L'équipe de France masculine de handball n'a pas toujours fait aussi peur. Au cours de l’histoire des Jeux Olympiques, certaines équipes ont tellement marqué leur sport de leur empreinte qu'elles peuvent être décrites comme invincibles. Trois décennies plus tard, le hand français est devenu LA référence internationale.
Mais au-delà de l'aspect sportif, le hand masculin tricolore, c'est aussi une mythologie peuplée de "Bronzés", "Costauds" ou encore de "Barjots". En clair, une nuée de surnoms donnée à ces Bleus, pas tout à fait comme dans les autres sports.
Les Débuts : "Les Bronzés" (1992)
Pour comprendre ce qui se cache derrière cette flopée de surnoms originaux, il faut remonter le temps, direction les années 1990. Tout a commencé en 1992, année où elle obtint sa première récompense internationale, une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Barcelone. L’équipe de France ne faisait pas partie des meilleures équipes au monde avant d’arriver aux Jeux de Barcelone 1992. Cette excentricité capillaire reflète parfaitement l’état d’esprit d’une équipe de copains, présents en Catalogne pour gagner sans oublier de s’amuser et de profiter des Jeux.
Nous sommes en 1992, à Barcelone : l'équipe de France vient de décrocher la médaille de bronze aux Jeux Olympiques. Elle prit le surnom des "bronzés". La France monte sur le podium et remporte sa première médaille dans un tournoi international. Le surnom est tout trouvé : la première génération masculine victorieuse du handball s'appellera "les Bronzés".
Par analogie au film homonyme (1978) de Patrice Leconte figurant un groupe de vacanciers dilettantes persuadés de leurs capacités hors du commun, le surnom de « Bronzés » est donné à l'équipe de France de handball qui a remporté la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992.
Lors des jeux Olympiques de Barcelone en 1992, l’équipe de France atteint les demi-finales et défie la Suède, meilleure nation du moment qui truste alors tous les honneurs. Afin de détendre l’atmosphère et sans doute pour dédramatiser l’événement, tous les joueurs se teignent les cheveux en blond.
Lors du premier match du tournoi, la France affronte le pays hôte, l'Espagne, un des favoris de l'épreuve. Mais les Espagnols trop sûrs d'eux se font surprendre par des Français intraitables et sûrs de leurs forces. Les futurs Barjots remportent leur premier match olympique face à une nation majeure et installent ainsi le handball français parmi les meilleures nations de ces Jeux. Ils confirment par la suite en gagnant face à l'Allemagne, à l'Égypte et à la Roumanie.
« Frédéric Volle est assurément l’une des têtes d’affiche des « Bronzés », omniprésent sur le terrain comme dans les vestiaires et lors des troisièmes mi-temps épiques. Mais ce fort en gueule constitue avec Denis Lathoud , Stéphane Stoecklin, Jackson Richardson et Philippe Gardent, la colonne vertébrale des « Bronzés ».
« Bien sûr, il y a des moments où on se crache dessus et d’autres où on a envie de s’embrasser », résume le colosse de 1m96, désigné meilleur arrière-gauche en 1996 aux Jeux d’Atlanta malgré la quatrième place des Bleus.
Médaillé de bronze à Barcelone (1992), il gravit une marche supplémentaire l’année suivante lors des Mondiaux en Suède où la France dispute sa première finale mondiale. C’est effectivement au pays du Soleil-Levant, que Volle décide de poser ses bagages avec son compère « bronzé » Stéphane Stoecklin.
Avec une nouvelle fois une préparation longue et difficile, la France arrive à Barcelone comme une nation en devenir mais encore en manque de résultats. Les joueurs se teignent tous en blond une fois parvenus dans le dernier carré de la compétition olympique pour permettre de détendre l'atmosphère avant le match face à la grande Suède.
Elle est en bronze mais suffit au bonheur des Français qui adopteront le surnom de Bronzés » en référence à la couleur de leur médaille.

