Stade Rugby Mauguio : Histoire, Défis et Ambitions

Le Rugby Club Mauguio-Carnon Pays de l'Or, un club familial de la banlieue montpelliéraine, a traversé des périodes tumultueuses, mais a su se relever et continuer d'avancer. Malgré les rumeurs de disparition, le club a trouvé les énergies nécessaires pour persévérer, en misant sur la continuité et en se dotant d'une nouvelle équipe dynamique.

Cet article explore l'histoire du club, ses défis, ses réussites et son engagement envers la formation des jeunes joueurs, tout en mettant en lumière l'ascension de l'un de ses plus illustres représentants, Arthur Vincent.

Un Nouveau Départ Sous le Signe de la Continuité

Si l'intersaison a été très agitée, le club melgorien a su trouver les énergies nécessaires pour continuer à aller de l'avant, sous le signe de la continuité. Il s'est doté d'un nouveau président, Alain Lafon, 48 ans, entouré d'une nouvelle équipe dynamique et très motivée.

Effectifs et Ambitions Sportives

Malgré un démarrage un peu difficile, l'école de rugby compte aujourd'hui un effectif de 223 enfants inscrits dans différences catégories. Le club possède également une équipe cadets (quelques possibilités de postes à pourvoir), une équipe de touch rugby féminin, une équipe de vétérans « Les Ducs de la Motte » et une équipe fanion.

Après deux montées successives, cette dernière, entraînée par Jean-Christophe Negre et Eric Molla, évoluera cette saison en 1re série du championnat du Languedoc. Des coaches qui auront à leur disposition un groupe d'une quarantaine de joueurs, effectif trop réduit pour engager une équipe réserve.

« Le recrutement prévu n'a pas pu se faire comme nous l'aurions souhaité. De plus, les saisons commencent dès la première semaine de septembre, ce que les joueurs ont encore du mal à intégrer. Aujourd'hui, tout semble rentrer dans l'ordre mais nous avons deux à trois semaines de retard tant au niveau sportif qu'administratif. Les dernières recrues nous laissent beaucoup d'espoir pour la suite mais le début de la saison risque d'être compliqué avec deux déplacements consécutifs et un nombre important de joueurs en attente de licence », explique Bruno Excoffon, dirigeant en charge du groupe.

L'équipe débutera ce dimanche 7 octobre à 15 h à Prades-le-Lez contre Prades - Pic Saint-Loup. Un déplacement difficile que les Melgoriens aborderont sans complexe : « Après les deux très belles saisons que les joueurs nous ont fait vivre, il serait prétentieux de viser plus haut que le maintien. Mais l'investissement et l'esprit de compétition démontrés aux entraînements pourraient nous conduire à un printemps aussi inattendu qu'ensoleillé avec une fois encore un parfum de phases finales. Le travail et l'investissement de tous tout au long de la saison devraient permettre au groupe d'élever son niveau de jeu et de relever ce challenge. Nous ne visons aucune place précise, mais une qualification comblerait de bonheur tous les licenciés et les supporters du club.

En sérieuses difficultés sportives après une saison galère en Régionale 1, le club de la ceinture montpelliéraine était en déficit au niveau senior. Alex prend alors la responsabilité de la présidence et sollicite le voisin de Vendargues, club également dans le dur. Les réunions se concluent par un rassemblement entre les deux structures.

Le travail des dirigeants à l’intersaison est récompensé par la mise en place d’un effectif senior bien étoffé et revendiquant une moyenne d’âge de 22 ans. Après six journées, le premier bilan est dans l’ensemble satisfaisant. En six rencontres, l’entente héraultaise s’est imposée à cinq reprises dont deux fois à l’extérieur (Monfaucon et Vendargues) pour une seule sortie de route à Uchaud face à la Petite Camargue (21-6).

« Sur cette série de six rencontres, on est satisfait des résultats, précise Stéphane Paquet. L’équipe est en train de se mettre en place.

Et pour donner un peu plus de muscle à ce groupe prometteur, le rassemblement vient d’enregistrer la signature de l’expérimenté, Julien Thomas.

Arthur Vincent : Un Enfant de Mauguio au Plus Haut Niveau

Le centre du MHR vient d’être appelé à 20 ans chez les Bleus. C’est un stade champêtre devant lequel il passe chaque jour en rentrant chez lui, par la Départementale 189. Léo-Lagrange : l’enceinte de ses jeunes années. Mauguio est à Arthur Vincent ce que le Pic Saint-Loup est à Fulgence Ouedraogo et François Trinh-Duc : l’école de rugby d’où tout est parti.

Quand il a appris sa présence dans la liste des 42 joueurs retenus par Fabien Galthié pour préparer le prochain Tournoi, Arthur Vincent, 20 ans depuis septembre, a forcément eu une pensée pour le RC Mauguio-Carnon. "Pour tout joueur, le meilleur souvenir, ce sont ces années-là. On est dans l’insouciance, avec ses copains. Il y a les plateaux, les stages, les entraînements… On nous y a transmis le rugby d’une certaine façon, avec une atmosphère spéciale, un petit supplément d’âme et d’humilité. Je m’y suis régalé et j’y suis très attaché. Le dernier appelé chez les Bleus sait d’où il vient.

