Histoire de Vierzon: Entre Événements Marquants, Figures Clés et le Rugby

Vierzon, ville riche d'histoire, recèle des récits passionnants, allant de ses figures politiques marquantes à son héritage industriel et sportif. Cet article vous propose un voyage à travers le temps, explorant les événements clés et les personnalités qui ont façonné l'identité de cette ville.

Lucien Beaufrère: Un Maire Marqué par la Crise et l'Innovation

Lucien Beaufrère est élu maire de Vierzon Ville lors des élections de 1929. Il est né dans le nord du Cher en 1883, fils de deux instituteurs, « hussards noirs de la République ». On imagine déjà que le jeune garçon se forge une conscience sociale qu’il gardera toute sa vie. Ses études le poussent vers le métier d’architecte, métier qu’il n’exercera quasiment pas. Il préfère acheter une usine frigorifique à Vierzon impasse Casimir Lecomte en 1914, juste avant le déclenchement des hostilités.

Il ne quittera plus dès lors la seconde ville du Cher, excepté durant les quatre années de guerre où il est mobilisé dans un régiment du génie, sa formation initiale d’architecte se rappelant alors à lui. La guerre a permis l’innovation industrielle dans de nombreux domaines. C’est le cas également dans le monde des frigidaires et de la conserve alimentaire. Revenu du front avec la croix de guerre, Beaufrère investit dans de nouveaux matériels pour son usine frigorifique qu’il transforme ainsi en usine de boîtes de conserves.

C’est rapidement un succès pour ces nouvelles modes de consommation. Il devient alors un homme reconnu socialement, un patron qui entre dans des sphères qui lui étaient jusqu’alors fermées. Il montre que Beaufrère a commencé par franchir les marches consulaires. Il est inscrit sur les listes électorales de la Chambre de commerce, du Tribunal de commerce et du Conseil des prud’hommes. Il entre en politique sans aucune expérience dans ce domaine lors des municipales de 1929.

Cette année-là Péraudin, 64 ans, se sent sans doute usé par 29 années de mandat de maire. Il ne s’est d’ailleurs pas représenté à la députation de 1928, André Breton lui ayant succédé. C’est lors d’une réunion du groupe du Comité des Républicains Socialistes le 31 janvier 1929 pour préparer les municipales de mai que les membres du conseil municipal apprennent la décision du maire de na pas se représenter. Comment a fait Beaufrère pour prendre la tête de liste ? Il y a là un mystère.

Nous avons la chance d’avoir, dans les archives municipales, les archives personnelles de la campagne électorale de Beaufrère. Ce sont plusieurs pages écrites au dos du papier à lettre de son entreprise. On arrive à voir le cheminement d’un homme qui prépare son élection. Et au passage il n’épargne pas Péraudin qui, quoique usé n’en a pas moins la réplique mordante : il redeviendra simple citoyen mais se réservera le « droit incontestable de critiquer comme il l’entendra l’administration et la politique de ses successeurs... La liste de Beaufrère remporte le premier tour des élections mais c’est Émile Charot qui est le mieux élu, loin devant Beaufrère qui arrive 5e.

C’est à nouveau le cas lors du du 2e tour de cette municipale. Et là Beaufrère n’arrive que 7e. Charot est toujours le mieux élu. Malgré tout, Beaufrère est installé maire par le conseil municipal le 19 mai, en ayant provoqué le hold-up idéal. C’est un programme ambitieux. On les retrouve au dos du papier à lettres de son entreprise : urbanisme, école, hygiène publique, sécurité, pompiers, approvisionnement, et aide aux Habitations Bon Marché HBM.

Pour l’heure, son discours de politique générale se termine par une prise de position non équivoque : Lucien Beaufrère est favorable à la « réunion administrative des quatre Vierzon, si souhaitable sous tous les rapports. Pour réaliser son programme, Beaufrère a besoin d’argent. Mais les ressources de la commune de Vierzon Ville ne sont pas extensibles. Pourtant, économiquement parlant, tout semblait bien commencer : Pour doper le commerce local Beaufrère jetait les bases de notre actuelle Foire-expo, reflet des savoir-faire de l’agglomération.

