Histoire du Stade Rugby Sorgues : Un Club Centenaire au Cœur de la Passion Ovalie

En mars prochain, le Rugby-club sorguais entrera dans le cercle très fermé des clubs de rugby centenaires et cotoiera le club de la ville de naissance du rubgy français, Le Havre fondé en 1872 mais aussi les clubs à la longévité exemplaire de la capitale, le Paris Racing, né en 1882 et le Stade français, en 1883, le club de Toulouse apparu en 1907 et celui de Toulon en 1908 ou des clubs plus modestes comme Beaumont, Quillan ou Saint Claude.

Le RCS a été fondé quatre ans seulement après le grand Béziers mais trois avant Perpignan, pour rendre compte de l'événement que cela représente.

En effet, cette association est déclarée à la préfecture de Vaucluse le 25 février 1916 par Jean Boudon, le premier président. Au départ, les joueurs sorguais n'étaient pas assez nombreux et le club a dû se renforcer avec de jeunes Entraiguois pour constituer une première équipe. À partir de cette date, les saisons plus ou moins bonnes se sont enchaînées et certains hommes, tant dirigeants que joueurs, ont laissé une trace indélébile au sein du club parmi les nombreux bénévoles exemplaires.

Louis Métrat fut un grand président. Il exerça sa fonction pendant plus de 30 ans, entre 1929 et 1953 puis entre 1967 et 1969. Avec Maurice Chevalier, il décide d'acheter le terrain du Joncas, jusqu'alors en location et d'en faire don au club. Les deux complices indiquent que ce terrain devra toujours rester la propriété du club.

Pour toute son oeuvre en faveur du rugby, M. Métrat a été décoré de la médaille d'or de la Fédération française de rugby. Le stade du Joncas a d'ailleurs été rebaptisé "stade Maurice Chevalier" en l'honneur de cet ancien joueur qui avait cofinancé l'achat du stade en partie en cachette de son père.

René Varoqui est aussi une grande figure du club. D'abord joueur, il intègre le banc des dirigeants en 1964 puis devient secrétaire général pendant 20 ans. En 1994, il prend la présidence du club au bord de la faillite et permet au club de survivre. Au final, il aura exercé ses fonctions pendant plus de 35 ans.

Sur le terrain, il serait bien difficile de faire ressortir un joueur en particulier. C'est toute une équipe qu'il faut mettre en avant et c'est celle, bien entendu, de la saison 1981/1982 et la fantastique épopée qui qui amena les Sorguais du président Milon et de l'entraîneur-joueur Louis Adani à soulever le bouclier de Brennus des vainqueurs du championnat de 3e division. Tout Sorgues s'était réuni dans le centre de la ville pour fêter ses champions.

Pourtant, l'aventure avait débuté timidement puisqu'en décembre, le maintien en 3e division n'était pas assuré. Puis, à force de travail, les poulains de Louis Adani finirent 4e de leur poule et purent participer ainsi aux phases finales. Grâce à la belle organisation du pack et à une détermination à toute épreuve, les Sorguais passèrent les obstacles les uns après les autres. Forts de leurs victoires acquises sur des clubs plus huppés et mus par une furieuse envie d'accomplir "d'aller au bout", les "bleu et blanc"ne laissèrent même pas les miettes du match à Pamiers. Avec un score sans appel de 23 à 0, Sorgues était devenu champion de France.

Aujourd'hui, le club est dirigé depuis juin 2015 par Jean Richard et sa dénomination a évolué et témoigne de l'élargissement de sa zone d'influence. Rubgy-club sorguais Rhône-Ouvèze, telle est son nouveau nom. L'équipe première, qui ne représente que la ville, est en promotion d'honneur et le président et les dirigeants souhaitent repartir de l'avant et de redonner à Sorgues la passion du rugby. "On veut reconstituer le club", assène-t-il.