Photo de l'équipe de France de handball, prise, le 08 août 1992 alors qu'elle vient de remporter la médaille de bronze lors des Jeux Olympiques à Barcelone face à l'équipe d'Islande (24-20).
L'Ère des "Barjots" (1993-1996)
Elle prit le surnom des "bronzés" et devint en 1993 vice championne du monde. Et comme tout bon film, il y a un remake : trois ans plus tard, la France découvre les "Barjots", qui signent le premier titre de champion du monde en sport collectif pour la France.
Ce sont les grands débuts de Jackson Richardson, l'un des grands meneurs de cette équipe qui, dès 1995, et la victoire à la coupe du monde qui se déroulait en Islande, récupère le surnom des "barjots". Un surnom dû à leurs conditions de préparation particulières, mais aussi au fait qu'ils parvenaient à chaque fois à réaliser leurs meilleurs matchs face aux équipes les plus dangereuses alors qu'ils étaient moins performant face à des sélections plus modestes.
« Les Barjots » est le surnom de l'équipe de France qui dispute sa première finale mondiale en 1993 puis remporte le championnat du monde 1995, le premier titre mondial remporté par la France tous sports collectifs confondus. Le surnom de « Barjots » est dû à l'état d'esprit général des joueurs qui abordaient les compétitions dans des conditions toujours particulières, perdant face à des équipes abordables pour ensuite enchaîner des matches nettement meilleurs face à de grosses équipes.
Les joueurs avaient aussi l'habitude de célébrer des titres ou des médailles avec des coupes de cheveux très particulières à une époque où cela n'était pas courant. Ainsi, aux JO de Barcelone, l'équipe sort de l'anonymat pour sa médaille de bronze mais aussi parce que plusieurs joueurs se sont présentés teints en blond ou le crâne rasé pour jouer leur demi-finale.
Un an plus tard, les Barjots ont remporté l’argent lors des Championnats du monde, s’inclinant en finale contre la Fédération de Russie. L’ère des Barjots s’est terminée avec un nouveau titre de champion du monde en 2001.
En 1995, ces "Barjots", emmenés par Jackson Richardson notamment, ont du vécu : excellents sur le terrain, ils jouent et assument leur état d’esprit complètement fou, de comportements totalement imprévisibles en dehors. Exemple au JO d'Atlanta, en 1996 : les joueurs sont entrés dans un restaurant du village olympique, sont montés sur une table quasiment nus. Ils n'avaient que des cravates, des chaussettes et des coquilles de protection en guise de cache-sexe.
Selon Daniel Constantini, l'ancien sélectionneur des Bleus, ce surnom est apparu dès 1993, "dans une interview donnée par Philippe Gardent à Anouk Corge, journaliste à l’Equipe. Elle avait demandé aux joueurs comment ils se définissaient en un mot et on lui a répondu : 'On est une belle bande de Barjots !'. Le lendemain, c’était le titre à la une et c’est resté. Moi, je les aurais appelés les Fêlés carrément !
Sept mois après la médaille de bronze remportée aux Jeux olympiques de 1992, la France confirme qu'elle est devenue une nation majeure en disputant sa première finale mondiale lors de ce Championnat du monde 1993 en Suède. Lors du tour préliminaire, la France perd son premier match face à la Suisse, mais remporte les deux matchs suivants d'un petit but face à la Norvège puis la Roumanie et se qualifie dans la difficulté pour le tour principal.
Les Bleus, beaucoup plus tranchants, y remportent leurs trois matchs face à l'Équipe unie de République tchèque et de Slovaquie puis l'Espagne (comme à Barcelone) et enfin l'Égypte. Bénéficiant de la défaite la Suisse face à l'Équipe unie de République tchèque et de Slovaquie, la France termine ainsi première de sa poule et se qualifie pour la finale.
Lors du premier Championnat d'Europe organisé en 1994 au Portugal, les Bleus alterne le bon et le moins bon : victoire face à la Croatie (27-25), défaite d'un but face à la Roumanie (26-27), match nul face à l'Allemagne (21-21), victoire face à la Biélorussie (32-29) et défaite d'un but face à la Russie (17-18), laissant la Croatie décrocher la seconde place qualificative pour les demi-finales.