Sourdement le chômage augmente. La métallurgie boîte et la porcelaine tousse. Il transfère dans un local plus grand le corps des sapeurs pompiers, demande mille fois réitérées du capitaine Marc Larchevêque. Le Cocorico Vierzonnais, journal satirique local sera pour Beaufrère le plus caustique de ses adversaires. Le mensuel existe depuis 1927 et est tout entier dédié à la Fusion des quatre Vierzon. Retour à l’envoyeur. Le Cocorico se fait un plaisir de passer les dépenses municipales au peigne fin. Regor s’en donne à coeur-joie.

Et surtout, le Cocorico est très suspicieux envers Eugène Henri Karcher, créateur du monument aux morts. La ville ne veut pas publier le contrat qui la lie à l’artiste. Cela doit cacher quelques chose. Hormis le prix exorbitant du jardin, cela cache surtout une clause qui laisse Karcher propriétaire de l’image du monument. Autrement dit, les photos sont interdites. On est prié d’acheter les photos officielles. Malgré tout, fort de ses réalisations, Beaufrère repart à la conquête d’un nouveau mandat en 1935.

L’ambiance générale est plutôt « Front Populaire ». Ce qui est vrai ailleurs reste « compliqué » à Vierzon. Le 5 mai Beaufrère surpasse Breton qui surpasse Crépat. Douceron est loin derrière. Mais, tout comme en 1929, Beaufrère n’est pas le mieux élu. Une semaine plus tard Beaufrère, absent pour cause de maladie est installé maire de Vierzon. En fait, il ne retrouvera jamais le chemin de la mairie.

André Hénault et l'Émergence de Bourgneuf

Tous les habitants du quartier Bourgneuf connaissent la rue André Hénault, traversante entre le boulevard de la Nation et l’avenue du Quatorze juillet. Pour les autres, il n’y a qu’à dire « Mais si, tu sais, c’est la rue de la salle Collier ! Cette rue ne porte le nom de Hénault que depuis 1905. Tout au long du 19e siècle, l’industrialisation de Vierzon sera soutenue, notamment grâce au canal de Berry puis au chemin de fer.

Après les forges du comte d’Artois la porcelaine s’installe, le machinisme agricole suit. La conséquence en est la prise de conscience ouvrière et ses revendications. Or, en 1884, Bourgneuf ne détient pas de poste d’adjoint et s’estime sous-représenté au conseil municipal de Vierzon Villages. De plus, une grève très dure explose à la Française en août 1886. Le quartier fut oublié par l’industrialisation galopante de l’agglomération.

Le Cher devenait un vrai obstacle à son développement. Un seul pont permettait alors son accès, synonyme de transports coûteux pour les industriels qui préféraient s’installer le long du canal et à proximité de la ligne de chemin de fer. Bourgneuf, pour les ouvriers qui y résident, est synonyme de cité dortoir. Ils partent le matin pour rentrer le soir. En attendant, la grève de la Française, est le révélateur des tensions au sein du conseil municipal de Villages.

Des voix s’élèvent contre le soutien aux grévistes. L’idée est lancée de former une commune indépendante. Le conseil d’État accorde donc à la nouvelle municipalité le droit de s’auto-administrer. Et le premier maire en sera André Hénault, élu en février 1887. De sa conviction politique, on ne sait pas grand-chose. Des élections de février, on en sait encore moins. Est-ce son passé de rebelle au sein du conseil de Villages qui a propulsé Hénault tête de liste ?

Avait il une vraie ambition ? Etait-il poussé par des amis ? Sa fiche de police, en préfecture est quasi vide. Sur André Hénault, on peut dire quelques mots. C’est un homme issu de la bourgeoisie locale. Son père est charpentier de marine ; le quartier du Bourgneuf s’est fait une spécialité de construire des bateaux. Sa mère est épicière, à l’angle des actuelles rues André Hénault et du 14 juillet, au cœur du quartier.

Lors du vote du conseil municipal, il se dit négociant. En fait il a repris l’épicerie de sa mère et y a ajouté la vente en gros, dont le vin et le charbon. Mais pour mener à bien tous ces projets, il faut de l’argent. Quelques cartes postales jaunies, quelques images devenues floues avec le temps. Et très peu d’écrits, trop peu d’écrits…

Le Pensionnat Saint Joseph: Un Siècle d'Éducation et d'Adaptation

Aujourd’hui tenter une reconstitution de l’histoire du pensionnat Saint Joseph, « Saint-Jo » pour les connaisseurs, relève du défi. L’apparition du pensionnat Saint Joseph dans les archives municipales remonte à l’année 1888. Nous sommes pendant Troisième République. A côté des écoles publiques, coexistent néanmoins des écoles privées, dites libres.