Dans les catégories de jeunes, Sorgues est regroupé avec Bédarrides, Saint-Saturnin et Vedène. Elles ont donné de grandes satisfactions et le club de rugby est florissant. Plus de 150 jeunes sont licenciés entre 3 et 15 ans à l'école de rubgy."L'objectif du club est la continuité et de maintenir l'effectif des jeunes..." Un regret, "cette année, il n'y a pas d'équipe fémnine, malgré le titre de champion de Provence obtenu l'an dernier". Mais..." il y a de l'avenir, notamment grâce à Jessica Magnani et à M. Sanglat qui s'occupent de l'école de rubgy. "Ils font un super-boulot. Je suis entouré d'une équipe de dirigeants et bénévoles très compétente, précise M. Richard. Je souhaite tous les citer et les remercier : Marie Do, Claudie, Jean, Neron et Thomas, Pascal, Martine et Édith et tous les encadrants."

Au total, le club compte entre 220 et 230 licenciés joueurs et dirigeants compris. Le club, petit à petit, reprend ses marques dans un nouveau cadre, le stade de la Plaine sportive. En effet, l'an dernier, ils ont quitté le mythique stade Maurice-Chevalier. "Maintenant, nous sommes à la Plaine sportive, on s'adapte. Peu à peu, nous prenons nos marques afin que ça devienne notre complexe sportif et laisser notre empreinte. Je remercie la mairie pour son aide. On était attaché à Chevalier mais maintenant nous sommes dans des structures plus modernes."

La soirée du centenaire est prévue le 5 mars à 19 h à la salle des fêtes de Sorgues. Cette soirée autour d'un dîner-spectacle, aura pour thème les années 80. Déjà 550 personnes sont inscrites au repas. Mais après le loto du 20 février, le président ne cache pas qu'il attend encore plus de monde. "La volonté du club a été de faire travailler au maximun les entreprises sorguaises et environnantes, le traiteur des Raveaux, Rossi emballages, M. Gérard Bouche de Châteauneuf qui nous offre le vin, Super U."

L'animation sera assurée par Gilbert Bourguignon, un ancien journaliste sportif de la région marseillaise qui a beaucoup travaillé dans le milieu du sport. De nombreux anciens présidents et dirigeants du club seront présents : Alain Milon, le président du titre de champion de France Robert Reboul, Marc Brunel, Gérard Gérin, David Bellucci, Michel Pene, Georges Riou, Christian Riou, Gérard Espanol, Guy Cazenave, Denis David, Gérard Comte. Serge Laroche , ancien international Junior sera aussi présent.

Serge Riou, ancien joueur, dirigeant et créateur de l'école de rugby en 1957 sera bien entendu à cette soirée. Jean Cartoux et Michel Santucci ne manqueront pas non plus cet événement. "Ma volonté était de réunir tous ces anciens présidents, dirigeants et joueurs et marquer l'événement car peu de clubs peuvent se targuer de fêter leurs 100 ans. On a voulu que ce soit une fête. Les anciens membres font toujours partie du club et de cette grande famille et viennent voir les matchs. C'est la grande famille du rugby." Le rugby est bien un facteur de rapprochement intergénérationnel et, à Sorgues, il est toujours ancré dans la culture locale.

Pour participer à la grande fête du 5 mars du Rubgy-club sorguais Rhône Ouvèze 04 90 39 81 75. L'ancien joueur Michel Santucci toujours très impliqué et l'adjoint aux sports Serge Soler.

On entend souvent dans les discours le fameux : "c'était mieux avant". Si, dans de nombreux domaines, cette phrase est sujette à discussion, dans celui qui concerne le rugby sorguais, c'est vrai. C'était bien mieux avant et tout le monde en convient. Pour un club centenaire, un des plus anciens de l'hexagone, qui a été champion de France de troisième division et qui a joué en première division et dont un des joueurs, Serge Laroche a été international, évoluer en première série régionale, ce n'est pas un progrès, au contraire. L'équipe dirigeante actuelle, la mairie, les supporters et les anciens, tout le monde est unanime. Le club doit retrouver un peu de son lustre d'antan et rejouer à un niveau qui corresponde à son histoire et au rôle que compte jouer le club dans l'avenir de ce sport qui lui a tant donné et qu'il a contribué à développer au niveau régional.

