH ».

Avec six recrues, le promu s’est donné les moyens pour atteindre ses objectifs, et a notamment misé sur la jeunesse avec les arrivées des prometteuses Christelle Manga (ex Fleury Loiret HB) et Lesly Briemant (ex Issy Paris). Un groupe jeune, qui s’est frotté pendant sa préparation à des formations évoluant à l’étage supérieur comme le NLA, ou les championnes d’Espagne de Bera Bera. De quoi bien préparer une saison qui s’annonce palpitante pour les joueuses de Vincent Philippart, qui débuteront leur saison par la réception ce samedi du Chambray Touraine HB.

Ardouin et les Nantaises peuvent se réjouir. La FFHB a officialisé, hier après-midi, le statut VAP pour Nantes Handball Féminin. Elles rayonnent, même sous la pluie. En peine tempête, plus précisément. Naviguant à vue depuis la reprise du championnat, les Nantaises et leur duo de coaches, Camille Comte et Gaël Robert, n’ont pas cédé une seule fois en championnat.

« Heureux pour les filles et le staff »Si sur le terrain, le Nantes Handball Féminin a convaincu, c’était dans un tout autre registre que son président, Pascal Gentil, se devait d’assurer, mardi, lors de son ultime chance de valider le fameux statut VAP, (Voie d’accession au professionnalisme) devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF). « Depuis le 31 juillet, je n’ai jamais fait semblant. Mais même en imaginant le pire, j’étais loin de me douter de ce que nous allions vivre dans les semaines suivantes. Alors, je suis vraiment heureux pour les filles et le staff qui ont accepté de me suivre », livrait, très ému, Pascal Gentil, après l’obtention de ce sésame obligatoire pour espérer prétendre à un retour en Élite, si d’aventure les résultats abondent en ce sens.

Une décision capitale pour avancer que le président souhaitait voir communiquée par la fédération avant le 1er novembre, par souci de transparence envers ces deux futurs adversaires. « Le 1er et le 9 novembre, nous enchaînons Celles-sur-Belle et Lhomme. Ils sont titulaires de la VAP. Il fallait que ces clubs soient au fait de cette décision, explique Pascal Gentil. Nous sommes désormais la quatrième entité, avec Le Havre, qui sera notre premier rendez-vous de 2025. Cela va être un vrai supplément d’âme pour toutes et tous. Je suis, avant tout, heureux pour les filles et le staff. Ne pas avoir eu ce statut aurait rebattu les cartes. »

La CNCG a également revu la masse salariale à la hausse par rapport à l’engagement de la saison. Il reste maintenant à convaincre partenaires et prospects car le budget de la saison reste encore à compléter.

Les Clubs et le Statut VAP : Ambitions et Réalités

Brest Bretagne HB

Le Brest Bretagne HB, après avoir été champion de Nationale 1 en 2014 et deuxième de D2F la saison dernière, affiche clairement son ambition de monter en LFH. Avec un recrutement ambitieux, le club breton se positionne comme un favori en D2F. Les succès lors de la préparation contre des équipes de LFH témoignent de leur potentiel.

Chambray Touraine HB

Le Chambray Touraine HB, après une saison mitigée, a renforcé son équipe avec huit nouvelles recrues. L'objectif affiché est l'accession en LFH, et le club se donne les moyens de rivaliser avec les meilleures équipes de D2F.

HBC Celles-sur-Belle

Pour son retour en D2F, le HBC Celles-sur-Belle a obtenu le statut VAP et souhaite poursuivre sa progression. Le club mise sur la jeunesse et une structuration solide pour atteindre son rêve : une montée en LFH.

Nantes Handball Féminin

Le Nantes Handball Féminin a également obtenu le statut VAP, ce qui représente une étape cruciale pour son projet de retour en Élite. Le club peut désormais se concentrer sur la consolidation de son équipe et la recherche de partenaires pour assurer son développement.

Le sujet n'a guère été mis en avant par la Ligue féminine de handball (LFH), organisatrice des championnats féminins, et pour cause : il cause toujours des tensions avec les clubs. La décision de revenir à 12 équipes, comme c'était le cas avant la crise du Covid, remonte à août 2022. Elle avait été prise par la Fédération, dont dépend toujours la LFH (contrairement à la Ligue nationale de handball, son homologue masculine, qui est indépendante).

« La très grande majorité des clubs est opposée à cette décision unilatérale, dénonce Sophie Palisse, présidente de Saint-Amand et de l'Union des clubs professionnels de handball féminin (UCPHF). Nous avions demandé à en rediscuter, mais il y a eu un refus catégorique de la Fédération. Cela va encore fragiliser des clubs de D1 alors que l'an dernier, le Championnat n'a jamais été aussi attractif. À quatre journées de la fin, il y avait encore six équipes à la lutte pour le maintien. »

Les clubs les plus puissants, Brest et Metz, sont favorables à cet allégement de leur calendrier, eux qui disputent également 14 journées de Ligue des champions. Mais pas du tout Christophe Maréchal, directeur sportif de Dijon, 3e budget du Championnat (2,9 M€, derrière Brest, 8,4 M€ et Metz, 5 M€), qui a sorti la sulfateuse dans les colonnes du Bien Public : « Dire que comme les clubs sont en difficulté, il faut passer à 12, pour moi c'est une ineptie. (Pour les clubs qui vont descendre), les partenaires vont partir, les villes vont moins leur donner d'argent, et ça va être fini. Ce passage à 12, il peut tuer un ou deux clubs. »

En conclusion, le statut VAP est un outil essentiel pour accompagner la professionnalisation du handball féminin en France. Il permet aux clubs de D2F de se structurer et de se préparer à l'accession en LFH, tout en contribuant à renforcer l'attractivité et la compétitivité du championnat. Cependant, des tensions subsistent entre les clubs et la Fédération concernant la réduction du nombre d'équipes en LFH, ce qui souligne la nécessité d'un dialogue constructif pour assurer l'avenir du handball féminin en France.

Tableau récapitulatif des clubs avec le statut VAP et leurs objectifs :

Club Division Statut Objectifs
Brest Bretagne HB D2F VAP Accéder à la LFH
Chambray Touraine HB D2F VAP Accéder à la LFH
HBC Celles-sur-Belle D2F VAP Accéder à la LFH
Nantes Handball Féminin D2F VAP Retour en Élite

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