Ce terme vient de la liberté pour un quidam, d’ouvrir une école privée dans une commune. Ce sont deux lois, Guizot en 1833 et Falloux en 1850 qui confirment cette liberté d’ouvrir des écoles, depuis le primaire jusqu’au secondaire. Et Jules Ferry ne les a pas abrogées. Cette liberté permet alors aux congrégations religieuses d’ouvrir leurs propres établissements, comme c’est le cas avec le pensionnat Saint Joseph de Vierzon.

Cette archive municipale arrive bien tardivement déjà dans la vie du pensionnat. En effet c’est dès 1861 que les sœurs de la charité de Bourges vont ouvrir un établissement d’enseignement primaire à Vierzon, rue de l’étape. Elles y ouvrent une salle d’asile et deux salles de classe dont une payante. Bien vite il faut s’agrandir et penser à changer de locaux. C’est ainsi que la congrégation achète un terrain au 11 rue Gourdon, entre la rue et la voie de chemin de fer, en 1876.

Le changement de statut en 1904 (interdiction des congrégations) voit arriver du personnel enseignant non religieux ; les sœurs restent néanmoins directrices de l’établissement. Mai la guerre arrive et l’école va devoir se métamorphoser. Elle est réquisitionnée et devient hôpital temporaire en 1939. Il faut bien vite trouver des locaux pour les élèves. Les classes primaires seront logées chez le porcelainier Larchevêque, les classes secondaires iront dans l’ancienne école de la rue des changes et côtoieront les services municipaux qui s’y sont installés.

Parallèlement, pour augmenter le nombre de places en chirurgie, l’hôpital envoie au 11 rue Gourdon une partie de ses vieillards. La pression diminue quelque peu et les classes installées chez Larchevêque peuvent réintégrer leur école… pour peu de temps. En effet les bombardements de juin-juillet 1944 visent la gare et la ligne SNCF. Le pensionnat, trop proche de la voie de chemin de fer doit à nouveau déménager : maintenant c’est à Bourgneuf que les primaires iront étudier.

Et la fin de la guerre n’est pas pour autant synonyme de retour au 11 rue Gourdon. Le pensionnat se voit en effet redevenir hôpital temporaire ; et l’ensemble des cours, primaires et secondaires trouvent le chemin de l’usine Hache désaffectée. On y installe également la cantine. Enfin, en août 1945 les locaux sont tous rendus à leur première destination. Mais les sœurs sont face à un dilemme : le bâtiment a gardé de nombreux stigmates de la guerres : Faut-il faire des travaux et repousser encore l’entrée des élèves ?

Les sœurs ont choisi. La bougeotte a assez duré. La rentrée des classes se fera normalement au pensionnat au 1er octobre, avec ses 220 élèves dont 30 internes. C’est ainsi qu’en 1961, le pensionnat fête son centenaire. Les sœurs de la charité resteront à la tête de l’établissement jusqu’en 1988.

Vierzon sur Grand Écran: Le Tournage du Film "Le Jour et l'Heure"

Bientôt la France va commémorer les 80 ans du débarquement en Normandie, prélude à la libération du territoire français du nazisme. Dans ce cadre, peut-être verrons-nous réapparaître sur les écrans, petits ou grands, des films relatant la période sombre de l'Occupation. Et parmi toute la filmographie disponible, il en est un qui a en partie été tourné à la gare de Vierzon : « Le jour et l’heure », de René Clément.

Vierzon, printemps 1962. Effervescence du côté de la gare. Les techniciens de cinéma viennent repérer les lieux avant le tournage du prochain film de René Clément. Il s’appellera « le jour et l’heure », aura Simone Signoret comme vedette et l’Occupation allemande comme trame dramatique. Pierre a 29 ans en 1962. Il est facteur d’écriture au service Exploitation de la gare de Vierzon.

Le casting sera vite bouclé. « En fait, dans l’histoire, Simone Signoret se fait arrêter sur la ligne de démarcation à Vierzon. Donc des copains à moi ont joué les passagers du train, d’autres des soldats allemands, d’autres encore des gars de la gestapo. Ceux qui étaient en civil touchaient 30 francs par jour, ceux qui étaient en costume, 40 francs ». Mais Pierre portait fièrement la moustache. Il ne pouvait donc pas jouer les soldats allemands, tous bien rasés.