Petit, il intégrait déjà tout très vite. Rien d’étonnant à ce que le jeune Arthur ait marqué les esprits. Aurélie Bellezza, l’une de ses premières éducatrices, en garde un souvenir très précis : "Il écoutait tout. Il n’aimait surtout pas perdre. Quand il voyait un copain qui n’y arrivait pas, il allait lui expliquer. Il voulait que tout le monde progresse. À 9 ans, Montpellier avait déjà un œil sur lui. "Elle était notre maman, nous accompagnait, nous transmettait beaucoup de choses ", répond Arthur en échos. Lui se souvient de ces grandes batailles d’eau de fin d’année, quand l’année approchait, de cette gourde qu’Aurélie remplissait de bière avant d’asperger tous les gamins et de les prendre dans ses bras, tout collants.

Que de bons souvenirs également laissés par ce très prometteur gamin ! "L’ambition et la passion l’habitaient déjà. Quand il perdait, alors qu’il marquait la plupart des points de l’équipe, il boudait, il pestait mais ce n’était jamais la faute des autres. Il intégrait déjà tout très vite.

À quinze kilomètres de là, nous reviennent en mémoire les récents mots de Vern Cotter sur le jeune prodige : "Il a une éthique de travail énorme. C’est un gros bosseur qui recherche toujours à s’améliorer, qui est toujours dans le partage. La remise en question est permanente chez lui. On savait qu’il avait du talent. Mais là, ce n’est pas que du talent. Le trois-quarts centre ne pleure plus quand il perd, ne pique plus de crise. Mais il a conservé une sainte horreur de la défaite et de l’erreur.

"Ça fait partie de moi. À 20 ans, Arthur Vincent ne cesse de s’affirmer, de progresser. Comme son temps de jeu. Arthur est une belle personne. Mais le jeune homme connaît le chemin du très niveau. "J’aimerais encore améliorer un peu tout dans mon jeu : faire le bon choix au bon moment, avoir le bon placement, la bonne course, mieux trier les ballons, mieux alterner les formes de jeu et aussi être plus décisif, mieux finir les coups. Deux titres de champions du monde des moins de 20 ans, une première convocation en équipe de France : l’envol se poursuit.

À Mauguio, autour de la main courante de Léo-Lagrange, Aurélie Bellezza n’est pas peu fière : "Arthur est une belle personne. Et c’est une belle histoire."

Un Parcours Semé d'Embûches et de Triomphes

Depuis le début de sa carrière, prétendre qu’Arthur Vincent (24 ans) a été en délicatesse avec son genou gauche relève de l’euphémisme. Gravement blessé, et en dépit d’une saison quasiment blanche en 2023, il figure malgré tout dans le groupe des 33 joueurs pour la Coupe du monde. C’est dire la confiance que le staff tricolore lui accorde. Honorant sa 17ème et 18ème sélection contre la Nouvelle-Zélande (victoire 27 à 13) et l’Uruguay (victoire 27 à 12), le centre international des Bleus a été vu et considéré bien davantage que comme un simple revenant. (rupture des ligaments croisés du genou gauche en octobre 2021, puis rechute en septembre 2022).

L'Importance de la Formation et des Valeurs du Club

Devant une telle preuve d’abnégation qui l’a mené là où il en est aujourd’hui, au RC Mauguio-Carnon, où Arthur Vincent a commencé à jouer au rugby, on jubile. Avec plus de 450 licenciés, le RC Mauguio-Carnon, club familial de la banlieue montpelliéraine, travaille sans relâche avec le plus grand sérieux. Certains joueurs issus de ce sérail héraultais connaissent une belle carrière. On ne présente évidemment plus Arthur Vincent, la plus belle réussite de cette structure. Mais un Jules Danglot, extrait aussi de là, a obtenu récemment un contrat professionnel à Toulon. Un Yannick Arroyo a également fait ses classes à Mauguio-Carnon.

Yvan Vincent, directeur du rugby à Mauguio, détaille ce qui fait les spécificités de ce club : « On est un club labellisé trois étoiles. On s’axe beaucoup sur la formation des jeunes joueurs. Cela prime énormément pour nous. On a toutes les catégories d’âges, au sein du club, que ce soit chez les garçons ou chez les filles. Naturellement, Arthur est notre tête d’affiche, mais il n’y a pas que lui. Le développement de l’enfant est systématiquement au centre de notre projet ».

Le petit cousin d’Arthur Vincent évoque aussi « un club familial. C’est grâce au travail de chacun qu’on arrive à tirer tout le monde vers le haut. On travaille tous les jours dans les écoles. On a déjà ce degré d’exigence et de performance bien élevé. Notre ambition première est toujours de former les jeunes tout en ayant de bons résultats dans nos écoles de rugby. On y parvient. Il faut qu’on arrive à maintenir cela. On échange notamment beaucoup avec Montpellier et on est en étroite collaboration avec eux. Notre fonction est de bien travailler avec les jeunes pour qu’ils aspirent à atteindre le haut niveau dans ce club de Montpellier ou dans un autre ».