Soutien Financier et Ambitions Futures

Luc Richard, le président du club, témoigne de ses ambitions pour cette année. "Notre ambition est de monter en promotion". En rugby, comme dans d'autres domaines, le nerf de la guerre est l'argent. De gros efforts ont été faits par les dirigeants pour assurer un soutien financier au club. Le président le confirme. "Je tiens à remercier les 41 partenaires du club. Ça a été un travail de fond et nous allons organiser un moment convivial pour les remercier car ils nous aident beaucoup". Et il n'oublie pas malgré tout de remercier tous ceux qui donnent de leur temps pour faire vivre le club. "Je remercie aussi tous les bénévoles qui s'investissent et aussi les 40 licenciés seniors du club. Au début de ma présidence, on a perdu beaucoup de joueurs. Aujourd'hui, on a arrêté l'hémorragie. On a remis du plaisir dans le jeu ; on a remis des valeurs et aujourd'hui j'ai un super groupe de copains. Les joueurs s'entendent très bien. On a créé pour eux une salle de sport à la Plaine où ils peuvent venir s'entraîner et travailler le physique dans de très bonnes conditions. Grâce à la mairie, on a de très belles installations, enviées par de nombreux clubs".

Luc Richard n'oublie pas non plus les jeunes. "Pour l'école de rugby, on a recruté des éducateurs et on a des équipes dans toutes les catégories. Le club compte aujourd'hui 238 licenciés, mais il nous manque des féminines. On ne désespère pas".

Serge Soler, l'adjoint aux sports, représentant la municipalité, nous confirme la volonté de la mairie de poursuivre son soutien au club et envisage l'avenir du club dans une division supérieure. "La municipalité mise sur les jeunes, sur la formation. Pour moi, le rugby club doit consolider l'encadrement. La fusion me paraît être une solution d'avenir car actuellement les petits clubs souffrent tous dans un contexte ou le bénévolat se fait de plus en plus rare et où les finances publiques ne peuvent plus supporter à elles seules les associations sportives. D'ailleurs, les cadets et les juniors ont fusionné avec Saint Saturnin. Au niveau sportif, Sorgues peut mieux faire car ils ont notre soutien financier ainsi que de belles infrastructures que beaucoup de clubs nous envient."

Les origines du Rugby

Témoignages et Perspectives d'Avenir

"Il faut fusionner pour avoir une grande équipe"Les anciens joueurs aussi témoignent de leur passion du rugby et dans leurs propos on sent leur envie de voir le club jouer à un niveau supérieur et que le public retrouve sa ferveur passée. Christian Riou, l'ancien joueur, dirigeant et champion de France, nous rappelle que "le rugby est porteur d'amitié et on se retrouve avec plaisir entre anciens, partenaires ou adversaires. Le rugby c'est : ennemis 80 minutes et amis après."

Michel Santucci, un fringant octogénaire qui a été joueur dès l'âge de 15 ans en équipe première, et qui a occupé de nombreuses fonctions dans le rubgy notamment dirigeant, adjoint aux sports et responsable à la Fédération française de rugby qui nous fait part de son expertise concernant le Rugby Club Sorguais. "Le rugby, c'est l'école de la vie. Pour moi, Sorgues n'est plus à sa place. Sorgues est une ville rugbystique et avant les stades étaient plein mais c'est vrai qu'il n'y avait que ça, le rugby et le foot." Serge Soler rajoute : "Les jeunes ont le choix de pouvoir pratiquer jusqu'à 66 disciplines sportives dans la ville". Michel Santucci reprend : "Pour moi le rugby a été une passion. On a eu de très belles victoires à Sorgues. On avait vraiment une grosse équipe dans les années 50. Le rugby m'a beaucoup apporté surtout des amitiés solides et sincères. J'ai de la peine que Sorgues soit descendu si bas mais je suis content de voir des jeunes sur la pelouse et je dis que Sorgues mérite mieux".