Béret et capote aux sinistres insignes, Pierre attend. « Le tournage à Vierzon a duré une semaine, pas loin. Nous on faisait ça en dehors du boulot, après 21 heures essentiellement. Y’en avait qui pouvaient faire plusieurs rôles. Un jour un soldat allemand poussant un voyageur, une heure après le voyageur présentant son billet à un gestapiste. Moi mon rôle de milicien s’est borné à houspiller les voyageurs, à faire dégager rapidement les soufflets entre les voitures pour laisser place nette à la gestapo.

Et pourtant, un jour il s’est fait engueuler. À cause d’un copain qui admirait les costumes et qui se tourne vers lui. « Il me dit : Pierre, regarde comme on est beau ! Et là on a entendu : Coupez !! Mais quel est le con qui parlait ? Mais voir l’envers du décor est une chose non permise à tous. « Bien sûr qu’on regardait. Y’en avait du monde sur le quai. On a appris plein de trucs. Par exemple, pour faire avancer les wagons, devant la caméra, c’était des gars à nous qui poussaient.

Il fallait pousser juste pour être dans l’axe de la caméra et s’arrêter juste au bon moment.. Ils avaient refait un décor entier de la gare dans l’ancienne bibliothèque. Quant à Simone Signoret, c’est le plus beau souvenir de Pierre. « Elle avait avec elle son chauffeur, son coiffeur, son habilleuse et sa doublure. Mais, pour une actrice au sommet de son art, elle n’était pas bégueule pour deux sous. Je me souviens d’avoir échangé quelques mots avec elle. Des banalités à faire pleurer mais elle était à l’écoute, disponible.

Par contre, sur le partenaire de Simone Signoret Stuaret Whitman, Pierre n’avait pas les mêmes souvenirs : « Si j’ai tenu Simone Signoret dans mes bras, c’est grâce à lui. Un jour Clément devait tourner une scène à la Gratouille, quartier de Vierzon qui avait été lui-même beaucoup bombardé en 1944, alors c’est normal y’avait encore pas mal de trous d’obus. En fait Signoret et Whitman devaient s’enfuir sous les bombes. La vraie scène était sensée se dérouler à Orléans. Et Clément a passé la journée à chercher Whitman. Voyant qu’il était pas là, on m’a demandé de le remplacer, moi, le milicien figurant ! T’as son gabarit, tu feras ci et tu feras ça ! Et me voilà cou...

Une équipe des SAV de Vierzon au début des années 1960.

Le Rugby à Vierzon: Une Tradition Centenaire en Crise

Les origines du Rugby

Dans le Berry le rugby est presque une vieille histoire. Le rugby a 110 ans en Berry. Il est ainsi lié aux cheminots qui arrivent à Vierzon, montant du midi ou de Gascogne, avec deux richesses en guise de viatique : les noyau d’abricots et un ballon ovale. Ils firent école puisque les Vierz’arts de l’ENP (Ecole Nationale Professionnelle) furent de sacrés joueurs. Passion partagée par les ouvriers des usines Merlin.

Dans d’autres cercles on joua avec l’ovale. A l’instar, et c’est très surprenant, d’Alain-Fournier et de Jacques Rivière, qu’on n’attendait pas là. L’un et l’autre pratiquaient ce qu’on appelait encore le football-rugby. C’est dans le fameux lycée Lakanal à Paris qu’ils s’initièrent à cette activité en 1904. Ce sport était jeune puisqu’il fut codifié en Angleterre, par des lycéens, dans le bourg de Rugby le bien nommé, et importé au Havre seulement en 1872.

Même s’il est vrai qu’il peut être un héritage de vieux jeux typiques des terroirs de France, jeux de balle, course de la soule ou course du lièvre, que l’on pratiquait souvent pendant les périodes de carnaval. Alain-Fournier et ses condisciples furent même de fervents pratiquants puisque membres de la très sérieuse section rugby du PUC (Paris Université Club) qui fut fondée en 1906. Dans les coteaux au nord de Bourges, en pays Forestin, on peut imaginer qu’il y a eu là un atavisme pour l’ovalie.

Ici, de nombreuses familles sont de lointaine engeance écossaise, descendantes des archers des stuarts. Elles ont fait souche là, pour cultiver les pommes et garder au cœur des collines un peu de la nostalgie qui vibre de courses, le cuir sous le bras. Ils ont des noms qui font écho à ces terres de légendes. Les patronymes de Mabilat, Jovis et Villandry, aujourd’hui enracinés en pays Forestin, renvoient à ces terres écossaises où le rugby se forgea.