Dans un match pour la 5e place sans grand enjeu, les Bleus s'inclinent face aux Espagnols (25-28) et doivent ainsi se contenter de la sixième place. Six semaines plus tard, la France participe aux Goodwill Games, organisés à Saint-Pétersbourg.
La consécration viendra au Championnat du monde 1995 en Islande. Pourtant le premier tour n'est pas une sinécure avec deux courtes victoires face à l'Algérie (23-21) et le Danemark (22-21) mais aussi deux défaites contre la Roumanie (22-23) et l'Allemagne (22-23).
Le groupe est alors marqué par les tensions et les engueulades avant de disputer leur huitième de finale face à l'Espagne, sérieux candidat invaincu au podium final et bien décidés à prendre leur revanche sur des français qui les avaient humiliés sur leur sol, aux Jeux de Barcelone. Denis Lathoud provoque à l'issue du déjeuner une réunion de crise entre joueur, sans Costantini : la « réunion d'Akureyri ».
Quelques heures plus tard, c'est une équipe de France métamorphosée qui s'impose facilement 23-20 après avoir mené tout le match. En finale, face à la Croatie, les Français prennent rapidement 5 buts d'avance (8-3) puis parviennent à maintenir l'écart entre +4 et +6 pour finalement s'imposer 23 à 19 sur un dernier but en pleine lucarne de Lathoud qui lui permet d'improviser une danse : la France remporte ainsi son premier titre mondial et marque l'aboutissement d'un travail débuté 10 ans plus tôt par Daniel Costantini alors que la France venait d'être reléguée en championnat du monde C après un mondial B raté en terminant 11e.
Pour autant, tout n'est pas rose au sein de l'équipe de France et au cours de difficiles qualifications du Championnat d'Europe 1996, à la mi-temps du match en Belgique, Éric Quintin donne un coup de tête à son coéquipier Philippe Schaaf. Après la mise à l'écart de Philippe Gardent et Thierry Perreux lors du Championnat du monde 1995, Éric Quintin, suspendu pendant un an par la Fédération française de handball est le troisième Barjot à quitter l'équipe de France.
Malheureusement, l’année suivante, le retour sur terre fait mal. Seulement 4e de son groupe lors de l’Euro en Espagne, la France échoue aussi lors des jeux Olympiques d’Atlanta (1996).
Les Bleus se signalent surtout en dehors des terrains puisqu’ils font irruption avant même le début de la compétition dans un restaurant du village olympique avec pour seuls habits une cravate, des chaussettes et des coquilles de protection au niveau des parties génitales. Rapatriés dans leur chambre par la police, les joueurs seront finalement battus en demies par la Croatie (24-20) et par l’Espagne, lors de la petite finale (27-25).

L'équipe de France championne du monde en 1995, les "Barjots".
La Période des "Costauds" (2001-2008)
En 2001, l'équipe remporte une seconde couronne mondiale, à l'issue d'une finale mémorable au suspens infini. Et puis, arrivent alors, les "Costauds", surnom donné par Daniel Constantini lui-même en 2001. Un sacre qui clôture l’ère Costantini qui va passer la main à Claude Onesta.
Les principaux artisans des grandes victoires passées ont pris leur retraite, tout comme leur entraineur, Daniel Constantini. Il était donc temps de se renouveler et de trouver de nouveaux leaders. Un nouveau sélectionneur arriva, Claude Onesta, et créa une nouvelle équipe puissante et talentueuse, à l'image des frères Gilles, de Karabatic, ou de l'excellent gardien Thierry Omeyer.
Il s'agit de la génération qui fait notamment éclore Nikola Karabatic et qui signera des pages glorieuses du handball mondial. Un journaliste interroge alors le sélectionneur en lui demandant de définir son équipe : « Costauds » lâchera-t-il. Les « Costauds », qui succèdent aux « Bronzés » et aux « Barjots », poursuivent leur œuvre après un Euro 2002 sans saveur où ils restent aux portes des demi-finales .