D'autres anciens joueurs témoignent de leur attachement au club. Jean-Marc Taboul, qui a joué à Sorgues de benjamin jusqu'à 35 ans : "il faut fusionner pour avoir une grande équipe". Laurent Benedetti et Jacky Bourret, ont commencé à jouer dans les années 60 et "trouvent que les mentalités ont changé" et que "les joueurs jouent de façon générale pour de l'argent" mais ils continuent "à venir voir jouer Sorgues à domicile et aux alentours quand ce n'est pas trop loin". Ils se rappellent avec nostalgie de l'euphorie qui avait suivi la victoire de 83 "quand Jujube était monté en haut de la fontaine".

Magali Martinez, une bénévole qui s'est dévouée corps et âme au Rugby Club Sorguais, témoigne. "J'ai démarré en 86 car mon ex-mari jouait à Sorgues. J'ai commencé à tenir la caisse et à vendre la tombola. Je me suis arrêtée, il y a deux années en arrière mais je suis revenue pour leur donner un coup de main. Je suis nostalgique du rugby d'avant de façon générale. Le club n'a plus d'argent et on espère retrouver les vraies valeurs du rugby maintenant. Les joueurs peuvent, à présent, jouer avec leur coeur. Je viens voir tous les matchs et je me déplace si ce n'est pas trop loin. C'est un milieu masculin et je suis une des rares femmes mais ça ne me gène pas et j'ai plus d'amis hommes que femmes".

Dans son histoire, le Vaucluse a toujours été un pays de rugby à XIII puis à XV. Sorgues, Bédarrides, Chateauneuf, Monteux, Cavaillon, Le Pontet, Carpentras, Avignon… Si l’on passe le Rhône, le club des Angles se distingue depuis des années comme une référence régionale dans la formation des jeunes. Cela fait des mois qu’ils travaillent sur ce projet. Ils finalisent les derniers détails.

Le centre de formation qui verra le jour en septembre à Sorgues est présidé par Antoine Nicolosi. A la tête de cette initiative en qualité de responsable technique, on retrouve le sorguais Lounes Djoumer. L’ancien pensionnaire du COR (Chateauneuf Orange Rugby) en nationale puis du centre de formation d’Aix en Provence souhaite continuer de transmettre son expérience. Le centre de formation ayant uniquement vocation à former les jeunes n’aura pas d’équipe et s’appuiera sur des partenariats avec les clubs de Monteux, Bédarrides, Sorgues et St Saturnin.

Des moyens importants ont été mis à la disposition de ces jeunes pour les accompagner et les faire progresser : préparateur physique, professeur de fitness, deux brevets d’état d’entraineurs de Rugby, un kiné pour les soins et un médecin. Ce centre de formation a reçu le soutien de l’international Malik Hamadache. Sorguais d’origine et cousin de Lounes Djoumer, le pilier de la section Paloise en TOP 14 souhaite s’investir pour les jeunes du Vaucluse.

Nous l’avons rencontré « j’ai accepté cette proposition car je trouve que le Vaucluse possède un fort potentiel de jeunes joueurs et que ce potentiel n’est pas assez exploité. Malik Hamadache n’a pas l’intention d’être un parrain inactif « je souhaite d’abord apporter mon image pour soutenir ce projet puis venir faire des interventions auprès des jeunes quand mon emploi du temps me le permettra. Je suis très attaché à Sorgues, c’est ma ville, je trouve que cette initiative est très importante.

Tableau Récapitulatif des Moments Clés du Rugby Club Sorgues

PériodeÉvénement
25 février 1916Déclaration officielle du club par Jean Boudon
1929-1953 & 1967-1969Présidence de Louis Métrat
1981/1982Victoire au Championnat de France de 3e division
Juin 2015Jean Richard devient président
5 marsSoirée du centenaire

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