Voir Arthur Vincent réussir à ce point est évidemment une grande fierté et satisfaction pour tous les membres du club du RC Mauguio-Carnon. « Je me suis occupée d’Arthur entre ses 6 et 9 ans. C’était un enfant très gentil avec beaucoup de capacités comparées à celles présentes chez d’autres enfants de son âge. Il écoutait beaucoup. Il aimait jouer pour les copains, mais il détestait la défaite. Il était même très mauvais perdant quand cela arrivait. Cependant, il prenait toujours la défaite à son compte. Il ne rendait jamais responsable ses copains. Si eux n’étaient pas assez performants, Arthur estimait alors qu’il ne les appuyait ou ne les aidait pas assez.

« Il a toujours eu cette habitude de penser d’abord aux gens qu’il y a autour et après à lui. C’est vraiment une belle personne. Il s’arrête souvent à Mauguio dès que son emploi du temps le lui permet. Dès qu’il peut amener quelque chose, il le fait. Son club de Mauguio est profondément ancré en lui ».

Cet altruisme naturel envers les autres en dehors des terrains se vérifie aussi beaucoup dans son propre jeu. On en oublierait presque qu’Arthur Vincent n’a fêté que ses 24 ans le 30 septembre ! Un certain Vern Cotter ne s’était absolument pas fourvoyé quand il évoquait Arthur Vincent en 2017. Le technicien néozélandais alors entraîneur du MHR affirmait : « Lui, vous verrez, il va aller loin » en parlant du futur champion qui n’avait pas encore 18 ans.

Les Défis Économiques et Sociaux de Mauguio

Entre les conséquences des inondations et les incertitudes sur l'avenir d'Air Littoral, les fêtes de fin d'année risquent d'être un peu tristes à Mauguio. Pourtant, ces derniers mois, cette commune de 16 000 habitants s'était taillé un joli succès en bataillant pour échapper à l'orbite politique et administrative de Montpellier. Plutôt que de vanter les effets positifs de l'aéroport sur son économie et les emplois que trouvent ses habitants dans la ville-centre, Mauguio préfère insister sur l'originalité de son histoire.

Elle doit son développement à l'arrivée des républicains espagnols, chassés de la province de Murcie en 1939 et venus s'installer dans cette région infestée de moustiques mais où les terres étaient vastes et disponibles. Les traditions perdurent, notamment avec, chaque été, la Romeria del Encuentro, une petite feria. Le dimanche, au marché, on parle encore espagnol et l'on vend de la paella. A partir des années 1960, les rapatriés d'Afrique du Nord sont, à leur tour, venus s'installer dans cette zone.

Mauguio peut aussi se targuer de sa situation géographique exceptionnelle. Mariée depuis longtemps avec la commune de Carnon, elle occupe une large bordure du littoral et de l'espace exceptionnel que représente l'étang de l'Or. Entre terre et eau, les dunes y abritent encore quelques pêcheurs ; canards, flamants et aigrettes tentent d'échapper aux chasseurs.

Mais Mauguio fait aussi partie des communes qui ont largement profité du développement de Montpellier. Elle héberge notamment l'aéroport, qui s'appelait Fréjorgues du temps où il était local ; il est devenu l'aéroport Montpellier-Méditerranée, avec 1,5 million de passagers prévus en 2003. Il reçoit notamment des compagnies à bas tarifs, avec les risques que cela comporte, comme en témoigne le suspense sur la survie d'Air Littoral. D'ailleurs, Mauguio est une des cinq communes de l'agglomération qui concentrent le plus d'établissements industriels et commerciaux, devant Lattes, Lunel et Saint-Jean-de-Védas. Même si plus de 2 000 personnes continuent de se rendre chaque jour à Montpellier pour y travailler.

Vendargues et Mauguio : Un Rassemblement pour l'Avenir

Vendargues et Mauguio étaient en difficultés à l’intersaison. Les deux clubs ont opté pour un rassemblement.

Tout au long de sa carrière professionnelle, l’ancien flanker a été gâté avec un Bouclier de Brennus décroché en 2018 avec le Castres olympique, puis la reconnaissance internationale avec l’équipe à 7 de Nouvelle-Zélande.

Le sang ovale coule dans les veines d’Alex, au point qu’il est le premier à réagir quand Mauguio, le club où son fiston est licencié à l’école de rugby, est en immense souffrance. "Le rugby m’a tellement donné que ne pouvais pas être indifférent, soutient Alex.

Alex prend alors la responsabilité de la présidence et sollicite le voisin de Vendargues, club également dans le dur.

« On a pour projet de retrouver la Régionale 1 sur trois ans qui est un niveau sportivement intéressant", ajoute Alex Tulou.

Catégorie Nombre d'Inscrits
École de Rugby 223
Équipe Cadets Non spécifié (possibilités de postes à pourvoir)
Touch Rugby Féminin Non spécifié
Vétérans « Les Ducs de la Motte » Non spécifié
Équipe Fanion Environ 40 joueurs

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