Le championnat d'Europe 2006 est l'occasion pour l'entraineur de montrer tout le travail accompli, mais aussi d'expérimenter de nouveaux joueurs qui s'avèrent pour la plupart convaincant. Ils remportent ainsi la première coupe d'Europe de l'histoire de l'équipe de France.
Fort heureusement, en 2003 lors du Mondial au Portugal, ses hommes s’invitent dans le dernier carré mais s’inclinent de peu face aux Allemands (23-22). Les « Costauds » fidèles à leur surnom décrochent le bronze face aux solides Espagnols (27-22).
A ce niveau, la concurrence est rude, et même si la France part à la coupe du monde 2007 avec une équipe de stars, elle ne finit que 4e du tournoi, défaite en demi-finale par l'Allemagne, sur son terrain. Le Mondial en Tunisie (2005) commence très mal (défaite contre la Grèce et match nul contre le pays hôte). Onesta, sous pression après ce départ catastrophique, sauve son poste de sélectionneur à la faveur d’une victoire contre le Danemark.
Revigorés, les « Costauds » finiront le tournoi avec la médaille de bronze autour du cou. Les « Costauds » perdent Jackson Richardson (retrait) à l’issue de ce Mondial et s’avancent dans l’inconnu. Sans le meilleur joueur tricolore du siècle, l’Euro 2006 s’annonce rude.
Il va au contraire consacrer une nouvelle génération qui s’inscrit dans la droite lignée des glorieux aînés et va même les dépasser en s’imposant pour la première fois dans un championnat d’Europe. En disposant des champions du monde en titre espagnols en finale, le handball tricolore trône enfin au sommet du Vieux Continent, là où il est si difficile de s’imposer. Le Mondial 2007 est moins abouti.
Quand il débarque chez les « Costauds », il a la redoutable tâche de faire oublier son prédécesseur Bruno Martini. L’Alsacien va se montrer à la hauteur du défi. Dès son premier tournoi en tant que titulaire, au championnat du monde 2001, il s’impose comme un rempart infranchissable en arrêtant 6 tirs en finale.
2008, c'est aussi l'année des Jeux Olympiques, et après avoir gagné le tournoi qualificatif face à l'Espagne et la Tunisie, la France arrive conquérante à Pékin, où elle souhaite plus que tout remporter la médaille d'or, consécration suprême pour tout sportif. Les "costauds" débuteront leur tournoi le 9 août face à l'Angola.
En 2008, après un tour préliminaire du championnat d'Europe, sans aucune défaite, elle rencontre en demi-finale la Croatie qui la bat de peu. Mais toujours conquérante, la France bat largement l'Allemagne lors de la petite finale et gagne la médaille de bronze. Une victoire avec une avance de 10 points. Le plus grand écart jamais vu dans une confrontation entre les deux pays.

Daniel Costantini, l'entraineur des "Costauds".
L'Ère des "Experts" (2008-2017)
Aujourd'hui, les "barjots" sont devenus les "costauds". Les "Bronzés" ont cédé la place aux "Barjots" avant de devenir les "Experts". Cette génération parvient à réaliser à partir du milieu des années 2000 avec le même noyau de joueurs ce qu'aucune autre formation nationale masculine n'avait encore accompli : elle se bâtit en quelques années seulement un palmarès unique en remportant entre 2006 et 2017 neuf titres sur les quinze compétitions qu'elle dispute.
Sauf que ce surnom n’était pas du goût de Nikola Karabatic qui ne s’est pas privé de leur faire remarquer au principal intéressé. La star du handball hexagonal et mondial, il estime que cela renvoie « une image trop froide de l’équipe ».