Toutes les deux associées, les deux défaites subies par l’équipe de Vierzon à Orléans (18-16) et à domicile contre Domont (10-16), face à deux concurrents naturels au maintien, font les deux planches de fond d’un cercueil. Ainsi que la dernière rencontre contre Orsay qui s’est soldée par un cinglant 7-62. Comme les promus de Plaisir, les Vierzonnais n’ont toujours pas remporté la moindre victoire. Et s’ils les accueilleront bientôt à domicile, ce qui pourrait leur permettre de prendre sur eux un net ascendant, ils devront aussi affronter Niort et Rouen pour achever la phase aller.

Si bien que par rapport à tous les autres, la position au classement devrait encore se préciser dans la zone de relégation. « Ce n’est pas foutu, pense le coentraîneur Olivier Lutringer. Franchement, nous aurions dû remporter ces rencontres si nous n’avions pas produit des erreurs bêtes. Et contre Nantes, nous avons fait un bon match. » Mais les défaites s’enchaînent, ce qui est le symptôme le plus évident de la difficulté de cette équipe à rester au niveau de la Fédérale 2. Elle y est pourtant son jardin. Vierzon, club centenaire, y joue dans la division depuis toujours, ou presque.

La dernière relégation en Fédérale 3 date de dix ans. Elle avait été suivie d’une remontée immédiate. On pouvait alors parler d’accident sportif. Si cette équipe, qui avait déjà été menacée de relégation la saison dernière, se trouve aujourd’hui dans cette situation, c’est qu’elle souffre du mal du siècle : le manque d’argent. En cinq ans, le budget de ce club aux racines profondes, a baissé de plus de 100 000 €. Aujourd’hui, il dépasse à peine les 300 000 €.

C’est bien trop peu pour cette division écrasée financièrement dans le Nord par les «millionnaires» de Strasbourg ou de Rouen. La chute des ressources a provoqué sa difficulté croissante à constituer un effectif aguerri, jusqu’à cette fuite massive des « cerveaux » à l’intersaison : treize joueurs de la première sont partis. La présidence aussi a changé. Le vice-président Dominique Maussang a pris la relève dans l’urgence dans cette période de grande difficulté. Aujourd’hui, il ne souhaite plus la commenter.

« On espère que le club ne va pas tomber dans une spirale, s’inquiète un membre du comité régional. La ville est dans un sale état, et le club semble suivre sa désagrégation. Vierzon a perdu quelques milliers d’habitants lors des dix dernières années. Ses entreprises vont mal. Les magasins ferment dans le centre. Quand les treize de l’intersaison ont fait leur bagage pour un ailleurs plus florissant, les responsables ont bricolé une solution internationale bancale.

Un ami avec des connexions géorgiennes, et les conseils d’un agent, ont produit un recrutement vers l’Est de cinq jeunes joueurs. Un deal à l’ancienne. Le club leur a fourni du travail. « Un troisième ligne centre fera peut-être carrière. Le demi de mêlée aussi est bon », estime Olivier Lutringer. Et la plupart ne parlent pas français. « Il existe un super état d’esprit, relevait son coentraîneur Bruno Chausson, après la défaite contre Orléans. Mais c’est difficile. Pour certains, la marche est un peu haute.

Il suffirait sans doute d’un succès pour mettre tout le monde en confiance. C’est pour cela que je suis triste ce soir. Le club ne mérite pas ça. Il n’est pas malade. C’est bien reparti pour l’école de rugby. Mais il faut faire preuve de patience.

Un professeur à la Faculté de Médecine de Tours mène, en ce moment, quelques recherches sur l'histoire de la médecine et des médecins de la région. Il a ainsi découvert le docteur Constant Duval dans le Livre d'Or 1914-1918 de l'Ecole de Médecine de Tours (citation à l'ordre de la 134 ème Division d'Infanterie). En fouillant un peu, explique ce chercheur, le docteur Duval aurait soutenu sa thèse de médecine à Bordeaux en 1905, il a fondé la même année le club de rugby de Vierzon (d'où le nom du stade), et il est surtout connu pour avoir été impliqué dans la filière de l'hôpital de Vierzon pour le passage de la ligne de démarcation, ce qui lui valut d'être arrêté et de mourir à la prison de Düsseldorf en 1941.

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