Cette équipe décroche en 2008 face à l’Islande (28-23) sa première médaille olympique. Une séquence spectaculaire s’ouvre ensuite pour les Bleus, qu’aucune autre nation n’avait jamais fait : ils remportent le Mondial en 2009 et l’Euro en 2010, devenant la première équipe à détenir les trois grands titres simultanément.
En remportant de nouveau le Mondial l’année suivante, les Experts deviennent la première équipe de handball de l’histoire à rafler quatre grandes compétitions d’affilée. Cette cascade de victoires s’interrompt en 2012 avec un accident de parcours à l’Euro, mais les « Experts » trouvent encore le moyen d’entrer un peu plus dans la légende en décrochant la même année un nouveau titre olympique à Londres, devenant la première équipe de handball masculin à conserver son titre olympique !
Depuis lors, les Experts ont raté leur Mondial en 2013 mais remporté l’Euro en 2014, puis de nouveau le Mondial en 2015, date à laquelle ils ont de nouveau détenu les trois titres simultanément. S’ils ne peuvent plus s’en targuer depuis février dernier (ils ont terminé 5e de l’Euro), nul doute que les « Experts » vont attaquer les JO de Rio, avec une faim de loup.
Avec 7 médailles d’or glanées en 10 compétitions internationales, ces Bleus là ont d’ailleurs la particularité d’avoir toujours « raté » l’Euro lors des années olympiques… pour mieux monter sur le toit du monde quelques mois plus tard.
Il est de la trempe des plus grands. Nikola Karabatic peut se targuer d’être aussi connu dans le milieu du handball qu’en dehors. En équipe de France, l’éclosion est paradoxalement plus longue et correspond aux débuts de Claude Onesta au poste de sélectionneur marqués par des contre-performances.
Jackson Richardson, Jérôme Fernandez, Daniel Narcisse et Didier Dinart sont solides à leur poste et la pépite du handball tricolore découvre la concurrence et doit patienter. Il accroche son premier titre avec les Bleus en 2006 au championnat d’Europe. Si Omeyer brille dans les buts face aux Espagnols en finale, « Niko » fait parler la poudre en inscrivant 11 buts.

L'équipe de France, les "Experts".
Les Figures Emblématiques
De ces joyaux collectifs ressortent évidemment des figures plus emblématiques que d'autres. Vous les trouverez ci-dessous.
- Le premier, Jackson Richardson. Il était le symbole des Barjots : le Réunionnais était connu pour son sens de la fête mais également comme l’un des joueurs les plus créatifs des années 1990. Il a inventé des nouveaux tirs, était réputé comme un voleur de balle hors pair mais par dessus tout, il refusait de perdre. Nommé meilleur joueur du monde en 1995, il a été sélectionné à 417 reprises avec les Bleus, inscrivant 775 buts.
- Le deuxième monstre sacré se nomme Nikola Karabatic. Souvent considéré comme le plus grand joueur de l’histoire du hand, Niko a fait ses débuts avec l’équipe de France en 2002. Il n’a ensuite jamais manqué un rendez-vous avec la sélection nationale, à part ces derniers mois, en raison d’une blessure. Il a été élu meilleur joueur du monde à trois reprises (2007, 2014, 2016), a remporté deux titres olympiques (2008, 2012), quatre titres de champion du monde (2009, 2011, 2015, 2017) et trois titres de champion d’Europe (2006, 2010, 2014).
Bilan et Héritage
De 1992 à aujourd'hui, il y a eu 29 grandes compétitions internationales (Jeux Olympiques, Championnats du monde, Championnats d'Europe). La France a donc figuré sur le podium plus d'une fois sur deux et elle est repartie avec le titre sous le bras plus d'une fois sur trois. Une tendance qui s'est même accentuée ces dernières années puisque les Bleus ont gagné 8 des 11 dernières grands tournoi depuis 2008, avec les deux derniers titres olympiques, trois des cinq derniers titres européens et trois des quatre derniers mondiaux.
En ce sens, la génération actuelle, celle des "Experts", a réussi à surpasser ses glorieux ainés. Mais la suprématie actuelle est aussi le fruit de l'oeuvre des pionniers, les Bronzés et les Barjots des années 90, qui avaient offert au hand français son premier grand podium (Barcelone 1992) et sa première couronne (Championnat du monde 1995).
Trois fois championne olympique, six fois championne du monde et quatre fois championne d'Europe, il s'agit de la sélection masculine de handball la plus titrée de tous les temps. La génération que l'on surnomme « les Experts » est même considérée comme la plus talentueuse de l'histoire du handball international, devant l'équipe de Suède des années 1990.
Seule équipe masculine à conserver un titre olympique dans ce sport (victoires en 2008 et en 2012), elle est également la première, et la seule, à avoir détenu simultanément les trois trophées majeurs (Jeux olympiques, Championnat du monde, Championnat d'Europe) à deux reprises, en 2010 et en 2015.
L'équipe de France devient en 2017 la première équipe de l'histoire à gagner six titres mondiaux (1995, 2001, 2009, 2011, 2015 et 2017) auxquels s'ajoutent quatre titres européens (2006, 2010, 2014 et 2024) et trois titres olympiques (2008, 2012 et 2020), ce qui en fait la première équipe à avoir remporté au moins trois fois chacune des trois compétitions majeures.
Des surnoms lui ont été attribués depuis les années 1990 et l'éclosion de la sélection au plus haut niveau de la scène internationale : les Bronzés (1992), les Barjots (1993-1996), les Costauds (2001-2008) et les Experts (2008-2017), périodes où la sélection a disputé treize finales internationales, n'en a perdu que deux (en 1993 et en 2016) et n'a connu que trois sélectionneurs, Daniel Costantini de 1985 à 2001, Claude Onesta de 2001 à 2016 et Didier Dinart secondé par Guillaume Gille de 2016 à 2020, avant que ce dernier prenne les rênes de l'équipe.
De 1995 à 2015, l'équipe de France a disputé dix finales internationales sans connaître la défaite, série record, avant de perdre son titre olympique face au Danemark en finale des Jeux olympiques de Rio. Son joueur le plus titré est Nikola Karabatic, encore membre de l'équipe de France à 39 ans en 2024 pour enlever son quatrième titre européen, ce qui porte son total à onze médailles d'or. Viennent ensuite le gardien de but Thierry Omeyer et l'arrière gauche et l'ailier gauche Michaël Guigou, qui ont remporté dix médailles d'or entre 2001 et 2021. Tous ces joueurs sont également triples champions olympiques en compagnie de Luc Abalo.
De plus, l'équipe de France a compté dans ses rangs six joueurs ayant été désignés meilleur handballeur mondial de l'année : Jackson Richardson en 1995, Stéphane Stoecklin en 1997, Bertrand Gille en 2002, Nikola Karabatic en 2007, 2014 et 2016, Thierry Omeyer en 2008 et Daniel Narcisse en 2012.
Considérablement rajeunie depuis son titre olympique à Tokyo en 2021, l'équipe de France se lance à la conquête d'une septième couronne mondiale... Nikola Karabatic, 38 ans, débute son dixième Mondial de sa carrière, en Pologne, ce 11 janvier 2023. Une imagination à la hauteur de leur ambition : sans borne !
La France, nation la plus titrée dans la compétition fait son entrée dans le championnat du monde de handball face à la Pologne, chez elle, à Katowice. L’équipe de France de handball, c’est un palmarès exceptionnel, avec l'objectif de ramener un septième sacre planétaire.
Après des échecs en 2019 et en 2021, les Bleus entendent frapper fort avant les Jeux olympiques de Paris, où ils auront à défendre le titre acquis à Tokyo à l'été 2021.
| Compétition | Titres | Années |
|---|---|---|
| Championnat du Monde | 6 | 1995, 2001, 2009, 2011, 2015, 2017 |
| Championnat d'Europe | 4 | 2006, 2010, 2014, 2024 |
| Jeux Olympiques | 3 | 2008, 2012, 2020 |